CATHEDRALE D’ANGERS
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Restauration des Parties hautes de la Nef
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d'Ulger et de Raoul de Beaumont, rétablis peu après (Vol. IT, p. 134 et 144) — enfin, le moyen appareil des murs de la cathédrale, consacrée en 1025 par Hubert de Vendôme. Malheureusement, sur un nouvel enduit appliqué contre ces vénérables murailles, l'architecte eut le tort de faire tracer des assises en grand appareil, analogue à celui des colonnes. Cette faute était facile à éviter : elle peut induire les visiteurs en erreur et leur faire supposer que les murs latéraux sont de la même époque que les colonnes, les grands arcs de la galerie et les voûtes.
L'architecture des arcades des tombeaux et des portes, refaites à cette époque, laisse aussi à désirer. À quoi bon ces archivoltes ex relief sur le mur, puisqu'on n’en trouve à l'inférieur de notre cathédrale aucun exemple, ni autour des fenêtres, ni en aucun autre endroit, ce qui est fort logique d'ailleurs ? Pourquoi, encore, avoir taillé les bases des
colonnettes de ces portes et de ces arcades à un niveau aussi élevé au-dessus du pavage
au lieu de les faire régner avec celles des piliers de la nef? Mais, passons sur ces détails et continuons la revue des réparations et des embellissements.
Le 19 février 1871, Mgr Freppel inaugure la chaire sculptée par l'abbé Choyer (Vol.
IT, p. 57). |
L'année suivante, s'effectue la restauration du buffet d'orgue et de la tribune pour 5,169fr. Soulignons en passant l'erreur des architectes du XVITII* siècle, qui entendaient traiter le bois, comme la pierre. Les statues, les palmiers et autres ornements en haut relief du buffet et surtout les cariatides colossales, qui semblent porter la tribune, ont par leur volume, nécessité l’assemblage de madriers, je dirai même de véritables poutres, qui ne tardèrent pas à travailler en tout sens ; aussi combien de fentes et de larges fissures au travers des figures et des draperies. Obligation par suite de les remplir de mastic et d’empâter toutes les sculptures d’épaisses couches de peinture successives au lieu de laisser aux années le soin de brunir le chêne lentement. Au moyen âge, les œuvres de menuiserie les plus considérables (les stalles d'Amiens et bien d’autres) étaient traitées avec une entente parfaite des qualités particulières au bois. Il était judicieusement employé ; on pouvait lui laisser sa couleur naturelle sans recourir à la peinture, pour masquer des fissures, qui ne se produisaient pas. Traiter /e 6o:s comme la pierre est une faute grave, commise encore souvent aujourd'hui ; il est donc utile d’en faire toucher du doist les tristes conséquences au point de vue artistique. Ce sera mon excuse pour cette digression.
L'orgue, dont une partie du mécanisme et des tuyaux expédiée au moment de la fermeture de Paris pouvait tomber aux mains des Prussiens, fut enfin inauguré le 28 août 1873 après un discours de Mgr Freppel (Vol. II, p. 83). Aucun des anciens jeux n'a été conservé, contrairement à ce qui avait été convenu ; il est entièremeut neuf.
En face de la chaire, se dressa bientôt un nouveau banc d'œuvre (Vol. II, p. 67) (:).
Dans l'espoir de continuer le grattage des voûtes et des murs des transepts et du
1. Après la pose de la chaire, M. l’abbé Choyer avait tenté de remplacer l’ancien banc d'œuvre, sculpté à l’école des Arts par une sorte de Calvaire. Cet essai malheureux coûta plus de douze cents francs à la fabrique et ne put être toléré dans la cathédrale.
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chœur, l'échafaudage dont on s'était servi dans la nef, fut roulé dans le transept sud. hélas! quelques mois après, il fut démonté. Quand reprendra-t-on ce travail, si Des réussi dans la nef ?... peut-être jamais (). -
Si comme architecte diocésain, M. Joly avait été relativement très is à ses prédécesseurs, il n'avait pas réussi en tout point dans ses travaux à la cathédrale. (Restauration de la verrière de saint Maurille). Les études archéologiques progressaient sans cesse, et c'est avec une entière satisfaction, qu’il convient d’applaudir aux restaurations exécutées depuis trente ans par M. Raulin, secondé de M. Dussauze.
Le 16 février 1880, le nouvel architecte diocésain dresse le devis de la remise en état des parties hautes de la nef — 171,189 fr. pour la maçonnerie et 88,524 fr. PONE la charpente et la couverture.
Dès 1 année suivante le travail est entrepris : pour se rendre compte de son importance, il faut visiter la charpente, surtout parcourir les chenaux, si bien aménagés pour l'écoulement des eaux. Une amélioration considérable sur l’état antérieur consiste dans l'établissement d’un bahut de plus d’un mètre de hauteur, masqué par le parapet et sur lequel repose la charpente, désormais à l'abri de l'humidité
Cette restauration de la maçonnerie, dans laquelle les dégradations commises par l’architecte François (suppression des archivoltes des fenêtres à l'extérieur, transformation des modillons, etc.) ont disparu, dans laquelle les moulures et les sculptures ont été traitées avec un soin méticuleux, s’est poursuivie dans tout le pourtour de l'édifice en 1893, 1897 et 1898.
En même temps la plupart des verrières du chœur et des transepts étaient remises en état.
Trente ans après sa réception, il fallut relever le grand orgue, travail délicat exécuté par M. Debierre, auquel Monseigneur Rumeau eut la générosité de contribuer avec la fabrique. |
Le Crucifix, de la salle des Assises, expulsé du palais de Justice est, recueilli en 1904 à la cathédrale et posé en face de la chaire.
