Ahhé Maupoint, Vic de Mgr Montault, p
Œbapitre iti. — La Procession vu Sacre. 205
tion (‘).» — Les arrêtés de la police municipale, qui, chaque année, de 1802 à 1870, « ont pour but la propreté et la liberté des rues traversées par le cortège, ne mentionnent que les rues qui vont de la cathédrale à l’église de la Trinité. » — Fr. Grille, lui-même, dans des notes ajoutées à son poème du Sacre, dit la même chose.
Dès lors, on s’appliqua à remettre en usage les vieilles coutumes d’autrefois. Les gens des métiers se retrouvèrent dans le cortège avec une torche à la main ; puis venaient les paroisses qui remplaçaient les anciens Chapitres ; seule, en tête du défilé, la paroisse de Sainte-Thérèse ; après, deux par deux, marchaient celles de Saint-Jacques et de Saint- Joseph, de Notre-Dame et de Saint-Laud, de la Trinité et de Saint-Serge ; après encore la paroisse de la cathédrale, enfin sous le dais, que suivaient les chanoines, le premier Grand-Vicaire et l’Évêque en chasubles portaient le Saïnt-Sacrement sur un brancard richement décoré. — À l’église de la Trinité l’Évêque déposait l’ostensoir sur le maîtreautel et donnait la bénédiction. Après quoi il changeait de vêtement, et, en revenant, le Saint-Sacrement était porté par le deuxième grand-vicaire et un chanoine. Au retour de la procession à la cathédrale, il y avait une grand’messe pontificale, comme avant la Révolution, et le sermon, suivant un nouvel usage qui commençait, était donné après les vêpres.
Les autorités civiles, militaires et judiciaires reparurent, dès le commencement, dans le cortège. Le 3 juin 1804, d’après les Affiches d'Angers, le préfet Nardon, le général Girardon, le colonel de gendarmerie Noireau, les magistrats des Cours de Justice, la Municipalité, les officiers de l’État-Major étaient dans le défilé, et la Garde Nationale, précédée de sa musique, faisait la haie de chaque côté. — Sous la Restauration on se crut revenu aux plus beaux jours de l’Ancien Régime. En 1816, le maire, M. de Villemorge, invitait, six jours à l’avance, les habitants des rues de l’Évêché, Baudrière et Bourgeoise, « à joindre aux tapisseries et ornements dont ils décorent ordinairement le devant de leurs maisons, des toiles tendues d’un côté de la rue à l’autre, ainsi comme cela se pratiquait avant la Révolution. » Le jour du Sacre, « de nombreux détachements de la Garde Nationale et de la Garde Rovale, de la Légion de Maine-et-Loire et de la Gendarmerie faisaient escorte au Saint-Sacrement que portaient toujours sur un brancard l’évêque et un de ses grands vicaires.» — En 1830, d’après un article du Maine-et-Loire, l’effervescence populaire étant très forte à Angers. » dès le mois de juin, la procession du Sacre fut supprimée, cette année-là. L’auteur de l’article qui rapporte ce fait semble le regretter vivement: « Et le spectacle, dit-il, qui, le jour de la Fête-Dieu, attire une si grande affluence, étaitce bien la peine de nous l’enlever ? — Non, vraiment, le Gouvernement de Tuillet le comprit, il laissa subsister à Angers la belle procession. Le Maire, M. Joubert-Bonnaire, annonça par arrêt du 2 juin 1831, « qu’à défaut de l’artillerie de la Ligne, celle de la Garde Nationale ferait pendant le temps du défilé, les trois salves prescrites par le décret de Messidor, an XII, qui remettait en usage la vieille coutume du XVITI* siècle (?). »
Avec le temps. et petit À petit, la procession du Sacre reprit sa physionomie d'autrefois. On y revit les guidons, les chefs-d’œuvre qui précédaient les anciens Métiers. La Torche des pêcheurs reparut jusqu’en 1860. et celui qui la portait dansait la vieille gigue du temps du Roi René. Les ouvriers reprirent place dans le cortège par corps, par profession. Et, à côté d’eux, dans le défilé, composé d'hommes exclusivement avant 1789, on vit venir les religieuses de nos communautés diocésaines, les enfants de nos écoles chrétiennes et des institutions laïques, les élèves du Petit Séminaire et du Lycée, de l’École normale et des Arts et Métiers.
