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Rene
A A principale porte de la cathédrale s'ouvre au milieu de la façade occidentale, dans un mur épais de 2M65.
Cette belle page de sculpture représente le triomphe du Christ annoncé sur terre par huit personnages de l'Ancien Testament, attesté par les douze Apôtres (‘}, chanté au ciel par les Évangélistes, les anges et les vieillards de l’Apocalypse.
La magnificence de l’ensemble avait attiré, dès 1836. l'attention de M. Prosper Mérimée (:): « Sur la porte en ogive émoussée (nous dirions aujourd'hui «en arc brisé surhaussé), s'étale toute la richesse d’ornementation que comportait le € style roman à l'époque qui précéda sa décadence. Deux rangs de statues couvrent « les parois latérales du porche (portail), et, bien que mutilées,la plupart se font remarquer € par le fini de leur exécution. Je ne me lassais pas surtout de considérer leurs drape- « ries gracieusement ajustées, couvertes de longs plis serrés et arrondis, chargés de € pierreries, de broderies de toute espèce. Les voussures et les tympans sont ornés de « même. }»
Quelques années après, M. l'abbé Bourassé écrivait dans Zes plus belles cathédyales de France, à propos du portail de celle d'Angers : « Tous les visages respirent € un calme religieux, exprimant des sentiments de béatitude et de contemplation pro- « fonde, avec une simplicité de pose et une naïveté de détails, propres à nous faire « comprendre l'état des arts chrétiens à cette époque, entièrement empreints du génie « chrétien. »
Cette citation, empruntée à la Monographie de M. Denais (p. 61), traduit à merveille l'impression produite dans l’âme du visiteur par ce beau portail. |
Avec quel luxe de détails en effet a été rendu, par l’imagier, le programme qui lui fut assigné, il est aisé de le constater. Quelle délicatesse dans la sculpture des chapiteaux, dont les tailloirs et même les astragales sont ornés de ravissants feuillages ! Cette frise extérieure, toute chargée de rinceaux et de têtes en relief, ne rappelle-t-elle pas les bordures des châsses contemporaines, aux filigranes entremêlés de cabochons ? Enfin, l'artiste inconnu, dont le talent éclate dans la pose et l'expression des personnages, le rendu des draperies finement plissées et jusque dans les galons de leurs vêtements, ne mérite-t-il pas tous les suffrages ? Pourquoi faut-il qu'une ombre obscurcisse ce tableau, qu’une note discordante ait été jetée dans cet harmonieux concert au XVIII siècle, lorsque le chapitre fit remplacer le linteau et le trumeau par une arcade du plus mauvais goût ? nous en verrons plus loin la cause.