Cf. Lehoreau, Cérém., TIT, IV, p
3 Cf. Bull. montum., 1858, p. 21.
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E Jugement de Dieu par l’épreuve de l’eau bouillante. — Beaucoup de
personnes croyaient autrefois que Dieu doit toujours manifester par un miracle l'innocence de l'accusé, le bon droit de celui qui se le voit contester injustement. -— Marchegay, dans les Archives d'Anjou, nous parle d’un procès survenu entre Geoffroy le Barbu, comte d’Anjou et Sigon, abbé de Saint-Florent de Saumur, 27 juillet, 2 août 1066, ni à propos de la forêt de Saint-Lambert, que le Comte avait usurpée et qu'il re Fusait de rendre. Après des pourparlers qui furent sans résultat, les deux parties résolurent de recourir au Jugement de Dieu, en la cathédrale de Saint-Maurice, par l'épreuve de l’eau bouillante. Les détails de l'affaire sont intéressants et méritent d’être racontés.
Dès le jeudi 27 juillet 1066, les moines de Saint-Florent, reçus à l’abbaye de
Saint-Aubin, « se rendirent en grande pompe à la cathédrale avec leur champion, un certain Aucher. Reçus à la grande porte de Saint-Maurice par le Doyen et le Chapitre, ils remirent leur homme à la garde de six personnages, trois ecclésiastiques et trois laïques, représentant le Comte d'Anjou, qui devait le surveiller pendant les sept jours qu'il devait habiter le cloître de Saint-Maurice. Du jeudi au dimanche, il dut assister tous les jours à toutes les messes célébrées à la cathédrale. Jusqu'au moment de l'épreuve il fut soumis à un régime spécial, sévère.
Le dimanche 30 juillet, jour du jugement, les dignités du Chapitre et des principales communautés de la ville se pressaient dans le chœur de Saint-Maurice. Le Comte d'Anjou et les siens étaient dans la chapelle des Chevaliers; les moines de Saint-Florent et leurs amis dans la chapelle des évêques. La nef était pleine de gens de la ville et de la campagne.—- Vers le milieu de l’église était dressé un bûcher au-dessus duquel était placée une chaudière d’airain remplie d’eau. |
A un signal donné, Aucher et ses gardiens entrent dans l’église par la porte des cloîtres, et s’avancent jusqu’au milieu de l’église ; ils examinent la chaudière et vont au chœur où Aucher s’agenouille devant l’autel, au bas des marches. Le Doven demande au champion ce qu'il vient faire à l’église. — « Je viens, répond celui-ci, jurer que le monastère de Saint-Florent a toujours été seul et unique propriétaire de la forêt de Saint-Lambert et de Saint-Martin. C’est injustement que le sieur Comte d'Anjou se l’est attribuée avec les terres que les moines ont défrichées, et si le sieur Comte ne veut pas reconnaître le droit de l’abbaye, je prouverai ce droit par le jugement de Dieu, et par l’épreuve de l’eau bouillante. » — Les mandataires de Saint-Florent, interrogés par le Doyen, attestent qu'Aucher se présente au nom du couvent. Interpellés à leur tour, les officiers du Comte refusent de reconnaître la vérité de ce qui est avancé. Alors le Doyen se tourne vers la nef et dit : « Que Dieu soit donc votre juge. Lui seul sait distinguer le juste de l’injuste. »
La messe commence: au moment de la Communion, le Doyen adjure Aucher de ne pas être assez téméraire pour recevoir le corps du Christ s’il sait que les prétentions du Comte
sont justifiées. — « Elles sont fausses, » dit Aucher, et il reçoit la Communion. Alors le : nee s Late - — un ent e — Original from oigtized by CO gle UNIVERSITY OF IOWA