VITRAUX
mentateurs extrêmement graves des temps modernes, je ne balance pas à dire que le moyen âge latin est bien plus disposé à repousser cette narration qu’à l’admettre; d’où il semble permis de conclure qu’en adoptant cette représentation on a bien plus songé à peindre un dogme qu’à retracer un fait. La valeur historique du tableau ne paraît pas avoir été exagérée, mais ce qui pouvait lui manquer par cet endroit aura paru suppléé par sa portée doctrinale. Quelles pensées, en effet, ne devait pas faire naître ce spectacle! Le cadavre d’Adam retrouvant la vie quand le sang du Fils de Dieu vient à pleuvoir sur sa tombe : c’est, en une expression vive et touchante, le résumé de tout ce qu’ont dit les Pères sur l’efficacité du sacrifice de la croix, et particulièrement de ce que nous avons indiqué sur la délivrance du premier homme. C’est la puissance de cette rédemption, en vue de laquelle seule avait été enlevé à la perte éternelle tout ce qu’il y avait eu de justes dès l’origine du monde (i); et qui
n’est pas tellement le privilège du chrétien, quelle n’ait eu aussi son rejaillissement jusqu’au berceau
de l’humanité. C’est, dans la personne du premier homme, la vie garantie à tout homme qui voudra élever son cœur vers cette victime offerte pour tous (2). C’est le nouvel Adam, buvant la coupe
amère que le premier nous avait remplie, et lui versant la vie aux dépens de la sienne qui ne devait
phane durant son dernier voyage à la Terre sainte? Mais voici ce qu’écrivait sainte Paule:«Inhac urb e (Jérusalem), irnoin hoc tune loco et habitasse dicitur et mortuus esse Adam. Unde et locus in quo crucifixus est Dominus Rosier, Calvaria appellatur; scilicet quod ibi sit antiqui bominis Calvaria condita : ut secundus Adam, et sanguis Christi de cruce stillans, prirni Adam et jacentis protoplasti peccata dilueret; et tune sermo ille Apostoli (Epb. V, 14) compleretur : Excilare, qui dormis , et exsurge a mortuis, etc. »
Quoi qu’il en soit, on ne rencontrera guère d’affirmation bien prononcée à ce sujet parmi les auteurs influents du moyen âge, si ce n’est chez les écrivains beaucoup plus occupés d'édifier que d'instruire, et qui saisissent volontiers, sans grand examen, toute occasion d'ouvrir un point de vue à la piété. Peut-être que les croisades remirent en crédit cette opinion, à cause de la faveur dont elle jouissait parmi les chrétiens d’Orient. Cs. Aboulfaradj, ap. Pocock, Hisl. comp. dynast. (Oxf. i663), p. 10. Mais Albert le Grand (in Luc. XXIII; Opp. ed. Lugdun. i65i, t. X, 344, sq.) est tellement contraire à cette tradition , qu'il cherche à lui enlever l'appui de saint Ambroise.
(i) Leon. M .serm. LXVI(al. 6a) de Pass. D. i5. (t. I, a55, sq.). ■< . . . . Redemptio Salvatoris, destruens opus diaboli et rumpens vincula peccati, ita magnæ pietatis suæ disposuit sacramentum ut usque ad consummationem quidem mundi, præfinita generationum plenitudo decurreret, sed renovatio originis per justificationem indiscretæ fidei ad omnia rétro sæcula pertineret. Incarnatio quippe Verbi et occisio ac resurrectio Christi, universorum fidelium salus facta est; et sanguis unius justi hoc nobis donavil qui eum pro reconciliatione mundi credimus fusum, quod contulit palribus qui similiter crcdidere fundendum.
