Chapitre xri. — Réparations et embellissements
Le 28 frimaire an XII, le maire réclame cette avance à la fabrique ; celle-ci devra la prélever sur la somme de 10,000 fr. mise à sa disposition par le préfet pour les réparations urgentes.
Le lendemain, les marguilliers tout en proposant de faire le remboursement réclamé, font observer qu'une partie des travaux (couverture, vitrerie, carrelage) doivent rester à la charge de la Municipalité, qui a joui de l'église comme {emple décadaire, depuis l'an [1 jusqu'au milieu de l'an X et qu’elle devait la rendre en bon état. Le 1" nivôse, le maire réplique qu'il y a erreur. L'administration Centrale et non la Commune était chargée des réparations du local de Saint-Maurice, quand il était /emple décadaire et les a payées aussi bien que les embellissements (!) exécutés pendant ce temps. Lorsque cet édifice fut rendu au culte les objets qui le garnissaient furent enlevés et déposés à la préfecture, qui en a fait usage à son profit ('}. 11 persiste à réclamer en entier les 2162 fr, 70 : la fabrique dut s'exécuter.
Revenons aux preiniers travaux exécutés à la cathédrale.
Le vendredi 9 fructidor le sieur ournon, vitrier, reçut un acompte de 300 livres sur ses travaux. |
Le lundi 3 complémentaire an X, Mer l'Évêque propose d'établir une rampe ou appui de communion dans le pourtour du chœur (en avant des trois autels).
Aux couvreurs qui le même jour demandent de fleurir la statue de saint Maurice et de ses compagnons, comme autrefois, les marguilliers le refusent, parce qu'il se détachait souvent dans cette opération des pierres € assez pesantes pour détruire la couverture et la € voûle du péristile de Saint-Maurice Ÿ.
Le 27 brumaire an XI, les membres du conseil adressent au préfet un mémoire, dont voici les points principaux :
0 Nécessité d'une rampe de communion, estimée 90 1., la toise courante, soit 1200 à 1300 livres.
2° Réparation des restes de l’église paroissiale, destinée à y donner les principes du Christianisme aux enfants du premier âge et construction d'un mur de clôture au devant des cloîtres, pour ce 1590 à 1600 livres.
3° Demande pour renfermer les ornements, de la boiserie, du chapier et des armoires de l’ancienne abbaye de Saint-Serge.
4° Procès-verbal à faire par les hommes de l'art de l’état des voûtes, charpentes, couvertures, clochers pour se rendre compte des réparations urgentes, de ce qu'elles coûteraient et des frais de l'entretien journalier de l'édifice.
1. L'Autel de la Patrie est assurément le principal et le plus artistique de ces objets. Placé en 1839 dans la grande salle de la Mairie, il fut transféré au Musée David. 11 est en bois finement sculpté, de forme circulaire, décoré de guirlandes de fleurs. € Ces ornements, fouillés avec beaucoup d'art, écrit M. Henri Jouin (David a’ Angers, I, p. 12), constituent par leur ensemble une œuvre d’un sérieux mérite. » C’est l'avis de tous ceux qui ont pu le voir. Son auteur est Pierre Louis David, père de David d'Angers. Il avait travaillé quelque peu à l'achèvement des boiseries du chœur : on lui doit l'exécution des trophées, des cassolettes qui couronnent à droite et à gauche l’attique, les crédences de l'autel et les anciens tabourets du trône épiscopal. (Voir la Monographie, vol. II, p. 44.) Le même artiste fournit à la cathédrale en 1817 la couronne royale en bois sculpté et doré, que tient suspendue le chérubin au milieu de la corniche du maître-autel pour remplacer l’ancienne custode du saint Sacrement. (Voir la Afonographte, vol. 11, p. 13).
5° Les murailles qui font la croisée de l'église sont déchirées ainsi que l'architecture qui y était adaptée : elles offrent un spectacle pénible résultant € des plaies qu'a produites € le vandalisme et qu'il est temps et dans les vues du gouvernement de cicatriser ».
6° Les réparations de l'orgue sont évaluées à 6000 livres ; cette dépense peut attendre.
Le 17 frimaire an XI, est signé le marché pour la sainte table. Cet appui composé d'une partie circulaire sur le devant et de deux parties droites sur les côtés et faisant retour pour rejoindre la boiserie du chœur formait un total de 13 toises environ, y compris les portes.
Le lundi 14 ventôse an XII (1804), arrêté qu'on fera des bancs pour asseoir cent enfants au catéchisme dans la chapelle Sainte-Anne, dont les vitres sont réparées deux ans après. |
Le 13 mars 1804 il est décidé d'établir un appui en bois très simple devant l'autel de la sainte Vierge.