1. Mém. de la Soc. d’agricult., sc. et arts, d'Angers, 1886, p. 53. 2. Chan. Rondeau, op. cit., p. 38, 30.
206 @onographie de la Cathédrale v'Angers.
Le décor de nos rues changea d’aspect, mais ne fut pas moins remarquable que celui d’autrefois. Partout dans les rues dont les maisons étaient parées de tentures et de fleurs, il y avait des oriflammes multicolores flottant au haut de mâts parés, des arcs de verdure, des guirlandes de toutes sortes, des banderoles de toutes couleurs, rehaussées d’or et d’argent. En 1848, l'architecte Heulin avait dressé au milieu de la grande arche du Pont du Centre un arc de triomphe en forme de portail gothique avec clochetons qui complétait le décor de nos rues « tendues en ciel » d’autrefois.
Le 18 mai 1850, Mgr Angebault établit une Commission pour rendre, autant que possible, à la procession du Sacre son antique splendeur. Il fut tout d’abord décidé qu’on reprendrait le parcours traditionnel, avec la station au Tertre Saint-Laurent. Deux reposoirs devaient être élevés, l’un place de la Laiterie, à côté de la Trinité, l’autre sur l’emplacement de la Tuba. Ce dernier, « dessiné en style gothique par M. Heulin, » avec ses colonnettes revêtues de mousseline blanche, ses cartonnages rouges et or, ses statues et ses statuettes de plâtre, ses pinacles, le tout encadré de deux rangées de lourds piédestaux, chargés de statues grandeur nature s'élevait, avec sa flèche centrale, à vingt-neuf mètres de hauteur. À ce premier reposoir monumental, remonté plusieurs années de suite, en succéda un autre, du même architecte, qu’éleva M. l’abbé Gardais, alors vicaire à la cathédrale, en prétendu style XIII° siècle, accompagné de deux clochers très élancés, travail considérable de charpente et de menuiserie dont toute la décoration était en bois découpé, en mousse et en roses artificielles. Il fallait voir avec quelle emphase les dames patientes et habiles se rengorgeaient en énumérant les milliers de roses qu'elles avaient employées. Ce chef-d'œuvre, qui avait coûté 10.000!, fut à ce point admiré qu’on le réédifia huit jours après sur le Champ de Mars pour la procession du Petit Sacre. On continua de le remonter, tous les ans, avec quelques variantes, jusqu’en 1867. — M. L. de Farcy en dressa un nouveau qui servit pendant quatre ans. Il était de style roman, et reproduisait en grand le célèbre reliquaire byzantin de la collection du Prince Soltikoff, avec sa belle colonnade, ses arcades, son dôme côtelé tout étincelant d’or et de couleurs, comme les anciens émaux des Trésors d’églises et des musées. Il rappelait l'aspect général du reposoir qui fut élevé à Laval en 1865 sous le pontificat de Mgr Wicart, pour la consécration du nouveau diocèse au Sacré-Cœur. — A la mort de Mgr Angebault, la procession du Sacre à Angers avait repris, avec sa vieille splendeur, son grand renom d’autrefois.
À partir de 1870, sous l’épiscopat de Mgr Freppel, elle continue de se développer en beauté. La plupart des magistrats et des fonctionnaires qui, à la fin de l’Empire, avaient cessé de prendre part à la procession, reparurent dans le cortège À côté des officiers de P'État- Major et des délégations de l’Armée, à côté de l’Université ressuscitée, des anciennes corporations ouvrières reconstituées. Et parmi cette foule déjà très compacte parurent chaque année plus nombreux les membres de nos Congrégations d'hommes et de femmes, les enfants des Écoles, les jeunes gens et les jeunes filles des confréries, des associations pieuses. Et dans les rues pleines de couleur et de fraîcheur, à côté des splendides bannières des paroisses, on vit paraître les drapeaux et les guidons des groupes reconstitués d’après les documents de l'Histoire, et sur de riches brancards recouverts de tentures brodées, parmi les fleurs et la verdure, les statues des patrons des métiers. Derrière le daïs sous lequel, depuis le retour à la Liturgie romaine, l’Évêque seul portait le Saint- Sacrement, suivait une foule respectueuse, que fermait un détachement de dragons ou de cuirassiers. — Sur le Tertre Saint-Laurent un nouveau reposoir fut construit par M. L. de Farcy : un vrai monument gothique de forme octogonale, à colonnes et à frontons, au-
Œbapitre ii. — La. Drocession du Sacre. 207
dessus desquels s’élevait une flèche de vingt-cinq mètres de haut, très élégante, rutilante d’or et d’azur, toute hérissée aux angles de crochets. On eût dit un gigantesque reliquaire agrémenté de ses perles et de ses pierreries. Il était difficile de donner une apparence de richesse plus grande à un édifice éphémère, dont l’emploi ne devait durer que peu d’instants. Grande était, chaque année, la dépense, plus grande encore la difficulté d'échapper aux orages, à la pluie, aux coups de vent, pendant les huit ou dix jours qu’il fallait pour monter un pareil monument. Aussi on parla de substituer à ce reposoir périssable un édifice permanent qui répondrait au même but. Les circonstances rendirent bientôt la chose facile.
