VI. INSCRIPTION DU TII AU
25. Soit qu il s’agisse du signe marqué sur les fronts dans la vision d’Ézéchiel, comme le représentent es émaux de Saint-Bertin et les vieilles verrières de Saint-Denis (6); soit que, comme à Chartres et à Bourges, 0,1 inscrive cette lettre sur les portes avec le sang de l’agneau; il est aisé de reconnaître que la meme pensée a présidé au choix de ces sujets, et que leur symbolisme appartenait à un même ordre dulees extrêmement accréditées au moyen âge. Appelons-en d’abord à la déposition d’un grave écrivain presque contemporain de notre verrière. C’est Pierre le Vénérable, abbé de Cluny, qui fut le contemporain de saint Bernard sans être effacé par l’éclat d’un tel rival. Si nous lui empruntons un passage fort étendu c est que, digne d’être plus connu qu’il ne l’est généralement aujourd’hui, cet homme distingué a dû exercer une grande influence, et par ses talents et par sa position dans la société. L’opuscule, d’ailleurs qu, nous fournit cette citation, aura dû se répandre au loin, à cause du sujet qui l’avait dicté, puisqu il se propose pour but de réfuter la menaçante hérésie des Pétrobrusiens, dont les erreurs pullulaient alors en plusieurs contrées sous diverses dénominations de partis.
Dans le fragment que nous transcrivons, il prétend surtout revendiquer pour la croix de Jésus-Chris, I honneur que lu. refusaient les sectaires. Le signe que les Hébreux devaient tracer sur leurs portes avec le sang de la victime pascale lui parait si bien être une croix, qu’il s’appuie avant tout sur ce lait, quand ,1 en vient aux preuves d’autorité (7). Cette assurance d’un semblable théologien nous es,
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(1) Lactant. Dwinar. institut., lib. IV, c. 26. — Irenæi contra hœres. lib. IV, c. 10 {al. *3).— Tertullian. Adv. Marcion. , lib. IV, 40. — Etc.
(2) Hraban. , de Institution, clericor., lib. H, 39 (t. VI, 24).
(3) Bed. de Officiis , Ratio de Pascha (t. VII, 644).
Mais comme saint Isidore apparaît presque toujours au sommet de l’enseignement durant le moyen âge, il est bon d'indiquer le désaveu formel quil donne à cette étymologie grecque; Elymolog. , 1. VI, cap. XVII, 11 (t. 111,272). Et ceci suffira amplement à faire reconnaître qu'en rappelant, h l'occasion de la pâque, le mot , il était bien entendu qu’on prétendait seulement à une sorte de jeu d'esprit, et non à trancher un fait de linguis-
(4) Gregor. Naz. Or. 45 {al. 42 ) , In pascha, n° 10.
(5) Hieronym. In Isai., cap. 3i.
Sij ajoute à ces témoignages celui de saint Augustin, qui, du reste, le répète jusqu a satiété, c'est uniquement parce qu'il a été une des anciennes sources oit le moyen âge a puisé le plus fréquemment. Cs. August. in Pa.LXVIII, n° 2 ( t. IV, 689, 690 ).— ln Ps. CXX,
6 (Ib. i3y5). — Ad inquisition. Januarii , lib. II, epist. 55 n“ 2 (t. II, ! 28). -Etc.
(6) Il est fâcheux que, pour remédier en quelque chose aux brèches faites par le temps et la violeuce dans ce magnifique ensemble de l'abbaye de Saint-Denis, nous possédions si peu de documents véritablement anciens. On a bien annoncé que toutes les nouvelles restaurations avaient leur point de départ dans des notes antérieures à la dévastation de cette église; mais , pour ne parler que des vitraux, où a-t-on pris que saint Origène figurât dans les anciennes galeries P II nous parait douteux qu’en exposant ainsi ce personnage parmi les Pères de l’Église avec les signes de la sainteté, on ait suivi la prescription du concile de Trente, qui soumet ces représentations à la censure épiscopale. Conc. Tmm Sess. XXV. « Statuit sancta synodus nemini licere ullo in loco » vel in ecclesia , etnam quomodolibet exempta, ullam insolitam - ponere vel ponendam curare imaginera, nisi ab episcopo appro- « bata fùerit. » 1 1
Aussi n'en appellerons-nous qu'aux verrières de Saint-Denis qui sont incontestablement anciennes, et particulièrement à celles dont plusieurs médaillons ont été signalés dans le récit contemporain de l’administration de Suger. Cs. Ducbesne, Historiée Francorum scriptores , t. IV, p. 348.
