‹ Monographie de la cathédrale de BourgesChapitre 25 sur 94 · X. L’ÉGLISE ÉTUDIÉE ISOLÉMENT · texte numérisé non relu

X. L’ÉGLISE ÉTUDIÉE ISOLÉMENT

34- La droite donnée à l’Église n’est pas une expression indifférente dans notre tableau. On peut se convaincre par une revue des anciens monuments que cette place est à peu près constamment réservée pour l’Église quand elle paraît près de la croix, pour la sainte Vierge, pour le bon larron, pour le soldat qui perce le côté de Notre-Seigneur, pour le soleil même, lorsqu’il est admis dans la représentation du Calvaire; tandis que la lune, le soldat qui présente l’éponge imbibée de vinaigre, le mauvais larron, la Synagogue, etc., ne manquent guère d’occuper la gauche durant les siècles vraiment préoccupés de tradition dans l’art. De même encore, la tête de Jésus-Christ expirant se penche sur l’épaule droite; et c’est aussi le côté droit qui est traversé par la lance (4). Que plusieurs de ces graves

(i) Durand., Ilationale divinor. officior. Lib. IY, Part. I. Rubric. de epistola. «Per prophetiam, quæ est de veteri Testamento, Synagoga quæ inelinata est et cecidit intelligitur. . . . Hinc etiam est quod Synagoga depingitur quasi fracta liasta vexilli. »

(a.) Mattli. XXVn, 25.

(3) Leon. M. Serm. LOT, de Passione Domini a (ed. cit., 1. 1, p. aoa ). » Adjicitur, ad confirmationem spei noslræ, totius attestatio creaturæ. Emittente spirilum Clmslo , omnia elementa tremuerunt : densis tenebris splendor solis obductus, extraordinariæ nocti subdidit diem; stabilitatem suam terra, profundis concussionibus labefactata, non tenuit; et petrarum firmitas, confracta soliditate dissiluit. Vélum templi, quo priorum mysteria non erant ulterius obumbranda, discissum est; et multorum sanctorum corporibus excitatis, ad præinuniendam resurrectionis fidem, mooumenta patuerunt. In vos ergo, Judæi, cœlum et terra seutentiam tulil; : vobis sol servitutem suam diemque subtraxit, vobis famulatum suum eleinentorum ordines deneganmt; et recedente a legibus suis iniuisterio creaturæ, vestra obcæcatio, vestra est significata confusio. Vobis enim dicentibus (Matth. XXVII) : Sangius ejus super nos et super fdios nostros; merito hoc retributum est, ut quod vestri generis impia perdidit portio, assequatur hoc fidelis gentium plenitudo.

« Nos ergo, dileclissimi , quibus Dominus noster Jésus Christus crucifixus, non scandalum neque stultitia, sed Dei virtus Deique sapientia est; nos, inquam, spiritale semen Abraliæ,non in proie servilutis gentti, sed in familia libertatis renati; pro quibus, in manu forti et brachio extento de oppressione ægyptiaeæ dominat.oms eductis, verus et immaculatus agnus immolatus est Christus ampleclamur.., etc.»

IA Serm. LIX, de Paaiione 8 (t I, aay, ,q.) . Exalta» igitur dilecüssimi, per crucem Chris», non ilia tantum species aspect» mentis occurrat pua, fuit i„ oculis impiomm; quitus per Mosen dietum est ( Deuteron. XXVm, 66 ) : Ht eril pendent v:,a tua

ante oculos tuos, et tiniebis die ac nocte, et non credes vitœ tuœ. Isti enim nihil in crucifixo Domino præter fac'mus suum cogitare potuerunt: habentes timorem non quo fides vera justificatur, sed quo conscientia iniqua torquetur. Noster vero intellectus, quem Spiritus veritatis illuminât, gloriam crucis cœlo terraque radiantes puro ac libero corde suscipiat; et interiore acie videat quale sit quod Dominus, quum de passionis suæ loqueretur instantia, dixit (Joann. XII, 23) : Fenîthora ut clarificetur Filius hominis, etc. . .

