‹ Monographie de la cathédrale d'Angers. Les évêques, le chapitre, institutions diverses, cérémonies, anciens usagesChapitre 164 sur 212 · Rev. de l'Anjou, 185, I, p · texte numérisé non relu

Rev. de l'Anjou, 185, I, p

2. Lehoreau, op. cit., IT, p. 104, 148 3 Bibl. m. d'Angers. M°" 621, p. 271.

212 ggonographie de la Cathédrale d'Angers.

Ces processions extraordinaires commandées par l’Évêque et le Chapitre avaient,

comme on le voit, des buts très variés, et elles avaient lieu à chaque instant. Le rendezvous était donné à l’une ou à l’autre des églises ou chapelles de la ville, églises des paroisses, des abbaves, des collégiales, chapelles des Augustins, des Capucins, des Cordeliers, des Minimes, des Carmes, etc. — Messieurs de l’Hôtel-de-ville, les membres des Compagnies, les religieux des abbayes et des couvents, les chanoines des Chapitres royaux et des Collégiales, ceux du Chapitre de Saint-Maurice, Mgr l’'Évêque y prenaient part, suivis d’une foule de fidèles quelquefois déchaus et nus pieds, quelle que fût la saison. On portait dans le défilé les châsses des saints ou le Saint-Sacrement. Dans ces cas, les rues étaient décorées de tapisseries et de fleurs comme au Sacre, et ceux qui assistaient à ces défilés portaient à la main des torches de cire blanche ou de cire jaune allumées. Ceux qui présidaient : Évêque, Doyen, simples chanoines avaiént des ornements aux couleurs du jour, s’il s’agissait d'actions de grâces, des ornements violets s’il s’agissait d’obtenir la fin d’un fléau, d’une calamité. — A l’église de la station la messe était chantée quelquefois avec accompagnement de l'orgue ou des violons. Pour les mêmes raisons, et d’autres semblables, des processions extraordinaires n’ont pas cessé d’avoir lieu jusqu’à aujourd’hui au dehors de notre cathédrale. Elles ressemblent aux anciennes à part quelques menus détails ; généralement on n’y porte plus les reliques des saints et, avec l’affaiblissement de la foi, l’assistance v est devenue moins considérable de notre temps.

Res

Baptêmes princiers et autres d'importance. .— (est à la cathédrale que fut baptisé le bon Roi René, le 16 janvier 1408 — (a. st.) — le jour même de sa naissance comme nous l’apprennent les Mémoriaux de la Chambre des Comptes d'Anjou. « La cérémonie fut célébrée en grande pompe dans l’église cathédrale, devant une foule de seigneurs et de vassaux, à la lueur de 100 cierges ou torches ardentes. Les parrains furent nombreux comme le comportait le rang du noble enfant. Les principaux étaient l’abbé de Saint- Aubin (Thibault Ruffier), Jean, seigneur de l’Aigle, fils du Comte de Penthièvre, et cousin germain de Louis II d'Anjou, Guillaume des Roches. — Les marraines furent nombreuses, elles aussi. On remarquait parmi elles Madame l’abbesse de Notre-Dame d'Angers (le Roncerav), Isabelle de Ventadour (‘}.« Die 76 mensis januarii MCCCCVII/ — 1409 — (m. st.) in castro ibidem circa horam terciam post mediam noctem, inclila Domina Volan Hherusalem et Sicilie regina et Andegarie ducissa, consors illustrissimi principis Ludovici regis regnorum predictornum ducisque etc. popcrit filinm qui Renatus nomine baptismate fuit denominatus in ecclesia Andeg. ; compatres que ferunt reverendus pater in Christo Dominus T. abbas Sancti Albini, et ceregius vir Johannes, comes Aquille, filius quondam comitis de Pent. et Guillelmus de Rupibus, miles, una cum Abbatissa Beate Marie Andeg. etc. et quamplures ali nobiles, potentes, et, cum cereis centum ardentibus seu torchis, ete. (°). »

Autre baptême d'importance. « Le 28 avril 1585, le jour de la Quasimodo, dans l’aprèsdîner, la fille de M. le Comte de Brissac a été baptisée sur les fonts qui sont près de l'autel de M.S. René de la grande église de Saint-Maurice d'Angers, par Mor l’évêque d'Angers. Guillaume Ruzé, laquelle fut portée par M.de la Garde d’Ayvril, porte-manteau du Roi René; le bassin et l’aiguière portés par un échevin de la ville ; l’orciller sur lequel était le

