‹ Monographie de la cathédrale d'Angers. Les évêques, le chapitre, institutions diverses, cérémonies, anciens usagesChapitre 169 sur 212 · Bibl. du Grand Sém. d'Angers. M“ de Grandet, p · texte numérisé non relu

Bibl. du Grand Sém. d'Angers. M“ de Grandet, p

Œbapitre i. — Diverses cérémonies à caractère exclusivement religieux. 227

sermon la reine Marie de Médicis, alors en résidence à Angers. —- Le lundi 26 décembre 1623, jour de la Saint-Jean, M. de Valençay, évêque de Chartres et abbé de Bourgueil, dit la grand’messe à la cathédrale et donne le sermon. « Sa réputation d’éloquence avait amené à la cérémonie du monde en si grande quantité que toute la nef de ladite église et les galleryes du haut d’icelle étaient pleines pour l’ouir et l’entendre. » — Le 1° octobre 1628, M. Corvaisier, docteur en théologie, dit le sermon à son tour à Saint-Maurice. — En 1665, 1666, le R. P. Elie Courant, prédicateur et provincial de l'Ordre des Jacobins, eut 100 1. 5 s. pour ses sermons de carême, — M. Fourcroy, docteur de Paris, et chanoine d'Orléans, 60 I. pour ses sermons de l'octave du Saint-Sacrement (').

Le 25 novembre 1715, le R. P. Galmet, religieux Minime, fait l’oraison funèbre de Louis XIV à Saint-Maurice. —- M. Georges-Gabriel Louet, professeur de Philosophie au Petit Séminaire, puis vicaire à la paroisse de Saint-Maurice, chanoine et professeur de Théologie, fait l’oraison funèbre à la cathédrale de M. le Comte de Brionne, gouverneur de la province. Le 20 novembre 1761, Madame la Comtesse de Blois lui envoie une superbe boîte d’or, ou tabatière, dans laquelle était le portrait du Prince, pour le remercier, et MM. de l’Hôtel-de-Ville lui font présent de 100 jetons d’or, 1° février 1762. — Il est choisi pour faire l’oraison funèbre du Dauphin. 13 janvier 1766, pour prêcher l'Avent. Et, à cette occasion, le Chapitre lui fait présent de l'Histoire ecclésiastique de Fleury, 11 décembre 1767 (°).

Le carême de 1780 à la cathédrale eut pour prédicateur M. Raimbault, chanoine de Chartres.Il fut reçu au Chapitre de Saint-Maurice, et aux Conclusions capitulaires, rédigées par Thorode, on lit en marge cette note curieuse : « Nota, jamais prédicateur n’avait de mémoire d'homme attiré un si grand nombre d’auditeurs dans l’église Saint-Maurice. On s’y battait pour la place et le Chapitre n’était pas le maître de son banc, ce qui attira quelques scènes désagréables (*). »

Il est impossible d’essayer même de citer les noms de tous les prédicateurs célèbres qui, du Concordat à nos jours, sont montés dans la chaire de Saint-Maurice, il faudrait nommer la plupart des évêques de France les plus en renom depuis plus d’un siècle, quantité d’autres prélats de tout degré, une vraie foule de prêtres du ministère et de l’enseignement, les hommes les plus en vue des Ordres religieux de toute règle et de tout costume, Dominicains, Franciscains, Carmes chaussés ou déchaussés, Jésuites, Rédemptoristes, Oblats de Marie, Maristes, etc., etc. Qu'il suffise de rappeler les noms des plus éminents. Mgr Freppel, Mgr Mathieu, Mgr Rumeau, des Cardinaux Pie, Mermillod, Lusson, Touchet, de Nosseigneurs Duparc, Grente, Ruch, de Mgr Crosnier, de MM. Gourdon, Bodaire et Bazin dont les homélies ont été si goûtées.

Excommunications, Amendes honorables, Dégradations, Abjurations. En ces temps d’autrefois où, bien que la foi fût très vive. les passions étaient fortes, nos évêques, pour faire respecter leurs droits, défendre les choses saintes contre les profanateurs, maintenir les clercs dans la sainteté de leur état, avaient recours à contre-cœur sans doute, mais il le fallait pour le bien général de l’Église, à des mesures terribles, l’excommunication, l'amende honorable, la dégradation. De temps à autre, au temps des hérésies, ils avaient la consolation de procurer à quelques égarés la rentrée dans le droit chemin par la cérémonie touchante de l’abjuration.

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