Bibl. m. d'Angers. M°° 668, p
‘2. Bibl. m. d'Angers. M* 656, II. Supplém.. p. 23-26. 3. Arch. de M.-et-L. G. 269, p. 609.
222 aponograpbie de la Œatbédrale d'Angers.
Excommunication. — Guillaume Le Maire, assisté de douze prêtres en habits sacerdotaux prononce l’excommunication contre le Bailli d'Anjou, qui voulait soumettre l’Évêché d'Angers à la juridiction du Roi. Après avoir prononcé l’anathème contre lui, le 30 octobre 1298, il jette, et ses prêtres jettent avec lui sur le pavé de l’église la torche qu’ils tenaient à la main, et en s’éloignant ils l’éteignent en mettant le pied dessus (*).
Le 7 novembre 1440, Jean Michel, évêque d'Angers, excommunie publiquement dans sa cathédrale Gilles de la Réauté, juge d'Anjou, qui retenait dans les prisons du Roi des clercs justiciables de lui, disait-il, d’après le droit du temps. — Le 22 novembre. 1442, l’évêque lance de nouveau l’excommunication contre le même Gilles de la Réauté, qui, de nouveau, contrairement à la coutume, s’était permis de garder sous les verrous des clercs qui en appelaient au tribunal de l’officialité diocésaine (°).
Amende honorable.
imposée aux délinquants. En voici une que nous a rapportée Ballain dans ses Annales et Antiquités d’Anjou. Les détails qu’il nous conte à ce sujet nous montrent de façon intéressante ce qui se passait en pareil cas. — « Trois jeunes gens ayant passé en débauche toute la nuit du 1° au 2 janvier 1713, entrèrent dans l’église de Saint-Maurice, à 5 heures du matin, et, étant pleins de vin, firent plusieurs insolences devant le Saint-Sacrement, éteignirent les lampes et causèrent un grand trouble dans l’église. Ayant été arrêtés, ils furent présentés à Mgr Michel Poncet de Ja Rivière, évêque d'Angers, qui les fit enfermer et retenir prisonniers dans le château jusqu'au dimanche suivant 8 janvier, qu’ils firent amende honorable devant le Saint-Sacrement dans l’église de Saint-Maurice où ils furent apportés, enfermés et clos dans des chaires couvertes pour assister aux vêpres
Parfois, pour des sacrilèges publics, l'amende honorable était
et à la remontrance que leur fit l’évêque dans un sermon qu'il faisait ce jour-là à cause e de
la mission fondée par M. Subleau.
On présenta à chacun d’eux une chandelle de cire blanche allumée qu’ils tinrent pen-
dant toutes les vêpres et le sermon de l’évêque, sans sortir de leurs chaires couvertes, et , furent gardés par des soldats du château, ce qui causa un grand désordre dans l’église :
ensuite ils furent reportés au château où ils demeurèrent prisonniers jusqu’au dimanche suivant par ordre de l’Évêque auquel le Chapitre fit connaître, aussitôt la susdite amende honorable faite, l’abus et le scandale arrivé parmi le peuple par cette amende honorable qui paraissait plutôt un triomphe qu’une soumission et réparation. L'Évêque condamna les trois libertins à faire derechef l’amende honorable, le dimanche 15 janvier. — Ils sortirent du Château, conduits par les soldats, et vinrent à pied à Saint-Maurice, à
l'heure des vespres. Lorsqu'ils furent arrivés à la porte, un prêtre leur présenta à chacun |
un cierge jaune, sur lequel était attaché un papier où étaient écrits en gros caractères ces mots : Prophanateur du Temple. On les conduisit devant le grand autel, où, étant agenouillés, ils entendirent les vespres, tenant dans leurs mains leurs cierges allumés. Après vespres Monseigneur s’assit dans une chaire sur la plus haute marche de l’autel, leur fit une réprimande en peu de mots, et la termina par ceux-ci : « Souvenez-vous que si vous
récidivez, j’agirai contre vous dans touta la rigueur. Puis il s’en alla, et les trois libertins
furent reconduits au château (°). »