‹ Monographie de la cathédrale d'Angers. Les évêques, le chapitre, institutions diverses, cérémonies, anciens usagesChapitre 187 sur 212 · GS D · texte numérisé non relu

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Œbapitre i. — Usages à caractère ecclésiastique. 245

(Fulco Rechin}) forem aureum quentin manu gerebat donavit, quem ego etiam ob memoriam et amorem illius in Ozanna semper mihi mets que successoribus deferendumi constitui. » En exécution des volontés de Foulques le Réchin, la Rose d’or, donnée à ce Comte d'Anjou par le Pape Urbain, et conservée au Château avec vénération, fut portée par lui et ses successeurs à l’Ozanna, c’est-à-dire à la procession des Rameaux. Combien de temps la porta-t-on à la procession et qu’est-elle devenue ? les documents nous font

défaut, nous n’en savons rien (').

La Jetée des Pelotes, le lundi de Pâques. — Cet usage existait déjà du temps du Roi René, mais on ignore à quel moment il commença. Noël Pissot, dans son /ournal, rapporte que François I" prit part à une jetée des pelotes à l’Évêché d'Angers, et « il y eut moult plaisir. » Ce jeu bizarre avait lieu aux grandes fêtes de l’année qui comportaient fêtages, après le diner servi dans la grande salle. ;

« Ad vesperam, nous dit Noël Durand (*}, dam signa pulsantur lotus conventus conveniat in domo Ep Andeg.; debentur mense apponi et ministri Ep Andeg. debert apponere pigmentum (boisson composée de vin, de miel et d'épices), cum aliis, et postea vinum, Postea Episcopus jacet pelotam. » —— Le repas qui se prenait dans la salle était très simple; « on y mangeait avec modération, dit Noël Pissot; on y buvait avec sobriété; même pendant ce repas, il y avait une lecture faite dans le Woureau Testament et V’Homélie du jour. »

C’est alors, en sortant de table, que commençait le jeu. Voici en quoi il consistait d’après le récit qu’en fait Thibaut, procureur général de France, à François de Denteville, évêque d'Auxerre. -— « Le chanoine le plus récemment reçu, écrit le haut personnage, devait apporter à l’Évêque, dans la grande salle, la pelotte qui était « de la grosseur d’un poulet de grain. » 11 la tenait sur la poitrine et, à 1 h. de l'après-midi, le lundi de Pâques 1520, il la présenta à l’évêque (François de Rohan), lequel, pour s’en servir à son aise, la mit dans la poche de son aumusse. Ayant reçu la pelotte, il l’appuyait sur la poitrine avec son bras gauche. Et, à l'instant, il prit le Doyen du Chapitre qui, comme tous ses confrères, portait la soutane violette et avait l’aumusse sur la tête, et ouvrit une danse, ixceperunt choream ducere, qui était suivie de celle des autres chanoines disposés en cercle et chantant la prose Victime paschali landes. Et pour se rendre les chants plus réguliers et plus accordant avec le mouvement de la danse il y avait un accompagnement de l'orgue. La pelotte circulait de chanoine à chanoine ; le renvoi se faisait du Doyen du Chapitre aux chanoines, des chanoines à l’Évêque qui se tenait au milieu du cercle. » — Cet usage, qui nous paraît bien extraordinaire aujourd’hui, fut supprimé par ordre de Henri II.

La Portion du Mort. — Thevenin, dans le /ourual d'un Bourgcois d'Angers, relate l’un des usages les plus originaux de l’ancien Temps, qu’il avait observé en la ville d'Angers. « Lorsqu'une personne mourait, une personne de condition laïque ou ecclésiastique, un chanoine par exemple, sa maison, nous l’avons vu, était tendue de noir, et personne ne pouvait y entrer, sauf les pauvres à qui un domestique offrait un diner tout semblable à

1. Peut-être le bouquet de fleurs que l'on porte derrière l'évêque, à la procession des Rameaux, est-il un souvenir de la rose d’or. 2. Noël Durand, t. III, p. 415.

246 Bonograpbic de la Cathédrale D'Angets.

celui que le maître ou la maîtresse de la maison mangeait habituellement. — Le pauvre attendait que la table fût prête, il y prenait place seulement lorsque le domestique avait prononcé l'invitation traditionnelle : « Mange ceci, c’est la portion du pauvre! » — Touchante coutume qui en rappelait une autre analogue, observée dans les monastères et les Chapitres réguliers, celle de la Part-Dieu, qui consistait à servir pendant trente jours, au repas conventuel, la pitance du Trépassé que l’on donnait aux pauvres après les grâces (').

1 Bull. histor. et monum., 1858, p. 327.

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Cor té. — Usages D'ovigtne liturgique |

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