Arch. de M.-et-L. GG
220 %onographie De la Cathédrale d'Angers.
le même ordre qu’il avait tenu auparavant. Les trois églises désignées pour les stations étaient Saint-Maurice, Saint-Pierre et la Trinité (').
Après la Révolution les Jubilés continuèrent à être solennisés à la cathédrale. Il y en eut maints et maints à propos des avènements pontificaux, des années saintes, du concile œcuménique du Vatican, du renouvellement du siècle, etc. Ils donnèrent lieu à quantités de démonstrations pieuses et furent prêchés par des prédicateurs en renom de tout ordre et de tout habit.
Prédicateurs. — De tous ceux qui parurent dans les cérémonies de la cathédrale avant la Révolution, à propos de missions, de jubilés, ou pour d’autres motifs, en dehors de nos évêques, de nos chanoines et de quelques prêtres des églises collégiales, je ne citerai que quelques noms et, à propos de certains, je rapporterai brièvement quelques épisodes grapillés dans nos vieilles chroniques.
À la fin de l’année 1416, ou au commencement de 1417, saint Vincent Ferrier, dont les prédications furent si célèbres en Bretagne, s’en vint à Angers. Un de ses compatriotes du diocèse de Vannes, maître Prigent Pluevigner, avocat à la cour ecclésiastique de Vannes, certifie que pendant qu’il faisait ses études à Angers, il entendit M. Vincent prêcher tout un mois en notre ville. Il disait la messe en plein air ; après, il expliquait le catéchisme devant une foule toujours plus avide de ses enseignements, qui applaudissait à la manière éloquente et persuasive avec laquelle il prêchait. Sa parole détermina plus d’une réforme dans la toilette des Dames nobles d'Angers et des environs, « qui, alors comme aujourd’hui, n’était pas toujours selon les règles de la décence et des bonnes mœurs (?). »
Le dimanche 26 octobre 1510, M. Dynolle, religieux Jacobin, faisait le sermon dans l’église Saint-Maurice. « Il lui fut tiré en laditte église un coup de pistolet par un homme, lequel fut tué en ladite église à coups de celles. » — En 1586, M. Benoist, Angevin, curé de Saint-Eustache, à Paris, vint faire « les sermons des Avents de Noël, qui ont beaucoup prouffité de tant qu’il y a un grand nombre qui se sont réduitz à l’Église Catholique, Apostolique et romaine, comme aussy il a fait les sermons, le caresme suivant 1587, aux. quels il y avait grand nombre de peuple. »
Le 18 mai 1603, le dimanche de la Pentecôte, M. du Bouchage fit un grand sermon, « où il y eut quantité de peuple pour l’ouir, tant à raison de sa grandeur et extraction, doctrine, que sa bonne vie. » — « Le vendredy, 21° jour de décembre 1607, ledit Révérend évêque d'Aix fait de nouveau un sermon à Saint-Maurice, où y a assisté un grand nombre de peuple et des plus apparents, MM. du Clergé, de la Justice, M. de Montauban, M°* la Comtesse de Chemillé. » — « Il a pour sa doctrine emporté beaucoup de louange, comme aussi il a officié la vigile et le jour de Noël en ladite église et a fait un long sermon le jour de la Saint-Jean, férie de Noël. »
Le 28 avril 1608, le P. Cotton, S. T., confesseur et prédicateur du Roi, prêcha à son tour à Saint-Maurice devant MM. du Clergé. de la Justice et quantité de gens du peuple. Il traita de l’énormité du péché envers Dieu et de la nature de l’âme. Son sermon a été admiré par les érudits et les savants. — Le 29 juin 1611, l’abbé de Bourgueil fait un sermon à Saint-Maurice. Il eut beaucoup d’admirateurs « à cause de la grande doctrine qu’il a pour son âge de 23 à 24 ans. »
Le 21 juillet 1620, le Père Souffrant, qui prêcha l’octave du Saint-Sacrement, eut à son