qua et tribunal Domini, et judidum mundi, et potestas est Crucïfisi. Traxisti enim, Domine, omnia (Joann. XII, 3a) ad te; et, quum expandisses tota die manus tuas ad populum non creden’tem et eontradi centrai tibi (Isai. LXV, a. — Koin. X, ai ), confitenda, majcstatis tnæ sensum lotos mundus accepit. Traxisti, Domine, omnia ad te; quoniam, scisso templi vélo, saneta sanctorum ab indignis pontiGcibus recesserunt i ut figura in veritatem, prophetia in mamfestationem, et Lex in Evangelium verteretur. Traxisti Domine, orna,, ad te, ut quod in uno Judaiæ templo obumbratis signifient, ombus agebatur, pleno apertoque sacramento universaruin ubique nabonum devotio eelebrarct. Hune etenim et ordo clanor Levitarum, et dignita» amplior seniorum, et sad-atior est unclio sacerdotum. Qu, a crux tua omnium Ions benediclionuin, omnium est causa gratiarum; per quam credentibus datnr virtus de u, irmitate, gloria de opprobrio, vit, de morte. Hune etiam, carnalmm sacrifie, orum varietate cessante, omnes différent», uosliarum ... corporis et sanguin» toi implet oblatio; quoniam tu es te, us agnus De, qu, tollis peccata mundi (Joann.I, ao), et la in te umversa perficis mysteria ut sicut unum est pro Omni netimasacrificinm,,!, unnm de Omni gente sit regnum ,

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prescriptions dans 1 art chrétien aient puisé leurs données aux sources de la tradition historique, je ne me propose point de le contester; Punique chose qui réclame actuellement notre attention, c’est que dans les points de ce programme qui sont empruntés à l’idéal (comme l 'Église et la Synagogue), le symbolisme a décidé les questions de préséance, comme il avait présidé à la désignation des rôles, ^uniformité des artistes annonce qu il existait une loi sur cet objet; l 'ordonnance traditionnelle nous étant connue par les monuments figurés, il nous reste à interroger les monuments écrits sur les motifs qui avaient dicté cette disposition. On reconnaîtra même çà et là que le mysticisme avait pénétré jusque dans les emprunts faits (ou que l’on croyait faire) à l’histoire; qu’il les enveloppait de son élément pour les idéaliser, pour relever encore leur réalité historique par une réalité plus sainte, s’il était possible, et plus céleste, celle des vues divines qui avaient réglé leur exécution terrestre.

La gauche et la droite, signe solennel dans les paroles du Verbe incarné, pour désigner le partage entre les réprouvés et les élus au dernier jour(i); cette expression, dis-je, ne pouvait manquer de se présenter aux esprits dans ces âges pleins de l’Écriture sainte, quand il s’agissait de donner à entendre un des grands objets de la prédestination divine. Saint Augustin montrait déjà le Calvaire préludant à la terrible division du jugement général (2); et saint Léon (3), qui nous faisait pressentir ce même aperçu, en développe ailleurs la pensée bien plus formellement.

Quant aux autres acceptions privilégiées que le moyen âge ou l’antiquité profane elle-même ont données a la droite, ce pourrait être 1 objet dune énumération curieuse, mais bien longue, et dont le lecteur nous dispensera volontiers (4). Il est assez reconnu, et cela suffit à notre interprétation, que la droite est généralement considérée comme le côté d’honneur, le rang de préférence, le signe de faveur spéciale. Ce qu’il importe de remarquer davantage, c’est qu’aujourd’hui encore, tandis que le symbolisme tient si peu de place dans nos civilisations de l’Occident, l’Église répète chaque jour dans sa liturgie ce même cérémonial, que constatent nos peintures du xni" siècle. Presque tous les vieux liturgistes de quelque portée s’accordent à voir dans les mouvements du prêtre à l’autel , la gauche du crucifix donnée à l’ancienne Loi et la droite à la nouvelle (5). Le côté gauche est le seul où se lisent des fragments considérables de l’Ancien Testament, et, pour l’Évangile on passe à la partie opposée de l’autel; comme pour distinguer ainsi le peuple auquel furent envoyés les prophètes, et les Nations

gagnerait peu aux indications verbales que nous pourrions lui donner. D’ailleurs, les Vitraux de Bourges, et surtout les planches d etude, renfermeront plusieurs faits de ce genre. Nous ferons en sorte, même, que tous ceux dont nous venons de parler soient représentés, chacun en particulier, d'après des peintures contemporaines. Ainsi, la lance et l'éponge, dans le vitrail de Beauvais (étude IV ); la sainte Vierge, dans ceux de Troyes (étude XUI), de Tours et du Mans (étude IV), etc.

(1) Matth. XXV, 33.

