‹ Monographie de la cathédrale d'Angers. Les immeublesChapitre 26 sur 359 · TROISIÈME TRAVÉE DE LA NEF, DU COT · texte numérisé non relu

TROISIÈME TRAVÉE DE LA NEF, DU COT

Œbapitre i. — Œonstruction De la cathédrale. : 21

en dedans sous la charge qu'on va leur imposer. Ils portent en outre une galerie de circulation, fort utile pour réparer les verrières.

La partie supérieure des murs latéraux percés de fenêtres trop courtes et trop multipliées pour cadrer avec les nouvelles travées, est remplacée par une construction en grand appareil, plus haute de trois ou quatre mètres dans laquelle s'ouvrent de vastes baies géminées.

Le nouveau mur est couronné d'une belle corniche à modillons et d’une galerie pour entretenir la toiture et les chéneaux.

La carrière de pierre dure semble avoir été épuisée au moment où fut établie l’arcature du premier étage de la façade, encadrant la grande fenêtre. Comment expliquer autrement l'emploi du tuffeau sur la tour du sud, pour l'arcade la plus voisine de la fenêtre, tandis que toutes les autres sont en pierre dure ?

Les piliers (*) montaient de fond, sans retraite ni glacts, jusqu'à leur sommet et se terminaient par de larges plateformes pavées, en pente pour l'écoulement des eaux. Bonne précaution du maître de l'œuvre, désireux de charger le plus possible leur partie supérieure afin de mieux résister à la poussée des voûtes et aussi de rejeter loin du parement des contreforts les nappes d’eau, dégorgées par les gargouilles dans les grandes pluies d'orage. La partie supérieure des piliers a été complètement modifiée au moment des dernières restaurations.

« La date du commencement des voûtes par Normand de Doué, marque, dit M. d'Es- € pinay, l'introduction dans l'architecture française de la voÂle cupoliforme ou Plantagenet. « La cathédrale d'Angers est très probablement le premier édifice, pour lequel ces sortes € de voûte ont été employées (°). »

Avant de poursuivre, je crois devoir donner ici quelques passages du rapport, fait par M. F. de Verneilh, à la XXIX°€ session du Congrès Archéologique de France (1862) sur les Znfluences byzantines en Anjou (:).

&.. Les coupoles sans pendentifs distincts, que l’on voit à Fontevrault sur le transept, € puis à Saint-Martin d'Angers (j'ajouterai à Saint-Jean de Château-Gontier et à la Tour € Saint-Aubin) naissent naturellement des vraies coupoles, car, lorsque l'espace à couvrir € n'est pas très grand, on est porté à laisser continuer jusqu'au sommet cette première € voûte sphérique, établie sur la diagonale des piliers et découpée par les grands arcs, qui { après avoir fourni les pendentifs, s’interrompent pour faire place à la calote de la coupole. € Alors, il n'y a plus de corniche à la naissance de cette calote : toutes les parties de la € coupole sont tracées avec le même rayon et les pendentifs se confondent avec le reste.

€ C’est une évidente simplification sans aucun inconvénient quand le diamètre réel reste { médiocre et qui a ses avantages ; car elle dispense de relever autant la clef des voûtes ainsi que les charpentes.

€... En Anjou, elle a eu des conséquences étendues et a conduit à un nouveau système € d'architecture.

« Les nervures arrivaient du nord de la France avec les premières notions du style ogival.

1. On appelait ainsi les gros contreforts dans les anciens comptes et projets de restauration de la cathédrale. 2. Notices archéologiques, 1"° Série, p. 93.

Page 1