Lchoreau, Cérénr., IV, p
3. Lchoreau, Cérén.. IV, p. 5. Appendice des statuts synodaux d'Angers, p. 76. + Bull monmmn. et historique, 1002, p. 24.
5. Abhé Arnaud d'Agnel, Jacentaire de la cathédrale de Digne, p. 16.
Œbapitre ii. — sages D'origine liturgique. 251
Voile du grand autel. — Cf. 1/onographie de la cathédrale &.Hngers, t. TI, p. 19.
Le Jeudi-Saint. — Particularités. — Le Jeudi-Saint, on portait sous le dais, à la procession des Saintes Huiles, les amphores qui les contenaient,alors qu’on portait au Reposoir le Saint-Sacrement à découvert. — Pendant la grand’messe, « les enfants de chœur
allaient porter à chacun des chanoines en sa stalle un billet qui, par rang de dignité et de nomination, lui indiquait l'heure à laquelle il devait adorer le Saint-Sacrement avec l’un des chapelains du chœur ; et ainsi, de la fin de la grand’messe du Jeudi-Saint à la messe des présanctifiés du lendemain, chanoines et chapelains se succédaient d’heure en heure devant le Reposoir ('). »
Le Reposoir. Avant 1618, le Reposoir, le Paradis, comme on dit encore aujourd’hui, se faisait à la sacristie. Aucune relique n’y figurait; on y signale seulement pour exposer le Saint-Sacrement, la grande custode donnée par Louis IT, Duc d'Anjou, « reconnaissable de si loin, dit Eveillon, par sa grandeur et la forme singulière dont elle est composée: une croix d’or supportée de deux grands angelots dorés, dans laquelle il ÿ a une pièce notable de la vraie croix et sur la pointe un beau soleil d’or contenant la Sainte Hostie, forme qui ressent une grande antiquité. »
Le 12 avril 1618, pour la première fois, le reposoir fut dressé dans l’église, à l'autel Saint-René, tout au fond du Chœur. Claude de Rueil, dans son testament, avait demandé à ses exécuteurs testamentaires, Messieurs du Chapitre, de réserver « la tapisserie de cuir de Hollande de sa chambre d’'Éventard pour parer le sacré dépositaire du corps de N.S., le jeudv absolu, que vulgairement on appela le Paradis. L.e tapis de pied de sa chambre devait servir aussi au même lieu ; la belle écharpe en broderie d’or et d’argent, qu’il avait fait faire exprès pour ce dit jour, le crucifix et les deux chandeliers d’argent de sa chapelle devaient être employés également au reposoir. » — Autour de l’ostensoir, placé dans une niche d’argent, donnée en 1587 par le chanoine Chavallot, on exposait les plus beaux reliquaires du Trésor, fort riche encore à cette époque.
Après le changement des stalles, et la démolition de l’autel de Saint-René, en 1699, on éleva le reposoir à l'autel de Saint-Thibault ou de Saint-Maurice, sous la rosace du transept sud, près de la porte du Chapitre. Il consistait en une charpente légère, revêtue par dehors et par dedans de tapisseries et de parements d’autel donnés par le Roi René.
Voici comment Lehoreau nous raconte la procession qui se faisait alors au Reposoir : « La messe finie, Mgr l’Évêque descend sur la première marche du grand autel, s’y met à genoux, pendant que deux de ses aumôniers lui couvrent les épaules par dessus sa chasuble d’un précieux voile blanc. Mgr l’Évêque porte le Saint-Sacrement, couvert des deux bouts du voile, au reposoir. En arrivant il le pose sur l’autel, et le garde-reliques en étole le mettait dans la niche où il devait être exposé dans le soleil. Le Vendredi- Saint, deux maires-chapelains en étole, accompagnés de deux enfants de chœur thuriféraires et de deux autres portant des torches allumées, se rendaient en silence au reposoir, le .plus ancien revêtu d’une écharpe précieuse, descendait la croix du soleil, en ôtait la Sainte Hostie et la rapportait sur une patène au grand autel, au pied duquel se tenait l’Évêque à genoux, du côté de l'Évangile. »° : - À
Pendant tout le XVIII° siècle, le reposoir occupa le même emplacement, les tapisseries, les parements d’autel de la Grande Broderie {célèbre ornement donné par le roi René), « en