I". MÉDAILLON DU SOMMET. — ÊPHRAÏM PRÉFÉRÉ A SON AÎNÉ
16. L’ordre naturel indiqué par le développement ordinaire des sujets dans beaucoup de verrières, semblait nous commander d’aborder en premier lieu le grand médaillon du pied. Nous donnons toutefois la préférence à celui-ci, parce qu’il rendra plus manifeste tout d’abord la pensée d’ensemble que nous lisons dans cette grande page jusqu’en ses moindres détails. On aurait pu, dans un autre système, n’apercevoir que peu à peu la réalité du sens que nous trouvons à chaque scène; et le préjugé d’une interprétation arbitraire est précisément ce dont nous prétendons nous garantir.
(i) L'étude des monuments ecclésiastiques ne saurait avoir une marche différente de celle qui est imposée à l'archéologie profane. Les documents ne sont point les mêmes de part et d'autre assurément, mais la théorie est la même pour ces deux sciences; disons mieux, c'est la même science appliquée à divers ordres de faits. Que si l'on serait ridicule à vouloir établir par l’imagination seule le sens des monuments figurés de la Grèce ou de l’Egypte, par exemple, il serait extraordinaire que les monuments chrétiens formassent une catégorie à part, où le premier aperçu serait censé suffire. Pour laisser prescrire en ce genre une pareille méthode
d’interprétation, il faudrait établir avant tout, ce qu’on ne réussira pas, je pense, à prouver; savoir que le culte chrétien n'était point traité par nos aïeux avec autant d'importance que l’avait été le paganisme par les Grecs ou les Indous. Ne faisons pas non plus semblant de croire que les enseignements de l’Église soient assez familiers à tout le monde pour être reconnus au premier aspect dans leur ancienne expression figurée. Et après tout, on peut bien, sans abus, décerner aux vieux témoins de notre croyance l’honneur que reçoivent chaque jour les talismans babyloniens ou les instruments de toilette des dames romaines.
VITRAUX DE BOURGES
où le Fils de Dieu apparaît consommant l’œuvre de notre rédemp i * d,un ..atriarche de l’an-
mystérieuse, être dominées en manière de couronnement par a rtPle art!mt la raison qui doit
(Sienne loi. L’ordre historique des faits, la dignité relative des personnages, U par ont la J ^
présider à l’ordonnance d’un assemblage quel qu’il soit, exclament ^demmem I. J bien
nam, s’il n’y figurait qn’en sa qualité de père des dôme tr.bns d Israël. Ma, , et J» d’autres fors encore, le simple exposé des faits bibliques était rarement le mottf réel 1 de P
tion an moyen âge. Sous les formes données par l’histoire sainte, an delà des actions dont elle expose l’accomplissement, une réalité plus haute appelait ces esprits sérieux à la fois et. ' .
conseils qui avaient dirigé tant d’événements. Dans la seule histoire écrite sous la d. tée de lEspnt San», on voulait lire comment et pourquoi, tandis que l’homme s’agite, ces, Dieu qui le mene
Il n’est pas nécessaire de développer ici ou de démontrer cette tendance du moyen âge, on trouver peut-être dans la suite de cet ouvrage, que les preuves en sont trop nombreuses. N anticipons donc pas, e, laissons chaque chose se ranger à sa place. Mais quel rôle si grave remplit donc au sommet de cette verrière le patriarche Jacob, dans la scène qn’on emprunte à son histoire? Nous ne dirons lien quoo puisse regarder comme nôtre; c’est le xtf siècle qui répondra lui-même, et pour le xif siecle, un homme
qui en fut l’oracle. . N „ .
Nul doute, dit Rupert, que la venue de Joseph ait pu relever la vieillesse abattue de Jacob (i). Mais cette force que retrouve un père à la présence de son fils bien-aimé suffisait-elle pour lui faire percer les voiles de l’avenir, lorsqu’il disait : Celui-ci donnera naissance à de grands peuples, cependant son jeune frere sera plus grand encore? C’était, n’en doutons point, l’esprit de prophétie qui s’emparait du patriarche mourant; et qui, lorsque luge avait voilé ses yeux, lui donnait, avec cette force nouvelle, le regard sûr et perçant qui découvre les choses futures. Aussi, ne pensons rien ici qui ne soit d’un ordre supérieur. Prophète, le vieillard savait comment devait être un jour réalisée la bénédiction promise aux enfants d’ Abraham, par quoi une loi nouvelle devait s’établir enfin pour tous les hommes. C’était la croix qui se présentait alors à ses pensées, la croix qu’il prétendait montrer en cet instant solennel, la croix qui dominait cette première scène d’une bénédiction autrement exprimée que par des paroles (2).
De fait, on l’a remarqué depuis longtemps, c’est la première fois que se rencontre dans l’histoire sainte une bénédiction par imposition des mains. Et puisque dès lors la forme de la croix s y fait voir, il ne faut pas s’étonner si cette prophétie muette a pu se perpétuer dans les traditions liturgiques du peuple de Dieu jusqu’à la venue du Messie (3). Quoi qu’il en soit de cette dernière assertion, la situation respectueuse de Joseph, qui se prosterne au moment de cette première imposition des mains dont parle l’Ancien Testament (4), semble nous dire qu’il croyait assister à quelque chose d’extraordinaire. Et comme si
(1) La Genèse le dit, et c'est à quoi Rupert fait allusion. Gen. XLVIII , 2. « Dictumque est seni : Ecce filius tuus Joseph venit ad te. Qui confortatus sedit in lectulo. »
(2) Mais il faut entendre parler lui-même le pieux abbé de Deutz ( Rupert . Opp. Colonise, 1577, t. I, p. 186). In Gencsim , lib. IX, cap. 22. « Quamvis inteUigi recte valeat quod ob adventum filii quem diligebat, confortatus sit [Jacob) gaudio. . .Tamen et hoc scienduin quia sancto proplietiæ spiritu super eum irniente confortatus est. Unde enim fidueiam vel auctoritatem habere poterat ut diceret : Et iste quidem erit in populos et multiplicabitur, sedf rater ejus junior major crit illo ; et his similia ? nisi quia virtute prophetici spiritu s invaluerat. Confortatus igitur adeo mente est qui ægrotabat corpore , ita ut corpus quoque fessum alleviaretur mentis alacritate; et cujus oculi corporei caligavetant præ nimia senectute , nec clare videre poterant , interioris ejus hominis acies elarificala est ut ventura nunciaret, et possidendam hæreditate benediclioncm daret . . . » — Cap. 24. « . . . Sine dubio transpositio manuum crucis expressit figuram. Numquid in eo ( eos ?) sic manus commutando casu crucem figura vit ? Numquid non poterat , eadem ralione data , Manassen ad dexteram , Eflraim vero ad sinistram suam posuisse ? Poterat plane , sed propheta erat ; et prophetico spiritu sciebat quod per crucem componenda esset benedictio quant venturus legislator daret, vel qua iu illo semine Abrahæ benedicerentur omues gentes. Qui enim postmodum ( Gen. XLIX , 1 1 ) de illo qui mitteudus erat et qui exspectatio gentium futurus erat, id est de Christo, dixit : Lavabit
vino stolam suam , et sanguine uvœ pallium suum ; nescire poterat quali torculari ipsa uva premenda , vel ipsum vinum foret extorquendum? Igitur tanquam propbeta simul et patriarcha, quo modo verbis verum propbetare potuit , dicendo : Et iste quidem erit in populos et multiplicabitur , sed frater ejus junior major erit illo ; sic et manuum positione crucem Christi præfigurare scivit, per quam priori junior, id est judaico præferendus erat populus gentibs. »
(3) Cette forme de croix , qu’expriment les lettres grecques , x, Y, parait avoir été représentée dans les cérémonies judaïques; par exemple dans les ofictions, comme l'indiquent, outre le Talrnudj plusieurs docteurs juifs du premier rang. Cs. de Unctione... Hebrœorum. Iena, 1677, 4°, § 3. D’autres hommes habiles pensent de même que la croix , comme instrument de bénédiction et de substitution, n’était pas inconnue à la Synagogue. Schôttgen cite le Talmud et plusieurs rabbins , pour montrer que l’onction des pains azymes et celle des prêtres se faisaient en forme de croix de saint André ( X). Cs. Schôttg. Jésus der wahre Méssias. Leipz. 1748, p. 676.- Herm. Witsii Miscellanea sacra. Amsterd. 1695, p. 493.
