Bibl. m. d'Angers. M°" 762, id
4 Bibl. m. d'Angers. M°"* 762, 14v0.
118 @Bonograpbie de la Œatbédrale d'Angers.
Deux autres Obituaires, tous les deux du XIV* siècle également, mais moins détaillés que le précédent, sont conservés aujourd’hui à la Bibliothèque municipale d'Angers. L'un, n° 661, contient 135 ff. vélin, in-f° et au f° 215, il renferme le « Redditus anniversariorum Ecclesie Andegavensis ». L'autre, sur vélin aussi, n° 662, et de format in-f°, ne contient plus que soixante-neuf pages. Il provient de la Collection Toussaint Grille, qui fut si riche en manuscrits angevins.
Le Livre des Anniversaires. — Certains jours, pour diverses raisons, aux réunions des Chanoines, dans la Salle du Chapitre, on lisait le Livre des Anniversaires. Celui du Chapitre d'Angers, comme celui des Distributions, donnait des renseignements intéressants sur l’origine, la situation des biens légués, mais avec plus de détails que l’Obituaire, sur la personnalité, les travaux, les fonctions, les qualités du fondateur de l’office ou des offices qui devaient être célébrés à telle date de l’année.
Ces offices variaient extrêmement d'importance. Le //enarium comprenait une messe dite par chacun des chanoines à l'intention du fondateur. D’ordinaire l'office était unique, ou il se renouvelait au troisième, au septième, au trentième jour. Parfois, c'était un office de trois jours, T'riduanum, avec vigile, comme une grande fête. On allumait alors tous les cierges, toutes les lampes de l’autel ; on sonnait les grosses cloches. Après la messe, on se rendait en procession à la tombe du Roi ou de la Reine de Sicile, du Prince ou de la Princesse, de l’Évêque, qui avait fondé l’anniversaire, et l’on chantait l’absoute. Ou bien l'office était A/ediocre, s’il ne comportait que le célébrant et ses assistants ; Parvum avec le célébrant seul. Ou bien l’on se contentait d’un #iserere, d'u un De profundis, d’un Libera, de quelques Pater ou Ave.
L’anniversaire était toujours accompagné d’une pifance, repas dont le menu était fixé, ne varietur, où bien c'était un supplément au repas ordinaire des chanoines pris en commun dans le réfectoire du Chapitre, comprenant huîtres, harengs ou poissons communs, œufs, vin, échaudés. — L’anniversaire comportait encore, avec la pitance des chanoines, la justitia panis et vini, la portion juste, régulière, donnée à quatre, à six, à huit, à douze pauvres, servie à la table du Chapitre, la justitia panis el vini donnée à tous ceux qui se présentaient, ce jour-là. Souvent on seu à la nourriture des vêtements, de l'huile, des pièces d’or et d’argent (!). à
Avec le temps, étant données la dépréciation de l'argent, l'augmentation du prix de la vie, d'anciennes fondations ne pouvant plus payer les services fondés, les chanoines se virent obligés d’en réduire plusieurs. Avec la guerre de Cent ans, et celles de la Religion, arrivèrent les pilleries, les confiscations, les destructions de toutes sortes; les revenus des fondations avant disparu, bien des anniversaires ne purent désormais être célébrés. ;
Les Rois, les Princes, les Évêques, des chanoines, de simples fidèles avaient voulu fonder des anniversaires à la cathédrale d'Angers. Le 24 janvier 1327, Philippe, Comte de Valois, d'Anjou, du Maine, de Chartres et du Perche fait savoir « qu’il consent que le Doyen, le Chapitre d'Angers puissent employer 200 1., lesquelles son très cher père, que Dieu absoille, lesse aux diz doyen et Chapitre pour auteille cause, en sa terre et comté d’Aniou, à sa censive, sous chose noble et il veut qu’ils puissent tenir les choses achatées, sans estre contrains de mettre les hors de leur main sauve et retenus à nous et à nos héritiers toute souveraineté et justice ès choses qui de ce sont achatées. » — L’acte fut signé à Paris, le XXIIT° jour de janvier, l'an de grâce mil trois cent vingt et sept (?). — L'année suivante, 1328, au mois d'avril, Philippe VI de Valois, roi de France, à son tour,