«Nibil ergo ab antiquis significationibus in christiana religione diversum est, nec unquam a præcedenlibus justis nisi in Domino Jesu Christo salvatio sperata est; dispensalionibus quidem, pro divinæ voluntatis ratione variatis; sed in idipsum coruscantibus et legis testimoniis, et prophetiæ oraculis, et oblatiouibus hostiarum : quia sic congruebat illos populos erudiri,ut quæ revelata non caperent, obumbrata susciperent. Etc. » — Id., serm. LII (al. 5o), de Pass. D. I, i (t. I, 198, 199). «Post illam namque bumanæ prævaricationis primam et universalem ruinam ex qua (Rom. V, 1 1) per itnum hominem peccatum inlroivit in hune mundum, et per peccatum mors, et ita in omnes homines pertransiit, in quo omnes peccaveru.nl ; nemo tetram diaboli dominationem, nemo vincula diræ captivitatis evaderet; nec cuiquam aut reconciliatio ad veniam aut reditus pateret ad vitam, nisi coæteruus et coæqualis Patri Deo Filius Dei, etiam bominis filius esse dignaretur, venions quœrere et salvare quod perierat (Luc. XIX, 10) : ut sicut per Adam mors (I Cor. XV, 22), ita per Dominum Jesum Chrislum esset resurrectio mortuorum. Non enim quia, sceundum inscrutabile propositum sapientiæ Dei, novissimis diebus Verbum caro factum est, ideo salutiferæ Virginis partus extremi tantummodo temporis generatiouibus profuit; et non se etiam in præteritas refudit ætates. Omnis prorsus antiquitas colentium Deum verum , omnis numerus apud sæcula priora sanctorum,in bac fide vixit et placuit. Et neque patriarchis, neque propbetis, neque cui-
quam omnino sanctorum, nisi in redemptione Domini Nostri Jesu Christi salus et justificatio fuit; quæ, sicut exspectabatur multis prophetarum oraculis signisque promissa , ita est etiam ipso munere atque opéré præsentata. *
U., serm. LXI1I, 2 (p. 244.)
On doit s'apercevoir que si je cite ces passages de saint Léon, c’est à cause de la majesté de ses paroles et non pour la singularité d’une pensée sur laquelle il ne pouvait y avoir deux avis dans l'Église. Cette extension du rachat, jusqu’aux deux extrémités du temps, de la création à la consommation des siècles, est un point de foi hors de toute atteinte; et la grande miniature de 1 ' H or tus deliciarum ( Elude IV ) l'expose avec une lucidité noble et bien simple à la fois, quand elle place sur le Calvaire, d’une part l’Eglise qui doit perpétuer le sacrifice de la croix jusqu'aux derniers jours, et de l'autre le père du genre humain qui n’est point soustrait aux bienfaisantes atteintes de cette réparation universelle.
Cs. Apoc. XIII, 8. — Heb. IX, 25 — 28; X, 1 — 14- — Etc.
(2) Lanfranc., in Coloss. I, 19, sq. « Complacuit. . .per eum (Christum) reconciliarc omnia : pacificans per sanguinem crucis cjus, sive quæ in terris , sive quæ in cœlis sunt. Qua hora sanguis redemptionis de latere Domini in cruce pendentis exivit, dimissum est peccatum Adæ humano generi, et pacificata sunt cœlestia et terrestria; quia tune patuit liominibus introitus in regnum cœlorum. »
Gloss., in IV Reg. XIII, 21. «Resurrectio cadaveris per contactum ossiura Helisæi significat quod quicumque firma fide tangit mortem Christi et spem suam veraciter in eo collocat, sine dubio particeps erit resurrectionis ejus. Unde ( Joann.XI, 25) : Ego sum resurrectio et vita. »
Cs. Hraban, in h. I. (t. III. i33). — Gloss, in Eccli. XLVIII, 14. — Pseudo-Augustin., de Symbol., i5 (t. VT, 563 ).
Saint Irénée(libr.III, cap. XXIII, 2; p. 220, sq.), saint Épiphane(/.e.) et Origène(/.c/£.) insistent tout particulièrement sur la convenance du salut d’Adam, pour que l'œuvre de la rédemption ne se trouvât pas avoir quelque chose d'incomplet; et il est visible que la même pensée dirigeait Eusèbe et Glycas lorsqu’ils écrivaient les paroles que nous avons rapportées au sujet du pélican (n°*52, 53; p. 99, 100, 102). C’est pourquoi, je le répète afin d’être bien compris, le symbole du pélican ne convient qu'au Calvaire et à l'autel, mais non pas précisément au tabernacle : l’Eucharistie ne pouvant être figurée dans cet emblème que comme sacrifice, et non pas comme sacrement, si ce n’est d'une manière fort indirecte. Aussi, c’est bien de la sorte qu’on l’entendait encore à Bourges à une époque plus rapprochée de nous, lorsque Barthélemi Aneau (ap. la Thaumassière, p. io5 — 108), décrivant l’église métropolitaine de Saint- Etienne, parle d’un énorme pélican de bronze doré, qui dominait la tour de l’horloge.
