LE FILS DE LA VEUVE DE SAREPTA RESSUSCITÉ PAR LE PROPHÈTE ÉLIE
12. «Dans la suite, le fils de la veuve tomba malade, et la force du mal crût au point de lui « faire rendre le dernier soupir.
gélistes s'accorderait mieux avec l’ordonnance du tableau, où les gardes semblent occuper une place fort distincte du théâtre de la résurrection.
(1) Fol, i3, v”.
(2) Au lieu d’élever les trois premiers doigts de la main en
repliant les deux autres vers la paume , les Grecs réunissent l’extrémité du pouce à celle du quatrième doigt ( l’annulaire), quand :1" k"":" — * , représente l’A et l’Q; tandis
que dans la bénédiction latine , l’élévation des trois premiers doiets est censée rappeler le mystère de la Trinité. On trouvera jusqu’à une estampe de la bénédiction grecque, dans Macri.
(3) Cs. Assemani , Kalmdaria Ecclesiœ universœ, t Y p a3f,
(4) Davjt (sic) REX. — Pelicanus.
(5) Ps. CI, 7.
(6) -î.U’ lleS- XVII> 17-24- «Factum est autemposthæc ægrotavR films matrisfamilias , et erat languor fortissimus, ita ut non
PLANCHE PREMIÈRE
« Cette femme dit donc à Élie : Qu’avions-nous affaire l’un de l'autre, homme de Dieu? Votre « entrée dans ma maison devait donc faire revivre le souvenir de mes péchés, et donner la mort à « mon fils?
« Élie lui dit : Donnez-moi votre enfant. Et l'ayant pris d’entre ses bras, il le porta à l’étage qu’il « habitait et le plaça sur son lit.
«Alors il cria vers le Seigneur, disant : Seigneur mon Dieu, quoi! môme cette veuve qui me fait « subsister à grand’peine, vous l’avez affligée au point de faire mourir son fils!
« Puis il se plaça sur l’enfant par trois fois, s’adaptant à sa taille, et s’écria vers le Seigneur : Sei- « gneur mon Dieu, que l’âme de cet enfant, je vous en conjure, rentre dans son sein.
« Dieu exauça la demande d’Élie, et l’âme de l’enfant revint l’animer, et il se prit à revivre.
« Élie donc prenant cet enfant redescendit vers sa mère, et le lui remit en disant ; Voici que votre « fils est vivant.
«Alors cette femme dit à Élie : Je reconnais cette fois que vous êtes vraiment homme de Dieu, « et que c’est bien sa parole qui sort de vos lèvres. »
Le vitrail de Chartres renferme une scène toute semblable; mais il l’emprunte à l’histoire d’Élisée, disciple d’Élie (i), ainsi que l’indique l’inscription; et non à celle d’Élie lui -même, comme le sujet que je crois trouver ici. Car, malgré cette indication qui semblerait devoir suppléer au défaut d’inscription dans le tableau de Bourges, voici quelles sont mes raisons pour voir dans notre verrière le sujet indiqué. J’emprunte au vitrage lui-même mes titres à la probabilité. D’abord le symbolisme employé précédemment pour représenter le fils de la veuve au moment où Élie la rencontre (n° 6), paraît annoncer quelque intention de fixer sur cet enfant la pensée du spectateur. On dirait d’une pierre d’attente pour préparer quelque addition postérieure. Puis, l’histoire de Jonas placée en face de cette résurrection, paraît donner un nouveau poids à mon hypothèse : attendu que, selon d’anciens écrivains, le prophète Jonas aurait été précisément le fils de la veuve ressuscité par Élie (2). Nous n’avons que faire de discuter les fondements de cette opinion; mais il est utile de la constater pour apprécier l’influence qu’elle a pu exercer dans les arts au moyen âge. A Chartres, où Jonas ne paraît pas avoir dû trouver place (môme parmi les médaillons brisés), la veuve est seule quand Élie s’adresse à elle; et on nous permettra de croire qu’ici ces différences autorisent à supposer une autre direction. Mais d’ailleurs, tout en prenant parti pour Élie (3), nous ne laisserons pas de joindre à l’explication quelques traits sur le miracle d’Élisée. Par là, tout se trouvera compensé, et l’on jugera peut-être qu’en somme ce débat ne méritait point tant de paroles, puisque la solution, quelle qu’elle fût, ne devait apporter nul changement à l’ensemble des idées (4). Hâtons-nous donc d’en finir avec cet objet.
