‹ Monographie de la cathédrale de BourgesChapitre 69 sur 94 · PLANCHE DOUZIÈME, SAINT MARTIN · texte numérisé non relu

PLANCHE DOUZIÈME, SAINT MARTIN

C’est maintenant le tour de tout ce qui appartient à notre sujet dans le second groupe. La simple

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Dieu ne T- T ", SeC°"rir U" dB SCS Serviteure par le démon. L’homme de

Dteu ne rend a la ma, son du maître qu’après lui avoir fait promettre de se soumettre à l’Évangile s. le démoniaque est délivré, et il trouve ce malheureux s’efforçant de mordre tous ceux qui l’entoura,ent. Il pose, sans crainte, son doigt dans la bouche du forcené, disant à Satan : .Si ,u as quelque • pouvonç mors ceci. Au milieu de l’accès de rage, le frénétique se sent les mâchoires comme engourdiset le diable, cherchant à s’éloigner du saint évêque, prend dans sa fuite la voie qui convenait le mieux a ] esprit immonde (2). Le baptême du démoniaque et celui de Tetradius furent le fruit du prodige

le, pourra,, se placer le lépreux guéri par l’embrassement du sain, (troisième groupe) à la porte de Pans (3). Pu, s nous passerons à la messe de saint Martin (premier groupe, au bas de la verrière) Les bras nus du célébrant indiquent qu’il vient de se dépouiller pour revêtir un pauvre auquel son archidiacre tardait a faire l’aumône. C’était au moment de monter à l’autel, et le peuple attendait dans 1 église. Pressé par son archidiacre, homme dur et impatient, l’évêque répond qu’il attendra jusqu’à ce que le pauvre ait reçu le vêtement dont il a besoin. Il parlait de lui-même, ayant congédié le mendiant, auquel il venait de donner en cachette sa propre tunique; mais l’archidiacre, n’apercevant plus le solliciteur, et ne voyant en ceci qu’une réprimande, sort brusquement, s’en va acheter pour quelques pièces de monnaie une misérable tunique, courte et de l’étoffe la plus grossière, et la jette aux pieds de saint Martin. L’homme de Dieu, dont le manteau couvrait seul la nudité, s’enferme un instant, passe ce chétif vêtement qui atteignait a peine ses genoux et ses coudes, et se rend au sanctuaire pour célébrer l’office divin. Il s’efforcait de dissimuler cette demi-nudité, à l’aide des vêtements de dessus; mais pendant le saint sacrifice (soit à l’offertoire, soit à la consécration) ses bras mis à découvert trahirent sa charité. A ce moment, plusieurs aperçurent une lumière éclatante qui couronnait sa tête (4).

(i) Je raconterai cette histoire comme je suppose que l’artiste l’aura entendue , c’est-à-dire en réunissant sur un seul récit diverses circonstances de deux faits assez semblables, et qui se suivent d’ailleurs sans interruption dans les biographies de saint Martin. Cs. Sulp. Sever., cap. 17 (p. a3, sq.). — Paulin. Petrocor., libr. II (p. 3o4). — Y. Fortunat., libr. I(p. 4o3. sq.).

Pour orner l’histoire de Tetradius, qui se termine par le baptême, on aura bien pu imaginer de prêter à son serviteur des signes de possession un peu extraordinaires qui s’étaient réalisés dans la même ville et vers le même temps, quoique dans une autre maison.

(a) Sulpice Sévère est très-formel sur cette singulière délivrance, qui n’a pas plus effrayé le peintre qu’elle u’avait embarrassé les poètes. Voici les vers de Fortunat :

0 fie violet digitos, suspendit bellua rictus,

Et manibus tangi Limuit qui dente voraret.

Qui dum intra obsessuin pœnis ageretur acerbis,

Nec tamen ob digitos exire per ora licerct;

Fœda ministerii fœd us vestigia linquens,

Sordidus egrediltir qua sordibus est via (Insu.

Taie iter arreptura sic te decet ire, viator ! »

Dans cette scène, le saint devrait être nimbé de vert. La suppression de ce caractère ne doit point être portée à la charge du peintre verrier; elle n’est qu’un oubli du lithographe.

(3) Sulpic. Sever., cap. 18 (p. a5).

(4) Id. , Dial. II, cap. 1, 2 (p. 99, sq.). — Paulin. Petr., libr. V (p.309).

« Pergebat sanctus benedicti ad liniina templi Ut solita æterno Perret mysleria Cbristo.

Eccc aulcm tremulus glacial! frigore pauper Collidcns miseras nutanti verlice déniés,

Admotasque inanus malis pallenlibus aplatis,

Captabat tenuem flatu adspiranle teporem.

Protinus adstanti diacono, quem more priorum Antistes sanctæ custodem legerat arcæ,

Imperat ut Domini sumptu nummisque coemplam Aptaret properans algenti in corpore vestem.

o Ei’go bæc quie fieri voluit quasi facta rcliquit Exin sécréta’ peuetrans habitacula cellæ

perrup

Scd qiiid non pénétrent

Quod nec presbyleris pt Allegaus querulam dilato munerc causant.

Tum vero invasit lolum miseralio sensum Nec placuit rursum mandati adferre pericl Ampltibalo caput occuluit, tum teste rente Sublraxit flexus paulalint ad meinbra lace Collectant excutiens adelivi peclore vestem Nec paluil nudttm

lilo PauPe

« Int

nibus I

Esse monet diaconus convenlu in pleins agendis.

Ule ait : iniplenda est sancti doctrina prophète,

Prtecedat missam miseralio; gratior bæc est Hostia mandalum laciens ( I Reg., XV, a»), pritts obtege nudun Egresstts paulutn quæsitn paupere, rursum Suggerit absentem, nec largilione repertum.

I’rome, âge, sanctus ait, munus non deerit egeuis.

Tum vestem octava solidi vix parte coemplam,

Nodosis textam fa-toso vellere lilis,

Aute pedes sancti stomaclialus projicit ille.

« Amoto paitlum diacono preliosa coarctat,

Congaudens, propere tant vili tegmine membre.

Sic altare petens, et mnlto complior lieras Hoc liabitu; qualis régi post bella reverso Occurrit madidtts sudore et pulvere miles ,

Pulchrior hoc litulis quo membris tnrpior horrel.

Nec dubia

robavil

Perspicuo sttrsum porrecla alque édita tractu,

Ignifltio liquiduin perrumpens aéra sulco. »

Cs. Sulpic. Sev., Dialog. III, cap. 10 (p. 1 38). — Ven. Fortunat., de Vit. s. Mart., libr. III et IV (p. 433 — 435, 45g, sq.). La prose de Notker (ap. D. Pez, Thesaur., t. I, P. I , p. 36) en l’honneur de saint Martin mentionnait ce fait parmi les plus saillants de sa légende. 0 Hic midis tnysteria Bracbüs conliciens,

Præditus est cœlesli luuiiue . »

- xx.: ■ . ■ -

VITRAUX DE BOURGES

De ce médaillon, il faut porter nos regards au troisième groupe, où saint Martin ressuscite un enfant près de Chartres (1), à la vue d’une multitude de païens que ce miracle convertit au christianisme.

Les quatre scènes placées au haut du vitrail représentent les obsèques du saint évêque et son âme reçue dans le ciel par Jésus-Christ (2). L’archevêque (reconnaissable à son pallium), qui jette de l’eau bénite sur le corps, doit être saint Ambroise, dont la présence aux funérailles de saint Martin a été admise par plusieurs artistes du moyen âge (3). Le nimbe aura été oublié.

ARTICLE SECOND

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