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L'art religieux du XIIF siècle en France, p

3. Fabrique, t. 1V. Procès. verbal des ruines arrivées à l’église par la chute de la foudre le 25 mai 1617. — « Sous la

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sonnages assis de chaque côté dans les deux premières voussures. Non seulement ils ont les pieds nus et un livre à la main, mais contrairement à tous les autres personnages, ils sont tournés l'un vers l'autre et semblent disserter. C'est la pose traditionnelle donnée aux apôtres sur le retable de Coblentz, au Musée de Cluny, comme sur les linteaux du Mans, de Chartres, de Bourges et de Charlieu, où les 12 Apôtres sont rangés sur la même ligne. Ici, l’espace entre les voussures, divisé en huit, donne très bien la place des huit Apôtres détruits.

« Quatre personnages debout, de chaque côté de la porte, sont adossés aux colonnes, € sans dais, qui garnissent les angles rentrants des jambages ; dans le jambage droit, le « premier personnage est une femme, tandis que c'est un homme dans le jambage gauche. « Les statues reposent sur de petits socles, bas, mais larges, chargés de sculptures ; des « chapiteaux à larges feuilles d’acanthe terminent les colonnes. Le soubassement, € quoique de même époque que le portail, n’accuse pas les angles rentrants comme dans € la plupart des portails du XIT° siècle.Ïl se compose dans chaque jambage d'un entable- « ment rectiligne sur lequel se dressent les statues et qui est supporté par cinq colon- € nettes engagées à chapiteaux ornés de feuilles plates, et dont les bases reposent sur un € socle unique mouluré. »

. € Parmi les huit statues, qui ornent les deux jambages du portail de Saint-Maurice, > nous ne retrouvons pas celles de saint Pierre et de saint Paul que l'on rencontre » presque partout, nous remarquons seulement quatre personnages figurant sur plusieurs > portails du nord de la France au XT1* siècle ; la première à droite en avant représente »y Moïse, avec les tables de la loi et la tête couverte d’une coiffure ronde caractéristique > à côtes parallèles longitudinales, nous le trouvons ainsi représenté à Bourges, à > Étampes, à Saint-Loup de Naud et à Chartres deux fois; la seconde statue du jambage » gauche est le roi David jouant de la harpe, il est ainsi figuré au Mans; la reine de > Saba se trouve à droite près de la porte, elle tient un sceptre de la main droite; on > peut voir dans le premier personnage en avant du jambage gauche, la représentation > de Salomon, qui est ainsi figuré au Mans, où le doute n'est pas possible puisque son » nom est peint sur le phylactère que le personnage tient entre les mains. Pour les autres > personnages nous n'avons aucune identification personnelle à proposer, n'ayant pas » trouvé d'équivalents dans les autres portails que nous avons pu étudier jusqu'à ce jour, > surtout pour les femmes. Des noms ont été proposés maintes fois, mais nous ne Îles > rappellerons pas ici, parce que ces hypothèses ne sont appuyées d'aucune preuve et » laissent toujours le champ libre à l'imagination, ces statues n'étant caractérisées par > aucun signe symbolique ou conventionnel. »

Les huit statues ont-elles eu à subir les outrages des Huguenots en 1562 ? L'on n'en a gardé aucun souvenir, tandis que leurs méfaits à l’intérieur de l'église sont connus. L'orage de 1617 ne les atteignit pas non plus ; les dégradations des têtes et des mains fort mal réparées en 1830, par le sculpteur Dantan, doivent plutôt être attribuées à

« vouste des dits clochers y avait une Trinité en bosse, avecq les évangélistes et Apostres, où il manque /rors { Apostres, ung lion, un ange et la teste et une main de la figure de la dite Trinité, qu’il faut faire en pierre de « Rajane... }

Œbapitre iv. — Le Portail. 55

l'époque révolutionnaire et aux enfants, qu'on voit souvent lancer des pierres contre le portail (‘). Toujours est-il qu'il ne faut pas blâmer l’imagier du XIIe siècle d’avoir sculpté des têtes si grosses, d'une façon aussi barbare que celles de plusieurs des personnages ; il en est innocent. Le coupable est Dantan, auquel on doit aussi les têtes grotesques de plusieurs des grandes statues du XV [° siècle, placées au-dessus de la grande fenêtre.

Remarquons le luxe d'ornementation déployé dans les nimbes des personnages, celui de David en particulier, et les galons qui bordent leurs vêtements, non point gaufrés dans une pâte de chaux, comme le dit Viollet-le- Duc (*), mais ciselés dans la pierre avec un soin minutieux. De même le socle sur lequel reposent les pieds des grands personnages est couvert de perles, et de menus détails d'architecture, comme on en voit sur certains ivoires sculptés.

M. Fleury a décrit le portail dans sox é/af actuel : il a perdu son linteau et son trumeau, comme celui de Saint-Ayoul de Provins et plusieurs autres.

Les vantaux en bois, rallongés après 1745, sont encore ornés de pentures en fer du XII° siècle fort intéressantes. De chaque côté trois grandes croix, dont les bras sont terminés par des tridents, entremêlées de losanges, tapissent la surface entre les ferrures voisines des gonds et du trumeau forgées en forme de croissant (:).

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