(7) Peu-. Venerab. Contra Petrobrusian., Contra id quod dicunt: cruccm Dornini conculcandam esse (Max. biblioth. vet. PP. Lugdun. , t. XXII , p. io53 ). « . . . Veniat ergo auctoritas , succédai et ratio; et crucis lignum non jam contemptibile , sed gloriosum,
36 VITRAUX DE BOURGES
un éclatant tétnolgttage de l’op.rfior, aval, ptesc.lt à
manque pas d'y joindre la vision d’Éxéchiel, comme un dans quel-
types que lui fourni, la Bible, il reproduit 1 exégese allegortque 1“ J
ques-uns des paragraphes précédents, et préviendra en même temps plosreurs, de ? la croix,
à développer encore. Cette dernière lettre de falphabe, hébreu, du Ré-
annonce , dit-il , que la loi mosaïque dot. avoir sa consomma., on et son erme ^ la ^
dempteur. Marquée sur les portes avec le sang de l’agneau, pour écarter es p
nateur, et tracée sur les fronts des vrais fidèles pour les soustraire au glatve de b
elle montre l’unique voie qui puisse conduire les hommes à Dieu, et leur ménter la fa cm d-ne. ^
forme et son nom, presque invariables dans les trois grandes langues savantes, procla, , -
catholicis pariter et hæreticis declaret. Veniat igitur, prunus in canone, primus et in nostra oratione Moyses : signet agm sanguine iu modum crucis Hebræoruin ostia et superliminare domus, et utroque poste linito ingressum angeli percutientis prohibent... Rursus percutiat virga bis silicem, Judæo bis inclamante : Cruci fige; et exeant de percussa silice, hoc estcrucifixo Redemptore, aquæ largissimæ quæ totum mundum baptismate et doctrina abluant, et populum ac jumenta, salutaris scilicet verbo louga siti déficientes astutos pariter ac stultos reficiant. Colligat et vidua de Sarepta duo ligua, et aptet ea in crucem qua per ignem passionis panem vitæ decoquat; cui et oleum sancti Spiritus addat, quibus tamdiu sustentetur douée famelico præsentis vitæ tempori saturitas æterna succédât.
« Deliinc, in Ezechiele propheta, frontibus virorum gementium et dolentium super iniquitatibus, Thau littera imprimatur; ut, eo simio ab aliis disereti, mortem evadere possint. Inlelligatur hoc elementum prie omnibus liebræis litteris non frustra ad signandas frontes assuniptum : quum tali nota crux non jam præmonstretur sed exhibeatur; qua quicumque insigniti fuerint, a mundi interitu soli eruantur. Quibus jam communis interitus obesse non poterit, quos et damnata fletibus iniquitas , et divina per crucem subveniens pietas ab aliorum morte secernit.
Ista si vos, de bæresi ad judaismum transitum facientes, in alios intellcctus distorquere distortis sensibus volueritis ; respondete quæ nécessitas signari postes domorum agni sanguine, notari frontes hominum nota jam dicta coegerit? An non possent aliter vel illi angelum percussorem , vel isti gladium ultorem evadere ? Erraret forsitan cœlestis vindicta, nec inter Hebræos et Ægyptios, inter justos et peccatores discernere posset; nisi et illos r Ægyptios in ostiorum postibus legeret, et hos a damnatis impiis secer'nendos frons signata doceret ? Et quid est quod ibi tinctura sanguinis cunctis Ægyptiorum coloribus antefertur , quum sanguinis litura vix ad momentum aut colorem conservare, aut quid infecerit valeat demoustrare ? Quid est quod non solum superliminare, nec soli postes, sed et superliminare et postes signantur? Quid est quod et sanguine , ut dixi , signantur, et non nisi sanguine agni signantur ? Hæc quia superfluojussa vel facta, nec ebristianus audet dicere, nec judæus; aliquid præter quod tune videbatur ea prætendere, nec ebristianus negabit, ut arbitrer, nec judæus. Et, quia cum christiauis , licet malis , nunc mihi sermo est , et cum iis qui se maxime evangelio credere dicunt ; nihil credo congruentius ad hoc ænigma dissolvendum afferre poterunt quam agnum ilium e de quo Joannes-Baptista in evangelio : Ecce agnus Dei, et propheta : Sicut agnus coram tondente se obmutcscet et non aperiet os suum. Immolatum agnum ad vesperam, occisum Christum in fine sæculi. IJnde Apostolus : Pascha nustrum immolatus est Christus ; et unde David ( Ps. CXL ) : Elevatio manuum mearum, sacrificium vespertinurn. Sanguinem agni de quo Apostolus (Hebr. IX) : Sisanguis hircorum et taurorum inquinatos sanctificat , quanto magis sanguis Christi! Qui quoniam in ligno fusus est,ligni postes eo liti sunt. . . .