Dès 1872, le Conseil municipal d'Angers ayant mis en vente les terrains du Tertre Saint-Laurent, M. L. de Farcy représenta à Mgr Freppel l'intérêt majeur qu’il y aurait à ne pas les laisser aliéner sans en sauver ce qui serait nécessaire pour permettre la construction d’un reposoir en maçonnerie à une quarantaine de mètres de l'emplacement de l’antique 7'xba, à empêcher la construction de maisons en face de la chapelle de manière à en masquer la vue de la ville. C’était, au moment, une affaire de 12.000 rien que pour l'achat du terrain. Après, on verrait ce qu’il y aurait à faire.
Mgr Freppel, convaincu de la nécessité de maintenir la vieille tradition, voulut bien approuver le projet et chargea M. L. de Farcy d’en assurer l’exécution. Le terrain fut acheté et payé ; puis on se mit en quête pour trouver l’argent nécessaire à la construction projetée, que devait édifier l’architecte, M. Dussouchay, avec l’aide de M. Baudri, entrepreneur. Après quelques difficultés, au moment où l’on creusa les fondations sur l’emplacement d’une ancienne carrière remblayée, la chapelle s’éleva sur un haut soubassement de granit en forme d’un abside polygonal, précédé d’un haut porche ouvert de trois côtés, avec contreforts, clochetons et pignons à crochets, le tout en belle pierre blanche ('). Les travaux, commencés en 1875, étaient assez avancés en 1878 pour que, à la procession, l’évêque d'Angers pût y donner la bénédiction à la foule et à la ville. Une flèche élégante, en zinc, à crochets dorés, dans le genre de celle de Notre-Dame de Paris, vint couronner l'édifice en 1891, quelques mois avant que fût installée, le soir de Pâques, une grande et magnifique croix commémorative de l’inoubliable mission prêchée dans toutes les paroisses de la Ville d'Angers par les Rédemptoristes. — Un peu négligée, faute de ressources, la chapelle fut remise en état en 1908, et la sculpture des pignons exécutée en même temps. Il reste encore des escaliers à construire et des grilles à élever. Espérons que l'argent, qui fait défaut, finira par se trouver et qu’une nouvelle campagne terminera le travail d'aménagement et de décoration laissé en chantier. On évalue de 65.000 fr. environ la dépense totale dont 11.622 fr. payés à la ville pour le terrain, 870 au notaire, 3.089 à M. Moisseron pour la décoration, 3.800 pour l’entrepreneur, 6.000 pour la flèche, 5.000 environ pour les réparations et embellissements de 1908.
La procession du Sacre est toujours aussi populaire à Angers, comme le disait, en 1894, Mgr Mathieu dans un mandement célèbre où le savant prélat retaisait de façon si intéressante son histoire. Depuis longtemps sans doute les écoles de l’État, les membres des administrations, depuis 1883, l’armée, ne prennent plus part aux hommages rendus au Saint-Sacrement ; mais à défaut de l'élément officiel, par les rues et par les quais toujours somptueusement décorés, des groupes nombreux prennent place dans le splendide cortège.
1. Ce magnifique reposoir fut remonté sur la colline des Gardes, en 1875, pour le couronnement de la Vierge miraculeuse, cérémonie ineubliable dont le succès eût été merveilleux sans une poussière atroce que souleva, le matin, un violent ouragan.
