‹ Monographie de la cathédrale d'Angers. Les évêques, le chapitre, institutions diverses, cérémonies, anciens usagesChapitre 185 sur 212 · Lchoreau, Cérém., N, p · texte numérisé non relu

Lchoreau, Cérém., N, p

3 Lchôreau, Cérém., IV, p. 208.

Œbapitre i. — sages à caractère ecclésiastique. 243

en Anjou, comme dans tout l’Ouest de la France, qu’on ne manqua pas de remercier Dieu d’une grande victoire remportée sur eux par les Angevins. Jean Hiret nous parle de ce haut fait d'armes, mais sans faire mention ni du jour ni de l’année. En souvenir de cette action mémorable, d’après Zeiller("), une chapelle fut bâtie tout près des murailles de notre ville, celle du prieuré de Saint-Sauveur, alias Hanneloup (?). — Lehoreau nous dit que le jour de la Transfiguration, le jour de la Saixt-Santeur, comme on dit en Anjou, ou bien le 2° ou le 3° dimanche d’août, une procession se faisait de la cathédrale à la chapelle Saint-Sauveur, et cette procession s'appelait la procession de la Réduction des Normands. Le Calendrier de 1660 en fait mention à la page 11 : elle se faisait donc encore à cette époque. Elle dut cesser vers la fin du XVII° siècle. Le Calendrier de 1700 n’en parle plus. —- On avait ajouté, dit-on, aux Litanies des Saints : À furore Normannorum, libera nos Domine! — Les Parisiens, assiégés trois fois par les terribles hommes du Nord, après le danger passé, comme nos pères, dans leurs oraisons publiques, priaient le Seigneur qu'il les délivrât de la fureur des Normands.

La chapelle Saint-Sauveur, nous dit Grille dans sa Topographie — Angers, T. 2 « chapelle monumentale, style Lombard, était placée sur le lieu même où les Normands avaient été repoussés et vaincus par les Angevins. Elle était destinée à perpétuer le souvenir de ce mémorable événement et la gloire des héros qui avaient défendu leurs murs contre les violentes attaques de leurs ennemis. » Elle a disparu depuis longtemps. Grille la regrette, et, au moment où il rédigeait ses notes, il exprimait le désir, lui, si fidèle à tout ce qui touthe de près ou de loin à l'Histoire de l’Anjou, que, sur l'emplacement du petit monument disparu, un obélisque fût élevé par la Municipalité pour rappeler le souvenir de la victoire dont il témoignerait.

La Cloche du Pardon et le Crieur de Patenôtres.— « En l’an 1472, le 1° may, fut commencé à sonner, l’heure de mydy, ung pardon durant 47e H/aria parce que le roi Louis XI impétra du Pape pour lequel furent faites de grandes processions générales à Paris » et ailleurs. Ce pardon demandé par le Roi c'était l’Azgelus, dévotion qu'il avait à cœur de voir adopter en son royaume.

Une institution qui se répandait partout en France, en même temps que l’usage de l’Angelus, c'était celle du Crieur de patenôtres. —-- En 1516, fondation à Angers de 15 livres de rentes annuelles pour le crieur de patenôtres ou de La pateuôtre, comme on disait déjà depuis longtemps, car dès le Moyen-Age bien des villes avaient leurs crieurs. Généralement vêtus de longues robes noires et portant bonnet de deuil, avec, sur la poitrine et sur le dos, peintes ou brodées, les armes de la ville, ils allaient par les places et par les rues, tenant à la main une petite clochette qu’ils faisaient tinter, annoncer le décès des trépassés, l’heure et l’endroit de leur sépulture. En même temps ils demandaient pour le défunt, par charité chrétienne, un Pater et un Ave. Nous ne savons pas à quelle époque exactement la ville d'Angers eut son premier crieur ; en tout cas, les raisons de la fondation de 1516 sont curieuses. Maistre Guillaume Richer, prêtre habitué en l’église d'Angers, « considérant que c'était une coustume fort louable et qu’il avait vu tousjours garder et obtenir en ladite ville d’Angiers de y avoir un homme qui va de nuyct pour advertir et inviter les citoyens et habitants d’icelle ville à prier pour les trépassés, que l’on appelle

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