‹ Monographie de la cathédrale d'Angers. Les immeublesChapitre 124 sur 359 · Fabrique, t. 111, p · texte numérisé non relu

Fabrique, t. 111, p

84 gonograpbie de la cathédrale d'Angers.

« En reffaisant la dicte petite voulte (au-dessus de l'orgue), fault icelle renforcier et en même Lemps faire de pierre encore ung arc pardessus. y

Cette petite voûte avait été calcinée par l'incendie aussi bien que l’arc doubleau de la première voûte de la nef... Aussz icelluy fault rcprendre, encrossir et accroistre les deulx piliers, qui sont aux deux costés du pignon, qui portent et soubstiennent les deux clochers de pierre et entre 1ceulx faut faire et asseoir sur la dite petite voulte et sur le portail ung aultre clocher ou beffroy, qui sera de pierre.

L'énorme masse inférieure des clochers en #açonnerie pleine permettait toutes les hardiesses, pourvu que les matériaux employés dans les arcs projetés et sur lesquels devait porter la tour fussent de grande dimension et très résistants. Jean de Lespine en avait conscience ; il en donne la preuve dans la pièce suivante :

Mémoire des pierres qu'il faull pour faire les arcs et voulles, qui porteront la lanterne, où seront pendues les grosses cloches de l'église d'Angers (').

Premièrement, fault quarante pierres chacune de six pieds de long, deux pieds de larpe et un d'épaisseur chacune X XX 5.

Îtem quarante pierres chacune de quatre pieds de long, de deux pieds de large et de un pied d'épaisseur, chacune XX 5.

Îlem quarante fierres chacune de deux pieds quatre doiz de hault, deux pieds de large, un pied d'épaisseur, chacune VIT s, VI à.

Ltem cent pierres, chacune de troys pieds et demy de long, un pied et demy de large et un Pied d'épaisseur, chacune XV 5.

Toutes les pierres du bon banc et du plus dur et ferme à tailler qui se puisse trouver à la carrière de Cravant.

Par-dessus la voûte de l'orgue, Jean de Lespine construisit en arrière de la galerie des chevaliers, un large couloir voûté, éclairé par huit petites fenêtres en plein cintre (reste de l’ancien couloir construit au XIIe siècle entre les deux tours) et un escalier pour arriver au niveau des beffrois. Sur les reins de la voûte à 1"75 de distance des deux clochers (°), il osa bâtir deux murs parallèles épais de 1"15, soulagés il est vrai par deux arcs formant les côtés de sa tour et les consolida à la moitié de leur hauteur, par des voûtes en demi-berceau en guise d’arcs boutants, appuyées le long des deux clochers. Il put asseoir solidement la partie postérieure de la tour sur l'arc neuf construit en grandes pierres au-dessus de l'arc doubleau de la voûte de la nef, et ménagea dans ce pan de muraille une baie de 2"60 d'ouverture, masquée par le comble de l'église, pour le passage des cloches. Pour avoir à l'intérieur de sa tour une largeur suffisante pour le va et vient des bourdons (:), il lui fallut gagner près d'un mètre en encorbellement du côté de la nef. |

La générosité du doyen François de Chateaubriand, qui donna deux cent vingt pièces d’or pour la construction de la tour (*), permit au chapitre d'entreprendre immédiatement

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