208 @onographie De la Larbédrale d'Angers.
Deux fois, au plus fort de la persécution contre l’Église, sous le ministère Combes, la Préfecture interdit la procession par ordre du Gouvernement ; deux fois des manifestations de protestation, comme on n’en avait jamais vu à Angers, se rendirent au chant des cantiques de la cathédrale aux églises de Saint-Joseph et de Saint-Laud à la porte desquelles Mgr Rumeau donna la bénédiction du Saint-Sacrement à l'énorme foule agenouillée respectueusement. Après de telles démonstrations, il fallut bien laisser la procession sortir le jour de la Fête-Dieu. Pendant deux ou trois ans, il y eut bien quelques bagarres, montées par l'esprit sectaire, au Tertre Saint-Laurent ou dans les rues, mais ce ne fut rien ; la municipalité d'Angers, toujours si libérale, à quelque parti politique qu'appartint sa majorité, se fit honneur de maintenir en notre ville une coutume si ancienne, un spectacle aussi original que rare, qui tient au cœur des Angevins et intéresse si vivement les étrangers qui en sont les témoins.
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Ses Ύremonies extraordinaires. Ge:
Chapitre — Jiberges cérémonies à caractère eva ercdlusivement religieur. same SELLES
OUS ce titre nous rangeons les diverses cérémonies qui eurent trait aux différentes Dédicaces de la Cathédrale, aux sacres de quelques évêques, à des baptêmes princiers, aux excommunications, aux abjurations, aux processions ordonnées au sujet de tel événement extraordinaire, aux Ze Deum, aux Jubilés et aux Missions.
ee rerneee Dédicaces de la Cathédrale. — D'après Grandet ('), il y eut trois consécrati( la cathédrale d'Angers, la première sous l’évêque Defensor qui la dédia
en 350 à la Très Sainte Vierge Marie. Notre vieille église garda le nom de la Mère de Dieu sous les épiscopats de saint Apothème et de l’évêque Prosper. — La deuxième eut lieu en 396. Au titre primitif, saint Martin ajouta ceux de saint Maurice et de ses compagnons, les martyrs de la Légion Thébaine, — La troisième, en 1030, se fit par la
| main d'Hubert de Vendôme qui aux noms des premiers titulaires de son église ajouta celui de saint Maurille.
A défaut de procès-verbaux relatant ces différentes cérémonies, il nous reste comme preuves justificatives le témoignage des actes postérieurs au XI° siècle et la tradition constante depuis lors de l’église d'Angers. — Dans un acte de l’an 1000, en date du 1* janvier, Foulques Nerra déclare qu’il restitue à la Sainte Vierge et à saint Maurice certaines choses qu’il avait usurpées sur la cathédrale : « Sancte Matri Ecclesie Dei Genitrici et Sancto Mauritio. » — Un acte de Robert I”, roi de France de l’année 1003, parlant des Chanoines d'Angers les appelle : « Canonici S® Marie et SŸ Mauritii. » — En la même année 1003, Foulques Nerra donnant quelques privilèges à l’église d'Angers, dit qu’il les concède à l’église et au cloître de la Bienheureuse Vierge Marie et de Saint- Maurice, « claustrum B. Marie et S" Mauritiüi. » — En 1030, Henri [°”, roi de France, confirmait les dons faits par Hubert de Vendôme à l’église fondée et dédiée en l’honneur de Notre-Dame et de saint Maurice : « Charissimus admodum reverendissimus nobis Hubertus ep. And. Matris Eccl. in honorem et memoriam S. Dei Gen. Marie Beatig Martyris Mauritii fundata. » — Michel de Villoiseau, dans l’acte de donation faite à la cathédrale des dîmes de Vallée, pour fonder le pair de Chapitre, en 1255, dit que la cathédrale a été dédiée en l’honneur de Dieu, de la Très Sainte Vierge Marie, de saint Maurice et de ses compagnons, aussi bien que de saint Maurille et de saint René. — Guillaume le Maire, dans son acte du mois de mars 1296, en faveur de la cathédrale, affirme que, d’après une tradition très ancienne en Anjou, la cathédrale a été d’abord consacrée, dédiée à Notre-Dame, et dans la suite à saint Maurice. — En 1670, Lehoreau
|. Cf. Bibl. m d'Angers. M" 621.