D'après le Targum de Jonathan (Schôttg., ib.) , c'était les mains croisées , à peu près comme Jacob , que le grand prêtre chargeait des iniquités du peuple, le bouc émissaire substitué à la nation.
W) Gen' '■ c ■’ "■ ,a- 0 Quumque tulisset eos Joseph de gremio patris , adoravit pronus in terram. »
PLANCHE PREMIÈRE
Jacob eût voulu également faire entendre qu’il s’agissait d’un fait hors de ligne, il ne se réclame point de la bénédiction reçue par lui aux derniers jours d’Isaac, mais immédiatement de Dieu lui-même (i).
Si Rupert, tout voisin qu’il est de l’époque où furent conçus les vitraux de Bourges, avait seul attribué cette signification à la bénédiction de Jacob, son témoignage ne ferait guère que donner une apparence spécieuse au sens important que nous paraît avoir ce médaillon. Il resterait à prouver d’ailleurs que sa doctrine eût pu dicter également les émaux publiés par M. du Sommerard. Car, bien que l’époque (xic siècle) assignée à ce monument par la légende de Y Album des arts au moyen âge, nous paraisse un peu reculée, rien ne nous autorise non plus à le faire entrer absolument, pour le temps et pour l’espace, dans la sphère d’activité de l’abbé de Deutz(2). Mais nous n’en sommes pas réduits à ce peu de documents. On verra qu’il s’agit ici de la doctrine du moyen âge en corps, et non pas d’un enseignement isolé. Aussi avons-nous retrouvé ce sujet dans la verrière de Chartres {El. I. A. n° 23).
Bérengose, qui précédait Rupert de plusieurs années, expose les mêmes pensées d'une manière plus explicite encore. Pour lui, tout, jusqu’aux noms des enfants de Joseph, couvre une signification prophétique (3). Il ne fait, du reste, que répéter un enseignement bien antérieur, que nous rencontrons au Xe siècle, ou à la fin du ix% dans deux passages de Remi d’Auxerre (4)- Manassé, quoique aîné, est mis au second rang dans la bénédiction paternelle. Or, son nom signifie oubli, tandis qu’Éphraïm veut dire fécondité. Par là, dit l’écrivain, est figuré le peuple choisi de préférence pour dépositaire de la Loi dans l’antiquité, mais qui oubliera son maître et méconnaîtra les promesses dont il avait été enrichi. Les nations, au contraire, d’abord ensevelies dans les ténèbres, deviendront le peuple de Dieu, grâce à la croix de Jésus-Christ. Alors le nombre des enfants que donnera au ciel la fécondité de l’Église, suppléera avantageusement à la défection de la Synagogue.
17. En remontant par Raban Maur et le vénérable Bède jusqu’à saint Isidore de Séville, qui forme le point de passage entre les Pères de l’Église et les docteurs du moyen âge, si nous cherchons dans les écrits de ce dernier l’interprétation mystique de la bénédiction d’Éphraïm, nous sommes conduits à un résultat qui mérite d’être signalé. C’est que saint Isidore, ce manuel des études encyclopédiques jusqu’au xiiic siècle, a été plus d’une fois transcrit à la lettre par plusieurs écrivains, sans que des éditeurs habiles y aient fait attention (5). Rien n’empêche donc que nous franchissions tout d’un coup l’espace qui sépare Remi d’Auxerre, du grand docteur de l’Église d’Espagne sous les Gobts ( vu0 siècle ). Les paroles de celui-ci, toutefois, au sujet du fait qui nous occupe, n’ont d’importance que pour avoir dicté aux siècles suivants ce que lui-même avait puisé plus haut. Il suffira par conséquent d’avoir rapporté ses expressions en note (6); et de faire remarquer seulement que, comme la légende du médaillon de
(1) Gen. I. c. , y. 3. « Et ingresso ad se ait : Deus omnipotens apparuit mihi in Luza, quæ est in terra Chanaan. Benedixitque mihi , etc. » Rupert ( 1. c. , c. XXII ) fait remarquer ces paroles que le patriarche profère avant tout.
(2) Rupert était Belge, et le pied de croix publié par'M. du Sommerard vient de Saint-Bertin ; mais nous n’avons garde de reconstruire l’histoire d’un monument sur d’aussi faibles données. Il faudrait, en outre, savoir si cette croix, possédée en dernier lieu par l’abbaye de Saint-Bertin, était d’origine flamande. Et, bien que nous la jugions d’un travail latin , nous n’en saurions dire autre chose , sinon quelle nous parait avoir été exécutée en Occident au XII' siècle , et hors de l’Italie.
(3) Berengosius, de Mysterio ligni dominici, et de luce. . . per quant antiqui Patres olim meruerunt illustrari. Cs. Maxima biblioth. veterum PP., Lugd., t. XII, p. 368. Mais il est visible, pour remonter immédiatement à la source , que Bérengose amplifie tout simplement un mot de saint Augustin [Confess. , lib. X, 34), en y mêlant une pensée déjà exprimée par saint Ambroise, et répétée par saint Isidore.
(4) Remigius Autissiodorensis , In Genesim ; ap. D. Pez, Thésaurus anecdotorum , t. IV, P. I, p. m. «Me [Jacob) alflatus spiritu prophetico prævidens quæ ventura erant, posuit dexteram super caput junioris Epbraim , sinistram vero super caput Manasse qui major natu erat, manibus in modum crucis in transversum commutatis : quia ilium videbat multiplicaudum , et Jéroboam regem ex tribu Ephraim futurum.
« Mystice, per hos duos filios Joseph, duo populi signantur. Per Manassen, qui oblivio interpretatur, accipitur judaicus populus, qui oblitus est Del creatoris sui (Is. LI. i3). Per Ephraim, qui/m
gifer vel fœcunditas interpretatur, gentilis populus liguratur ; qui , credendo in Cliristum, fidei et bonorum operum fructum Domino obtulit, et spirituali fœcunditate multiplicatus est. Hic, licet posterior Dei cognitionem perceperit , constilutus est tamen ante Manassen; quia quam gratiam habuerunt Judæi, et sacramenta scripturarum atque omnem dignitatem divinæ legis, Judæis reprobatis accepit.» — Id. in Psalmos. Cs. Maxima Bibl. vet. PP. , XVI, 1 192. «Quum Jacob caligassent oculi. . . Jacob autem prophetico spiritu videns quia primi erunt novissimi, et novissimi primi , varicatis manibus dédit benedictionem, dexteram ponens super Ephraim. Sic Abel junior fratri suo prælatus est, Isaac Ismaeli, Jacob Esau, David majoribus fratribus cunclis prælatus est. In quibus omnibus significatur quia judaico populo præferendus erat christianus. »
Ce n’est pas que Remi d’Auxerre doive être censé avoir imaginé ou exprimé le premier l’interprétation prophétique des noms d’Ephraïm et de Manassé. On trouve cette idée dans saint Ambroise, comme je l’indiquais précédemment. Cs. de Benediclionibus Patriarcharum, cap. 1, It. In psalm. CXVIII, octonar. 14.