(2) Augustin. In Joann. (cap. 7). Tractat. XXXI (t. III, P. II, p. 5a5). «Et ipsa crux, si attendas, tribunal fuit : in medio enim judice constituto, unus latro, qui eredidit, liberatus; aller, qui insulta vit, dainnatus est. Jarn significabat quod facturus est de vivis et mortuis, alios positurus ad dexteram, alios ad sinistram; similis ille latro futuris ad sinistram, similis alter futuris ad dexteram. Judicabatur, et judicium minabatur. »

(3) Leon. M. Serin. LV (al. LIV), de Passione 4 (t. I, 208). «Jésus Christus Filius Dei cruci quam ipse gestarat affixus est; duobus latronibus, uno ad dexteram ipsius, alio ad sinistram, similiter crucifixis. Ut etiam in ipsa patibuli specie monstraretur ilia quæ in judicio ipsius omnium hominum est facienda discretio: quum et salvandorum figuram fides credentis Iatronis exprimeret, et damnandorum formam blaspliemantis impietas prænotaret. Passio igitur Christi salutis nostræ continet sacramentum; et de instrumente quod iniquitas Judæorum paravit ad pœnam, potentia Redemptoris gradurn nobis fecit ad gloriam. »

Cs. Id. 1. 1, 202. — Zachar.Chrysopolit.(Bibl. PP., XIX, 942). — Etc.

Nous ne sommes pas réduits à de simples conjectures, pour supposer au peintre-verrier de Bourges la pensée de rapprocher ainsi du mystère de la rédemption l’appareil du grand jour où la prédestination se consomme. L'expression formelle de cette idée se retrouve dans deux vitrages de la cathédrale de Tours et de celle du Mans, que nous plaçons parmi nos planches d étude (IV). Là, les mêmes tableaux, à peu près, qu'à Bourges sont couronnés par la représentation du jugement dernier.

(4) Cs. Passeri, Thésaurus gemmar. astrifer. II, 63, 64. — Ambros. in Ps. CXVIII, v. 109.— Hrabau. IV, 342.— Bed. VIII, 3og. — Gerhoh. (D. Pez; Thesaur. V, 335,382, etc.) — Honorius (Ibul., t. II , P. 1 , 289). — Etc., etc.

(5) Il ne faut point dissimuler pourtant que cette interprétation mystique ne parait pas obtenir l'assentiment du grand Innocent III ; mais il est aisé d'apercevoir que le symbolisme auquel il accorde la préférence peut facilement être ramené à quelque chose de semblable. Faisons remarquer aussi que les textes des anciens liturgistes désignent ordinairement la droite et la gauche de 1 autel, en adoptant le célébrant pour moyen d'orientation. Il faut donc prendre les expressions inverses si l'on s’oriente sur le crucifix, comme fait le langage liturgique, qui a prescrit depuis le xv° siècle, et comme le demande notre sujet en ce moment; ce qui n’empêclie pas que les désignations consacrées autrefois ne méritent d'être constatées, à cause des traces quelles ont laissées dans plusieurs faits qui leur ont survécu.

Innocent. III. de OJficio missat (Paris, i5i8, 4°). Lib. II, cap. 3o (al. 34), de Mutatione sacerdotis. . . «Sacerdos ad sinistram partent altaris accedens pronuntiat evangelium , siguificans quod Christus non venit vocare justos, sed peccatores (al. add. ad pcenitentiam) Per dexteram enim, justi; per sinistram, pecca-

tores intelliguntur (al. figurantur). Propter quod Dominus in judicio statuet quidem oves a dextris , hœdos autem a sinistris. Quidam tamen in hoc loco dixerunt quod ideo sacerdos in principio missæ consistit ad dexteram, quum autem pronuntiat evangelium, convertitur ad sinistram, et circa finem missæ iterum redit ad dexteram; quia circulus (al cultus) fidei primo fuit in populo Judæorum, deinde transivit ad gentes,et circa finem mundi iterum revertetur ad Judæos. . . »

Les paroles qui suivent et qui écartent cette allusion, s'appuient principalement sur ce que Notre-Seigneur ne prêcha point par lui-même aux nations, mais seulement aux Juifs. Cette cause d'exclusion semble avoir peu de poids, puisqu'à la messe solennelle c'est le diacre, et non pas le prêtre, qui lit l'Evangile.