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210 monographie de la Œatbébdraile v'Angers.
parle de notre cathédrale consacrée « à Dieu sous l’invocation de la T. S. V. Marie, du triomphant martyr S. Maurice, chef de cette généreuse Légion Thébéenne. »
L'image de la Sainte Vierge était placée sur le grand-autel, du côté de l'Évangile, non seulement comme Mère de Dieu, à qui la première place appartenait au-dessus de tous les saints, mais encore comme patronne de l'église. C’est pour cette raison que tous les Missels et Cérémoniaux de l’Anjou avaient l’image de la Vierge imprimée du côté droit et celle de saint Maurice du côté gauche sur la page du frontispice. — C'est aussi en souvenir des trois consécrations, des trois dédicaces que Mathieu Guillemot imprima en tête du nouveau missel, 1644, sous Claude de Rueil, une gravure représentant les images de la Sainte Vierge, de saint Maurice et de saint Maurille.
Une ancienne coutume de la Liturgie de notre cathédrale est encore une preuve que cette église avait été dédiée à Notre-Dame. Du 3° dimanche après la Pentecôte jusqu’au dimanche de l’Avent, après les vêpres, les chanoines allaient du Chœur dans la nef ; ils faisaient station devant le Jubé, et, là, chantaient l’antienne du 3° Nocturne de l’office de l’Assomption : Succurre nobis, Genitrix Christi, miseris ad te confugientibus, et après les versets et les répons, l’officiant chantait l’oraison : Seigneur Jésus, vous avez consacré ce temple à l'honneur de notre mère sous l’invocation et la protection de la S. V. Marie, mère de Dieu, de'saint Maurice et de ses compagnons, et de saint Maurille.
Arthaud, dans ses Mémoires sur la vie de saint Maurille, prétend qu’en dehors des consécrations dont la tradition nous a gardé la date, il y en aurait encore eu deux ou trois autres, la première, à l'achèvement des voûtes de la nef, la deuxième, quand furent finis le chœur, le chevet et les croisées ; « mais il n’y a pas d'apparence, ajoute-t-il, car la voûte, le chevet et les croisées ne sont pas des parties si considérables que la nef, et apparemment, losqu’on bâtit la voûte, le chevet et les croisées, cette nef subsistait encore de la même manière que Hubert l’avait fait bâtir et que nous le voÿons présentement. »
En l’absence de croix de consécration, à l’intérieur ou à l’extérieur de notre cathédrale, en l'absence aussi de tout procès-verbal de dédicace, pour obéir au texte de la constitution Divino afflatu, donnée par le Pape Pie X, le premier décembre 1911, la cathédrale d’Angers fut de nouveau consacrée, le 22 novembre 1915, par Mgr Rumeau. En foi de quoi des croix de consécration furent peintes sur les colonnes de l’église, et, depuis, chaque année, la fête de la Dédicace dut être célébrée dans le diocèse d'Angers sous le rite double de 1" classe avec Octave.
Consécration d’Evêques. -— Notre cathédrale vit peu de sacres épiscopaux. Ceux de nos évêques se faisaient en l’église abbatiale de Saint-Aubin. Avant la Révolution il n’y eut donc que des évêques étrangers à recevoir le sacre dans notre vieille église de Saint- Maurice, et encore furent-ils peu nombreux. — En 1183, Gauthier de Coutances, d’abord chanoine de Rouen, clerc d'Henri I* et d'Henri II, rois d'Angleterre, chapelain de Blia en Angleterre, archidiacre d'Oxford, et, après, Raoul de Warnier, trésorier de la cathédrale de Rouen, élu à l’évêché de Lincoln, fut consacré à Saint-Maurice par l’archevêque de Canterbury, primat d'Angleterre. Il mourut archevêque de Rouen, et les grandes choses qu'il a faites pendant son épiscopat lui ont valu de porter dans l’Histoire le surnom de Wagnifique.