« Cur etiam littera ilia præ cæteris litteris vel notis omnium gentium, ad signandas frontes gementium et dolentium electa est? Dicat judæus, dicat hæreticus, si quid potest. Quumque vel tacuerint vel in commentis suis uterque defecerint , dicat catholicus prophetam volentem prædicare salvandos a communi interitu christianos signandos esse signo crucis, non potuisse apertius exprimere quam ipso signo crucis. Hoc non in qualibet corporis parte, sed in ipsa fronte depinxit ; ut neque de opprobrio Christi cum
Judæis erubeseamus, neque cum hæreticis crucem ejus, non jam contumeliæ sed honoris insigne, abjiciendam vel concremandam judicemus. Nam et hæc littera quæ Thau dicitur, formam crues 'habens, non tantum apud Hebræos, sed etiam apud Græcos, et nomen retinet. et figuram conservât. Et apud Græcos quidem quod ab initio habuerat nec nomen nec figuram mutavit. Apud Hebræos vero, licet formam mutaverit, vocabulum tamen liuc usque servavit. . . . Servabatur, teste beato Hieronymo harum linguarum doctissimo, forma hujus litteræ apud Samaritanos adhuc suo tempore, et forte adhuc vel apud ipsos vel apud quoslibet conservatur. Nam mutantibus Judæis litteras suas , gens ilia elementa quæ a Judæis acceperat mutare noluit , sed sicut ei primo tradita fuerant litterarum signa et nomina illibata servavit. . . .
« Militât ergo fidei nostræ, et non parum crucis gloriam hoc prophelicum elementum extollit; quod non ab Esdra. . .vel ab alio quolibet, sed ab ipso et maximo legislatore et scriptore Moyse inventum et traditura est. Nam de Christo, teste ipso Christo, Moyses scripsit. Unde, quia juxta beatum Apostolum (I Cor. X ) : Omnia in figura contingebant illis ; sicut totum corpus legis Christum sonabat, sic et istud elementum legis, Christi crucem prædicabat. Nec tantum prædicabat , sed et ipsa forma visibili legentiinii oculis ingerebat. Ingerebat, inquam, littera hæc forma sua legentiumoculis Christi crucem ; prædicabat etnomine suo Christi in cruce passionem. Nam, quum Thau lingua latina consummatio dicatur, nonne jam, hoc nomine suo, Christi vocem ultimam in cruce sonabat, qua dixit : Consummatum est? Nonne universa de Christo ante prædicta, per Christi crucem implenda et consummanda esse, hoc suo nomine testificata est ? Nonne, juxta Apostolum (Col. I, 20), quæ in cœlis et in terra sunt pacificanda esse per sanguinem Filii Dei, qui in cruce fusus est, hoc suo nomine apertisdemoustrabat? Illud quoque liuic intellectui servit, quod hæc littera nec prima, nec media, nec quolibet modo interposita , sed ultimo loco in litterarum hebraicarum ordine scribitur : ut formam crucis habens littera, dum finem præcedentibus litteris ponit, Christum sacramento mortis suæ quam in cruce passus est , prioribus sacramentis finem perficientem per crucem imposuisse declaret.
« Sic littera proplietica et cruci Christi ej usque passioni famulans, quum vel forma vel nomine Hebratos, Græcos , Latinos occupaverit, quid aliud quam per très principales linguas omnibus linguis et gentibus Christum per crucem principaturum signavit. ?... Quæ quum ita sint, quis non videat non solum non esse contemnendam , imo maxime honorandam crucem Domini ; quum ipse Spiritus Domini, qui locutus est per prophetas, tanto eam honore dignam judicaverit? Judicavit plane multo eam dignam honore quando tanto ante crucem tempore nec Hebræos ab angelo interfectore ,nec fientes justos ab impiorum interitu absque ejus signo salvavit. Judicavit multo eam dignam honore quum ejus simium non in abscondito vel obscure, sed in aperto et in lumine posuit; quando eo et ostia , ut dixi , domorum , et frontes hominum quæ magis se intuentium conspectibus offerunt , insignivit. Judicavit, per cruces ostiorum, totam sibi per crucem mundi domum cessuram. Ostendit, per cruces frontium, totum sibi hominemp er crucem vindicaturum , etc. » Si Ion compare ces expressions de Pierre le Vénérable à celles de saint Augustin Contre Fauste, 1. XII, 9.4, 2 5, 34 (t. VIII, 243, etc), on est frappé d’un air de parenté qui les rapproche sensiblement.
