série des prophètes
(4) N'ayant jamais rencontré de monument où l'Église tint un
'r T T/T*"*" *■ P°*“ Pem ™ *<!<■» que la pique Cou lance de l'étendard , de même qu'il employait ce meme mot tout a 1 heure pour indiquer la lance qui perça le côté
PLANCHE PREMIÈRE
Clucl roronc ot mu îrume 5c quoi fu roroncc ?
0c jonc marin , ï'epines forment Ije'riçone'e ,
ZcU corne fie fu à Jljcsucrist ÏJonée duant sa cljar fut à mort jior nos abanïionef.
dr ai îif sainte IJgltsc route en quelle manière die tint son rljalicc, rom îrame îiroiturière ;
Or nous îrirai 5e l’autre qui fu gonfanonière iltult lonr tens, mes or est brisic la banière.
duant ittovses estait 5cs 3u)>fs ronnestables,
£a sinagogue ert ïiamc, c'est ,i. mot véritables ; fïlcs lies or mes ne sont scs paroles estables :
Sa banière est brisie , quassées sont ses tables.
Ses tables sont quassées ,5ont aur 3uufs moult poisc. dtr. , etc.
Suit un dialogue dont la polémique est très-peu courtoise de part et d’autre, et dont le fond s’est reproduit souvent au moyen âge, mais sans ces formes dramatiques (i).
Dans une espèce d 'oratorio (mystère, Inclus paschalis), publié par D.Pez (2), et qui remonte pour le moins au XIIe siècle, l’Eglise marche escortée de la Miséricorde et de la Justice. La première, à droite, devait porter un vase d’huile; l’autre, à gauche, tenait la balance et le glaive. Quant à l’Église elle-même, on ne marque de son costume que la couronne et une cuirasse. A sa suite marchent, sur la droite, le Pape et le clergé; et du côté gauche, l’Empereur, accompagné d’hommes d’armes (3).
de Jésus-Christ. Cependant je n’oserais en répondre , attendu que plusieurs miniatures donnent réellement un estoc au soldat qui frappe Notre-Seigneur sur la croix.
(1) Le dialogue de Petrus Alfonsi, juif converti ( douzième siècle) , avec un de ses anciens coréligionnaires ( maxima Biblioth. veterum PP., Lugdun. , t. XXI , p. 173 sq.), n’en avait point donné le premier modèle. D’ailleurs , à part la forme d’entretien , ce dernier opuscule n’a rien qui sente la mise en scène ou l’allégorie. Il faudrait remonter au moins jusqu’à saint Justin, pour déterminer un exemple illustre qui ait pu donner l’impulsion à cette forme de polémique. Cs. Galland , Bibliotheca veterum Patrum , t. I. Mais le moyeu âge en avait des modèles bien plus à sa portée, et beaucoup mieux adaptés à son goût pour les légendes. Il possédait, par exemple, cette conférence entre le pape saint Sylvestre et les docteurs juifs , tenue (je ne le garantis point) en présence de sainte Hélène; et cette altercation de V Eglise et de la Synagogue, où les interlocuteurs sont Paul et Gamaliel ; pour ne rien dire de cette autre attribuée à saint Augustin , et rejetée par les bénédictins dans X Appendice du tome VIII, p. 19.
