Lehoreau, op. cit., I, p
4 C. Port, Les fétages du Chapitre de St-Maurice d'Angers, p. 3.
5. € Quiconque, disent les Statuts de 1394, s'entremettra de faire sauce appelée -cameline, qu'il la fasse de bonne cannelle, bon gingembre, de bons clous de girofle, de bonne graisse de porc, de bon pain et de bon vinaigre. > —
«< C'était le temps des épices; le poivre coûtait son poids d’or au grand regret de l'Évêque qui payait la sauce cameline. >» — C. Port.
124 @onograpbie de la Cathédrale D'Angers.
offices de la journée, depuis matines jusqu'à la grand'messe et, par décret spécial du Chapitre, d’avoir la barbe rasée. — Les corbelliers et les chapelains ne devaient pas s'asseoir à leur table avant la fin du Benedicite.
En cas de vacance épiscopale, le Roi, qui jouissait des revenus de l’Évêché, devait les fêtages aux époques où était tenu l’Évêque. Nous avons des lettres de Philippe, roi de France, du vendredi d’après la Saint-Denis 1290, par lesquelles il ordonne à ses gardes des Régales de l’Évêché d'Angers, sede vacante, de donner les fêtages du Jeudi-Saint et de Pâques auxquels il était tenu. — En 1447, sur les réclamations des chanoines, l’Évêché étant vacant, le Roi, qui le tenait en régale, ordonne au Bailli de Tourraine et au Juge des exemptions d'Anjou et du Maine de fournir l’argent nécessaire aux fêtages. Il en fut de même en 1469. — A défaut d’ordre du Roi, les fêtages épiscopaux, sede vacante, étaient payés par les revenus du droit de sceau. Ainsi fut fait le 14 septembre 1467 (*).
L’Évêque, outre des fêtages, devait encore aux Chanoines, et aussi aux autres bénéficiers, à certains jours, les Potaliones, past-et refectum. — Pendant la semaine de Noël, tous les jours, à l'issue de la station, tout le monde se rendait en chape au réfectoire où l’on chantait plusieurs motets en musique et plusieurs Noëls sur le chant des hymnes. Alors, on présentait à chacun des membres du Chapitre présents, aux frais de l’Évêque ou du dignitaire qui fêtait ce jour, une coupe de vin blanc, puis à chacun des dignités, ‘chanoines, maires-chapelains et corbelliers, chantre, une demi-livre de sucre battu dans des cornets en papier, le double si c'était le jour de l’Évêque ; aux autres chapelains et habitués un carteron de sucre seulement, au grand Boursier double cornet, puis la coupe repassait remplie à chaque fois de vin clairet pour qui voulait en prendre. Après quoi l’assemblée des chanoines et bénéficiers se rendait à l’église prier pour le fondateur du past et de la potation (*).
Si antique que fût l'institution des fé/ages, l'Évêque ne s’y prêtait qu’à contre-cœur. — Foulques de Mathefelon, qui avait excommunié les chanoines parce qu’ils avaient refusé de chanter Matines, la nuit, ne voulut pas les inviter aux fêtages de Noël 1345. ni à ceux du Jeudi-Saint et de Pâques de 1346. Le Chapitre alors porta plainte devant le Parlement de Paris, qui condamna l’Évêque à se conformer aux coutumes. L’Évêque dut obéir, mais il fit arrêter un chanoine, Robert Helie, et le fit enfermer dans la prison épiscopale. Il ne le relâcha que sur la promesse de payer les /é/ages auxquels lui, l’évêque, avait été condamné. A leur tour, les chanoines excommunièrent leur confrère pour avoir fait cette promesse qu'ils jugeaient déshonorante (*). Mieux que cela, ils envahirent le palais épiscopal, pillèrent les appartements de l’évêque, « battirent à plate couture les chapelains et les domestiques, firent murer la porte qui donnait de la grande salle de l’Évêché dans la cathédrale, et chassèrent du chœur l’audacieux prélat qui y était revenu et prétendait s’y conduire en maître. »
En 1460, Jean de Bauvau, à son tour, veut se soustraire à ses obligations, et refuse les fêtages. Trois arrêts consécutifs de 1527 à 1528, maintiennent la coutume. En 1528, nouveaux refus de la part de l’évêque Fr. de Rohan, qui ne veut pas céder et prend une vigoureuse et amusante offensive :
« Eh quoi ! dit-il, c’est précisément les jours des solennités saintes, quand les laïcs ! s’abstiennent, que les clercs veulent festoyer ! Si c’est un jour de chair, ne veut-on pas
1. Lehoreau, Cérém. de l'Église d'Angers, 1, 1460, 2. C. Port, op. cît., p. 4.