Chron. Raynaldi, archid. Andeg
2. Hist. de Marmoutiers, p. Dom Martène, préf. par l'abbé Chevalier, IT, p. 115.
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Chap. ii. — Réception de Papes, de Lardinaur, D'Œvêques, De Rois, etc. 225
intéresser l’évêché et la cathédrale. — En 1444 l’évêque d’Angoulème est reçu par les:
chanoines sous la Galerie de Saint-Maurice en même temps que le roi Charles VII. — En 1499, l’évêque d’Aix, en 1611, celui d’Avranches président l'office du Chapitre. — En 1629, M. de Vezin, évêque de Tréguier, « dit la grand’messe en l’église d'Angers qui est le premier office qu'il ait fait, après avoir été reçu évêque dudit lieu. » En 1629, le 22 septembre, M. Léonce d’'Etampes de Valençay, évêque de Chartres et abbé de Bourgueil, offcie, à la cathédrale, aux premières vêpres, à la grand’messe et aux secondes vêpres de la fête de saint Maurice. — En 1633, l'archevêque de Tours chante la grand'messe de la Saint-Maurice, en raison de la maladie de l’évêque d'Angers. — En 1767, l’évêque de Blois ; en 1721, celui de Saint-Omer ; en 1772, celui d’Ardres ; en 1779, celui de la Rochelle ; en 1793, l’évêque d’Agra présidait la procession du Sacre ou la fête de saint Maurice. |
Plus d’un évêque étranger, en dehors de Gauthier de Coutances, élu à l’évêché de Lincoln et sacré à Saint-Maurice eut des relations avec les évêques d'Angers et les chanoines de leur Chapitre. — En 1199, saint Hugues d’Avallon, évêque de Lincoln, celui qui bâtit dans sa cathédrale le merveilleux chœur des anges, venu en Anjou, avec tout un cortège de chanoines, se trouvait à la Haie-aux-Bons-Hommes quand il fut invité à venir présider à la cathédrale la procession des Rameaux. Il arrivait à Angers pour la cérémonie quand un clerc, Gilbert de Lascy, vint lui annoncer la mort tragique de Richard Cœur de Lion. I1 dut renoncer à l'invitation de l’évêque et des chanoines pour se rendre à l’abbaye de Fontevrault, où il présida les obsèques du Roi d'Angleterre (*). —- En 1204 meurt à Angers un prélat irlandais, Malachie III, évêque de Down-Patrick. Compromis dans une révolte de l’Irlande, disgräcié et obligé de quitter son siège, il s’en vient passer le temps de l’exil à Angers, où l’évêque lui fait bon accueil et l’emploie comme coadjuteur. Il était rentré en grâces, près de son souverain, Jean-sans-Terre, et il venait d’être élu archevêque-primat d’Armagh, quand il fut frappé par la mort. Il fut enterré dans l’église Saint-Maurice tout près de l'endroit où fut déposé plus tard Jean Michel (°).
Réception des Rois et des Reines. Les Rois et les Reines autrefois se déplaçaient volontiers. Chaque fois qu’ils vinrent faire visite à leur bonne ville d'Angers, ils ne manquèrent pas de venir à la cathédrale où les attendaient avec tous les honneurs dus aux souverains l’Évêque et le Chapitre.
Charles VII. —- Le 14 novembre 1424, après avoir traversé les rues de la ville tendues de tapisseries, à cheval, sous un magnifique dais, pallium aureum, que portaient six bourgeois, le roi descend près de la Galerie où l’évêque, Hardouin de Bueil, lui présente l’eau bénite, la vraie croix à baiser et le texte de la Jurande ; puis le souverain, revêtu d’un rochet, d’une chape et de l’aumusse, en qualité de chanoine, entre dans l’église au son des cloches et des orgues, traverse le chœur paré de tentures, pannis sericis et cereis accensis. L’'Évêque et le Chapitre le mènent à l’autel, décoré de reliquaires et de lumières. Le Roi, après trois prosternations, baise les reliques, confirme les privilèges de l’église et, reconduit à la porte de l’église, remonte à cheval pour aller à l’abbaye de Saint-Aubin, où il est reçu. En souvenir de sa réception à cette église il donne au Chapitre, le 9 octobre 1428, la tapisserie de l'Ancien et du Nouveau Testament. -— La nouvelle visite du Roi,
