Lehoreau, Cérém., I, p
4 L'Évêque, lui aussi, comme les chanoines, était tenu d'offrir à la cathédrale, après sa prise de possession, un ornement complet, une chapelle avec un parement d’autel à fond d’or. S'il tardait à s'exécuter, il devait remettre un gage entre les mains des chanoines, une crosse ou tout autre objet précieux. S'il mourait avant d'avoir satisfait à ses obligations, ses héritiers étaient obligés d'y satisfaire. Au besoin, le Chapitre faisait appel au Parlement pour les y contraindre.
s. Archiv. de M.-et-L. G. 269, 1776-1780. Conclus. capitul.
MONOGR. DE LA CATH. D'ANGERS. — IV. ta
90 onograpbie De la cathédrale d'Angers.
soutane rouge ou violette, « surplis fendus et traînants, comme à Paris et dans la province Sénonaise (') », et sur le bras gauche l’aumusse. Ils ont des cahuets ou camails doublés de petit-gris. — Défense leur était faite, ainsi qu'aux officiers et dignités, d’entrer au Chœur, la tête couverte. — Ils ne pouvaient avoir de calotte en disant la messe (*), ni au chant de l’Épitre et de l'Évangile, mais ils pouvaient se couvrir la tête de l’amict pendant l'office — 30 août 1658. — Défense leur était faite de porter des bonnets rouges ; ils n’avaient droit d’en porter que de noirs. — Défense aussi de porter des souliers à la poulaine — 11 février 1438 (°).
Les Corbelliers, les Maires-Chapelains, et les simples Chapelains avaient au Chœur la soutane noire, le surplis à larges manches et les camails « garnis de peau d’agneau noir ou seulement doublés ». — Défense leur était faite « de porter des soutanes d’écarlate, des camails de soye, de mettre l’amict sur leur tête aux messes privées, d’avoir des ceintures dorées. » — Décembre 1668 (*).
Les Diacres et les Sous-Diacres. — Les Diacres et les Sous-Diacres avaient, à l’église, les vêtements de leur ordre. Ils n’avaient point de parements à leurs chapes, comme les dignités et les chanoines.
Les Chapelains. — Les Chapelains avaient défense de porter « l’aumusse de mymyver ».
Seuls les maires-chapelains pouvaient la porter comme les chanoines — 22 octobre 1462 (*.
Les Bedeaux. — Les deux Grands Bedeaux mettaient sur leur robe noire une tunique
de velours rouge. Sur celle du premier étaient brodées les armes du Chapitre ; sur celle du second les armes du Roi René ; mais ces riches tuniques ne servaient qu’à Noël, à Pâques, à la Fête-Dieu, à la Saint-Maurice, et encore seulement aux premières et aux secondes vêpres, à tierce et à la grand’messe du jour, aux seules matines du Sacre qui se disaient le soir, à la procession du grand et du petit Sacre. — La tunique du second bedeau, la plus récente, était celle du Hérault d'armes de l'Ordre du Croissant, lequel ne la portait que le jour de la Saint-Maurice (*).
Le Chapitre prétendit bientôt que les deux bedeaux assisteraient à toutes les fêtes doubles avec leurs robes et leurs tuniques rouges. Pour cela il préleva 14 1. sur la Fabrique, en vertu d’une décision capitulaire du 14 février 1533 (*). — Le 24 mars suivant, les bedeaux refusèrent de porter la robe et la tunique « vestes et capucia rubei coloris » ; mais ils consentaient à les porter noires. En 1713, le Chantre les obligea à les porter aux premières et aux secondes vêpres, à tierce et aux grand’messes des fêtes dont nous avons parlé.
PRÉSENTATION, COLLATION Er PRISE DE POSSESSION DES DIGNITÉS, PRÉBENDES, OFFICES ET AUTRES BÉNÉFICES.
Le Doyen. — Dès que le poste de Doyen était vacant, par décès ou démission, le Chapitre assignait le jour de l'élection du nouveau titulaire. Il faisait avertir par lettres les . Voyage liturg. en France, par le sieur de Moléon, 1718, p. &2. . Bibl. m. d'Angers. M"* 656.