(5) Raban Maur, In Genes., lib. IV, cap. 1 3 , et Bède, Quœstiones super Genesim ( Recapitulatio), empruntent tous deux à saint Isidore un assez long passage ( In Genes. , cap. XXXI ). Et comme saint Isidore lui-même y calquait saint Paulin , ces emprunts ainsi compliqués, pourraient donner lieu à des méprises assez bizarres. L’histoire littéraire des écrivains ecclésiastiques, étudiée de ce point de vue, amènerait des résultats qui ne seraient point sans intérêt.
(6) Saint Isidor., In Genesim, XXXI. «Dehinc Joseph festinans accipere benedictionem patris, duos fllios obtulit Manassen et Ephraim; in quibus sicut factum est in Esau et Jacob, dicente
22 VITRAUX DE BOURGES
Bourges (rosKOH mn. H, » rappelle, à propos des fils de Joseph, la substitution pareille qui avait
interverti l’ordre de la naissance entre les fils d’Isaac. , . , v1i„nr r’est
Mais, arrivés à ce point, on nous permettra de constater un fait littéraire de ' que, n'importe par quelle voie, le moyen âge est plein des Pères de lEgl.se. S. b, en qu q fi en reproduit des tev.es entiers sans indiquer aucunement à quel fonds .1 les emprunte. Nous au rons l’occasion d’en montrer plus d’un exemple; l’unique conséquence que nous pretendtons en tuer actuellement, est que, si l’on prétend conserver quelque respect aux Pères de 1 Eglise, r au se g de taxer trop légèrement certaines interprétations de l’Écriture qu’on trouverait accréditées a cette époque. Le recours aux sources primitives ferait voir peut-être que le style seul est nouve » pas même toujours. Engelstoft et autres ont été plus décisifs lorsqu’ils ont reproché à saint Jérome d’avoir judaisé dans sa manière d’interpréter l’Écriture (t), et dévoyé ainsi dès l’origine 1 étude des livres saints. Ceux qui reculeraient devant l’idée de croire que l’Esprit Saint ait laissé dériver Ilg ise dès les premiers sècles, pour n’en prendre la direction que de leur temps en pareille matière; ceux-là, dis-je, feront bien de ne point se prononcer a priori contre toute explication des faits bibliques qui ne cadrerait point avec les conceptions du xviif siècle ou du xix1. L’examen du vitrail que nous étudions en ce moment pourra servir à confirmer cet énoncé.
Saint Paulin de Noie (iv' siècle), chez qui l’on peut reconnaître une des sources du dépouillement exécuté par saint Isidore, voit également dans la bénédiction d’Éphraïm, la vocation des Gentils (Nations) à la foi, et leur substitution au peuple unique qui professait la vraie doctrine dans 1 ancien monde. Au-dessus de tout cela, plane à ses regards la croix du Fils de Dieu (2), qui devait présider à cette création du monde nouveau, et qui s’annonça dans le fait prophétique, par les mains croisées du patriarche. J’ai laissé de côté le nom de saint Jérôme (3), pour arriver immédiatement au iv° siècle; et, avant de passer outre, je me contenterai de nommer Tertullien(4). Car l’un et l’autre reproduisent les mêmes vues; et il suffira de les avoir indiqués, si l’on tient peu à connaître leurs propres paroles. Mais je ne saurais rappeler aussi brièvement la doctrine de saint Augustin, dont l’influence a été puissante sur le moyen âge. Pour le sujet actuel en particulier, il peut d’autant plus sûrement nous servir de guide, qu’un de ses textes à cet égard (5) a été reproduit mot pour mot dans le commentaire sur
Domino : Major serviet minori, ita et in istis duobus filiis Joseph. Nam major Manasses , qui interpretatur oblivio , typum gessit Judæorum qui obliti sunt Deum suum qui fecit eos. (Is. loc. cit.)
«Minor autem, christianorum , qui fœcunditatem sonat; quod est proprium populi junioris qui corpus est Christi, qui fœcundatus est in latitudine mundi. Hos quidem quum benedieere vellet Jacob, posuit Joseph Ephraim ad sinistram, Manassen autem ad ■ dexteram illius constituit.
<1 Àt ille, cancellatis manibus crucis mysterium præfigurans, translata in minorem dextera, majori sinistram figuraliter superposuit. Sicque crucis similitudo super capita eorum denotata , Judæis scandalum , Christianis futuram gloriam præsignavit ; senioremque per crucis mysterium , sinistrum factum de dextro , et juniorem dextrum de sinistro : quia Judæis in nostra deserta labentibus , nos illorum gloriam adepti sumus.
« Talique sacramento , majori populo Judæorum præpositus est minor populus gentium. Unde et idem patriarcha ait : Hic quidem erit in populum , sed hic exaltabitur. »
Id. AUegoriœ S. Scripturœ, 47, 48 (ed: cit., V, ia5). «Manasses prioris populi figuram gestavit. Ephraim autem, gentium; qui per benedictionem patriarchæ præpositus est majori populo Judæorum.»
(1) L. Engelstoft, Hieronymus stridonensis , interpres , criticus , exegeta, apologeta, historicus , doctor, monachus (Havniæ, 1797), sect. VI, § 27.
(a) Paulin. Nolan. (ed. Paris., i685, p. 148), Epist. a3 ad Severum. «... Sibi ergo habeant arrogantiam, sibi divitias, sibi nobilitatem et justitiam suam , qui Abraham patrem corpore magis quam spiritu gloriantur ; incircumcisi corde , et sola carne Judæi. Nobis et ad salutem et ad gloriam satis est Christus, et ipse crucifixus; qui nos de lapidibus in Abraham filios excitavit, illis contra de Abraham filiis in nostræ originis lapides obrigescentibus. Nobis Ephrem sinister, ad dexteram benedictus profieit; illos in Manasse qui, præsumptione senioris, avo dexter adstiterat , translata in caput sinistra crucis nfinisterio denotavit. Quia crux Judæis
scandalum , Christianis futura gloria , ilium esset sinistrum factura de dextero , et me dexterum de sinistro. Quia Judæis in nostra deserta labentibus , et nobis in illorum sata invadentibus ; sunt cœcitate quod fuimus , et sumus gratia quod fuerunt. »
(3) Hieronym. , in Jerem. , XXXI , 9 ( Quia factus sum Israeli pater, et Ephraim primogenitus meus est). « Ephraim in typo esse populi de gentibus congregati scriptura testatur. Fuit enim posterior filius Joseph, et surripuit primogenita Manasse qui natura primitivus erat. Sed in mysterio crucis, decussatis manibus, qui stabat ad sinistram Jacob dexteræ manus ejus suscepit benedictionem. Et qui steterat ad dexteram , sinistra benedictus , in secundum redactusestgradum. Et quo modo Jacob Esau , sic Ephraim Manasse rapuit primogenita. »
(4) Tertullien, de Baplismo , VIII. «... Dehinc manus imponitur, per benedictionem advocans etinvitans Spiritum sanctum... Sed ex hoc quoque de veteri sacramento quo nepotes suos in Joseph, Ephraim et Manassem, Jacob capitibus impositis et intermutatis manibus benedixerit; et quidem ita transversim obliquatis in se , ut Christum déformantes , jam tum portenderent benedictionem in Christo futuram ...»