(2) Thésaurus anccdotorum novissimus (Augsbourg) t. II, P. ni, p. 187, sq. Ludus paschalis de adventu et interitu Antichristi. Je cherche en vain à me rappeler dans quel ouvrage récent j’ai vu citer ce drame comme prêtant au pape le rôle de l'Antéchrist. Cette découverte me parut d’autant plus singulière que j’avais lu précédemment la pièce sans rien y soupçonner de semblable. Je me mis donc à la parcourir de nouveau, et je dois avouer que cette seconde fois , si j’y ai vu quelque chose à cet égard , c’est l'impossibilité de prêter au dramaturge une pareille intention. Il serait curieux que dans un drame où l’on se propose évidemment, d’un bout à 1 autre, de faire ressortir la grandeur du trône impérial par l’assistance qu’il prête à l’Église, le chef de l'Église se trouvât représenté comme l’adversaire de Jésus-Christ. Toute la malice du bon auteur allemand est absorbée par la pensée de donner un rôle assez triste au roi de France. Encore est-il forcé de constater que de tout temps la France protesta contre les prétentions impériales des Germaniques. Qu’eut-il dit, s’il eût pu prévoir que nous finirions par abolir ce saint empire romain ! Mais enfin il fait de son mieux, en conduisant prisonnier aux pieds de l'Empereur le roi de France qui s’y déclare tributaire , et en le plaçant au nombre des vassaux les plus bénévoles de l'Antéchrist. C'est tout ce que j’y ai pu voir.
(3) L’étiquette seule de ce cérémonial aurait pu faire comprendre que le directeur de ce théâtre ecclésiastique n’était point d’un gibelinisme exorbitant. Il exprimait là tout simplement l’attitude de la société , et le programme des rôles dans la vie publique au moyen âge. Ce n’était pas , du reste , faire une si petite part à l'Empereur, que de le désigner comme Exécuteur des volontés divines dans le monde. Mais nous avons changé tout cela : car on a trouvé depuis que ce n'était pas assez. L'Empereur d’abord , puis tout autre prince , a été proclamé Organe des volontés divines ; une armée de publicistes s’est mise en campagne pour renverser le programme du Ludus paschalis. Mais, mieux qu'Athalie, le moine ou chanoine allemand, auteur de notre mise en scène, pourrait dire aujourd'hui de cette coalition :
« Quoi que son insolence ail osé publier,
« Le ciel même a pris soin de me justifier. »
De ce que la loi divine avait son organe dans les souverains qui concentraient ainsi les pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire en toute matière, il résultait naturellement que l'Église n'avait plus rien à faire dans les États , à moins que ce ne fût l'office de crieur public. Et c’est ce que réalisa, au seizième siècle, la majorité des princes germaniques. Et puis fiez-vous aux louanges que se décernent les nations dans leurs pièces de théâtre ( je n’en excepte pas plus la France que l'Allemagne) ! L'oratorio du douzième siècle supposait qu’il faudrait au moins trois manières de miracles , pour faire abandonner l’Église par ses compatriotes au temps de l’Antéchrist. Bon nombre d’entre eux n'ont pas attendu si tard , et n’ont pas été si exigeants. Mais enfin, c'était une théorie dont il fallait avoir raison. L 'Empire devenait tout , ou du moins se chargeait de tout; et toute autre action ecclésiastique avait fait son temps. Or, il se trouva que comme les déductions de ce système allaient grandissant (même dans les États catholiques), celui de qui relèvent les empires , l' Empereur qui règne toujours, fit connaître çà et là, mais surtout de notre temps, que ces conséquences n’étaient point sanctionnées à son tribunal.
Jean -Christophe Gatterer, prorecteur à l’université de Gœttingue, sur la fin du siècle dernier, prononçait, en 1782, un discours, à peu près inconnu aujourd’hui en France, et intitulé Memoria sœculi Hildebrandini. Cet estimable savant eut la faiblesse de se croire historien , parce qu'il était diplomatisle, chronologiste et professeur d'histoire ; et dans sa récitation inaugurale ,
VITRAUX DE BOURGES
PETIT MÉDAILLON A GAUCHE (DU SPECTATEUR).— MOÏSE FAISANT JAILLIR LEAU DU ROCHER ( )
8. Le peuple, qui manquait d'eau, se trouva pressé de la soif et murmura contre Moïse, disant : , C'était donc pour que la soif nous exterminât, nous, nos enfants et nos troupeaux, que tu nous as
< fait quitter l’Égypte! ..