. Bibl. m. d'Angers. M°* 656.
. Bibl. m. d'Angers. M°* 656.
. Bibl m. d'Angers. M°* 656.
. Lchoreau, Céréim., T, p. 114.
. Lehoreau, Cérém., I, p. 114.
N On E D D =
Œbapitre 1i. — Le Œbapitre de Saint-Maurice D'Angers. 91
chanoines absents d'Angers ou demeurant en Touraine. Les Bedeaux citaient les autres à se rendre en Chapelle au jour et à l’heure fixés. — L'élection se faisait par billets, au scrutin secret. La liberté était entière jusqu’à l'élection ; mais, pendant tout le temps que durait la réunion, il n’était permis à personne de quitter sa place ou de sortir du Chœur pour aller parler à quelqu'un. — L'abbé de Toussaint, comme chanoine du Chapitre de Saint-Maurice, prenait part à l’élection du Doyen, mais non à celle de l’Évêque. — Dès que l'élection était faite, procès-verbal en était dressé par le notaire du Chapitre et envoyé à l'archevêque de Tours, ou, sede vacante, aux grands vicaires de l’église métropolitaine pour l’examen et la confirmation. Les lettres de confirmation étaient présentées ouvertes au Chapitre d'Angers qui en prenait connaissance.
Élu et confirmé, le nouveau Doyen, devant les chanoines de nouveau réunis, faisait la confession générale de ses défauts, demandait pardon à Dieu et se soumettait à la correction du Chapitre. Dès lors il était obligé à la résidence. S’il ne pouvait s’y astreindre pour une raison quelconque, il pouvait se démettre en faveur de quelqu'un, avec l’assentiment des chanoines. C’est ce qui arriva à Jean de Vritz, qui permuta avec Jean Cornilleau, doyen rural d’'Entre Sarthe et Maine. -- Une fois en possession de sa charge, le Doyen devait payer trois chapes à la cathédrale ().
Autres Dignités et prébendes canoniales. — À part la dignité de Doyen, toutes les autres étaient à la nomination de l’évêque. C’est lui encore qui nommait à toutes les prébendes, trois exceptées. L’une, qui était unie à l’abbaye de Toussaint, était à la nomination du Roi, comme l’abbaye elle-même. — Celle de Saint-Louis était à la collation de l’abbé de Saint-Serge ; la troisième, dite sacerdotale ou serve, fondée par Ulger, affectée par lui à un prêtre astreint à une résidence continuelle et à quelques offices particuliers, était à la présentation du chanoine semainier et à la collation du Chapitre.
Après la présentation à une dignité, à une prébende canoniale ou à un autre bénéfice et sa collation, le titulaire, dès qu’il avait en mains ses lettres de provision, pouvait, quand il le désirait, prendre possession de son office. Alors, il se faisait recevoir par le Chapitre, après une série de démarches.
Ï1 faisait visite à tous les chanoines en leur maison, envoyait ses provisions au Chapitre avec ses droits de réception qui étaient de 200 1. pour la Fabrique. Celle-ci en rendait la moitié quand le nouveau titulaire avait fourni la chape qu’il devait à la cathédrale « à sa commodité mais sans y manquer. » Il donnait encore à la Fabrique « l’axxate de 401. plus 30 1. à distribuer aux officiers (*). » — 1319. Le Chapitre examinait les lettres de provision, et, quand il les avait trouvées en bonne et due forme, il priait le récipiendaire de faire sa recherche et il lui indiquait le jour et l’heure de sa réception.
Alors, le chanoine nommé, accompagné de quelques Dignités ou de l’un des anciens du Chapitre, en soutane, grand manteau et chaperon, était conduit par les bedeaux dans
. toutes les maisons des chanoines capitulaires, pour les inviter à sa réception. Au jour et À
l’heure convenus, ceux-ci se réunissaient au Chapitre, et le récipiendaire faisait sa seconde recherche. Vêtu d’une longue robe à larges manches, le bonnet carré à la main, il entrait,