(5) Augustin, de Civil. Dei , lib. XVI, c. 42. « Sicut...duo Isaac filii, Esau et Jacob, figuram præbuerunt duorum populorum in Judæis et Christianis ( quamvis quod ad carnis propaginem pertineat , nec Judæi venerintex semine Esau, sed Idumæi; nec Christianæ gentes de Jacob, sed potius Judæi : ad hoc enim tantum figura valuit, quod dictum est major serviet minori) : ita factum est etiam in duobus filiis Joseph. Nam major gessit typum Judæorum, Christianorum autem minor. Quos quum benediceret Jacob, manum dexteram ponens super minorem, quem habebat
ad sm.stram; sinistram super majorera, quemhabebat ad dexteram ■
grave v.sum est patri eorum, et admonuit patrem velut corrigens ejus errorem, et quisnam eorum esset major ostendens. At ille mutare manus nolu.t, sed dixit : Scio ,Jiü, seio. Et hic erit in populum, et hic exaltabitur; sed /rater ejus junior major Mo erit
PLANCHE PREMIÈRE. a3
la Genèse, qui porte le nom de saint Eucher (i). D’ailleurs, sa manière d’entendre le sens prophétique de ce trait est absolument la même que celle dont il a été fait mention pour plusieurs autres écrivains. L’unique différence est qu’il semble affectionner ce type tout particulièrement, et en varie le thème à diverses reprises(a). Saint Ambroise de même(3); mais ce serait entasser trop de formes d'une même idée que de citer ses expressions, puisque assez de preuves nous montrent cette interprétation établie dès lors dans l’Église.
Aussi bien la retrouvons-nous en possession dans l’Église grecque à cette même époque; et la brièveté même de saint Athanase quand il en parle (4) , annonce qu’il la tient pour reçue sans contestation. Tbéodoret (5) ne fait guère qu'y ajouter des exemples de substitutions pareilles, empruntés a l’Écriture; faisant remarquer que, dans l'ordre de la grâce, Dieu parait déroger communément au droit d’aînesse. Abel, dit-il, est préféré à Caïn; Sem mis au-dessus de Japhetb; Ismaël est écarté pour taire place à Isaac, Ésaü supplanté par Jacob; Joseph est élevé au-dessus de Juda et de Ruben; Éphraïm prend le pas sur Manassé; Aaron est effacé par Moïse, et David choisi préférablement à tous ses frères. Mais saint Cyrille d’Alexandrie s’étend comme à souhait sur ce point. Il le développe plus amplement qu’aucun autre; et, à vrai dire, nul ne rend compte plus à propos de la place d’honneur qu’occupe ici cette histoire prophétique. Elle est, selon lui, le véritable couronnement des prophéties antiques, parce qu’elle annonce le résultat même de la rédemption; et figure, comme en un résumé, ce que nous devons à Notre Seigneur(6). Rien, dit-il, ne nous vient que par Jésus-Christ; médiateur
et semen ejus erit in multitudinem gentium. Etiam hic duo dla promissa demonstrat. Nam ille in populum , iste in multitudinem gentium ; quid evidentius quam liis duabus promissionibus contineri populum Israëbtarum , orbemque terrarum in semine Abrahæ: ilium secundum carnem, istum secundum fidem?»
(i) Pseudo-Eucherius , Commentarii in Genesim, lib. III , 36. Cs. Maxima BibUoth. veterum PP. (Lugdun., Anisson) , t. VI , p. 934, sq.
(9.) Augustin, de Civil. Dei, lib. XVI, c. 37. — Id. In psalm. LXXV1I ° n° 9. — Id. Queest. in Genes., 166. — Id. Confession., lib. X , cap. 34. — Etc. , etc.
(3) Ambros. de Benedict. patriarcharum , cap. x, 11. — Id. in psalm. CX VIII, v- 109. — Etc.
(4) Athanas. Queest. ad Antiochum, 64- ÉpÜT. £8 . Ti? èv -nj ica- Xaiâ lEposrÛT euoev TEpüTO? tôv tûteov toû Çüoteoioû araupou;
Àteôx. Ô iax-tuê EÙXoyüv toù? Sûo ui où? toû Wvio, ÉvaXXâça? Ta? éauroù
1 (5) Theodoret. Queest. 109 in Genes. — Cs. S. Barnabœ Epistola, cap. i3, ap. Galland, tom. I,p. 1 33.
(6) Cyrill. alexandrin. Glaphyr. in Genes., lib. VI., De Josepho et filiis ipsius Ephraim et Mauasse (ed. Aubert, t. I, p. ao5).
Uâtra [aèv Soai? âya0ij xal TEâv Siip-op-a téXeiov àvtoQÉv ètm, xaTaêaïvov I» toû r.a.rphq tüv çürüv. OùSèv Sè slvai ç>t)|ai tüv OÛtü oetetüv xai iç-i)ç,rr jiÉveov ày a0üv, Ô [tvi SiàXpiaroû XEpSaivo|AEV. réyove yàp, or, al, (Aïtrt- TTK @joù y.al àv0pÜTEüv,xai Si’ aÙToû tt,v TEpoaayüyiiv iayfxo.- (aûv £v èvl TEVEÛ|AaTi TEpô? tov èv oùpavoî? na-ripa. x al 0s6v(Ephes. H, 18). ToiyâpToi y.ai Ëtpaaxsv • OùSeI? ipytrai TEpô? tôv r.arépa, ei ^ 81 èjAOû (Johann. XIV, 6). Èv aÛTÜ SÈ xal Si’ aÙToû TEâv TEXiîpü|Aa yâoiTo? xal y.XïipoSooicr XapOTpa. HXoûaio? yàp üv o0eÔ?, èrrroi/eucrE Si’^|Aâ?, îva TjfAEÎç TÎ) aÙToû izriayeîa 7eXoutt!<tü[aev, '/-ai ei? tïiv tüv àyiüv TEaTspuv àvaçoiTÜVTs? Sô£av, y.al T7j? aima? Sri (AâXiara TEpETEüSEarâTT,? èX-iSo? p.ETaXa;(EÏv ta£Ôt7ü|Aev. 01a Sè à-Xifiêi tôv km TOÛTOt? Xôyov Toi? lepoî? ypàp.p.aaiv évieIç tov tÿ|c Siavoia? itpfla.lp.hi, iyv. yàp üSe TEaX’.v ’ ÈyÉvETO 81 (A6Tà Tà piip-a Ta TaOTa, y.ai àvnyyélri t* tuai)? Sri 0 itaTvip aÙToû èvoyfeirai. Kai ôsvaXaëùv toù? Sûo uioù? aiiToû tôv MavaauT) «ai tôv É?pai|A, }XOe Tcpôç laxüê... «. t. X.