« Moïse alors se plaignit au Seigneur, disant : Que puis-je pour ce peuple? encore un peu et il va me
* lapider.
« Et le Seigneur dit à Moïse : Mets-toi à la tête du peuple, fais-toi accompagner par des anciens « d’Israël, et, prenant en main la verge qui t’a servi à frapper le fleuve d Égypte, îendstoi au roc
d’Horeb.
«Pour moi, je serai là avec toi; tu frapperas le roc, et il en sortira de l’eau pour que le peuple boive.
«Moïse le fit, en présence des anciens, et appela ce lieu la Tentation, à cause de l’emportement « des Israélites qui avaient tenté le Seigneur, disant : Le Seigneur est-il, ou non, avec nous!
Ce trait ne se trouve point dans le vitrage de Chartres tel que nous Savons aujourd hui. Sur le pied de croix de Saint-Omer il est beaucoup plus développé qu’ici. Au lieu d’un seul témoin (un vieillard qui paraît représenter les anciens du peuple), on y voit, à droite du rocher (à gauche du spectateur), Aaron et Moïse; puis, de l’autre côté, sept personnages qui s’empressent de puiser à la nouvelle fontaine. Près d’eux, le peintre émailleur a même indiqué des animaux qui se désaltèrent en même temps(2).
A Chartres aussi bien qu a Bourges, dans la scène que nous exposerons tout à l’heure, le législateur des Israélites est représenté avec des cornes au front, tandis que la croix de Saint-Bertin, comme plusieurs miniatures anciennes, ne lui attribue point ce caractère singulier. C’en serait assez pour montrer que le moyen âge n’a pas été unanime en ce point. Nous l’apprendrions du reste suffisamment par une expression de saint Thomas (3), qui ne permet pas de regarder ce type comme admis au XIIIe siècle par la majorité des artistes. Quoi qu’il en soit, il est certain qu’il s’est maintenu longtemps parmi les Latins, avec cette différence que les uns prêtent à Moïse des cornes de taureau, et les autres des proéminences fortement marquées, qui sont moins des cornes que des tubercules. S’il est vrai, comme le dit Vasari, que les Juifs de Borne se rendaient par troupe aux pieds du Moïse de Michel-Ange, il
il choisit pour thème oratoire le voyage que Pie VI venait de faire à Vienne. Le morceau académique est plus curieux qu'on ne penserait d’abord ; et pour moi , si j’eusse existé en 1806 , j’en aurais fait faire alors une de ces réimpressions d'amateur qui n’ont pas toujours pareil mérite d a-propos. Le docteur de Gcettingue proclame l'abaissement de Pie VI comme une solennelle réparation des excès de Grégoire VII et d'innocent III ; le triste voyage de ce souverain pontife lui parait une amende honorable pour celui de l'Empereur Henri IV à Canossa. En considération de cette humiliation , il reconnaît volontiers que Pie VI est l’idole de l’Allemagne. Honnête Gatterer , que ne mourait-il quelques années plus tard ! il eût tout compris. H serait devenu témoin d’autres voyages propres à jeter du jour sur ce premier. Il eût vu , par exemple, un autre pape forcé (afin que nul n’y soupçonnât animosité) de consacrer un autre empire , et un successeur de Joseph II obligé d’abdiquer l’héritage de sa maison. Coup d’en haut d’autant plus irrécusable que le prince frappé en offrait moins de motifs personnels, et que l'instrument de la Providence était moins suspect de songer aux querelles de Dieu. Et pour qu'on ne s’y trompât point , c'est peut-être là le seul œuvre sérieux de Napoléon hors de France qui soit resté intact; bien qu’à la chute de cet homme extraordinaire, le moment et le lieu des traités fussent aussi favorables aux princes autrichiens qu’à nul autre, et qu'à part ce point seul, on ne saurait vraiment dire ce qui leur a manqué dans les compensations.
