‹ Monographie de la cathédrale d'Angers. Les évêques, le chapitre, institutions diverses, cérémonies, anciens usagesChapitre 190 sur 212 · Bull. mon., 1857, p · texte numérisé non relu

Bull. mon., 1857, p

4 Le même usage était en honneur partout dans les cathédrales de France et de l'étranger. — A Chartres, l'invitatoire, les répons et les antiennes de Matines n'étaient composés que d'Alleluias. De même pour les antiennes des autres

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Œbapitre ii. — Usages d'origine liturgique. 249

la Septuagésime, entre None et Vespres, au vu et au seu du Chapitre, les enfants de chœur portaient, en traversant le Chœur, une espèce de bière qui représentait l’Alleluia décédé. Le cercueil était accompagné de croix, d’eau bénite, de torches et d’encens. C’était aux enfants de chœur à officier à cet enterrement mais il fallait qu’ils eussent la bonté de pleurer et de se répandre en lamentations jusqu’au cloître, où la fosse était préparée pour l’inhumation, cérémonie qui devait sans doute paraître fort touchante aux assistants. Voici la collecte qui servait de conclusion à cet office :

« Oremus. — Deus qui nos concedis Alleluiatici cantici deducendo solempnia celebrare, da nobis in ælerna beatitudine cum sanctis tuis Alleluia cantantibus perpetuum feliciter posse cantare per istum Dium nostrum. »

L'Hymne de l'office avait son caractère :

Alleluia, dulce carmen, Vox perennis gaudii Alleluia, laus suavis.

Est choris celestibus

Quod canent Dei manentes In domo per sæcula.

Cette fête, comme celle des Innocents et bien d’autres encore, amena avec le temps des abus. « En 1546, M. le Chantre représentait à MM. (du Chapitre) l’indécence et le scandale que cause l'enterrement de l’Alleluia ('}). » — Le Chapitre réfléchit à l'affaire, et, le 30 janvier de l’année suivante, il statue qu’on continuera l’enterrement de l’Alleluia. « Les enfants » seulement, « revêtus de certains abis avec des torches allumées et une image voilée, qu’ils appellent l’A{/eluia, sortaient de la sacristie, après None du samedi avant la Septuagésime, et couraient à travers le chœur jusqu’au réfectoire (salle de Théologie), en chantant le Sxbvenite (*). »— Bientôt l’usage tomba. Guillaume Ruzé (évêque d'Angers), ayant été scandalisé de la cérémonie de l’Alleluia, veille de la Septuagésime, et de celle qu’ils observaient, la veille de Pâques, —(pour le faire ressusciter, ils creusaient la terre), — « le Chapitre commit M. de Boisgourdon de se transporter à la Psallette afin d’avertir les enfants de chœur que le Chapitre retranchaïit cette cérémonie, et il leur fit défendre de la faire à l’avenir sous peine d’être châtiés. » Cette nouvelle les alarma beaucoup, c'était pour eux une partie de plaisir. — 16 avril 1376.

Jour de Caresme prenant. — (Mardi Gras). — Les Crêpes du Chapitre. « À caresme prenant, le boulanger du Chapitre fournissait de la farine à un chacun pour faire des crêpes,

Offices de la journée. Tout l'office se terminait par Benedicamus domino, alleluia, alleluia — Deo gratias, alleluia, alleluia.

Alors on remettait aux enfants de chœur 12 toupies et 12fouets « qui avaient coûté 12 sols », ct une courroie en peau de mouton au prix de 4 sols. — Comptes de 1587 à 1595.

A la fin des Laudes, « après le suprême adieu à l'Alleluia, les enfants jetaient leurs toupies dans le chœur, et frappaient sur elles avec leurs fouets, et les faisaient tourner sur elles-mêmes. Ils les chassaient du haut du chœur dans la nef, et de là sur le parvis, pendant que les chanoines et la foule les contemplaient en riant. » — Ainsi était chassé l’Alleluia à Chartres. En 1532, le Chapitre voulut supprimer cet usage, il ne put y réussir. Il subsistait encore en 1700. — Cf. Abbé Clerval, La Maîtrise de Chartres.

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