Chan. Rondeau. Le Sacre, p
faisaient un plaisir d’héberger les différents corps du Clergé et les ME qui ‘avaient soin d’envoyer dès la veille, des diners froids pour ce repas ('). »
‘La foule, restée groupée devant la T'xba, entendait le sermon du Brédicateur de lOctave du Saint-Sacrement à la cathédrale. L’orateur, monté sur une chaire en pierre de deux mètres de haut, à laquelle on accédait par trois marches, au dessous de l’arcade du Saint-Sacrement, protégé par une toile contre la pluie et le soleil, parlait pendant une bonne heure et commençait là sa station. Choisi et agréé par le Chapitre, c'était ordinairement un personnage de renom. C’est ainsi que furent admis à prêcher au Tertre le sermon du Sacre, en 1560, le célèbre René Benoist, curé de Saint-Eustache, le Pape des Halles; en 1607 et 1608, le fameux Père Joseph, l’'Éminence Grise ; en 1690, Grandet, curé de Sainte-Croix. Le Père Joseph prêcha avec tant d’éloquence à la 7'xba du Tertre Saint- Laurent, que les membres du Présidial, pour venir l’entendre à la cathédrale, suspendirent tous leurs travaux (*). Le sermon en plein air causait une si grande fatigue que, à partir de 1698, il y eut un prédicateur spécial pour le sermon du Tertre.
Après le sermon, la procession revenait à la cathédrale par le même chemin et dans le même ordre, mais sans passer par le Ronceray. Les prêtres de l'Hôpital Saint-Jean retournaient directement chez eux, et ceux de la Trinité s’arrêtaient à la porte de leur église après avoir fait une belle révérence au Saint-Sacrement. Au retour, l’ostensoir n’était plus porté par l’Évêque et le Doyen, mais par deux dignités du Chapitre. Rentré à la cathédrale, vers trois heures, Mgr l’Évêque, toujours à jeun, chantait une grand’messc pontificale qui se terminait à quatre heures rt demie. Alors suivait l’office de Sexte qui finissait d'ordinaire à 5 heures (°).
À ce moment, l’Évêque, le Doyen, les Chanoines, tous les gens du Haut et du Bas Chœur « venaient se rafraîchir au Chapitre, car rien, dit Lehoreau, n’était plus fatigant que ce jour-là. » C’est alors qu'avait lieu le festage constaté dès le XIV* siècle par Thorode, mais, nous dit cet auteur, ce repas plus ou moins bruyant, donné entre la grand’messe et les vêpres, devant l’Évêque, parut peu convenable au Chapitre qui le réduisit « à une simple pofation ou collation, prise au revestiaire, et composée de pain et de vin, de cerises et'autres fruits de saison. » La potation elle-même finit par disparaître, après conclusion capitulaire du 11 juillet 166$, pour les officiers du Bas Chœur. Elle fut remplacée par une distribution en argent faite à tous ceux de l’église d'Angers qui avaient assisté au service du jour. « Les chanoines, ajoute malicieusement Lehoreau, reçurent chacun 4 1. 5 5. pour s'être fatigués à entendre chanter de pauvres choristes d'office. »
Après le festage ou potation, avait lieu le chant de None, puis celui de Vêpres. Cela fait, l’Évêque entonnait l’Adjutoriunr nostrum in nomine D", puis, à l’autel, il donnäit la bénédiction du Saint-Sacrement en faisant avec l’ostensoir trois grands signes de croix, et en chantant par privilège spécial du Saint-Siège : « Benedicat vos omnipotens Deus, Pater, et Filius et Spiritus Sanctus(*).» Alorson voilait le Saint-Sacrément ou on le mettait dans le petit tabernacle. Après, avaient lieu les Complies, il était souvent huit heures bien sonnées : puis c'était le salut des grosses torches devant le chœur, comme’au départ. Ces machines étaient alors reportées chez le cirier « pour être dégarnies » et emmenées ensuite à la chapelle Saint-Eutrope. Les autorités se retiraient. Les quatre facultés de l’Univer-