« Arcis in excelso positus slat vertice nidus Ad Pliœbi radios aurato ex ære refulgens;
Fuueslo pius in nido recubare videtur Pclecanus avis : proprio quæ sanguine vitam Restituit pultis, transfigens peclora rostro.
Myslica pbo nobis christi hobientis imago. »
PLANCHE SIXIÈME, LE BON SAMARITAIN. sog
nen a la tombe. C’est, enfin, l’indulgence et la rigueur qui viennent l’une au-devant de l’autre; la peme et le pardon qui s’embrassent sur le Golgotha(i) : l’innocence s’est offerte aux coups de la justice, pour que le coupable se relevât avec tous les droits de la sainteté.
118. I.a tête de mort que l’on trouve plusieurs fois sous les pieds du Crucifix (2) n’a pas d’autre sens. C’est, ou la tête d’Adam lui-même(3), ou la mort vaincue par celui qui l’a voulu souffrir sans être soumis à sa loi, pour triompher d’elle en notre nom (4). Je ne parle pas du serpent, qui se rencontre plutôt dans les oeuvres de la ciselure et de la gravure que dans celles de la peinture sur verre. Mais pour ceux qui aimeraient les singularités, voici un aperçu curieux sur l’explication des faits qui viennent d’arrêter nos regards. Nous avons vu qu’on s’y réclamait généralement des traditions hébraïques, et quelques accessoires nous ramèneront encore vers cette même origine(5). Dès maintenant, ne pourrait-on pas, à l’aide de cette source, donner une interprétation plausible aux formes que revêtait le tombeau d’Adam sous la main des verriers de Beauvais et de Chartres(6)? Là ce n’est plus un squelette décharné qui gît immobile, comme dans la miniature d’Hohenbourg, c’est un cadavre qui s’anime et se relève pour tendre une coupe vers la croix. Il ne parait pas improbable que ce soit un emprunt fait aux enseignements rabbiniques. Les docteurs, même modernes, de la Synagogue ne pouvaient manquer d’attirer l’attention des écrivains ecclésiastiques, en considération de la doctrine dont ils avaient été les dépositaires privilégiés avant Notre-Seigneur, et dont ils ont dû conserver des
(1) F>. LXXXIV, n.
Leon. M. serm. LXIV (al. 61), de Pass. D. XIII , 2 (p. 248, 249).
« Reparationem humani generis proprie Filii persona sus-
cepit; ut, quoniam ipse est per quem omnia facta sunt, et sine quo factum est nihil (Joann. I, 3) quique plasmatum de limo terræ hominem flatu vitæ rationalis animavit, idem naturam nostram ab æteruitatis arce dejectam amissæ reslitueret dignitati; et cujus erat coudilor, esset etiam reformator : sic eoncilium suuin dirigens in effectum, ut ad doininationem diaholi destruendam magis uteretur justitia rationis quam potestate virtutis. Quia ergo primi hominis universa posteritas uno simul vulnere sauciata corruerat, nec ulla sanctorum mérita conditionem poterant illatæ mortis evincere; venil e ccelo medicus singularis multis sæpe significationibus nuntiatus et prophetica diu pollicitatione promissus : qui manens in forma Dei, et nibil propriæ majestatis amittens, in carnis nostræ animæque natura sine contagione antiquæ prævaricationis oriretur. Solus enim beatæ Virginis natus est filius absque delicto : non extraneus ab liominum genere, sed alienus a crimine, in quo illius ad imaginem et similitudinem Dei conditi, et perfecta esset innocentia etvera natura; quum de Adæ propagine unus existeret in quo diabolus quod suuin diceret non haberel. Qui, dum in eum sævit quem sub peccati lege non tenuit,jus impiæ dominationis amisit. »
Gregor. M., Moral., libr. III, cap. i5 (t. I, 89). «... Mediator etenim noster puniri pro semetipso non debuit, qui nullum culpæ contagium perpetravit. Sed si ipse indebitam non susciperet, nunquam nos a débita morte liberaret. Pater ergo, quum justus sit, justum puniens omnia juste disponit; quia per hoc cuncta justificat, quod eum qui sine peccato est pro peccatoribus damnât : ut eo electa omnia ad culmen justitiæ surgerent, quo is qui
est super omnia, damna injustitiæ nostræ sustineret Rubigo
quippe vitii purgari non potuit nisi igné tormenti. Venit itaque sine vitio, qui se subjiceret sponte tormento; ut débita nostræ iniquitati supplicia, eo reos suos juste amitterent, quo hune a semetipsis liberum injuste tenuissent.»