ÉTÉ0pa7iTo [aèv yàp à (Aaxâpio? tay.wë èv y4pei xaXü, «aTa to ysypap-pivov. ÉteeiSt, Sè tüv «aO’-qp-àç à.mHps.1 npa.yp.tirw , tiloyüi ir/.iieteto tov; êÇ loxriiy oî ÈTEEÎTtEp Êx p.T|Tpèç cùloytioîi ç ttjç A<7eve0 OuyaTpàç ÎEpÉûi; TOÜ IlETElfpïj ’ ïva JAYjTIÇ aÙTO'JÇ XaTa|AUO-âTTOlTO TÜV È' lapa il, ËxsuXov TE xai ô0veîov iyrÿ.ro to yévoç, rropâ; te xal oi«ovop.ixùç ô 0«ntfeu*ç tay.ùë aÙTÔv te tSv y.ai ÈTÉpou; uioùç eiaroipâTat SiààoxEiv ôti, Taî?
0Etaiî tizâii£ioç tji^ipoi;, ~âvTaç oixeioÛTai Toi)ç èi; aÙTûv yeyoïôrac/ ÙtpQi 1 yâp p. ai, fficii, à 0siç Èv Xavaàv, xai Sri itXewrav (aev saojAai >,ttoiv TtaTvip , xaTeupuv0-<it7OjAai SI xai eiç é0vyi xal (ruvayayàç è0vûv , àvaoavSSv ÈwflyyÉîtXETo. Év TauTtô Sr, ovv xai 0eSv ivaiK-flu TijAàv Tai; eiç àXi(0Eiav Sô^atç , xai oixeîou; r,ysîiï0ai SiSâoxEi tov? àyjçurrpiovTa? , (AfiXXoy
Se tov? i'i, aÛTÔiv àvaipûvTa?, xàv ei yrpSvacri ruyhi èx. |Ar;Tpô? àXXoyEvoO?.
Bpafcù SètŸ|? iaropîa? to ■ôây.o? ÊxëaivovTE?, éxeèvo o a.|AÉv ’ ovtw xai r,jAEÎ? oi Ëv raoTsi SESixaiup-Évoi yeyâva.p.ev Év XpyjTw 0eoû [aèv viol , twv S'e âyion oiy.îioi, (ASG’iTEvovTo? aÙToû, xal Si' ÉauTOÛ ovvSéovto? avTÛ te xal tü TcaTpi y.ai toi? tüv àyiuv '/.opoi?. KaOàüEp âpiXEi xal ioxrf.tp oîove'i [ÆTa|v xeîjaevo? , uioù? (AÈV éteoîei TOÜ iSîou “aTpô? tov ÉopaijA xal Mavaaoîj , ÈyypâoEoOai Sè y.ai aùrü tü xa.ra.Hyoi tmv marpiap yfiv. NOv yàp , çtiuIv, oi Sôo aou uioi oi ysvôjAE voi a 01 Év AlyiilETw è|ao£ siaiv, Éçpai(A xai Mavaaaü?, ü? Pouêsip. xai Sujaemv ËaovTai Ê(AOÎ (p.01?). Toutéotiv év n:po>- TOTÔXOt? ËOOVTai , (FJVTETÔ^OVTai Sè xai TOI? ÉV Ù'TEaX.of,. Hv (AÈV yàp -poiTÔtoxo? PovSe![a, û te a x 0 r, Sè TtaXiv è Sviaemv Ép[AT,vsÛETai. TEfÉvajAEv Sè Sià TüicTEm? oi iaya.ru TïpüTOi , xai Tf,v toû TtpuTOTéxou Sô?av 0 èi; èOvôv èxXrr pwaaTo Xaé?.TBTi(A7ivTOi Sè Si’ û-axo-l|V xal EÙTOÎ0Eiav, aÙTo? yàp a'jroi? (AE[AapTt5pYixsv ô Xpioro? ovToi XÉyiov' Aaô? ôv oùx Ëyvoiv èSouXeuité (AOl, El? âxo’ijv ÜTÎOU ÜTÎlixOUlTÉ (AOU. El yàp Xal yEyévajAEV ÉX [AT|TpO? ütmp ÊTEpoyBvov? Sià to éÇ è0vùv x:x),r,o0ai -rqv Éy.xXï)uiav, âXX' È^apy.ÉirEi p.eooÀaéoiv 0 É|A|Aavour|X, xal Éi? to mivâ'j'ai Si’ ÉavTov tw 0eü xai TtaTpi, xai toi? tüv âytoiv Éyypâ>J<ai xXrlpoi? , xai si? ri,i éxeivoi? üpÉ-ouaav So^av àvEVEfXEtv, xal Upov iQ[Aâ? àTOTTivai ysvo?. Â0p:i Sè ôte 01? Èi; àyâTEi)? rr,q T.îpi TÔV [Aaxàpiov Wôç El? iSiov? uioù? xaTaTarrEi toù? é? aÙToû. Hya- TE-?’(AE0a yàp xai %e£? év Xpiarü , xal èteeîtcep Si’ aùroù év Ttv*’J(AaTi yÉvvr,- (JIV yEyEVVr,[A50a TflV TEVEU|AaTlXT|V, à^lôXY|TETOl y£yOVa[AEV TW TEaTpi, XaOaTEEp Ëtp-qv âpTioi? , xal TOI? Tipô r,(AÜv àyioi? O’jvTETaytAEÜa.
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â'ioî, xaXsi TEpô? Ëvoinv, SijXov Sè ôti t->,v vor,Ti,v xal èv TEVEup-aTt. TÛ7eo? S' àv yèvoiTO xai piXa oapr,? çiXtijAa (aèv àyaTETi?, évüoem ? Sè TEEpiX’f,'^? ütoi TEEpiteXoxtI. ToiyâpToi xai ô ao^ÜTaTo? IlaOXo? ètekttéXXei XÉyüv toï? ei? Xpiarôv TEioTsutraaiv, ôtè (aèv ôti’ Nuvi SÈ oi teotè Ôvte? p-axpàv, èyEVTÎÔnTE èyyù? (Ephes.,II, i3),TEpo7xo|A'XovTo? StiXovôti toû Xpiaroù’ otê Sè au’ Nuvi Sè yvo'vTE? 0eôv, [AàXXov Sè yvaeOévrzq ùteo 0eoû (Gai. IV, 9). ÉicoiETsia? yàp à?ioi xai ÈTEiyivüaxEi [aôvou? ô 0eÔ? xai TEariip toù? TEVEUjAaTixiiv Ë^ovTa? oîXEiÔTViTa TEpô? TÔV uiôv, xai Tïiv Sià TEvsu|AaTO? àvayÉvvïiaiv ùte’ aÙTÜ te xal Si’ aÙToû TEXou-niaavTa?. KaOâTiep ApÂlsi xai év AiyÛTETü toù? tü aîjAaTi toû àp-voû xaTa^piopivou?, yvüpip-ou? èteoieît 0.... (Exod. XII , i3).
