‹ Monographie de la cathédrale d'Angers. Les immeublesChapitre 290 sur 359 · RAC · texte numérisé non relu

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Comment cet incendie allumé dans le chœur trouva-t-il assez d'aliments pour traverser la longueur de la nef et gagner la tribune des orgues et les clochers ? Je ne me l'explique pas, surtout à une époque où il n'y avait ni bancs, ni chaises destinés aux fidèles, comme aujourd'hui. Peut-être le feu fut-il mis en plusieurs endroits à la fois soit par malveillance, soit par la foudre,

Quoi qu'il en soit, cet incendie entraîna la fabrique dans des réparations considérables, évaluées par le chanoine Hugues Fresneau dans son compte du 28 août 1453 au total de 3,680 livres 16 sols, 10 deniers ().

4° Dans le procès-verbal du 16 mars 1533, dont j'ai donné des extraits à la page 75, un membre de phrase, que j'ai omis € lequel (clocher devers le pallais épiscopal) depuis ung an environ a été endommagé par fortune de feu >,rapproché des deux pièces suivantes (*) me ferait croire à un commencement d'incendie, allumé dans le beffroi de ce clocher et qu'on put empêcher de s'étendre.

Nous voyons dans la première le fabriqueur recevoir le 23 janvier 1533 quinze livres tournois € pro duodecim lagenis chorii novi, emptis pro ecclesia ad succurrendum € necessitatibus et infortuniis que contingere possunt }, et dans la seconde il lui est alloué soixante sols tournois € pro reparatione undecim lagenarum ex chorio antiquarum, per dominos hujus ville Andegavensis, in emergenti ecclesie incendio commendatarum (3) ».

5° € La nuit du 18 au 19 octobre 1533, le feu, par cas fortuit s’éprit à l’un des clochers, € qui fut du tout consommé, un autre presque tout brûlé et le troisième grandement { endommagé : les cloches fondues, de manière qu'il n’en est demeuré qu'une des € moyennes et trois des petites clochettes, outre grande partie des voûtes, charpente et « couvertures ruinés et dégâtés (*) >. Ce désastre, occasionné par l'imprudence des sonneurs, plus ou moins ivres, qui avaient laissé une torche allumée dans le clocher central, après avoir sonné la grosse cloche pour le retour de l'évêque Jean Olivier, dans sa ville épiscopale, entraîna la ruine presque totale des nouvelles orgues, de l'horloge, d'une partie de la charpente et des peintures du tombeau du roi René, exécutées par Copin Delft (:). Je n'entrerai pas dans les détails ; on les trouvera dans ce volume p. 75, 82, 184, 187 et 189 et dans le Volume IÏ, p. 76, 91, 111 et 304.

6° € Le jeudi 4 août 1831, écrit Berthe (), un peu avant midi, le tonnerre se faisait

1. Vofice de la ville d'Angers, par Thorode, avec notes de l'Abbé Longin, p. 85, notes 1, 2 et 3.

2. Archives de Maine et Loire. Fabrique, t. 111, p. 456 et 457.

3. Les moyens pour combattre les incendies étaient jadis bien sommaires. Viollet-le-Duc dans son beau Dictionnaire du Mobilier Français (Ustensiles, p. 153) donne le dessin d’une seringue en bronze, de forte dimension du XVI* siècle destinée à cet usage et appartenant à la cathédrale de Troyes.

Les pompes, auxquelles on eut recours pour combattre l’incendie de 1831, furent introduites de l'étranger à Douai en 1693 et à Paris en 1699, d'après une remarque de M. l'abbé Longin en note à la page 89 de la Vofice d'Angers.

Le chapitre d'Angers commanda le 11 avril 1755 cent seaux de cuir, coûtant six livres chacun pour servir en cas d'incendie (Bibliothèque d'Angers. Ms. n° 656, t. II fol. 65vi).

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