Petr. Blesens., Instr.ful. cathol. (Bibl. PP. XXIV, 117a, 1173). u . . . Reatus quem Adam, per superbiam, ligni delectatione contraxerat, mortis amaritudine per humilitatem Chrisli sublatus est; fusoque sanguine sine culpa, omnium culparum chirographa sunt deleta. Alium siquidem redemptiouis moduni poterat Dominus procurasse, sed nullus suæ benignitati nostræque saluti congruentior occurrebat. Quum enim liomo juxta suæ prævaricationis exigentiam captus a diabolo teneretur, postulabat justitia ut non eriperetur per violentiam : sed qui per superbiam lapsus est, sua si posset, sed quia sua non poterat, aliéna saltem humilitate resurgeret. Ita Christus innocens, quem agnus paschalis in Lege sio-naverat, se pro nobis hostiam obtulit salutarem. Etc. » °Rupert., de Divin, offic., libr. VI, c. 36. «Gratias misericordi Dei justitiæ, et justæ Dei misericordiæ qui sic adversatus est ut
subveniret, sic percussit ut sanaret; et juxta illud Psalmistæ ( loc . cit.) : Misericordia et veritas obviaverunt sibi, justitia et pax osculatœ sunt; sic veritatem et justitiam adversus culpam exercuit,ut misericordiam et pacem reservaret liomini. Nam quia satisfactionem pro culpa non nisi Deus perficere poterat, Deus homo factus est; quatenus unus idemque Christus ut verus Deus ab homine exigeret, et ut verus homo persolveret. »
Cs. Augustin., de Trinit., libr. XIII, cap. i3, 14 (t. VIII, g38 — 940). — Anselm., Cur Deus homo, libr. II, cap. 18 — 20; et Médit. XI, de Redempt. (p. q5, sq.; 221 — 223). — Etc.
(2) ÊtudeX II.fig.D.
(3) Calvaria ou Calvanee locus, tôt.o<; y.paviou , nbaSj , Golgotha en syriaque. Albert le Grand ( l . cit.), tout en blâmant les peintres ses contemporains, nous apprend que leur intention était bien de représenter le crâne d’Adam par cette tête de mort qu’ils plaçaient sous la croix.
(4) Osee XIII, 14.— I Cor. XV, 55.
Præfat. pasch.« . . . Qui mortein nostram, moriendo, destruxit; et vitam, resurgendo, reparavit. »
Pierre le Vénérable ( Rhythm ., Bibl. PP. XXII, 1 128), ce digne représentant du grand corps de Cluny dans toute sa virilité, réunit à ces souvenirs celui des deux arbres du péché et de l’expiation; puis, ce que d’autres 11e font qu'indiquer rapidement, il oppose au poison qu'Éve nous avait versé, la coupe salutaire que le sang de Jésus-Christ offre à l'homme pécheur.
«Per lignum vt Sumpsil intei'itum Nostra mortalités; patibulo
Ligni pat.
issa di
« Fructus comediti Quo vita perditur,
De mortis arbore; Songtus eflunditur, Qui fide sumitur,
De Cliristi corpore.