Le 5 avril suivant, un arrêté du préfet accorde la boiserie de l’ancienne sacristie de Saint-Serge pour celle de la cathédrale. On construit une maison pour un sacristain entre les piliers (contrelorts) de l'église paroissiale : le suisse y est logé en 1814. Choutllard et Devaux, entrepreneurs, conviennent avec la fabrique, le 27 septembre 1804, de construire une petite maison entre les deux piliers du transept sud pour loger le sacristain, moyennant 3330 |., et sur l'emplacement d'une partie de l’ancienne salle du Chapitre. Ce malencontreux édifice servit ensuite de vestiaire aux chanoines ; il a été démoli fort à propos.
L'année 1807 fut très néfaste au monument: c'est alors que disparut la superbe et très vaste galerie, dont il était précédé. On peut lire le récit de cet acte de vandalisme à la page 42 et suivantes de ce volume. Cette destruction avait été précédée de la transformation des combles de l'ancienne chapelle de Sainte-Anne : après avoir abattu les pignons des extrémités, on releva les murs pour établir au-dessus des voûtes une vulgaire mansarde, destinée à la soufflerie de l'orgue.
En 1808 et 1809 une maison (utilisée actuellement pour le logement d’un des sacristains, le vestiaire des chanoines et des enfants de chœur) est construite par la fabrique, près de la sacristie pour servir de psallette et revient à 17,456 1. Une vaste salle d'étude recouvrit la voûte de la sacristie : elle a disparu depuis quelques années.
L'année 1812 vit reconstruire les clottres et les trois portes donnant sur la place Saint- Maurice pour 18,3641.,, et 2151 1., payées à Varannes, serrurier, pour une grille à deux battants. |
Le pavage de l'église est refait en 1813. et le nivellement de la place s'achève en 1815.
En 1816 est posé le banc du clergé exécuté à l'École des Arts pour 5048. Le lambris, dont il reste encore quelques travées, ressemblait (de loin) à celui du chœur. Ce banc a été remplacé par le banc d'œuvre moderne, sorti de l'atelier de M'° Moisseron et Ruault, successeurs de M. l'abbé Choyer.
Un état ou tableau imprimé est dressé le 11 février 1822. La note historique qui l'accompagne se termine ainsi: € Les amateurs des monuments antiques voient avec € douleur ces magnifiques clochers se détériorer faute de réparations extrêmement € urgentes}.
Œbapitre cri. — Réparations et embellissements. 255
De 1825 à 1828 l’État accorde des sommes importantes (environ 55,000fr.)pour la réfection de toute la partie supérieure des murs, des chéneaux, des terrasses, des contreforts et des parapets des galeries. L'architecte François remplaça les anciens modillons des piliers par des consoles taillées en forme d’écusson d'un dessin uniforme, sans aucun caractère. À la suite de ces travaux mal exécutés, plus de 3000 fr. sont dépensés pour réparer les dégradations de la couverture et des vitraux.
En 1828, les livres de chant n'ayant pas été renouvelés pendant la Révolution étaient absolument hors de service, il fallut faire une nouvelle liturgie pour le diocèse et des livres de musique pour l'orgue et la psallette ; tout cela coûta 2177 francs. La façade et les clochers étaient dans un état pitoyable : plusieurs devis sont dressés en 1829 et 1830 : on ne résout rien. Survient le terrible orage de 1831 (').
En 1831 les dépenses s'élèvent à 9,162.
Le sieur Niveleau établit des paratonnerres sur la nef en 1833 pour 2439 fr. et le grand orgue est réparé pour 12450 fr.
D'année en année, les projets de restauration des clochers s'accumulent : l'État accorde successivement différents crédits et ces orands travaux dont j'ai déjà parlé dans ce volume, p. 80 se terminent en 1841 par la liquidation de la flèche du Sud et de la coupole.
Les travaux exécutés de 1835 à 1838 par l'entrepreneur Coudret (reconstruction de la flèche du Sud, démolition de celle du Nord et moulage des sculptures) montèrent à 118,255 francs.
Dans une lettre du 9 juin 1842 au ministre de la Justice et des Cultes, les membres de la Commission constatent que les sculptures de Dantan, s'élevant à 40,950 1., ont été exécutées avec peu de soin.
On ne s’en aperçoit que trop dans la restauration des grandes statues de saint Maurice et de ses compagnons, dont M. Palustre a signalé les défauts (voir p. 85 de ce volume), et aussi des statues du portail, dont les têtes brisées à la Révolution ont été refaites en ciment (celles des hommes beaucoup trop fortes) pour 2,800 fr. Le reste de la somme payée à ce soi-disant artiste, concerne la réparation de quelques statues de la flèche du Nord et la fourniture d'un bon nombre d'autres, destinées à la même flèche et à celle du Sud. J'ai donné à la page 80 la reproduction d'un des angelots sculptés par Dantan et posé au sommet d’un des clochetons de la flèche du Nord, à la place d’une croix de cuivre doré, arrachée à la Révolution.