Eû0u(Ao? Sè Xiav ysyovü? ô taxlog tePÔ? tôv uiôv, toutëoti tôv tüoii?, itprr iSoù TOÜ T?p oitüte ou aou où» éute p-dO^v , xal iSoù ëSeiÇé
VITRAUX DE BOURGES
Til était de tous les trésors de la
la race sainte, l’entremise
entre la terre et le ciel, il nous a réconciliés avec son père, Biche qu i divinité, il s'es, fai, pauvre pour nous enrichir de ses mérites; e, d etrangers que nous Cous par l'idolâtrie de nos pères, il nous a donné en parage la gloire e, la foi des patriarches. Ainsi, en-
fants de Joseph, nés d’une mère étrangère, sont adoptés par Jacob, et comptés parmi Perçons l’écorce du simple récit, et nous nous y reconnaîtrons nous-mêmes : nous, que du Fils hien-aimé a fai, agréger au collège des élus. Bien plus, la foi a placé les derniers au premier rang, et la gloire des aînés est devenue leur partage. Plus de distinction d’ongme; 1 Eglise cmbrasse l'humanité tout entière, grâce à la médiation du Rédempteur; toute race produira des saints, et pourra compter des élus. Le père embrasse avec bonheur les rejetons d’une sève qu il avait crue tarie ( allusion à Joseph, dont la mort omit été annoncée à Jacob). De même il n’a pas tenu aux ennemis du Sauveur que le tombeau ne se fermât sur le maître de la vie. Mais libre du sépulcre, son Pere le voit avec une nouvelle complaisance; et, pour l’amour de lui, il adopte ceux que ce Fils bienaimé lui présente. Seulement, l’aîné qu’on lui offre au premier rang (car Jésus-Christ voulait avant tout le salut d'Israël, ainsi que Joseph prétendait donner la place de choix à Manassé), est rejeté pour avoir sévi contre l’oint du Seigneur; et le dernier venu prend le pas sur son frère. Aussi n est-ce point Moïse, ni les prophètes, qui nous ont fait ce que nous sommes; c’est Jésus-Christ seul, et la faveur du Père éternel en vue de lui.
J’analyse plutôt que je ne traduis; mais tout ce morceau semblerait fait pour traduire notre vitrail. Qui l’aura parcouru dans son entier, dira si tout ne s’y trouve pas expliqué. Cest après sa résurrection que Jésus-Christ, intercédant pour le monde, et demandant nos âmes à son Père, comme prix du sang qu il a versé, se trouve complètement représenté par Joseph amenant ses fils à Jacob. Là se tranche le sort du peuple qui osa se charger, lui et ses enfants, du sang innocent dont le juste Abel n’était que l’ombre.
En somme, on nous permettra de croire que nous avons acquis au sens de cette scène, et à celui même de sa place dans tout l’ensemble, quelque chose de plus qu’une forte probabilité. Laissons donc, arrivés à ce point, toute autre citation, et contentons-nous d’inscrire (i) en langage vulgaire cette
(loi 6 0eà; xai xè iricépf La trou. Ôoov (lèv yàp r,xev si; IouSaîou;, b itaxrip £<7Tsp'jjT«t toO yîoû. Oii)0évxe; yàp oti xâxoyo; £<r rai xaî; xoû âSou wiXat; , xai xoï; âXXoi; ôjloÛ xsîcrüxai vexpù;, Oavàxw xepigegX'iixatnv. ÀXX’ oùy. ivcSé/exo Davàxu TOpiëeëWjoOat xov xîj; Çuîj; àft/ffléi. OûxoQv âveSûù, xai t càXiv aûxôv 6 ~axvip xeSËaxa1. , xai xô èç aùxoû de juu £v aùxû ysvo; , StjXov Se Sxt xoù; TttaXE’Joavxaç , xô ËOvo; xô âyiov, xô fliàcrEXecov UpàxeujLa, xôv ei; itepiitoinGiv Xaôv (I Petr. II. 9). Ol; xai aôxô; b X pcaxô; êmyâvvuxa1., Xéyoïv ' iSoù £yô> y. ai xà itaiSia â (loi ëSmxev ô 0s 6; ( Geil. XLVin, 9). Kai •7cpoo,sxô|L'.Çe jlôv Îuotio xû Ttaxpl , ot St TEpOGEy.'jvo’jv. Eixa xoû (lsv Mavaorï) , 05 $v itpwxôxoxo;, êoxüxo; sic Seijcôv, xoû St vewxàxou Èjoat|L si; sûwvujLov, TrapaXXà'a; aùxot; xà; -/sîpaç IOyiksv b iaxùê , xai xôv (lèv ÊppâtjL xrj xfj; Sstj'.â; xexi|Liixev èmQfasi, Ssuxipstov St ïjSr, (ôtriisp rff.ou xôv Mava Gtrîj, yeipa 8où; aùxwxr|v sùûvufLov. OOxù) xs xÿjç si? aùxoù; eùXoyîa; âp/sxai. Ew8ûS£y(LS0a yàp ei; lûpoax'jvïixà; oî xs itpôxoi y.al (lsx' exetvou; Xaoi , icpooxo|LtÇôvxo»v •qjLÔiç où Moxréu;, où itpoç-rixûv, àpyéxepo; yàp si; awxvipiav 6 v6|lo;, àXX’ aùxoû xoû Yioû, Si’ aùxoû yàp, à; sçTjv, XT;V Tvpooayuyijv éajp JxafLev.
Kai ’fiv (Ltv aùxü tcoîeÔ; xr,; èç £9v(Sv âsyéXi); npoxàÇai xôv lapaïjX. Ei; Ssçtàv yàp Ëtrm xôv Mavaatrij xoû itaxpô; b Îmot-o. ÉiîsiSti St repa Xôyou Ss- SutreeSiixaGiv si; aùxov, itpoxexijLTjxev ô iwrijp xoù; sv j^pôvu SeuxÉpou;, xouxétro xà £0vt,, y.ai yeyôvaot (l'sv oi ëa^axo! itpâxoi, xai ot Ttpüxot ËG^axot. Hù^Synits St tay.wg xà (Lsipây.t a, 0sôv ovojLàÇuv xiv xpstpovxa y-al âyyeiov xiv puojLsvov aûxiv, xw 0sû y.ai Elaxpi ïuvâirrav ei; Æ-av xiv Ii6v 3; "y.ai Stà fwvü; x:poç-f|Xûv (LeyàX-ri; (3ouXîj; àyyeto; ôvojLàÇsxat. Oùy.oùv -àoa yàp'.; y.ai àiïàoT;; si; -qiLà; siàoyta; xai ÈTstxoupta; xpizo;, ysvotx’ âv où-/ Èxépu; Ttt-qv ôxt St' Ytoü Ttapà xoû Ilaxpi;. Kai yoûv b Osgtog'.o; IlaOXo;' Xàpt; û(Lîv xai stpvivvj, çVtv (Ephes. I, a), à-'o 0eoô y.ai icaxpè; vi(L(bv xai xupiou tïiooû Xptaxoû.
kayjzi.\ et ys (ltiv ô Sstntsoto; iwTqp xaxiictv ütnîep xoû vsou tierxepov xsQstjLsvov tStbv xiv -poixôxoxov. Eixa xoû (Lutrrr,ptou xyjv SûvaiLtv Stsoa^oev ô -xaxà,p , Xéytov ’ Kai oüxo; éoxat si; >aiv, xai oüxo; û^o)0ïiGsxaf à>,t i àSsiço; aùxoû 0 veûxspo; (lsîÇuv aùxoû soxat, xai xi oicsp pa aùxoû Ëaxat si; xr'XâjOoç È0vùv. Eixa |ls0' ëxspa’ Kai éOriXs, ÿrgri, xov Êçpat|L ËfLTtpoofls xoû MavaGaij. Ôoov (LSV yàp ï,xev et; xi Soxoûv xü Xpwjxtô , oùx âv à-oùtotle xtjc oixsta; Sô-v,; i iopaÿ,X. Kai yoûv Ëçaoxsv svapyü; ■ Oùx àTtsoxâVnv si jlti si; xà ispiêaxa xà àaoXoïXoxa otxou toparj a (Matth.,XV, 24)- ÈiîetSïi St TteTEtopoixat , y.axà xi yç-
ypa(L(Lsvov, xai xt,v xoû xatoûvxo; si; auxvipiav xàî|Gtv ossptugptÇoiv (LSfLËvr,xsv àueiSïj;, xéOstxat itpi; sùtivujLov, xô (leïov ë^ojv sv Sô^r,. Kai eùioyetxat (Ltv xai ù'ùoûxat xai aùxi; , ù; ëv ys xû gsoo)g(lsv&) (Lspst. Kai xoûxi iaxt xi xaxâ>st(L(La xaxà xï,v xoû irpo^xoD çwv^v (Isai.,X, 2 1 . — Rom., XI, 5.). Yxrspxstxat St tiav 0 èç sOvwv, xai si; tnjvaytoyà; Xaüv xaxsopùvsxat , xai (LsiÇuv Éoxi xoû iopaVit xvj xtûv TttGXS'jaàvxoïv àpLsxpo» "àriOût TtotoûjLSvo; xr,v ùicepo^v, x. x. X.
