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Œbapitre i. — Œonstruction de la cathédrale. 17
joignant la dernière marche de l'autel, vers le chœur, qu'on aperçut la courbe extérieure
de l’abside, dépassant l'emmarchement dans sa partie la plus saillante de 0",30 à peine. L'abside, renforcée par un soubassement un peu plus épais, est construite en petit
appareil. La maçonnerie se poursuit en face du mur J, depuis le rond-point jusqu’àla pile V. Mardi, 9 septembre. — En arrière de l'abside, on rencontra le mur du fond d’un déam-
Elévation et plan
77/7 dla base aux côtés 1.M. de l'absidiole H.
bulatoire ou peut-être d'une sacristie, en petit appareil, construit sur l'enceinte même de la cité, tant on avait à cœur de ne pas perdre de terrain.
Tout près de là et dans l'axe du chœur, à 0”,20 environ sous le pavage, je découvris les restes d'une rosace de 1”,90 de diamètre composée de briques émaillées représentant une reine tenant une fleur de chaque main et semblable à celles de l'abbaye d'Asnières. Le
MONOGR. DE LA CATH D'ANGERS, — I. à
18 gponographie de la cathédrale D0'Angers.
centre avait été détérioré, en 1299, pour enterrer le cœur de Marguerite d'Anjou-Sicile. Voir Vol. IT, pp. 278 et 279. |
Mercredi, 10 septembre. — Les murs circulaires Y et Z sont mis à jour ; ils forment autour de l’abside principale un déambulatoire, mais ils sont d'époque moins reculée. Vendredi, 12 septembre. — Désireux de voir comment le transept nord joignait
l'Évéché, je fis faire une tranchée au delà du mur de la façade; on rencontra une muraille épaisse en amplecton, se dirigeant vers celle de la cité. Tout près se trouvait le caveau de Mgr de Vaugirauld, mort en 1758 et dont l'intéressant cercueil de plomb est décrit à la page 182 du Volume II.
Là se termine la série des fouilles, infructueuses dans la nef, mais fort concluantes pour le chœur et les transepts du XI: siècle, sur l'existence, la dimension et le tracé desquels on n'avait jusqu ici aucune donnée précise.
Je les ai décrits dans la Xevue de l'Art chrétien de 1902 et dans le Bulletin Monumental de 1902, p. 488 et suivantes. M. Lefèvre-Pontalis a bien voulu m'autoriser exceptionnellement à reproduire ici le plan gravé pour le Bulletin: je l'en remercie. Les parties en noir indiquent les constructions du XI siècle, tant celles de 1030, que celles postérieures à 1072 d'une façon plus apparente que sur mon plan d'ensemble. Les deux d'ailleurs ont été dressées d’après mes indications. Sur le plan du Px/letin le chiffre 1 indique l’emplacement du cœur de Marguerite d'Anjou-Sicile, 2 la rosace de briques émaillées, 3 le cercueil de Mgr de Vaugirauld et 4 l’ancienne chapelle de l'Évêché, démolie en 1236 pour faire place au transept nord.
Les contreforts des transepts n'existaient plus. Je les ai tracés sur le plan d’après ceux (un peu moins anciens) de la salle de l'Évéché, figurés sur un dessin de 1693 (*). Les fondations du Jubé sont indiquées par les chiffres 1, 2, 3, 4, le chiffre 5 montre l'emplacement de la clôture du chœur en 1700, enfin le chiffre 6 marque les fondations de la table de communion actuelle.
Restes d'anciens pavages. — Çà et là se sont rencontrées dans les remblais, mais en très petit nombre, des briques émaillées, moulées les unes en bordure étroite rectiligne À, en angle droit À (formant par juxtaposition des chevrons), les autres des portions de cercle B, et des losanges C. |
€ Chaque pièce porte sa couleur ; c'est par l'assemblage qu'on obtenait le dessin. Les € briquetiers du XII° siècle avaient poussé fort loin l’art de mouler ces petits morceaux € de terre et souvent ils composaient des dessins assez compliqués... Les artistes du « XI1° siècle, imbus des traditions antiques, cherchaient à rendre l'effet des mosaïques € romaines des bas temps, dont ils possédaient encore de nombreux exemples ; n'ayant « pas de marbre à leur disposition, ils les imitaient au moyen de l'émail, dont ils revé- € taient leurs carreaux. Le:noir-vert est un des traits caractéristiques des carrelages du « XII° siècle... (*) »
Tout ce que dit Viollet-le-Duc se réalise parfaitement dans les échantillons que nous avons trouvés près de l’absidiole X et des piles P et U. Voici les dessins des spécimens
très simples que nous avons rencontrés.
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1. Le Palais épiscopal d'Angers, par L. de Farcy et P. Pinier, p. 44. 2. Dictionnaire raisonné d'architecture française, t. II, p. 260.
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