La flèche du Nord est reconstruite en 1845, et revint à la somme de 104,335 fr.
Mgr Angebault prend en 1848 l'initiative de demander 20.000 pour la restauration de la chapelle du Baptistère (ancienne église paroissiale) et 16,000 pour grosses réparations (carrelage, vitraux, nettoyage général). Cette démarche n'aboutit à rien et en 1852 M. Duvêtre, architecte, reçoit 500 fr. d'indemnité pour Pets et Pet non suivis
d'exécution.
En 1845 la rampe de feseier de la galerie (transept Sud) étant tombée pendant un office et ayant occasionné de nombreuses blessures, on proposa de creuser en sous-œuvre
r. Voir dans ce volume, p. 213.
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256 aonograpbie De la cathédrale D'Angers.
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le pilier (pour faire aboutir l'escalier au niveau du pavé). Le conseil des bâtiments s'y Opposa avec raison et exigea la reconstruction. Le projet et le devis montant à 1962 fr., furent approuvés le 7 juillet 1847.
Il est justement critiqué par M. Aimé de Soland, qui écrit à son sujet au directeur des Annales archéologiques en 1849 (t. XI, p. 60) : « On vient de terminer un escalier d'un € style impossible à décrire. C'est l'œuvre de cet architecte (Duvêtre) qui avec M. Dan- € tan, a dénaturé entièrement la façade de Saint-Maurice ». De fait, c'est une mauvaise copie de celui de la bibliothèque du Chapitre de la cathédrale de Rouen et l'architecte y a surmonté des chapiteaux à crochets de moulures du XVe siècle.
M. Aimé de Soland (Bulletin Monumental de l'Anjou, 1872, p. 109) écrit: « Depuis € la copie de la descente de Croix de Jouvenet, qui fut pendant longtemps, en l’année € 1848, exposée dans la nef de la cathédrale, nous n'avions rien vu des œuvres de « M. Pierre Morain, élève de M. Couture.
€ Dans peu de temps, la cathédrale d'Angers sera ornée d'une magnifique copie de la « descente de croix de Rubens par M. Morain.. Elle fera dans une des travées de notre € cathédrale un heureux contraste avec la mauvaise toile d'Ansiaux de Liége ».
Ces deux grands tableaux ont été transportés dans la salle synodale de l'Évêché en 1872.
Une ère nouvelle allait s'ouvrir pour la cathédrale : on commençait à mieux comprendre la restauration des anciens monuments, mais que d'argent gaspillé jusque-là !
En juin 1853 s'opère la réorganisation du service des Édifices diocésains et le 30 janvier 1854 M. Joly est nommé architecte diocésain en remplacement de M. Duvêtre.
On entreprend en 1856 la restauration des verrières, abandonnée après l'exécution manquée de la première (voir p. 167).
L'insuffisance des réparations si onéreuses de la partie supérieure de l'édifice entre les années 1825 et 1828 se fit bientôt sentir : tout fut à recommencer. M. Joly, dans un rapport du 5 décembre 1856, réclame une somme de 21,600 fr. pour la réfection des chéneaux, comble et égout du côté du Nord.
De la même année date l'agrandissement du sanctuaire, c'est-à-dire le changement de courbe des marches de la table de communion.
Les trois autels du transept Nord sont construits en 1860 (Vol. II, p. 26) à la place de contessionnaux, semblables à ceux que nous voyons encore dans le transept Sud.
À peine le projet de rétablissement du grand orgue était-il approuvé en 1869, qu'on reconnut la nécessité de nettoyer avant la pose du nouvel instrument, le mur intérieur de la façade et tout au moins la première travée de la nef. Dans ce but, une somme de 12,275 fut accordée par l'État. La fabrique y ajouta les fonds nécessaires pour réparer les deux autres travées, si bien qu'en 1871 et 1872 la nef entière (voûtes et murailles) fut enfin débarrassée du badigeon, dont Borani l'avait souillé.
Signalons quelques découvertes intéressantes au cours de ce travail ; la peinture décorative du mur aux côtés de la grande fenêtre de la façade (Vol. II, p. 72) — l'enluminure des chapiteaux et des corbeaux de la galerie (dans ce volume p. 207) — l'encadrement peint de l'épitaphe de Prerre Borel (reproduit dans l’Album) — les tombeaux
STATUE POSÉE AU SOMMET D'UN DES CLOCHETONS DE LA FLÈCHE DU NORD, À LA PLACE D'UNE PETITE CROIX DORÉE
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