VITRAUX DE BOURGES

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verrières exécutées à Saint-Denis (3) par ordre de Suger écarte même toute idée de ne s

peint l'alliance de Jésus-Chris. et de l’Eglise. Notre-Seigneur apparaît sans nulle trace de souffrances, mais revêtu et comme investi de l’Esprit saint; sa main gauche soulevé le voile de 1 ancienne O., don, il es, venu résoudre tout le mystère par son incarnation, et de la droite il couronne 1 Egl, se, seule dépositaire que la vérité divine reconnaîtra dès lors. Il lu. a remis, avec l’Evangile, la clef des Ecritures anciennes; et, avec le calice de son sang, la réalité qu’enfantaient péniblement les ombres de 1 antique alliance. On voit que c’est toujours la majestueuse allusion au solennel épithalame de 1 Eglise et de Jésus-Christ, tel que les saints Pères se sont plu à le lire dans le psaume XLIV, où la Reine prend place à la droite de son glorieux Époux. Sur cet hymne triomphal, il faudrait citer tout ce qu il inspire de noble et de grand à la pieuse hardiesse de saint Augustin; nous détacherons du moins de son commentaire les pensées de quelques fragments. Le divorce du ciel avec la Synagogue lui paraît écrit dans ce psaume en même temps que l’union de l’Église avec le Verbe incarné (4)-

Durand, dans son Rational (lib. IV, P. I. Rubric. de Mutatione sacerdotis ), copie d'abord Innocent III sans en rien dire; puis il ajoute ces vers, qui ne laissent pas d'être curieux :

irs allat'is dexlera, rnissæ nuque leoet; raediumque siuislra.

i , Gentiles læva figurai:

o Cœpil ab bis, defertur ad hos, refertur ad illos «Noslra fides ; et erunl onines in fine fideles.»

Dans le même ouvrage, il revient à plusieurs reprises sur ce symbolisme. Ib. Rubric. de Evangelio. — lb. Qualiter episcopus vel sacerdos. ... ad altare slare debeant. — Lib. I. Tit. de Ëcclesice dedicalione. Ce dernier passage renferme une contradiction bien saillante, lorsque l'auteur cherche une allusion aux Juifs, après r dit qu’il ne pouvait être question d’eux; mais ces bizarrene surprennent plus quand on a quelque pratique de son livre. Aussi, peut-on rarement avec lui se contenter d'un seul texte, si l'on prétend avoir sa pensée.

Hildebert. , Versus de mjrsterio missce ( Bibl. PP., XXI, i63).

Inde sinistrorsnm Domini

■ba leguntur,

Rejicienle fidem Indien, Transiit ad gentès ;

Ad Levant legilur; quia quo

adbuc.

discipulorum excusabilis pavor,nec (in?) diffidentiæ culpam apostolicus mœror inciderit; quando concurrentibus ad unum scelus Judæis Judæorumque principibus, superbus taurorum pinguium tumor et proterva vitulorum petulantia ( Ps. XXI, 1 3 ) sæviebat; quando, sub oculis ovium, pastoris justi sanguinem frementium bestiarum rabies expetebat; quando denique etiam ipse qui pati venerat, de nostræ naturæ communione dicebat (Matth. XXVI, 38) : Tristis est anima mea usque ad mortem. Nunc autem postquam per susceptionem uostræ infirmitatis, potentia est clarificata virtutis, nulla fidelium meestitudiue paSchalis est obscuranda solemuitas; nec cum tristitia nobis gestorum ordo recolendus est. quum ita Dominus usus sit malitia Judæorum ut de intentione facinoris, voluntas sit impleta miserentis.

«Si autem in exitu Israël deÆgypto, agni sanguis fuit restitutio libertatis, et sacratissima est facta festivitas quæ per hostiam pecudis iram averteret vastatoris; quanta populis Christian pienda sunt gaudia! Pro quibus Omnipotens Pater Filio s pepercit (Rom. VIII, 3a), sed pro nobis omnibus tradidit ilium : ut in occisione Cbristi Pasclia esset verum et singulare sacrificium; quo non ex dominatione Pharaonis unus populus, sed ex diaboli captivitate totus mundus eruitur.

«Hoc igitur illud est, dileclissimi, sacramentum cui ab initio omnia sunt famulata mysleria. Nunc sanguis justi Abel mortem summi pastoris eloquitur; et iu parricidio Judæorum Cain intérfector fratris agnoscitur. Nunc diluvium et Noe area manifestât quid sit renovationis in baptismo et quid salutis in ligno. Nunc Abraham, gentium pater, promissos acqiiirit hæredes; et i

Çs. Hoiior. Augustoduneus. Sacrarncntariurn , cap. 8a ( D. Pez, Thésaurus, t. II, P. I, p. 322'). — Etc.

