Bibl. mun. de Tours. M°* 1168, p
200 @onograpbhie de la Œatbévrale d'Angers.
les Seigneurs et grandes Dames de la Cour, charmés d’un si bel ordre, de la musique et décoration, nous dit Bourdigné en ses Chroniques, s’en retournèrent au Château où, depuis, leur suite a donné plusieurs ébattements, passe-temps et musique (*). »
En 1550, Henri II, de passage à Angers, au mois de juin, avec la Reine, assiste à la procession du Sacre, accompagné de toute sa suite (?).
Le jeudi 18 juin 1620, Marie de Médicis, « en bonne catholique et dévotieuse, » veut assister à la procession. Le Corps de ville met à sa disposition, « le logis de feu Adeline, qui au droit de la Fontaine Pied Boulet fait le coing, comme ayant son agrément et veue tout le long par dessus la Porte Chapellière. De là Sa Majesté, accompagnée de grands seigneurs et dames et de ses gardes, peut admirer au retour le bel ordre du cortège, les grosses torches accompagnées de jeunes gens tant compaignons que apprentis, des maîtres artisans en bons équipages d’habits, lesquels dansaient autour de leurs torches et devant la reine, au son tant de tambours, fifres et viollons, que autres instruments. » La Reine admira fort les grosses torches « esquelles y avaient des figures historiées de l’Écriture si bien représentées au naturel, lesquelles ont été tournées devant elle de tout côté, afin qu’elle pût les admirer (°). »
En dehors des Rois et des Reines, quantité de personnages marquants assistent à notre Sacre. Le 25 mai 1617, ce sont M. le Marquis de Sablé, M. le Maréchal de Boisdauphin, son père et M. le Duc de Brissac. « Ils étaient en la rue Bourgeoise, en une boutique, à voir passer la procession,laquelle était, comme elle à accoutumé d’être, solennelle et honorable. » — Le 10 juin 1632, le Prince de Condé arrive en la ville d'Angers, assiste, lui aussi, avec un grand plaisir au défilé des Torches.
Notre procession, si attrayante, n’allait pas toujours sans incidents, les uns fâcheux, les autres grotesques, sans quelques abus auxquels l’autorité civile et ecclésiastique devait remédier.
Parfois, c'est le mauvais temps qui vient tout déranger. — En 1474, les grands ponts sont rompus par une inondation. — En 1576, même accident ; la procession du Sacre va alors en l’église Saint-Michel du Tertre, et sort par la porte de la Vieille-Chartre « à raison que la grande arche de dessus les ponts estoit cheutte par la force de la rivière qui l’avait fait tomber et qu’il n’y avait qu’un petit pont fait de matz de batteau par dessus lequel il ne passait que des hommes de pied. Assiste à cette procession le sieur de Tilly, nouveau gouverneur d'Angers, accompagné de cent habitants en armes, et furent lesdites grosses torches partie mises au cimetière dudit S* Michel, partie dans la rue. »
En 1692, un nouvel accident arrivé au grand pont empêche les grosses torches de s’aventurer sur la passerelle de fortune qui avait été faite en attendant les réparations.
En 1702, le vent fut si violent que le vieux dais fut brisé sur les ponts ; on fut obligé d’aller chercher celui de la Trinité. Le Saint-Sacrement resta quelque temps sous la pluie qui pénétra dans le soleil d’or. Les ornements furent abimés à ce point que le sacriste fut obligé d’aller emprunter ceux des Jacobins pour la procession du petit Sacre. Le dais de la Trinité fut aussi tout mouillé et gâté par la pluie (*).
A côté des bourrasques et du mauvais temps qui venaient de temps en temps troubler