1. Dom Piolin, /tinéraire de S. Hugues de Lincoln. 2. T. L. Houdebine, Echmilidh -Malachias TIT, év. de Davon-Patrick.
au cours de l’année 1440, est l’un des faits que Louvet, dans son /owrnal, consigne avec le plus de faveur. « Ce prince, dit-il, fut reçu par Jean Michel à la tête de son clergé avec les honneurs et les cérémonies accoutumés. Une des cérémonies consiste à donner au Roi un surplis, une aumusse et le pain du Chapitre comme à un chanoine, pendant tout le temps de son séjour à Angers, cunctis de Ecclesia cantantibus et organis modulantibus (').»
Louis XI et son frère, le Duc de Guyenne, le 5 août 1470, sont reçus avec le même cérémonial que leur père à l’entrée de la cathédrale. Ils y entrèrent en habit de chanoine qui leur fut présenté sous la Galerie. Le Roi laissa une offrande de vingt-quatre écus d’or pour la réparation de la châsse de saint Maurille. Il revint encore à Saint-Maurice, le 18 octobre 1476 et le 3 mars 1479. De nouveau, et chaque fois, il se montra très généreux (*). |
Charles VIII. — Le 23 novembre 1486, le Chapitre, à l’annonce de la prochaine venue du Roi, « décide qu’à son entrée on lui présentera un surplis et une chape de soie. » — « Le 12 juin 1487, le souverain est reçu comme chanoine à la porte de la cathédrale. Il assista à vêpres, le jour du Sacre, dans les vêtements qu'il prit sous la Galerie, les draps du Chapitre et une chape en drap d’or, ce qui fut très agréable au peuple (°). »
Louis XII. — A l’occasion de sa réception à Saint-Maurice, il y eut une petite dispute. On se demanda quelle dignité du Chapitre aurait l'honneur d’aider le souverain à prendre ses habits de chanoine. Le Trésorier prétendit que cet honneur lui revenait « en vertu d’un privilège de sa charge de revêtir le Roi des draps du Chœur, pannis chori investiri (*).»
François 1”. — La réception de ce Roi, en 1518, fut l’une des plus brillantes que l’on ait vue à Angers. — Après une arrivée impressionante à la Porte Saint-Aubin, le Roi, accompagné d’une immense foule de gentilshommes et de prélats, parmi lesquels on voyait les ducs d'Alençon, d’Urbin, d’Albanie, le comte de Saint-Paul, le comte de Campebruch, le cardinal de Metz, les archevêques de Salerne et de Paris, les évêques de Beauvais, de Toulon, de Senlis, de Lodève, de Léon, et plusieurs autres, les ambassadeurs du Pape, de l'Empereur, du roi d'Espagne, de Venise, de Gênes, de Lucques, de Florence et de Ferrare, s’en vint, le 6 juin 1518, descendre à la porte de la cathédrale, tendue de la très riche et très somptueuse tapisserie de l’Apocalypse, et « au devant de luy vinrent le Doyen, les chanoines et chapelains d’icelle église en grand nombre, "tous revestus de riches chapes de drap d’or, portant plusieurs reliques, et fit le roy le serment accoutumé, et fut ledit roy très honorablement et magnifiquement reçu et, après que ledit ! très-chrétien roy eut fait sa dévotoin, s’en alla dans son très fort et très puissant chasteau
d’Angiers (°).»
Henri II, le 3 juin 1550, « en arrivant à Angers, où il fut reçu avec tout l’enthousiasme
1. Louvet, Journal. Rev. d'Anjou, 1875, I, p. 134. 2. Bihl. m. de Tours. M°° 1168, p. 9, 11, 14.