( i ) Act. XX, à.8. « Ecclesiam Dei, quam acquisivit sanguine suo.» Cs. Eplies. V, a3; — 3a.

(a) Leon. M. Serai. LX (al. LVIII) de Passione Domini, 9 (t. I, •a3o). « Peracto igitur Salvatoris triumplio, et eonsummatis dispensationibus quas omnia veteris Testamenti eloquia nuntiarunt, lugeat carnalis Judæus, sed spiritalis gâudeat Chrislianus; et festivitas quæ illis conversa est in noctem, nobis coruscet in lucem ; quoniam crux Cbristi eadem est et credeutium gloria, et non credentium pœna. Quamvis enim persequentium furor niliil aliud iu Dominum majestatis operatus sit quam alrocem crudelitatem et immite supplieium, redemptis tamen hac Domini passione verior justiorque lætandi est ratio quam dolendi. Fuerit tune

mine ejus non germen 1

, sed fidei propago benedicitui.

Nunc, ad prænuntiatum festis omnibus festum, sacer novorum mensis enituit; ut in quo accepit mundus exordium, iu eodem haberct chrisliana creatura priucipium. »

(3) Élude VI.

(4) Augustin. In Ps. XLIV (IV,38o sq.) n“3. «. . .Sponsa Ecclesia ést, sponsus Christus. . . Assumpta est Ecclesia ex genere humauo, ut caput esset Ecclesiæ ipsa caio Verbo conjuncta, et cæteri credentes membra essent illius capitis. . .»

N° 7. « . . . . Diffusa est gratia in labiis tuis. Lex per Mojsen •si, gratia et veritas per Jesurn Christum facta est (Joann. 1,

17) Venit nobis cum verbo gratiæ, cum osculo gratiæ. Quid

ista gratia dulcius! Quo pertinet gratia ista ? Si severus judex veniret, nec afferret istam gratiam diffusam in labiis suis, quis de sainte aliquid speraret? Quis non sibi hoc timeret quod peccatori

Ce sont, dit-il, de tendres embrassements, c’est un amour impatient de s’épancher, que nous apporte celui dont la parole avait été si austère avec Moïse. Ah! si la sévère justice conduisait ses pas, si cette grâce de son visage ne nous montrait qu’il oublie sa qualité de juge, qui de nous conserverait quelque espoir! Mais dans ces traits, où se peint la tendresse, tout nous dit qu’il ne vient point exiger un compte rigoureux; il vient, au contraire, satisfaire pour nos dettes... Ce n’est plus une alliance de quelques siècles, c’est une dilection éternelle qui doit l’unir à nous.... Mais pourquoi ce glaive dont il arme sa ceinture? Lui-même nous l’a dit : C’est le glaive et non la paix que je suis venu apporter sur la terre. Je séparerai le fils de son père ; à la mère j’arracherai sa jille, et la bru sera enlevée à sa belle-mère. La famille dAdam a vu se réaliser cette parole. Satan, que nous avions adopté pour père, a perdu les droits que notre choix lui avait donnés. Les nations, que la Synagogue avait introduites dans l’alliance avec Dieu, ont quitté cette marâtre pour s’attacher à l’Époux divin : car tout ce que le mariage a de charges comme de douceurs, a sa réalité plus haute dans le mystère qui unit le Fils de Dieu à son

Église Quel chant nuptial! La voila cette fiancée, qui s’avance au milieu des joyeux cantiques. On

nous a fait remarquer l’Époux à sa royale démarche, à son port majestueux qui fixait tous les regards;

debebatur! Ille, veniens cum gratia, non exegit quod debebatur; solvit quod non debebat. Num enim non peccator debebat mortem? Aut vero tibi peccatori debebatur nisi supplicium? Débita

tua dimisit, et indebita sua cxsolvit. Magna gratia Propterea

tibi gratias agere licet; referre non licet, non enim potes. Quærebat ille (Ps. CXV, 12) quid retribueret, et dixit : Qui ci relribuam Domino pro omnibus quai relribuil mi/ii P Et invenit quasi aliquid, calicem salutaris accipiam et nomen Domini invocabo. Hoc illi rependis quia calicem salutaris accipis, et nomen Domini invocas...

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