Mundus redimitur, Sanguinis pretio; Huic mortein intulit, Sed vitam contulit Nobis bæc potio.
« Gaude, morlalitas, Redit æteruitas Qua reparaberis; Quidquid de funere
« Dat certitudinem Vita per hominem Et Dcum reddita; Quam in se perlulit, Ac tibi contulit Morte deposila
« Quod in principio Pravo consilio Perverse voluit,
Nunc per justitiam.
Non per superbiam Adam obtinuit.
Etc.»
(5) Nous aurions pu le faire remarquer déjà au sujet de la représentation du sein d Abraham dans le tableau du jugement dernier (PI. IIIe), mais le chapitre IXe nous en fera retrouver l'occasion.
(6) Étude IV, fig. C; etc. Cs. n“ 45 ( p. 82).
io5
VITRAUX DE BOURGES
traces importantes dans l’état où Dieu les a laissés tomber depuis l’établissement de l’Église. Car Dieu, qui n’a jamais abandonné le monde à la pâle lueur d’un simple texte, n’a pu manquer de confier aux maîtres de l’ancien peuple quelque chose de plus qu’une lettre morte; et l’enseignement oral développait sans aucun doute, avec l’autorité d’une mission divine, les paroles sacrées de la Loi et des prophètes. Même après le rejet de ces docteurs qui confessèrent la venue du Messie, et acceptèrent le poids de son sang(i),le ministère singulier de cette nation extraordinaire exigeait que la Providence laissât entre ses mains un flambeau assez éclatant pour servir de fanal aux cœurs droits (2). Ainsi, le mélange des pensées humaines, la mauvaise foi même, qui auront altéré l’ancien dépôt des promesses depuis la mort de Jésus-Christ et la dispersion définitive des Juifs, n’empêchent point la Synagogue moderne de posséder bien des lumières empruntées à l’ancien foyer. Aussi voyons-nous des auteurs chrétiens très-graves s’appuyer plusieurs fois des assertions de Philon ou de Josèphe, entre autres; et, contenues dans une certaine mesure, ces recherches peuvent amener des résultats importants. Au siècle dé Raymond Martin et de Nicolas de Lire, on ne doit pas être surpris de rencontrer quelques traces d’études sur les livres rabbiniques; d’autant qu’à cette même époque nous voyons le Talmud traduit et brûlé publiquement à Paris (3). Or, les rabbins enseignent qu’Adam doit être justifié et délivré par le Messie, qui rendra ce qu’avait fait perdre le péché du premier homme (4); et, outre que le Messie est évidemment désigné dans plusieurs endroits de l’Écriture où il est question de vigne et de vin (5), les docteurs juifs parlent fréquemment du grand festin que ce libérateur d’Israël doit donner à son peuple (6) dans le paradis, et où le vin précieux ne doit pas être épargné. Là doit paraître la coupe de David (7) : souvenir altéré, sans doute, des prophéties qui annonçaient le sacrifice et le banquet eucharistique (8).
119. Si je n’avais ajourné indéfiniment l’analyse des formes employées par l’art du moyen âge dans la représentation de la Passion, je pourrais indiquer également la possibilité d’une allusion rabbinique dans cette pragmatique constante qui fait placer le soleil à droite de la croix et la lune à gauche (9). Que ceux qui viendront après nous ne se croient point traversés dans leurs recherches par les développements que nous avons accordés à nos peintures. Nous leur laissons sur ces mêmes matières une belle part encore pour l’exploitation à venir. Outre les représentations diverses de ce cycle des deux Adam, que nous n'avons certes pas épuisées (10), il y aurait matière à d’intéressants détails sur les formes écrites qu’il a revêtues dans la littérature. On verrait la parabole du Samaritain se mêler à celle de l’Enfant prodigue pour accroître l’intérêt de la composition; des personnages allégoriques y figurer dans une sorte de drame ou de mystère, et le genre épique s’emparer de ces premiers essais pour les tourner en un roman où l’intention est souvent ce qu’il y a de mieux.
ARTICLE TROISIEME