Mais pour en revenir au moyen âge et à notre auteur allemand, il parait avoir ignoré, si ce n’est méprisé, la prédiction attribuée par les uns à Alcuin, par les autres à Hraban (Cs. Augustini Opp. App., t. VI, 244 )• Elle aurait pu lui apprendre à douter de la durée de l'empire germanique jusqu'au temps de l’Antéchrist. Il y était dit que la monarchie française devait être considérée comme continuant réellement l'empire des Césars, et quelle serait, vers
les derniers temps, la grande personnification du pouvoir chrétien, aussi bien de fait que de droit. Je n'oblige personne à croire cette prédiction, je constate un fait littéraire.
(1) Exod. XVII, 1 — 7.
«... Castra metati sunt in Raphidim , ubi non erat aqua ad bibendum populo. Qui jurgatus contra Moysen, ait : Da nobis aquam ut bibamus. Quibus respondit Moyses : Quid jurgamini contra me? Cur tentatis Dominum? Sitivit ergo ibi populus præ aquæ penuria , et murmuravit contra Moysen, dicens : Cur fecisti nos exire de Ægypto, ut occideres nos, et liberos nostros ac jumenta, siti ? Clamavit autem Moyses ad Dominum, dicens : Quid faciam populo huic ? Adhuc paululum, et lapidabit me. Et ait Dominus ad Moysen : Antecede populum, et sume tecum de senioribus Israël , et virgam qua percussisti fluvium toile in manu tua , et vàde. En ego stabo ibi coram te supra petram Horeb, pereutiesque Petram, et exibit ex ea aqua, ut bibat populus. Fecit Moyses ita coram senioribus Israël, et voeavit nomen loci illius Tentatio, pr opter jurgium filiorum Israël, et quia tentaverunt Dominum ^ dicentes : Estne Dominus in nobis , an non ? «
(2) Ces animaux paraissent rappeler les troupeaux dont le peuple déplorait la perte dans ses plaintes contre Moïse. Soit inhabileté dans le dessin, soit intention de symbolisme ( dont je n’ai pas à m'occuper ici) , soit distraction tout simplement, l’artiste leur a donné un profil qui les ferait prendre pour des pourceaux
(3) S. Thom. , in Il ad Cor. III. l«fc . Sciendu» est quod Apostolusargirmentatur ex hoc quod habetur Exod XXXIV «b, 1, Itéra nostra liabet quod Mo,*» habebat facieu, cornutam ■ ita qood non passent (ilü [sr.cl prope accedere. Alia littera habel facem splrndidam , quod malins dicitnr. Non enim inteffieendum esteum habu.sse cornu, ad Iitteram , «eut quidam „ p!ngunt. sed dtcrtur cornuta propter radios qui videbantur esse quasi ornedam cornu a. »
PLANCHE PREMIÈRE
faut que Steuchi(i) ait fort exagéré leur antipathie contre ce type. A l’en croire (au moins sur ses contemporains), les Juifs seraient indignés de voir Moïse ainsi défiguré dans nos églises; persuadés, dit-il, que nous prétendons le transformer en ange de ténèbres.
Quant à l’origine de cette représentation, elle est bien connue; si connue même, que je n’oserais pas attribuer au plus simple peuple du moyen âge la pensée d’y voir le fait matériel de cornes réelles (2).
On sait que tout peut s’expliquer par la version d’un seul mot dans le texte original de la Bible (3). Moïse, descendant de la montagne où il avait reçu pour la seconde fois les ordres de Dieu, sort comme glorifié de cet entretien avec le Seigneur. Son visage darde des rayons dont le peuple ne peut soutenir l’éclat : en sorte que, pour paraître en public, il lui faut porter un voile qui permette aux Israélites d’élever les yeux vers lui (4). Or, quand le texte hébreu parle de ce front resplendissant, il emploie un mot (qrn) dont la signification fondamentale fait face aux acceptions particulières d 'irradiation, de protubérance (5). Fallait-il, dans la traduction, se prononcer entre le sens de rayons et celui de cornes? Le grec des Septante prend parti pour le premier, et saint Jérôme pourrait absolument avoir mieux fait en s’arrêtant au second. C’est que, si les rayons s’élancaient de part et d’autre du front de Moïse en manière de cornes, comme le pense Grotius, par exemple (6), et comme la tradition pourrait bien l’avoir appris à saint Jérôme, il se trouvera que son expression embrasse une vérité plus large que celle des Septante. Elle peint en effet la forme de ce phénomène (comme on parle aujourd’hui), sans en déterminer la nature, mais sans rien exclure; et celui qui limite le sens du mot latin ne peut s’en prendre à l’ancien interprète, dont l’expression était complexe.
