Louvet, Journal, Rev. d'Anjou, 1855, IT, p
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196 Sonograpbie de la Œatbédrale d'Angers.
côté de la procession, un guidon, « une enseigne ou pannonceau » composé de deux feuilles de fer blanc ou de carton sur lequel étaient peints le saint Patron et les attributs adoptés par le métier. — Les Boulangers avaient un saint Henri d’un côté et des pains de l’autre ; les menuisiers sainte Anne et un outil. Ces feuilles, ovales ou carrées, étaient réunies et fixées à la torche par un nœud de rubans, aux couleurs de la corporation. — Il ÿ avait aussi de petits chefs-d’œuvre montés sur des bâtons, comme ceux des couvreurs ct des filassiers et d’autres encore. On en voit plusieurs au Musée Saint-Jean ; il y en avait aussi au Musée de l’Évêché, avant 1903. — Le guidon sans contredit le plus curieux était celui des pêcheurs, qui leur avait été concédé, dit-on, par le Roi René. « C’était une torche monstre, si pesante, qu’un homme très vigoureux avait peine à la porter entre ses bras, appuvée sur une serviette nouée à ses épaules. Un cercle qui couronnait cette machine faisait voir diverses sortes de poissons suspendus. Elle marchait en cadence au son de trois ménétriers qui jouaient une gigwe composée, dit-on, par le roi de Sicile. » Après la procession, cette curiosité était déposée dans l’église de la Trinité, devant le Jubé, où elle restait toute l’année. — Depuis 1618, par privilège spécial octroyé par Louis XITT, les architectes faisaient porter devant eux le drapeau de la ville de la Rochelle, qu’ils avaient pris au siège fameux de 1628. Quand il fut usé, avec la permission de Louis XIV, ils en firent faire un semblable (').
Après les corporations venait la Municipalité, précédée de tambours, de trompettes, d’huissiers habillés aux couleurs de la ville. Le maire, d’une main tenait une torche et de l’autre un bouquet d’œillets blancs ou de roses rouges. Puis suivaient Messieurs du Présidial en robes rouges, précédés de leurs guidons sur lesquels était représentée une Justice; Messieurs du Grenier à sels: ceux des diverses administrations ; enfin, précédés de leurs massiers, les étudiants de l’Université groupés par nations, les Docteurs et le Recteur magnifique. — En arrière de ces groupes de laïques défilait la maréchaussée à cheval. Le régiment de cavalerie d'Angers, parfois celui de Saumur venait se mêler à elle. Mais tenant à briller seul dans le cortège elle ne permettait pas à des corps étrangers d’entrer dans ses rangs. Alors les cavaliers non inscrits au cérémonial se contentaient de présenter les armes au Saint-Sacrement à divers endroits du parcours. |
Après les laïques venaient les religieux de tout ordre, Capucins, Frères Minimes, Récollets de la Baumette et d'Angers, Cordeliers, Jacobins, Augustins, Carmes déchaussés précédés de leurs croix que portaient des Frères en dalmatiques entourés d’acolytes en robes. Les Bénédictins, du moins ceux de Saint-Aubin, ne paraissaient pas dans le cortège: ils avaient leur procession, le jour même du Sacre, à l’abbaye.
A la suite de tous les moines moinant en moinerie venaient les chanoines des neuf Chapitres secondaires de la ville, la Compagnie de ja Trinité À part, deux à deux. ceux de Saint-Maimbœuf et de Saint-Maurille, de Saint-Tulien et de Saint-Pierre, les Chanoines réguliers de Toussaint avec les prêtres de l'Hôpital Saint-Jean. les chapitres royaux de Saint-Martin ct de Saint-Laud. « en chapes avec leur cortège ds croix, de porte-croix. de bedeaux, d’acolvtes couronnés de fleurs, d’évangéliaires (?). »
C'était enfin le tour du Chapitre de Saint-Maurice avec ses chapelains en chapes et en chasubles, ses appariteurs, ses dignités en robes rouges et en dalmatiques, ses enfants de chœur, couronnés de roses, ses chanoines en robes violettes et en chapes.
Le ARE en robe rouge et l’Évêque en robe violette, tous les deux revêtus de la cha-
. Bibl. m. nue Ballain, 477.