‹ Monographie de la cathédrale d'Angers. Les évêques, le chapitre, institutions diverses, cérémonies, anciens usagesChapitre 148 sur 212 · Bull. hist. et mon. de l'Anjou, 1858, p · texte numérisé non relu

Bull. hist. et mon. de l'Anjou, 1858, p

2. Le Chanoïine, 1647, p. 45. — Grille donne une autre variante : « Le sacre d'Angers, les Pâques fleuries du Mans, les Rogations de Poitiers. »

3 Bull. hist. et mon. de lAnjou. 1855, p. 67. — Blordier-Langlois, Angers et l'Anjou avant 1780, p. 108.

Œbapitre tit. — La JProcession vu Sacre. 189 | |

— « Qu'on ne dise pas, ajoute l’auteur d’une dissertation sur le Sacre d'.agers, qu'on ne portait pas le Saint-Sacrement dès ce temps-là. Le ITI° Concile de Bragac en Espagne ordonne de conserver l’ancien usage de l’Église de faire porter par des lévites et non par des évêques dans les fêtes solennelles l’arche du Seigneur. » Et les liturgistes entendent par ces mots, arcam Domini, le vase qui contenait la Sainte Eucharistie. — Lanfranc, abbé du Bec en Normandie, mort en 1059, décrit tout au long la procession du Saint- Sacrement, qui se faisait alors dans tout l'Ordre Bénédictin, le jour des Rameaux : « Caxtorc incipiente antiphonam, écrit-il, occurrunt turbe, excunt sacerdotes duo, albis induti, qui porlant feretrum ix quo est corpus Christi reconditum, ad quod feretrum procedunt slatim qui vexilla portant, qui transeuntibus flectunt genua, tam simul omnes, sed singuli hinc inde, sicut transibit per eos. » — L'usage de la procession des Rameaux nous le | trouvons en honneur, à la même époque, dans nos abbayes angevines de Saint-Aubin, de : Saint-Serge, de Saint-Nicolas, de même à la cathédrale d'Angers, où y prenaient part les moines de Saint-Aubin, qui accompagnaicnt le Chapitre de Saint-Maurice au Tertre Saint- | Laurent. « Zbunt ad cathedralem ecclesiam, induti albis sicut in processione quam faciunt ad Tubam, i# Ramos Palmarum. »

Mais du fait de l’existence de la Procession du Saint-Sacrement, le jour des Rameaux, dans les abbayes angevines et à la cathédrale, dès le XI° siècle, peut-on dire avec M. le | Chanoine Rondeau, dans une brochure intitulée /e Sacre, parue en 1902 : « Que fallait-il pour transporter dans la rue ce qui se passait dans le cloître et rendre publique la procession ? — Un motif d’ordre public tel que le scandale produit par l’hérésie de Béranger, 1050-1080. » — L'hypothèse du savant auteur est intéressante, mais ce n’est qu’une hypothèse qu’aucun fait historiquement établi n’est venu changer en certitude. Les chanoines de Saint-Maurice ont imité un usage liturgique bénédictin, c’est tout.

La fête du Saint-Sacrement fut instituée par le Pape Urbain IV en 1264 : elle fut très probablement célébrée à Angers dès le tempe de son institution, avec la procession qui ne tarda pas à être partout son accompagnement nécessaire et caractéristique « pour que rien, dit Eveillon, ne manquât à la solennité de ce jour, #t plane celebraretur. »

Voici les textes angevins qui nous parlent de la fête du Sacre et de la procession qui a rendu si célèbre la ville d'Angers en France et à l'étranger. — Un inventaire des reliques et joyaux du Chapitre de la cathédrale d'Angers, nous parle d’une coupe d’argent : « ltem cupa cooperta argentea ad portandum corpus Christi. » — 1286 ('). C'était sans doute un vase spécial emplové pour porter solennellement le Saint-Sacrement en procession.-— Sur un feuillet de Mss relatif aux Fêtages, p. 13, on lit: « 7/em XV dibræ cercæ Confratrie corporis Christi. » 1323. Ce texte fait allusion à une Confrérie du Saint- Sacrement, rien de plus. — En 1339, une conclusion capitulaire du mardi d’après la Saint-Martin d’hiver donne 40 1. de gaignages aux chapelains, clercs et enfants de chœur qui avaient assisté à l’office v compris la procession. — Mais de quelle procession s'agit-il ici, le texte ne précise pas. — Dans les Comptes de la Grande Bourse on relève les menues dépenses suivantes, — elles sont intéressantes, — à la date de 1368 : « Jfem, pro cercis seu cabellis rosarum in festo consecrationis, V.s.» De même en 1369, autre menue dépense du même genre : « //em, pro X XIV cereis seu capellis rosarum in festo consecrationis, XVT s.» — Les chapels de roses se portaientaux processions du Saint-Sacrement.— A cette même date de 1360, il est question du salaire des douze hommes qui ont alternativement porté les six torches des corps de métiers de la cathédrale #sque ad Tubam beati Lau.

L Bibl m. d'Angers M 653 p. 318 Reg. capitul. de PÉglise d'Angers.

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rentü. C’est le texte le plus ancien qui nous nomme l’endroit où se rendait la procession du Sacre. En 1378, un autre document analogue, aussi précis, nous dit : « //em, pro processione facta ad T'ertrum S“ Laurentii X XIV canonicis X LVIT s. » — Pour finir, écoutons ce que nous apprend Thorode : « Il paraît d’après l’ancien C'érémonial, renouvelé en 1452 sur un plus vieux par un chantre de Saint-Maurice, et pour cela appelé le Livre du Chantre, que dès lors la procession de la Fête-Dieu s’en allait, comme aujourd’hui, au Tertre Saint- Laurent, mais la difficulté est de savoir la date exacte de ce vieux Cérémonial. Il en figure un dans les Inventaires de 1255 et de 1286 ; mais est-ce bien celui auquel il est fait allusion ? Question, qui comme bien d’autres vraisemblablement, restera sans réponse.

En somme que devons-nous conclure des textes que nous avons cités à propos des origines à Angers de la Fête-Dieu et de la procession qui l’accompagnait ? Rien autre chose que ce qui suit: Avant l'institution de la Fête-Dieu, il y avait à Angers, à la cathédrale, une procession du Saint-Sacrement, le jour des Rameaux. Elle avait été précédée en notre ville par des processions analogues dans les abbayes de Saint-Aubin, de Saint-Serge et de Saint-Nicolas. Elle se rendait à la 7#ba du Tertre Saint- Laurent, d’où elle ramenait triomphalement le Saint-Sacrement qui y avait été porté le matin. — Dès la fin du XITT siècle, très probablement, au temps même de son institution, la Fête-Dieu fut célébrée à Angers. Et tout de suite, ou bientôt, elle fut accompagnée d’une procession qui allait, comme autrefois celle des Rameaux, à la Tuba du Tertre Saint-Laurent. — Quant à la cause de la solennité extraordinaire, que ne tarda pas à prendre chez nous cette procession, elle nous échappe. Rien dans les textes anciens ne nous permet d’apporter à ce sujet la moindre affirmation. Ceux qui prétendent la trouver dans un wotif d’expiation. à propos de l’hérésie de Béranger, n’apportent pour soutenir leur opinion que des explications ingénieuses, des raisons de convenance, et c’est tout. On ne connaît pas de façon certaine l’endroit où l’archidiacre d'Angers prêcha sa doctrine. Les uns disent que ce fut à l’église Saint-Laurent, d’autres que ce fut à la fameuse Tuba, qui existait déjà de son temps, d’autres À la cathédrale ou ailleurs.

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