On peut voir encore ce que dit le même Père sur la substitution de Jacob à Ësaü {Ibid., p. g3) , ou de nouveau sur celle d'Epkraïm à Manassé {Ibid., p. ao3).
Quant aux docteurs grecs des siècles suivants, leur accord avec ceux que nous venons de citer n'aurait rien qui pût ni surprendre, ni enseigner quelque chose de nouveau. Cs. Joann. Damascen. Orthodoxœ fidei , lib. IV, c. 12. Gregentius(ap.Galland,XI,6o4), Disputatio cum Herbano judœo.
Contentons-nous d'ajouter, pour ceux qui pourraient trouver une singularité un peu forcée dans ces bras croisés pris pour signe prophétique de la croix, qu’au xm° siècle nous trouvons ce même signe employé par saint François avec une affection toute particulière, pour bénir ses disciples. Voici, entre autres, les paroles de saint Bonaventure racontant les derniers moments de ce grand homme ( Legenda S. Francisci, cap. XIV. De patientia ipsius et transitu mortis.) « Circumsedentibus omnibus fratribus, exlendit super eos manus, in modum crucis brachiis cancellatis , pro eo quod hoc signum semper amabat; et omnibus fratribus, tam præsentibus quam absentibus, in crucifiai virtute ac nomine benedixit.»
(1) Si j'ai déligné ailleur» ce médaillon comme épilogue, on ne saurait m'accuser de contradiction quand j'en tais ici le titre du vitrage. On comprendra aisément que l'épilogue ait pour but de donner le mot du drame, et de faire l'application définitive. De la sorte d peut faire la fonction de titre; rien en cela qui se contred.se; Ion ne saurait exclure l'autre. La scolastique dirait, pour nous absoudre, que la dernière chose dans t ordre Jexéauion est réellement la première dans tordre d'intention. Or nul ne récusera les dépos, lions de la scolastique dans l'analyse de, pensées du moyen âge. J 1
traduction du titre hiératique de notre page : substitution des gentils au peuple juif, par la croix; ou, si l’on veut, pour plus de brièveté : les nations admises a la nouvelle alliance. Qu’on se rappelle que pas un mot de nous n’a pu amener ce résultat, et qu’il était tout entier dans les témoignages dont nous avons uniquement dépouillé le scrutin. Malgré ce que semblerait autoriser désormais cette pensée dominante constatée une fois, nous prétendons continuer à nous interdire tout ce qui pourrait donner lieu de soupçonner une violence faite aux expressions du peintre. Nous recueillerons, sans plus, les dépositions des monuments écrits; et nous demanderons au lecteur lui-même s’il lui paraît que leurs témoignages se coupent les uns les autres.
§ 11. GRAND MÉDAILLON INFÉRIEUR (i), COMPARTIMENT CENTRAL. PORTEMENT DE CROIX.
iB. Reprenons l’ordre matériel que nous avions abandonné un instant pour trouver avant tout le véritable nom du vitrage, comme poëme théologique; on peut bien nous passer cette expression. Cela fait, il importe de s’assujettir à la marche tracée par l’intention originale, en suivant de bas en haut les partages successifs établis par les trois zones de sujets qui nous restent à expliquer.
Si, en présence d’un fait historique retracé sur la foi de l’Écriture, nous supposons quelque chose de plus dans la pensée de l’artiste, que le tableau même qu’il offre à nos regards; ce n’est point, encore une fois, un élément arbitraire que nous introduisions dans son œuvre. Nous traiterons ailleurs cette question d’une manière spéciale, et l’on verra que ce mysticisme dans l’art est précisément le caractère du moyen âge. Rappelons-le seulement par anticipation, pour qu’il ne tombe point dans l’esprit du lecteur de nous attribuer ces vues comme un système artificiel. Disons aussi que le mythe, sujet d’étude sérieuse, mais dont quelques malavisés ont fait une occupation d’oisifs depuis plusieurs années, est d’un tout autre ordre que ce qui nous doit occuper actuellement.
Aperçus au point de leur production, ou, si l’on veut, à leur époque sociale, le mythe revêt une idée avec des formes qu’il lui prête, pour la transformer en fait extérieur; tandis que le mysticisme (tel que nous avons à l’observer ici) revêt un fait accompli et extérieur, d’idées qui lui donnent une valeur plus qu’historique. Le mythe ensevelit l’objet idéal sous une configuration matérielle; tandis que le mysticisme appliqué aux faits suppose d’abord leur réalité comme constante, et les couronne ensuite d’une auréole lumineuse, empruntée au monde des esprits. L’un et l’autre, dans la société où ils se manifestent, annoncent un âge plus ou moins empreint de poésie (2); mais les développements de la raison seront inévitablement fatals au mythe, et pourront laisser sans atteinte le mysticisme dont il s’agit en ce moment. C’est que la critique ne peut trouver au fond du mythe qu’une idée dont elle résoudra l’enveloppe matérielle; tandis que dans l’agrandissement des faits opéré par le mysticisme, le fait et le rayonnement qu’on lui prête peuvent n’avoir rien à craindre de l’épreuve. L’âge mythologique ne peut être qu’une période d’enfance; au lieu que l’âge .mystique est une période de jeunesse. Or, l’enfance n’est dans la vie qu’une époque d’enveloppement qu’il importe de dépouiller tout entière, ses résultats seuls sont quelque chose. La jeunesse, au contraire, ne doit qu’être mûrie, mais non pas rejetée. Car celui dont l’âge mûr n’aurait rien de commun avec la jeunesse, et en réprouverait toutes les impulsions, ne serait point un homme complet, mais un être plus ou moins tronqué. Tel serait l’homme, telle la société, qui confondrait sous une même appréciation l’enthousiasme idéaliste du mysticisme et la naïveté plus ou moins poétique de la mythologie. Aussi, apprécies du point de vue philosophique et dans leur valeur intrinsèque, ces deux ordres d’idées se différencient bien nettement. L’un accuse des esprits pour qui l’idée est trop éblouissante : il lui faut des voiles qui la rendent supportable en l’obscurcissant. L’autre indique des âmes qui ont besoin d’une réalité plus haute encore
(1) A la base du vitrail, immédiatement au-dessus des petits médaillons occupés par la signature.
(2) Ce qui n’empêche pas qu’un espace immense ne les sépare. Autrement, mieux vaudrait dire que la vie prêtée par le poète aux objets insensibles le place à côté de l’enfant qui entretient sa poupée. Vico ( Principj di scienza nuova, 1744, Assioma XXXVII),
avait prévenu un aussi absurde parallèle. « Il più sublime lavoro « délia poesia, è aile cose insensate dar senso e passione; ed è pro- « prietà de' fanciulli di prender cose iuanimate tra maui,etras- « tullandosi favellarci corne se fossero quelle persone vive.
