Lehoreau, Cérém., III, p
Œbapitre it. — Les Processions ordinaires. 187
chant d’un motet à l’élévation. Après la messe et le chant des Litanies, la procession revenait à Saint-Maurice par la rue Saint-Georges, la rue Saint-Laud et la Porte Angevine. À la sortie de leur église, les Cordeliers, avec leurs croix, étaient « en station, » de chaque côté de la grande porte. Le soir, à l’église de la paroisse de Saint-Maurice, il v avait salut chanté du Jubé par les enfants de la Psallette devant le Saint-Sacrement. Après la bénédiction, il y avait chant du De profundis devant la fameuse châsse, en avant de l’autel du Trépassement de Notre-Dame, en conformité avec la fondation de M. Bonchamps, prêtre-chanoine. La musique recevait pour cela 100 s.; le maître de Psallette 15 s., les enfants 25 s. que donnait la fabrique de la paroisse.
Procession de l’Assomption ('). — Elle fut fondée en 1638, en vertu du vœu de
Louis XIII, qui proclama la T. S. Vierge patronne de tout le royaume de France. Après les Complies du jour, le diacre de semaine sortait de la sacristie avec la croix des fêtages, précédé du grand enfant de chœur, du bénitier et des deux acolytes pour aller se placer devant l’autel de saint René. Alors la musique commençait les litanies de la Sainte Vierge. Au chant du Sancta Maria, la procession sortait par la grande porte. Derrière les officiers du chœur, les chanoines, les dignités, l’'Évêque, marchaient le Lieutenant du Roi en tête, et MM. du Présidial en robes rouges, qui tenaient la droite; le Maire et MM. de la Maison de ville, qui tenaient la gauche, et les autres compagnies de la ville, suivant leur rang. La procession suivait le parcours ordinaire par la Porte Angevine, Sainte-Croix, la Vieille- Chartre et le parvis. Au retour, devant le Jubé, il y avait station à genoux pour le chant du Sub tuum. Après l’oraison que disait l’Évêque, chacun se retirait sans entrer dans le chœur, les Compagnies par la porte des cloîtres, pendant que sonnaient Maurice et André.
De ces nombreuses processions aucune n’approchait en importance de celle du Sacre qui avait rendu la ville d'Angers célèbre dans l’Europe entière, aussi nous avons voulu lui consacrer une étude à part dans ce volume.
La plupart ont disparu du Cérémonial de l’église d'Angers. Après l’application du Concordat en 1802, seules ont été rétablies, avec la procession du Sacre, la procession de la Passion, celles des Rameaux, de la Saint-Marc, des Rogations et de l’Assomption, et encore elles sont bien déchues, presque toutes, de la solennité d’autrefois.
La première, le jour de la Passion, s’en va à l’église Saint-Laud chercher la relique de la vraie Croix qu’elle ramène sous le dais à la cathédrale. — Celle des Rameaux, présidée par l’Évêque, derrière lequel on porte un énorme bouquet de fleurs au haut d’une hampe, se rend, avant la grand’messe, à l’église Notre-Dame, où le plus âgé des vicaires de la ville prononce un sermon. — Celles des Rogations se font rit simplici, sans grande assistance, à l’une des églises d'Angers. — La procession de l’Assomption, très chère à la piété angevine, sort après les Vêpres par la Place Freppel, la rue Saint-Aubin, les Boulevards de Saumur et du Roi René, la rue Toussaint, la Place Sainte-Croix. Entre deux rangs de fidèles, s’allonge un long défilé d’enfants, de jeunes filles habillées de blanc et portant sur des brancards fleuris, au milieu des palmes, des fanions, des étendards, des statues de la Sainte Vierge. Suivent de longues files de religieuses, de religieux, de jeunes gens, d'hommes des patronages et des corporations, les croix et les bannières des paroisses avec leur clergé, la croix du Chapitre, MM. les chanoines. A la fin, précédant un groupe compact d’hommes appartenant À toutes les classes de la société, accompagné de deux chanoines, l’Évêque bénit paternellement, le sourire aux lèvres, les nombreux enfants que les parents amènent sur son passage.