‹ Monographie de la cathédrale d'Angers. Les évêques, le chapitre, institutions diverses, cérémonies, anciens usagesChapitre 158 sur 212 · Lehorceau, op. cit., TV, p · texte numérisé non relu

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Œbapitre iii. — La Procession du Sacre. 199

sité venaient aux Grandes Écoles reconduire le Recteur qui adressait aux maîtres et aux étudiants un remercîment en latin.

La journée du Sacre était alors finie. M** de Sévigné admirait l’énergie dont faisait preuve en cette rude journée le vieil évêque Henri Arnault. Elle écrivait le 8 juillet 1685: « Mon fils m’a conté des merveilles de M. d'Angers ; il a quatre-vingt-huit ans, il porta le Saint-Sacrement sur ses épaules, le jour de la fête ; la procession est d’un grand quart de lieue. Il chanta tout de suite la grand’messe et ne mangea qu’à quatre heures. Tout le monde était en admiration du miracle visible qui le soutenait, faizaron ha, ma l'animo non nranca ; tous les ans c’est un nouveau prodige. »

PRÉSENCE DE GRANDS PERSONNAGES A LA PROCESSION DU SACRE ET INCIDENTS DIVERS.

Souvent de grands personnages, des rois, des reines, des princes, de passage à Angers, au moment de la Fête-Dieu, se firent un devoir de paraître dans le cortège ou de le voir passer ‘en un lieu favorable à leur curiosité ou à leur dévotion. Maintes fois aussi des incidents, les uns amusants, les autres fâcheux, marquèrent l'Histoire de notre procession.

En 1487, Charles VIII « suit à pied, la tête nue, en grand dévotion moult honorablement, suivi de toute sa cour, le Saint-Sacrement pendant que les trompettes sonnaient, ce dont le peuple fut très joyeulx et content, et le réclamait fort pour le sieur et Roy en disant Vive le Roy (')! L’après-midi Sa Majesté fut aux vêpres et à complies avec grant honneur et dévotion. Il se montra à la cathédrale vêtu d’un surplis, d’une aumusse et d’une chape d’or comme un chanoine (*), de laquelle chose les sieurs de ladite église furent joyeulx et le peuple content et en remerciaient Dieu. »

En 1518, d’après Bourdigné, « François [" arrive au château d'Angers, le dimanche qui suit la Fête-Dieu. Il entend vanter la beauté de notre Sacre et exprime le désir d’en être témoin. Pour satisfaire sa curiosité, on déploya le jour de l’Octave, mais seulement autour de la Cité, toute la pompe de la procession générale. Le Roi offrit lui-même un dais magnifique de drap d’or d’Utrecht que soutinrent quatre princes de sa suite. Alors marchèrent les petites torches de 15 à 16000, après les grosses Torches, fort belles et plus garnies que de coutume, toutes semées de fleurs de lis ; après encore marchaient le maire, les échevins, gens de justice, officiers et autres notables de la ville, les quatre mendiants et les collèges, les dovens, les chanoines en chapes, puis les Suisses en bel ordre, les archers de la garde avant tous une torche armoyée aux armes de France, et après cela plusieurs princes et gentilshommes portant pareilles torches et aux dites armes (*). » — Le Saint- Sacrement était porté par l’abbé de la Roë, évêque de Saint-Pol de Léon et par le maîtreécole d'Angers. « Au devant du dais étaient trompettes, clairons, hautbois, bussins, tambourins qu’il faisait bon ouir. » — « Derrière marchaient à pied le Roi, la Reine, Mgr le Duc d'Alençon et plusieurs grands Princes et Seigneurs avec collier de l'Ordre. Et après suivaient encore Madne la Duchesse d'Alençon, la Duchesse de Nemours et plusieurs autres Dames et Damoiselles, lesquelles étaient fort richement accoutrées et les faisait bon à voir (*). » — « La dite procession faite, le Roi, la Reine, les Princes et Princesses,

1. Oudin, Rev. d'Anjou, 1852, t. If, pp. 15-66. 2. Bibl. m. d'Angers. M°* 468, t TITI, p. 18. 3. Bibl. mun. de Tours. M** 1108.

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