Cs. Hieronym. In Ezechiel. lib. III. Ormen ed t. III, 424.
mystère qui doit associer toutes les nations en une seule famille. C’est la croix qui viendra briser les barrières entre les peuples, et confondra en une seule société le Juif, le Grec et le Barbare. Cette croix, source de réconciliation et de gloire pour l’humanité tout entière, apparaît dès les temps de l’ancienne Loi dans les prophéties du peuple de Dieu, et jusque dans son alphabet primitif : comme si cette nation extraordinaire ne pouvait rien écrire sans tracer l’histoire du Messie. Ainsi, la croix est arborée dès l’origine comme réalisation des promesses, instrument de la pacification universelle, et condition du traité entre la terre et le ciel.
Sans prendre à tâche de reproduire dans notre langue toutes ses pensées, il sera bon d’en recueillir quelques traits abrégés. «Ouvrons les livres saints, et qu’on dise si la gloire de la croix ne s’y montre « pas à tous les yeux. Moïse s’y présente d’abord, que ce soit lui qui nous enseigne avant tous les « autres. Le voyez-vous tracer une croix de sang sur les portes de son peuple, pour en interdire l’entrée
« à l’ange de la colère? Sa verge frappe deux fois le rocher pour en faire jaillir la fontaine qui
« doit abreuver les Hébreux et leurs troupeaux; comme un jour le Sauveur crucifié, après un double « cri de mort, versera de son flanc le fleuve qui doit purifier le monde, et désaltérer à la fois les cœurs « du savant et du simple.
« Quand la veuve de Sarepta recueille ces deux morceaux de bois disposés en croix, qu’elle destine « au foyer où se préparera l’aliment qui doit prolonger ses jours durant la disette; reconnaissez-y « les feux de cet amour que Jésus nous montre dans sa Passion, et auquel nous devons le pain de vie « qui nous soutient parmi les misères du temps présent....
« Méconnaîtrez-vous le signe qu’Ézéchiel vit tracer sur les fronts de ceux qui devaient échapper
« seuls à la mort?... II ne se contente plus ici d’être prophète, il désigne l’instrument de notre salut.
«...Certes, que toutes ces choses aient eu lieu sans motif, qu’elles n’aient point eu quelque signifi- « cation prophétique; nul juif, je pense, nul chrétien, ne l’osera dire....
«Mais pourquoi cette lettre préférablement à toute autre? Que le juif l’explique, que l’hérétique le « dise, s’ils le peuvent. S’ils deviennent muets, s’ils se confondent dans leurs systèmes, le catholique leur « en montrera le sens... Etc., etc. »
Pierre le Vénérable semble avoir épuisé au xiic siècle, et rassemblé dans son discours, tout ce que le mysticisme chrétien avait lu de mystères dans ces faits bibliques. Aussi, n’aurons-nous à citer d’autres noms après le sien que pour dérouler rapidement la chaîne de la tradition dans les âges antérieurs, et la rattacher au temps des Pères. Il suffira donc d’en indiquer un certain nombre (i), en n’accordant quelque espace qu’à ceux qui insistent avec plus dé détail sur la vocation des gentils et le règne de l’Église substituée à la Synagogue. Tels sont saint Isidore (2) et saint Augustin (3), les seuls dont nous transcrirons les paroles.
(1) Cs. Innocent. III, Serra. I, in concil. generali Lateran. IV ( 1 5. 1 5) habitus. — Pasclias. Radb. , In lamentation. Jerem., lib. I,
§ Th au (Max. bibl. vet. PP. XIV, 773). — Berengos., de Mysterio ligni dominici ( Ibid. XII, 374). — Bed. Commentar. in ps. 118 (t. VIII, 1040). — Id. de Officiis, Ratio dePascha (t. VII, 644)-
Plusieurs docteurs se sont étendus sur les sens mystérieux que pouvait recouvrir la signification numérique du T. Cs. Ambros.
Prol., lib. I, de Fide ad Gratian., etc. — Clem. Alex. Strom., lib. VI.
— Augustin. Quœstion. in Judic. , lib. VU, qu. 1r] (t. III, P. I, p.6o5), etc. — Isidor. Allegor. S. Script, n" 76 (t.V, 1 29) . — Bed . In princip. Genes. (ap. Martène, Thésaurus, V, a52). — Remig. Autisiodor.