Le 5 août 1434, c’est l’évêque de Chartres qui, avec la permission du Chapitre, comme nous l’apprend un document très succint, se fait sacrer en notre église cathédrale. — En 1456, c’est Jean du Bellay, abbé de Saint-Florent, qui vient recevoir la consécration épiscopale chez nous. « Le Pape Nicolas lui permet de se faire consacrer comme évêque
Œbaypitre i. — Diverses cérémonies à caractère erclusivement religieur. 211
de Fréjus par un évêque catholique et orthodoxe tel qu’il voudrait sans préjudice et l’avenir des archevêques d’Aix, métropolitains dudit évêché. Il choisit Alain, cardinalprêtre du titre de Sainte-Praxède, nomme vulgairement le Cardinal d'Avignon, pour être consacré, lequel avec toutes les solennités requises célébrant la messe pontificale, assisté de Nicolas, évêque de Marseille et de Gabriel, évêque d’Uzètz, consacra solennellement en lPéglise cathédrale d'Angers et reçut de lui les jurements envers le Saint-Siège, le dimanche des Rameaux, 21 mars 1456. » ; mt
Depuis la Révolution, deux fois seulement on vit se renouveler dans notre cathédrale les magnifiques cérémonies du sacre épiscopal. En 1893, dans l’église splendidement décorée par M. L. de Farcy, comme elle l’avait été, à quelque temps de là, au jour des fêtes du Triduum des saints Pères Claver, Berchmans et Rodriguez, ornée de plus de quantité d’écussons et de devises de circonstance, Mgr Mathieu, docteur ès-lettres, curédoven de Pont-à-Mousson, recevait la consécration épiscopale des mains du Cardinal Meignan, assisté de Mgr Cléret, évêque de Laval, et de Mgr Midon, évêque d’Osaka, un de ses compatriotes. — Ie 24 juin 1923, dans un décor plus réduit, Mgr Costes, évêque de Telmesse, et coadjuteur avec future succession de Mgr Rumeau, recevait à son tour le sacre épiscopal des mains de Mgr l’évêque d'Angers, assisté de Mgr Grellier, évêque de Laval, et de Mgr Sagot du Vauroux, évêque d'Agen, en présence d’une immense foule de prêtres et de fidèles. A cette occasion le sermon fut donné par Mgr Grente, évêque du Mans, et les chants furent exécutés de façon splendide par les élèves du Grand Séminaire et les enfants de la schola de la cathédrale, sous l’habile direction du maître de chapelle, M. le chanoine Turpault.
Processions extraordinaires. — Des processions extraordinaires sont demandées à tout propos, aux époques de grandes calamités : le 1° septembre 1608, !! pour prier Dieu d’apaiser sa colère et de nous donner de la pluie. » — Souvent Dieu se laisse toucher et il exauce ceux qui se font suppliants. « Le mardy 12 mai 1694, la sécheresse continuant, et les vœux des fidèles augmentant, une procession est décidée, à la préface de la messe la pluie tombe (*). » — Le 17 août 1704, «quoiqu'il n’y eût aucune apparence de pluie, à 2h. 1/2, il plut en abondance pendant une demie heure, à 6 heures du soir et le lendemain de midi à 1 heure : — Le 19 avril 1706, il plut en abondance de 1 h. à 1 h. 1/2 avant vêpres, et un peu dans le reste de la journée ; » — pour demander du temps sec, « ad implorandum Dei auxilium fiis precibus pro aeris serenitate, » 13 avril 1584, — « ad implorandum pro aeris infirmitate, » 18 maï 1584 (*); — pour supplier Dieu d’avoir pitié de ses enfants et de les délivrer de la peste, « pro liberatione a contagiüs pestüs, » 13 avril 1554, — « ad agendum Altissimo gralias pro contagionum aversione (°),» 12 décembre 1584 ; — pour supplier Dieu de faire-disparaître les loups qui dévastaient les campagnes et viennent jusque dans les faubourgs d'Angers et dans les rues; — pour mettre fin à l’hérésie qui désole le pays et y cause les plus grands troubles, « pro heresis extirpatione, » 18 mai 1584 ; — en actions de grâces pour le Sérénissime et illustrissime Duc d'Anjou, « quod a gravissima infirmitate corporali qua nuper detinebatur Dei beneficio convaluit, » 1% avril 1584 ; — « ad implorandum Dei auxilium pro valetudine prospera Serenissimi Regis nostri ar Reginæ Francie, necnon illustrissimi Dni Ducis Andegavieæ, » 18 mai 1584 ; — pro XI fidelium valetudine, n 13 août 1584. De