‹ Monographie de la cathédrale d'Angers. Les évêques, le chapitre, institutions diverses, cérémonies, anciens usagesChapitre 154 sur 212 · Bibl. m. d'Angers. Berthe. M · texte numérisé non relu

Bibl. m. d'Angers. Berthe. M

3. On a cru que l'usage des Torches nous était venu d'Aix en Provence, ct qu'il fut introduit à Angers par le Roi René, — Cet usage existait en d'autres villes de France ; il était très ancien chez nous. Il y en avait déjà 6 à la procession de 1369.

4 La fête se prolongeait jusqu'à 7 h. du soir, sans autre interruption que le temps nécessaire pour prendre le repos

Œbapitre iii. — La {Procession du Sacrc. 195

Heure, le garde-relique apportait à l’autel le soleil qui devait être porté en procession, et, près de lui, il faisait déposer deux hosties à consacrer. « Autrefois il n’en faisait mettre qu’un, mais, comme elle vacillait dans la lunule, on y remédia en en mettant deux. » On chantait la messe après Prime, elle remplaçait celle d’après Matines. — A la fin du dernier évangile, on entonnait l’Aze erum devant le Saint-Sacrement, qui restait sur la table de l'autel, et non dans la niche exposition. » — Après l'office de Tierce, qui se chantait également devant le Saint-Sacrement, aussi solennellement que les jours de fêtes épiscopales, chacun des Chanoines se retirait où bon lui semblait jusque vers neuf heures où avait lieu la sortie du Clergé. 1

Le départ de la procession se faisait entre six et sept heures. Après le son de Prime, la grosse cloche Guillaume était mise en branle à cinq reprises. On appelait ces sons /a Partie. Alors le cortège s’organisait : il était si important que le défilé durait trois heures. Pendant la messe qui suivait Prime, le juge de police venait à la cathédrale pour ordonner le départ. Les torches sortaicnt de la cathédrale, à sept minutes d’intervalle, en commencant par celles du bas de la nef. Avant de sortir de l’église, les portefaix allaient au Chœur saluer le Saint-Sacrement, leur torche sur les épaules, et décrivaient un demicercle devant la balustrade du sanctuaire. T1 est probable que cette manœuvre était de date récente. qu’elle ne s’effectua qu’anrès 1699, quand on eut détruit le Jubé. Les torches étaient portées très rapidement, tant il y avait hâte pour les porteurs de se débarrasser de leur poids considérable, jusqu’à la rue de la Censerie. Là, elles étaient rangées devant la grande porte de l’église abbatiale du Ronceray.

- Anrès la dernière Torche, celle des Bouchers, s’avançait le (rieur de patrnôtres. 1] allait seul, portant un grand chapelet en bandoulière et une torche de cire jaune à laquelle était attachée une clochette munie d’une poignée, qu’il faisait sonner de temps en temps.

Puis venaient dans un ordre minutieusement réglé tous les hommes des corps de métiers, le chapeau au poing. Ils étaient répartis suivant la nature de leurs travaux en cinq corps ou groupes distincts ('}. « Le premier était peu homogène, le second réunissait les ouvriers du bâtiment, le troisième ceux qui travaillaient le fer, le quatrième ceux aui s’occupaient du linge et du vêtement ; le cinquième les gens de l'alimentation. — Après suivaient les hommes de professions libérales, à commencer par les marchands (?).

Au départ des Cornorations le Juge de la Prévôté, assisté de son greffier, au haut du olacître, faisait l’appel des compagnons de chaque métier. Il notait les absents, qui avaient à paver une amende, s'ils n'avaient pas de raison légitime à apporter de leur absence. Chacun devait se munir d’une torche de cire allumée. Elle fut remplacée au XVIII° siècle par un flambeau simulé pour éviter les taches de cire qui tombaient sur les habits. C’était un bâton de bois blanc très droit, long de neuf pieds, cannelé jusqu’à moitié de sa hauteur, revêtu de cire blanche aui couvrait plusieurs mèches. Le Musée diocésain autrefois en possédait un spécimen très curieux (*). | ;

A la tête de chacun des groupes les deux plus jeunes maîtres portaient, un de chaque

qui suivait la grand'messe, laquelle finissait à 4 h. 74. Alors, après ce moment de repos, de 4 h. % à 6 h., le Chapitre se retrouvait au Chœur, devant le S. Sacrement, qui restait exposé jusqu'à la fin de l'Octave, pour le chant des Vépres et des Complies.

1. Chaque chef de métier payant maitrise, ct faisant partie d'un art, devait sous peine d'amende, assister à la procession.

2. Tous ces groupes de laïques réunis ensemble comprenaient plusieurs milliers de personnes. Éveillon, en 1624. parle de 4000 torches qui auraient été distribuées. Berthe, à la fin du XVIII s. en comptait 16.000.

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