In Genes. XLVII1, 21 ( ap. D. Pe7., Thesaur., t. IV, P. I, p. 112).
— Etc. , etc.
(2) Isidor. Contra Judœos, lib. II, cap. 26 (t. VI, 109). «Crucis autem figura quæ fidelium frontesad tutelam salutis præsignat, per Ezecliielem propbelam legitur demonstrala . . . Intelligere ergo nos oportet liane sententiam. Tliau quippe littera speciem crucis demonstrat, cujus siguaculo prænotati sunt quicumque ab exitu hujus sæculi liberantur. Ejusdem typum prœfigurabat in Ægypto sanguis ille agni candidi et immaculati, quo imaginarie signantur postes corporis nostri; ut merito Ioquamur diceutes (Ps. IV, 7):
Signatum est super nos lumen vidtus lui, Domine.
« De hoc signo dicit Isaias (LXVI, 18) ex persona Domini :
Ecce venio ut congregem cum omnibus gentibus et linguis ; et renient et videbunt gloriam meam, et ponam in eis signum : utique crucis. Et alibi ( LV, i3 ) : Et erit , inquit, Dominus nominatus
in signum œternum quod non auferetur. Quod etiam et alibi (V, 26) idem propheta significare voluit, de Cliristo dicens : Et lembit signum in nationtibus. Ubi ostendit quod, elevato signo crucis , gentes ad eum veuirent atque crederent.
« Cujus sacræ crucis gloria ita est et in psalmis prædicta (Ps. XCV, 10) .Dicitein nationibus, Dominus regnavit aligno, etc., etc.»
(3) Augustin, de Catechizandis rudibus, cap. 20 (t. VI, 285). « Apertius autem Christi passio in illo populo figurata est quum jussi sunt ovem occidere et manducare , et de sanguine ejus postes suos signare. . .; cujus passionis et crucis signo in fronte hodie tamquam in poste signandus es, omnesque Cbristiani signantur. »
Saint Augustin revient fréquemment sur cette marque au front , comme signe du baptême et de la profession ouverte du christianisme. Cs. Serm. XXVII (al. de Verbis Apostoli, 20), de Versiculis psalrn. g5 , n° 6 (t. V, 1 45 )• — Serm. CVII ( al. de Tempore, 196; et de Diversis, 28); de Verbis emngelii Luc. XII, n" 7 (t. V, p. 552). — Serm.XXXII, in Ps. i43 (al. 20, de Diversis, etc.), cap. 1 2, i3(t. V, x63). — Serm. CLX, de Verbis Apost., I, Cor. 1 (t. V, 773 ). — Serm. CCCII, in Solemn. martyris Laurentii, I (t. V, 1227 ). — Etc. , etc.
Telle est également la pensée qu’expriment les Pères dont, les paroles ont été recueillies par Thomas Waldensis ( Doctrinale antiquitatum fidei catholicœ, Venise, 1757, t. II, p. 644 1 sq. ) lorsqu’il traite du baptême.
Innocent III, /. c. (SS. Concil., ed. Coleti, t. XIII, 919) développe
3g VITRAUX DE BOURGES.
Nous n'avons point à discuter si le thau dont parle Ézéchiel n'était pas peut-être un signe quelconque. Ce oui nous importe actuellement, c'est que le moyeu âge l’a constamment interprète par la lettre 1. Du reste, parmi les anciennes versions orientales, il en est qui pourraient se rendre explicitement par ces mots : Marques me croix( r). En sorte que la traduction adoptée par le moyen âge ne saurait être appelée ni nouvelle, ni téméraire. On s'en convaincra bien davantage encore, si l’on veut remonter jusqu aux eres des premiers siècles, qui ont plusieurs fois attribué la même signification à ce passage de I Ecriture, bainl Jérôme (2), par exemple, Lactance(3), Origène (4), Tertullien (5), etc. , s’étaient nettement prononces pour la figure cruciforme et la valeur mystérieuse de ce signe, que Scaliger prétendait remettre en question après une prescription de douze à treize siècles(6). Quoi quil en soit, le moyen âge n élevait pas le moindre doute à ce sujet; et dans les missels d’alors il n’est pas rare de rencontrer 1 initiale du Te (premières paroles du canon de la messe) prise pour une croix (7), sans que Ion s y donm
mêmu la nui nu fin run résumer le corps de Jésus-Christ.