Les deux belles rosaces des transepts menaçaient ruine : une tempête plus violente que les autres, pouvait faire crouler leur réseau de pierre et leurs vitraux : la plus ancienne, celle du côté du sud, a été reconstruite en 1907; l'autre un peu plus tard.
Depuis 1908 un immense échafaudage se dresse devant la façade et s'élève jusqu'au sommet de la tour centrale.
Les statues de saint Maurice et de ses compagnons, plusieurs fois frappées par la foudre, mal restaurées par Dantan, s’effritent et tombent en morceaux, non sans danger pour les passants. Il est de toute nécessité d' y pourvoir promptement et d'y faire une sérieuse réparation. Cet échafaudage a permis d'examiner de très près les statues, dont certains détails rappellent celles de Solesmes et les pilastres € refenaus et à molures dont
Le dedans est remply d'antiques >». Les motifs d'ornementation, compris chacun dans une
1. Une souscription, lancée dans le public à ce moment, eût peut-être permis de continuer. Une proposition en ce sens, que je fis près de l’autorité diocésaine, fut repoussée.
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assise, sont variés dans leur superposition verticale, mais tous les mêmes, à de rares exceptions près, dans la ligne #orizontale. Ainsi dans chaque pilastre la première, la deuxième, la troisième et les autres assises au-dessus, sont, chacune, décorées du même motif (fleurs, fruits, boucliers antiques, enfants, etc.). Sur deux cartouches se lisent les dates 1535 et 1536 et sur le pilastre du milieu, au même niveau, le nom de ZLézin Guyer, reconnu par M. le chanoine Urseau. C’est sans doute l'artiste ornemaniste, chargé de l'exécution de la partie décorative de l'œuvre, tandis que les statues furent commandées aux ymagiers Jean Giffart et Jean Desmarais. Espérons voir l'État accorder bientôt les fonds nécessaires à cette urgente réparation et qu’on profitera de l’échafaudage pour replacer au sommet de la tour centrale /4 Croix d'Anjou, à double traverse, dont elle était encore surmontée en 1831. :
Le tableau des travaux exécutés au cours du XIX:* siècle et pendant les premières années du XX° siècle, aussi sommaire que j'ai cru devoir le présenter ici, suffit pour constater l'insuffisance des premiers architectes, qui les avaient dirigés jusque vérs 1850 et aussi combien d'argent fut mal employé à des restaurations, qu'il fallut. entreprendre de nouveau plus tard.
Les chenaux, refaits pour la 3° fois, l'ont été enfin d'une façon définitive, à laquelle l'archéologue le plus difficile ne saurait refuser son approbation. Quand les charpentes de la croisée, du chœur et des transepts auront subi les modifications nécessaires, quand la couverture aura été renouvelée comme sur la nef, l'édifice pourra braver de longues années encore l'effort des vents et des tempêtes. Espérons voir l’habile architecte, M. Raulin, auquel ont été confiés les travaux de la partie supérieure de l'édifice, y rétablir le £aranier ou clocher, couvert de plomb (dont la silhouette élégante couperait si agréablement le faitage) sur son antique souche en charpente, aujourd'hui masquée par la toiture. L'ancienne flèche de Notre-Dame de Paris, dont le dessin nous a été conservé par M. Garneray, serait un excellent type à reproduire.
Une remarque en terminant.
Autrefois Zes piliers (nous disons aujourd'hui /es contreforts) montaient de fond jusqu'à la corniche et au parapet sans le moindre ressaut, surmontés de larges plateformes pavées. Îl n'en est plus de même aujourd'hui. La Commission des Monuments Historiques en a fait modifier complètement la partie supérieure sur une hauteur de cinq à six mêtres. Ainsi les a représentés M. de Baudot, dans son grand ouvrage € les Cathédrales de France3. Le maitre de l'œuvre les avait compris autrement au XII° siècle. Préoccupé de combattre la poussée des voûtes de la nef, il accumula les matériaux à la partie supérieure des piliers et se garda bien d'en diminuer le poids et par suite la résistance par des retraites successives. Excès de précaution, peut-être ; excusable entout cas à une époque, où des voûtes de cette importance étaient une innovation et presqu’une témérité de la part de l'architecte.
Au point de vue décoratif, l'aspect extérieur gagne assurément à ce changement. Beaucoup moins lourds nous paraissent le long de la nef ces piliers diminués de près de
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moitié de leur épaisseur vers leur sommet au moyen d'un glacis, sur lequel s'appuie, comme sur les contreforts de la cathédrale de Poitiers, une colonnette soutenant une gargouille. Moins heureuse est la transformation des piliers de l'extrémité des transepts. Sur deux de leurs faces, on a dû enlever la moitié de la maçonnerie, à partir d'une certaine hauteur pour arriver à l'établissement de glacis analogues aux autres.
Il ne m'appartient point de critiquer ce travail, exécuté d’ailleurs avec un soin minutieux ; je tenais seulement à signaler la différence entre l’éat actuel après la restauration et l'éaf ancien. Il suffit de comparer la vue d'ensemble de la cathédrale (p. 1) à celle de l'incendie de 1831 (p. 213) pour avoir une idée très exacte de l'un et de l'autre.
Tant que la galerie n'aura pas été reconstruite et que le portail n'aura pas été rétabli dans son état primitif, la façade de la cathédrale sera défectueuse. Ce beau portique en saillie de près de dix mètres sur la base des tours, lui donnait une ampleur qui lui manque actuellement. Un chanoine généreux eut à cœur de rétablir la galerie (Voir dans ce volume p. 47) ; l'État ne seconda pas son entreprise. Espérons voir en des temps meilleurs, réédifier cette annexe, vraiment magnifique, et réparer le vandalisme du Conseil Général de 1806 comme il convient.
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