‹ Monographie de la cathédrale d'Angers. Les évêques, le chapitre, institutions diverses, cérémonies, anciens usagesChapitre 150 sur 212 · Arch. de la Mairie d'Angers. B.B., 31, f. 254 ; 96, f · texte numérisé non relu

Arch. de la Mairie d'Angers. B.B., 31, f. 254 ; 96, f

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192 Sonogräpbie de la Œatbévrale d'Angers.

jusqu'à la Révolution, était ornée de tapisseries, de fleurs et de verdure, de cierges de belle cire blanche au rez-de-chaussée et à l'étage, cela aux frais et dépens de Madame l’Abbesse.

Ce singulier monument a été souvent décrit. Longtemps on n'a pas su le sens du mot qui le désignait ni à quoi il servait. Le mot 7°xba désignait un monument de forme pol;gonale, couvert d’une voûte pyramidale. — On disait la 7'xba du Tertre Saint-Laurent, les Dubes de l’église de Saint-Ours à Loches pour signifier Les voûtes si originales de cette église. — C'est dans la 7'xba, à l'étage éclairé par des fenêtres romanes, et non sur une tombe du cimctière, qui était autour, que le Pape Calixte II monta après la consécration de l’église du Ronceray, en 1119, pour haranguer la foule énorme, attirée par sa présence à Angers. — C’est dans la 7'uba, que, le matin des Rameaux, de temps immémorial, on apportait l’hostie consacrée qu’on ramenait triomphalement à la cathédrale, au milieu des chants et des hosannahs. — On parait, au pied de la 7'#ba, la chaire en pierre, où un prédicateur en renom devait, en présence du Saint-Sacrement, faire le sermon d'usage. On arrangeait le terrain tout autour. En 1474, « paiement à deux journaliers mis à abattre une butte de terre et vuyder la place en laquelle furent assis MM. du Conseil, le jour du Sacre, durant le sermon ('). »

Et pendant ce temps-là, les moniales du Ronceray, révérendes mères et novices déco raient de « paels et de tentures précieuses » le chœur et la nef de leur église par où devait passer la procession, en attendant qu'elles y tendent, à partir du XVI° siècle, les merveilleuses tapisseries commandées par Madame Isabelle de la Jaille, leur abbesse, et représentant de façon si originale l'Histoire de Jésus-Christ et de son Saint Sacrement depuis Adam et la loi de la nature jusqu’à son cruel crucifiement. Pourquoi faut-il que cette merveille de l’industrie de nos vieux Corps de métiers ait été, il y a une trentaine d’années, dispersée à la suite d’une vente publique aux quatre coins du ciel ?

Pas loin de la cathédrale, les Ciriers achevaient le décor des fameuses /orches-brancards (?), qu’ils avaient prises à confectionner, et que devaient porter douze ou seize hommes. Elles représentaient sous des édicules de toutes formes, suivant le goût du temps, et ornées de cierges, de représentations symboliques et d’armairies, des scènes de la vie de Notre-Seigneur ou de l’Ancien Testament, d’après des dessins de maîtres-ès-arts ou d'architectes et d'artistes renommés comme Danton, 1763-1765, ou Leisner (*), qui dirigea la sculpture des stalles de notre cathédrale. Après y avoir donné la dernière main, ils les faisaient porter dans la nef de Saint-Maurice, où elles avaient leur place marquée, ou bien dans les églises de Saint-Maimbœuf et de Saint-Évroult.

Les corporations des métiers préparaient leurs « habits de cérémonie », leurs guidons et leurs drapeaux. La municipalité, en la maison de ville, recevait, depuis 1604, le bouquet d'œillets blancs dû par la famille d'Antoine Raffray, et depuis 1681 « le bouquet honnestc de roses, » que lui envoyaient les religicuses du Calvaire, et que le lendemain M. le Maire devait porter dans le cortège (*).

Par ordre de ce magistrat, des milliers de cierges de belle cire blanche et bien nette étaient portés à la cathédrale, à la chapelle du Crucifix, lesquels, en son nom et à ses frais, devaient être distribués, le lendemain, au moment du départ de la procession, à quantité de personnes. — Au Château, on mettait en ordre les bombardes qui devaient annoncer

. Arch. de M.-ct-L. CC. 5.

2. La construction des grandes torches était donnée à l'entreprise pour 10 ans. — Bibl m. d'Angers, Berthe, 306. 3 Arch. de la Mairie d'Angers. BP. 121, f° 95; 121, f° 100.

n Arch. de M-et-L. BB, p. 32, 9%.

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