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DEF. Briques émaillées provenant Dune rosace de Deux mètres de diamètre environ, découvertes dans le chœur de la Cathédrale d Angers en août 1902.
(%4 de La grandeur d'exécution.)
Œbapitre i. — Œonstruction De la cathédrale. 19
€ Les carrelages du XIII: siècle diffèrent de ceux du XII°, non seulement par l’har- € monie des tons, mais aussi par le mode de fabrication. Au lieu de composer les dessins « des carrelages en assemblant des pièces de formes variées, le XITI° siècle adopta un € système de carreaux ordinairement carrés, ornés au moyen d'incrustations de terre de € couleurs différentes, rouge sur jaune, ou jaune sur rouge. Les carreaux noirs furent « employés le plus souvent alors comme encadrements... (') »
En certaines églises, comme à Saint-Pierre-sur-Dives (Calvados), on voit dans le sanctuaire une grande rosace, composée de plusieurs rangs de briques, fabriquées tout exprès et moulées en forme de claveaux. Il en était de même à la cathédrale d'Angers ;
nous en avons trouvé les vestiges sous le dallage du chœur (N° 7). Il ne restait malheureusement en place qu'une des rangées les plus éloignées du centre. La rosace pouvait avoir environ 1 mètre de rayon. Toutes les briques étaient semblables et représentaient une reine ou une princesse, tenant de la main droite un lis et de l’autre une fleur. Deux branches élégantes, sortant d’un fleuron dépendant du cercle intérieur, tapissaient l’espace vide à droite et à gauche de cette reine. On ne saurait refuser aux briquetiers du moyen âge un grand talent, pour produire un effet aussi gracieux avec des moyens si simples. Des pièces D, émaillées de noir, sertissaient les briques et les séparaient du rang suivant. On a retrouvé aussi un fragment E, provenant d'un autre rang circulaire.
IT. Œonstruction des voûtes De la nef et De la facave.
Lorsque, vers le premier tiers du XII° siècle, le plus souvent même un peu plus tard, l'usage se répandit de voûter en pierre les nefs d’un grand nombre d'églises, couvertes jusque-là d'un lambris, les architectes durent commencer par renforcer les murs et les colonnes, qui n'avaient pas été construits dans cette prévision.
Ainsi, les travaux préparatoires, exécutés à la cathédrale du Mans, avant la construction de la voûte de la nef, consacrée en 1158 sont (*) particulièrement intéressants à étudier. De deux en deux, les piliers furent considérablement augmentés de volume: les arcs des nefs latérales furent renforcés d'un rang de claveaux et changés de forme.
Vers la même époque, lorsque Thomas, prieur de Notre-Dame de Loches, fit élever en guise de voûtes, deux pyramides de pierre entre les clochers de son église, il fortifia les murs par des arcs et des piliers (:).
1. Dictionnaire raisonné d'architecture française, t. XI, pp. 264 et 268.
2. Mélanges d'archéologie et d'histoire, par Gabriel Fleury, t. I, p. 290.
3. Bibliothèque de Tours, Ms. N° 1367, fol. 29 « Hic,.…. inter duo tympanalia hujus ecclesiæ, duas vo4as lapideas, quas nos Dubas vulgariter appellamus, ædificari cœpit. > Ce texte est expliqué par le suivant, extrait de la chronique de
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20 gonograpbie De la cathédrale D'Angets.
A la fin du XV: siècle, Jean d'Origny, abbé de Saint-Serge d'Angers, fit voûter la nef de l’église abbatiale, primitivement couverte d'une charpente, « arcus lapideos, quibus Ecclesta, dormitorium et refectorium fulciuntur, ædificart prefecit() ». Ces mots arcus lapideos ne doivent pas s'entendre des voûtes seulement, mais des piliers et des arcs qui les relient à la moitié de leur hauteur, au devant des chapelles.
Ces exemples, entre autres, montrent quelles précautions imposait la construction de la voûte, dans une nef, couverte auparavant d'une simple charpente.
Il en fut assurément de même à Angers pour la cathédrale, Aussi, quand je lis ce précieux texte de l’'Obituaire de Saint-Maurice (°) : € MCLIIT, quarto nonas Maïi, obiit bonæ memoriæ, Normandus de Doe, episcopus, qui, de navi ecclesiæ nostræ trabibus præ vetustate ruinam minantibus ablatis, Voluturas lapideas, miro effectu, ædificare cœæpit ; in quo opere VIIIC. libras de suo expendit » j'en conclus que les piliers, les arceaux qui les relient, les contreforts, peut-être même une partie de la façade étaient achevés de son temps (1149-1153) et par conséquent qu'ils avaient été entrepris dès 1135 environ, sous Ulger.
M. d’ Espinay fait honneur à Normand de Doué (:) & non seulement des voûtes cupoliformes, mais ausst des colonnes qui supportent les arcs doubleaux, de la galerie et des arcades, sur lesquelles elle repose. » Il me parait impossible qu'un travail aussi considérable ait été exécuté en quatre ans et qu'on ait encore pu commencer les voûtes. J'attribuerai donc d'une part à l'épiscopat d'Ulger toutes les colonnes, les contreforts et les grands arcs, qui portent la galerie de circulation et, d'autre part, à celui de Normand de Doué après la démolition du lambris et des fenêtres hautes, la construction du mur dans lequel sont percées les grandes baies géminées actuelles, la construction des arcs formerets, qui les encadrent, enfin l'entreprise des voûtes, terminées seulement par l’un de ses successeurs. Le maître de l'œuvre, dont le nom nous est inconnu, commença par les contreforts, les colonnes et les grands arcs qui les relient. Une porte latérale, dans l'axe de la rue Saint- | Nor ou Sabebaud fut ouverte sous un des contreforts du XI° siècle pour suppléer à celle de l’ancienne façade, qu'on fut obligé de démolir et de reconstruire en pierre dure jusqu'à une certaine hauteur, afin de la mettre en harmonie avec la nouvelle nef. L'appareil des colonnes de la nef, ne laissant voir aucun joint vertical, la taille irréprochable des pierres, le mâle profil des moulures, la richesse des chapiteaux et des modillons de la galerie donnent la plus haute idée de l'architecture du XIIe siècle. D'immenses arcs brisés, qu'on emploiera plus tard à l'extérieur de l'église de Troû pour relier les contreforts et à l’intérieur de l'église de la Couture du Mans, lancés comme les arches d’un pont d’un pilier à l’autre, les rendent solidaires et raidissent à la façon d’une solide charpente, la partie supérieure des murs du XI° siècle pour les empêcher de se déverser
l'Église et emprunté à la Cof//ection des documents sur l'histoire de Touraine,t. I, p. 377. « Ad extremum, videns Thomas quod cœlum mediæ ecclesiæ, pictis compactum asseribus, trabes et tignamina, vetustate putrefacta, jam minarentur ruinam mediam ecclesiæ, inter duo campanaria, mira texit opertura, duabus scilicet turriculis, quas nos duêas appellamus, arcus guoque lapideos et colomnas, que sustentant dubas, fecit fieri. »
1. Voices archéologiques, par M. d'Espinay. 1"° Série, p. 193.
2. Bibliothèque de l’'Évêché. Cérémonial de Lehoreau, t.1, p. 569