Bibl. m. d'Angers. M°° 1268, p. 2 et
3. Ballain, Annales et Antiquités d'Anjou, 1716, pp. 624-627.
Œbapitre i, — Diverses cérémonies à caractère exclusivement religieur. 223
La Dégradation. —- Contre les malheureux prêtres, qui s’étaient rendus indignes du sacerdoce par le scandale, l’Église était obligée parfois d’agir avec vigueur et de procéder à la dégradation. Ce fut le cas pour un Cordelier du nom de Robec, le 10 avril 1556, sous l’épiscopat de Gabriel Bouvery. — L’Évêque le fit amener dans la petite cour de l’Évêché pour lui annoncer que, malgré son recours au Parlement de Paris, il avait reçu du Roi l’ordre de procéder à sa dégradation. Alors il alla revêtir ses ornements pontificaux à la sacristie de la cathédrale, puis, traversant le chœur, il alla processionnellement prendre place devant l’église sur une estrade dressée infra atrium diclæ ecclesiæe et viam publicam. Là, assisté de Révérend Père Monsieur Laurent de Commaire, abbé commendataire de Toussaint et de Vallée, l’official, de Bohic, le grand Chantre, d'Hervé, le Pénitencier, d’autres chanoines et ecclésiastiques, et d’une foule immense de peuple attirée par la curiosité du spectacle, il procéda à la dégradation dudit Robec qu’on avait amené vêtu ‘de tous les ornements sacerdotaux, « licet ab initio refragantis et insolentis, renuentis juxta ritum Sanctæ Ecclesie et canonicas constitutiones. »
« Alors, Georges Gerard, professeur de.la Faculté de Théologie, lut en public les lettres du Roi. Robec, convaincu de schisme, d’hérésie, d’apostasie, excommunié et n’ayant pas voulu demander pardon, répondit insolemment aux accusations portées contre lui. On lui imposa silence, et on procéda à sa dégradation. On lui enleva tout d’abord le calice et la patène qu’il tenait dans ses mains, puis on lui arracha successivement la chasuble, la dalmatique du diacre, la tunique du sous-diacre, le manipule, l’aube, le surplis, tous les vêtements sacerdotaux, les livres sacrés, le Missel, le Rituel, le livre des Évangiles et des Épitres, du Lectionnaire, des Exorcismes, les vases sacrés, les chandeliers, les Clefs de l’Église. — Cela fait, l’Évêque ordonna à son barbier de raser la tête du malheureux, afin qu'il ne lui restât aucune trace de tonsure sacerdotale et cléricale, et il fut revêtu d’un habit laïque. Et, quand furent accomplies toutes les prescriptions des canons, l'Évêque, se tournant vers le Juge criminel qui était à sa gauche avec les quatre officiers du Roi, d’une voix forte, alta voce, il lui dit qu’il pouvait recevoir à la barre ledit Robec, qui venait d’être privé de tout ordre et privilège de cléricature. En même temps, #isericordia motus, l’évêque priait le seigneur Juge « #{ amore Dei pietatis et misericordie intuitu el nostrarum precum interventu miserrimo reo nullum malum vel mutilationis
inferret periculum. » Après quoi, Évêque, chanoine, ecclésiastiques revinrent processionnellement à l’église (*).
Abjurations. — Heureusement, pour consoler l’Évêque au milieu des mesures de rigueur qu’il était obligé de prendre à contre-cœur, venaient en temps d’hérésie, comme au moment de la Réforme, les abjurations. — Ainsi, le 6 juin 1683, jour de la Pentecôte, le ministre protestant de Montrichard et celui de Baugé se présentèrent pour faire abandon de schisme et d’hérésie entre les mains de Monseigneur d'Angers, en l’église Saint-Maurice. Après que les deux ministres eurent été réconciliés, le 7e Deum fut chanté en actions de grâces (°).
1 Bibl. m. d'Angers. M°* 624, II.