1. Lecoy de la Marche, Le Roi René, 1, pp. 3-4. 2. Bibl nat, fonds fr., 1334*, p. 05.

Œbapitre i. — Diverses cérémonies à caractère exclusivement religieur. 213

crémeau tout couvert et enrichi de pierreries, et la salière portée aussi par deux échevins, aux costez desquels il y avait 13 marchands des plus honorables de la ville, qui portaient chacun cinq flambeaux de cire blanche, et après marchait M. Morin, accompagné de MM. de la Justice de ladite ville, à laquelle fut donné le nom de Renée Angélique, et au soir M. le Comte de Brissac donna le souper audit M. Morin et autres, qui fut préparé en la grant salle du palais épiscopal, où y avait un buffet tout couvert de vaisselle d’or et d'argent et la dite salle tendue de riche tapisserie (*). »

Te Deum. — Les Te Deum étaient fréquents à la cathédrale, ou dans les églises du voisinage, si pour une raison quelconque, la cathédrale n’était pas libre. On les chantait en présence de toutes les autorités, avec force musique, et ils avaient lieu pour toutes sortes de raisons : naissances royales, mariages princiers, succès aux armées, paix avantageuse au Royaume, événements religieux de toute importance, sacres d’évêque, jubilés, etc. De quelques-uns d’avant la Révolution nous avons gardé les copies, et les procèsverbaux qui les ont consignés sont quelquefois remplis de détails intéressants.

Le 6 janvier 1684, « on fit des feux de jnie pour la naissance de Mgr le Duc d'Anjou. Le Te Deum fut chanté en musique à la cathédrale, toutes les compagnies réunies. Le canon tonna en la manière ordinaire ; il y eut des illuminations à toutes les fenêtres, et des feux d’artifice. Sur les 8 heures du soir, on fit couler trois busses de vin. Tous les habitants prirent les armes sous la conduite de M. Poisson de Neufville(*).»— Le 15 février 1766, « permission avait été donnée au Commandeur de l'Ordre de la Merci de venir en l’église cathédrale chanter un 7e Deum avec 84 captifs qu’il avait rachetés de l'Empereur du Maroc. Ledit Père avait une soutane blanche, un habit brun par dessus et portait une longue barbe(*).» — 3 octobre 1729. A l’occasion de la naissance du Dauphin, le Te Deum fut chanté à l’église des Cordeliers devant la Municipalité et toutes les compagnies de la ville « par la musique de la cathédrale demandée à cet effet et par plusieurs escolles de violons, avec violes, hautbois et autres instruments de symphonie, ce qui se passa à la grande admiration, applaudissements et acclamations de tous ceux qui étaient dans ladite église. »

Le 2 janvier 1784, « Mgr l’'Évêque d'Angers ayant reçu la lettre du Roi pour rendre grâce à Dieu dans son diocèse, de solennelles actions de grâces pour la paix que Sa Majesté a conclue avec le Roi de la Grande Bretagne, avait ordonné par son mandement du 10 du mois de décembre dernier que le T7 Deum serait chanté le dimanche du même mois, à l’issue des vêpres, dans l’église abbatiale de Saint-Aubin, l’église cathédrale étant empêchée à cause des réparations qu’on y faisait. M. le Maire, MM. les officiers municipaux ayant reçu de M. l’Intendant de la Généralité des Tours des ordres du Roi rendirent une ordonnance, le 24 dudit mois de décembre, pour les réjouissances de cet heureux événement, et se rendirent, le 28 dudit mois, dans l’église Saint-Aubin, accompagnés de la milice Bourgeoise sous les armes, pour assister à la cérémonie, ainsi que tous les corps et compagnies de la ville. Le Régiment Dauphin, en quartier d’hiver en cette ville, se rendit également en ladite église, en guerre, ayant à sa tête la musique dudit régiment, de même que toute la noblesse de la ville. — Mgr l’Évêque entonna le Te Deum,qui fut entièrement en musique à grand orchestre, de la composition de M. Voilemont, maître de chapelle

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