Le moment choisi par le peintre semble être celui où le prophète descend du lit, lorsque les premiers signes de vie se manifestent dans le jeune homme; et l’on reconnaît à la similitude des gestes, que le serviteur de Dieu avait superposé exactement ses membres à ceux du cadavre. Les spectateurs qui se trouvent là prouveraient encore, au besoin, pour mon hypothèse, puisque, dans le récit du
remaneret in eo halitus. Dixit ergo ad Heliam : Quid niilii et tibi , vir Dei ? Ingressus es ad me ut rememorarentur iuiquitates meæ , et interficeres filium meumPEt ait ad eam Elias : Da raihi filium tuum. Tulitque eum de sinu ejus, et portavit in cœnaculum ubi ipse manebat,et posuit super lectulum suum. Et clamavit ad Dominum, et dixit : Domine Deus meus, etiamne viduam, apud quam ego utcumque sustentor, aQlixisti ut interficeres filium ejus P Et expandit se, atque mensus est super puerum tribus vicibus, et clamavit ad Dominum,et ait : Domine, Deus meus, revertatur, obsecro , anima pueri bujus in viscera ejus. Et exaudivit Dominus vocem Eliæ; et reversa est anima pueri intra eum, et revixit. Tulitque Elias puerum, et deposuit eum de cœnaculo in inferiorem domum, et tradidit matri suæ , et ait illi : En vivit filius tuus.»
(1) IV Reg. , IV, 32—37- ù s'agit du fils de la Sunamite arraché à la mort avec des circonstances très-semblables à celles du miracle opéré par Ebe, dont Elisée avait été le disciple, et auquel il servit comme d’héritier.
(2) S. Isidor. , de Orlu et obitu PP. , cap. 45 ( cd. Arevalo, t. V, p. 173). o Tradunt Hebræi hune ( Jonam ) esse viduæ filium, quem a mortuis suscita vit Elias. — Bridfertb , Gloss, in caput 3
Bedæ presbyteri, De temporum ratione (Bed., cd. princeps. Basileæ, i563,t. II, p. 5g) : « Ipse {Jonas) est et Amathi sareptanæ filius viduæ, ut Judæi affirmant, quem resuscitavit Hebas. . . » — Cs. Corn. Van den Steen inJon — Sixt. Senens. Bibliolhec. sanctœ lib. I ( ed. cit., p. 24). — Atto vercell. In ep. ad Hebr. XI. 35.
(3) Si quelqu'un nous opposait que le vêtement du prophète dans ce médaillon n’est pas celui qu'avait Élie dans le tableau précédent, nous lui ferons remarquer que la différence est précisément la même entre Jésus-Clirist portant sa croix et Jésus-Christ crucifié. Et pourtant personne ne songera sans doute à méconnaître dans le peintre l’intention de représenter un même personnage, d'abord sur le chemin du Calvaire, puis sur la croix.
(4) Ajoutons que le moyen âge unit volontiers ces deux faits dans leur indication comme dans leur interprétation mystique. Ainsi Théophylacte et saint Thomas d'Aquin, expliquant le chapitre XI de l'épître aux Hébreux (v. 35. « Fuie. . . acceperunt mulieres de resurrectione mortuos suos ) , citent , l'un et l'autre , la veuve de Sarepta et la Sunamite , comme modèles de cette foi qui obtient les miracles. — Cs. Atto vercellens. I. c. (ed Burontio del signore.. p. 247, 248).
VITRAUX DE BOURGES
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le texte n’exclut pas nécessairement tout témoin. Cependant, ain ,Prviteur qu’il
absolument dire qu’il s’agit de l’instant où, après le prodige, Elisée fait rentrer > J
avait chargé d’appeler la mèreW; et, en effet, à Chartres, on aperçoit cette femme debout près
prophète.