Chan. Rondeau, Le Sacre, p
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Œbapitre iit. — La Procession du Sacre. 197
suble, portaient sur un brancard et sous un dais le Saint-Sacrement, renfermé « dans cette belle et grande custode recognaissable de si loin qu’on savait, par sa grandeur et par la forme singulière dont elle était composée : une croix d’or supportée de deux angelots d’argent doré dans laquelle il y a enchâssée une pièce notable de la vraie croix de N.S. et sur la croix un beau soleil d’or contenant la Sainte Hostie (*). »
Derrière le dais, marchaient les gouverneurs et lieutenants de la province, ville et château, entourés de leurs gardes ; le prévôt provincial suivi de ses archers fermait le cortège.
Le défilé n’en finissait plus, tant il y avait de gens à longues robes, au moins à la fin du XVITTI° siècle ; magistrats et chanoines étaient accompagnés de leurs porte-queue. Il y avait une telle foule au départ, en l’église et dans la rue, artisans de toutes sortes et de toutes corporations, jaloux de leur rang, que le juge de police ne parvenait que très lentement à dégager dans l’ordre voulu la nef et les abords de la cathédrale. Il fallait trois heures pour cette opération, et neuf heures sonnaient au clocher de Saint-Maurice quand l’évêque sortait de l’église.
Primitivement la procession se faisait en silence, il n’y avait d’autre chant que celui de la Psallette. Avec le temps tout changea, il y eut des chants tout le long du parcours, se mêlant au bruit des musiques qui précédaient les corps des métiers.
La procession suivait le parcours que nous avons indiqué. A la Trinité certains groupes se rangeaient pour laisser passer dans la rue et au bas de la Montée des Forges, les grosses torches des métiers. Le reste du cortège, y compris les compagnies et les corporations entrait dans l’église abbatiale du Ronceray, traversait le chœur des religieuses retirées dans la petite nef du nord, du côté de l’abbaye, et chantant des motets pendant que passait le Saint-Sacrement.
En sortant du Ronceray, le cortège se rendait au Tertre ; au passage, les musiques et symphonies, qui étaient sur le rempart saluaient le Saint-Sacrement. L’on exposait la monstrance sous l’un des arceaux de la T'#ba qui regardent le Ronceray, entre les deux croix du Chapitre, la Jurande et le Livre des Évangiles(?).— Après le chant de quelques motets, les dignités quittaient leurs chapes pour aller prendre quelque réfection dans les maisons du voisinage, car il était près de midi,et tout le monde était en cérémonie depuis cinq heures du matin. — « L’usage de ce repas auquel fait allusion le Compte du Dépensier de l'Hôpital Saint-Jean, 1432-1433, ne fut pas d’abord général (*).»— « Louvet se scandalise de ce que en 1623, profitant de l’absence de l’évêque Miron, MM. du Présidial ont laissé les gouverneurs.les juges et les consuls et nombre d’assistants entendre le sermon du Tertre et s’en sont allés déjeuner, entraînant par leur exemple bon nombre d’habitants. — A la fin du XVIT® siècle on fut moins sévère. Une fois le Saint-Sacrement exposé, on éteignait les torches, sauf les deux falots de rigueur, et l’on s’en allait joyeusement prendre le petit repas du sacre. » Le Clergé régulier et séculier, les prêtres même du Séminaire de Saint-Sulpice ne s’interdisaient pas ce soulagement, remarque la Réponse des Compagnies de la ville d’Angers à un #émoire de M. J]. de Vaugirault (*). — « Madame l’abbesse du Roncerav, écrit Berthe, ainsi que les riches propriétaires qui habitaient les riches hôtels du Tertre et de la rue de l’Hommeau, du Puits Rond et de la place de Paix se