« Questa deguità ( assioma ) filologico-filosofica ne appruova che b gli uomini del mondo fanciullo,per natura f'urono sublimi poeti.»
VITRAUX DE BOURGES
que la simple histoire quelle qu’elle soit : au delà du fait humain, au delà meme d un acte ' r qui se manifeste dans le temps, elles aspirent à saisir la pensée éternelle qui règle tout, et les tâtions extérieures qui s’en reproduisent à divers points de la durée. On conviendra que les distances sont grandes entre ces conceptions, et que leurs sources même ne se touchent nullement. Qu il suffise de ces considérations générales à cette heure; plus tard, nous traiterons de la physionomie que piiicnt au moyen âge l’interprétation et l’exposition de l’Écriture, sous l’influence du mysticisme.
19. Le Fils de Dieu montant au Calvaire pour y accomplir la rédemption du monde, quoi de plus simple? dira quelqu’un; et pourquoi, dans un sujet aussi grave, chercher autre chose que le fait luimême? — Pourquoi? Parce qu’il s’agit d’interpréter un monument, et que les lois de sa production doivent être étudiées dans l’examen du sol où cette puissante végétation a plongé ses racines et puisé sa sève. Or, voici quels éléments stimulaient ou alimentaient son germe; quelle atmosphère avait préparé son évolution, et protégea son épanouissement.
Paschase Radbert(i), Bède(2), saint Isidore (3) et saint Léon (4), confondent souvent leurs paroles sur ce trait du Nouveau Testament : tant il y a d’accord entre eux pour la manière de l’envisager. Je ne parle pas de Raban Maur, contemporain de Radbert; parce que chez lui le docteur saxon est tellement calqué, si ce n’est transcrit, que le texte attribué à l’évêque de Mayence pourrait à peu près passer pour une variante (et à peine) d’un manuscrit de Bède(5). Pour tous ces écrivains, la qualité d’étranger que l’Évangile donne à Simon, en désignant sa patrie, fait ressortir comme prophétique la fonction qu’il remplit à cet instant. Jésus-Christ refuse les larmes des femmes de Jérusalem, et leur annonce les arrêts de la justice divine sur leurs enfants; tout ce qu’il accepte de soulagement, dans ce fatal trajet du prétoire au Golgotha, c’est de la part d’un homme né hors de la Judée. Ainsi, la mort du Fils de Dieu va peser de tout le poids d’un déicide sur le peuple jadis préféré à tous les autres, et les fruits de son sacrifice passeront presque exclusivement aux nations jusqu’alors infidèles.
Par delà le vc siècle, auquel appartient saint Léon, je ne connais plus que saint Jérôme, chez qui le symbolisme de ces circonstances ait été exposé. Mais il le fait avec une brièveté qui donnerait lieu de croire que cette exégèse n’était pas nouvelle(6). Et, dans le fait, saint Augustin, vers la même époque, nous rapporte (7) une prétention des Donatistes, qui voulaient autoriser leur schisme par ce fait prophétique. Simon, disaient-ils, était Africain; pourquoi nous reprocherait-on de renfermer l’Église dans les limites de l’Afrique? On peut voir comment le grand évêque d’Hippone répond à cette bizarre
(1) Pascli. Radbert. ( ixe siècle ), In Matth. lib. XII (Bibl. PP., t. XIV, p. 687). «...Homo iste (Simon) de Cyrene fuisse narratur.... Et ideo quia magnum in eo formatur sacramentum , ab evangelistis tant diligenter quis sit et unde sit commendatur. Erat enim ex gentibus; qui non forliiitu obviam veuit, sed, sicut sæpe dixi, ex providentia Dei : ut in eo jam moustraretur quod gentes crucem Christi portare deberent,ct comparticipes passionis ejus fieri. Indignus enim erat quilibet Judæus crucem Christi portare, quia fidei geutium erat concessum eam suscipere et post Jesuni ferre.. »
Après ces paroles, viennent des considérations ascétiques, où l'influence des écrits de saint Ambroise (lib. X, in Luc.) est saillante, jusque dans certaines expressions.
(2) Bed. In Lucatn, lib. VI ( ed. cit., t. V, p. 4g4). « Quia Simon iste non Hierosolymita sed Cyrenæus esse perhibetur.... recte per eum populi gentium désignante. Qui quondam peregrini et hospites testameutorum, nuuc obediendo fidei cives sunt et domestici Dei. Et, sicut alibi dicitur ( Ephes. II), hæredes quidem Dei, cohæredes autem Christi. Unde pulchre Simon obediens , Cyrene hœres interpretatur. Nec prætereundum quod Simon de villa venisse refertur. Villa enim græce nâyo; vocatur, a qua pagani 110men traliunt : eo quod a civitate Dei alieni, et quasi urban æ suit couversationis ignari. Sed de pago Simon egrediens, crucem portât post Jesum; quurn populos nationum, paganis ritibus derelietis, vestigia dominicæ passionis obedienter amplectitur, etc.»
Les étymologies hébraïques de ce passage pourraient avoir été suggérées parla lecture d'Origène, in Matth. (ed. Delarue, t. III p. 920. )
(3) Isidor. Allegoriœ s. Scripturœ , 246 (ed. Arevalo, V, i50), “ Simon Cyrenæus cui gestandain crucem imposueruut, gentium populus intelligitur; qui, peregrinus in lege, obediens efficitur evangebo : crucis ipse vector et fidei bajulus factus. »
ff. Ballerini , t. I, p. 227). « Euntibus autem cum Jesu turbis ad locum pœnæ, Simon quidam Cyrenæus inventus est in quem lignum crucis transfertur a Domino : ut etiam tali facto præsignaretur gentium fides, quibus crux Christi non confusio erat futur a sed glona. Non ergo fortuitum sed figuratum et mysticum luit ut, Judæis in Christum sævientibus , ad compaticndum ei peregrinus occurreret, dicente Aposlolo (Rom. VIH) -.Sicompatimur, et conregnabimus ; ut sacratissimo Salvatoris opprobrin non Hebræus quisqtmm nec Israélite, sed alicnigena subderetur. 1er hanc emm translationem , a circumcisione ad præputium, a (.las carnallbns ad filios spirituales, immaculati agni propi, iatio et omnium sacramentorum pleuitudo transibat. Si quidem Paseha no,,rum, « ait Apostolus (I Cor.Y ), immolai es, Chris, us : qui se novum et verum reconciliationis sacrificium offerens Patri non m templo cujus jam erat finit* reverentia, nec iutra senti civitatis ob meritnm sni sceleris dimendm, sed Fori. et entra castra ( llebr. XIII) crucifixus est; ut veterum victimarum cessante my sténo , nova hostia novo imponeretur altari , et crux Christi
“v mT T M,JNDI' ’ Saint Ambrois« disait (/„ psa m. CX VIII ) : «Non ad unum, non ad paucos, sed ad omnes tesLamentum suum scripsit Jésus. »
(5) Hraban. in Matth., Xih. VU. (Colon. i6a6, t. V, p. i53) .Q„„d
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• Nec fo tiit C°nP ' P" “ e™P™« à saint Leon :
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(6) Hieronym. In Matth. (cap. XXVII), lib. IV . 7u”mma’
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XXXIV t*1 D‘
justification alléguée par ces sectaires. L’unique point qui nous importe, est de constater 1 existence de cette interprétation mystique (même détournée d’une manière abusive) dès le IV* siecle.