J’ai dit que la tradition, à ce sujet, pourrait avoir dirigé saint Jérôme dans le choix d’un mot à double entente. A une autre époque, cette tradition eût pu donner lieu de voir dans le Bacchus des Grecs un reflet décoloré de l’histoire de Moïse; aujourd’hui les mythologistes ne souffriraient pas que l’on cherchât l’origine des mythes païens autre part que dans le ciel, si ce n’est dans la fange. Par conséquent, les cornes de Bacchus (y) ne peuvent plus être que l’indication du soleil dans le signe du taureau zodiacal. Pourquoi pas le signe du bélier cependant? puisque, selon Diodore de Sicile (8), les cornes de Bacchus seraient les mêmes que celles d’Ammon. Ce dernier témoignage aurait en outre pour résultat de déranger d’autres systèmes sur l’origine des cornes de Bacchus (9), et ce serait dommage; car la multiplicité même de ces systèmes est bonne à montrer combien les anciens entendaient peu le symbolisme que nous leur prêtons en mythologie.
Au cas où cette digression intéresserait peu mon lecteur, je n’ai rien à lui répondre, sinon que je partage tout à fait son avis. Mon principal but, en me détournant ainsi, était de montrer que les cornes attribuées à Moïse par plusieurs artistes, pouvaient ne pas être sans fondement dans la tradition. On y reconnaîtra en outre que ce n’a pas été, après tout, chose si monstrueuse, que d’adopter ce type dans la représentation du législateur des Juifs; puisque les Grecs n’ont point trouvé cette
( 1) Eugubinus, ap. Sixt. senens . Bibliothec. snnct. (ed. Milantej, lib. V.
(2) Nous aurons occasion de nous convaincre cent fois, dans la suite de ce travail, que le peuple, au moyen âge, possédait généralement sur- la religion une instruction fort développée , et supérieure de beaucoup à celle que nous avons coutume de lui supposer.
(3) On l'a vu déjà indiqué dans le passage de saint Thomas que nous citions tout à l'heure; mais nous y ajouterons quelques développements encore.
(4) Exod. XXXIV, 29—35. « Quumque desceuderet Moyses de monte Sinai, tenebat duas tabulas testimouii , et iguorabat quod coruuta esset (pip ) faciès sua ex consortio sermonis Domini. Videntes autem Aaron et filii Israël cornutam Moysi faciem, timuerunt prope accedere. . . . Impletisque sermonibus, posuit velamen super faciem suam. Quod, ingressus ad Dominum et loquens cum eo, auferebat donec exiret, et tuuc loquebatur ad filios Israël omnia quæ sibi fuerant imperata. Qui videbant faciem egredientis Moysi esse cornutam, sed operiebat illc rursus faciem suam, si quando loquebatur ad eos. »
Et dans la version des Septante, l. c. , v. 29 :
Moutriiç oint, riSf. ôti SeSéijaxxai r, Zty t; xoû jr pwjxaTo; (Al. yjaoxiç ) xoû 7ipGC{j~o'j aùxoû.... — V. 3o. Kal SjSoçwipivr) ^ «j/tç.... /.. t. X. .. —
V. 35. Kai eiSov 0! ulol ispraiX xi icpdmntov Mçuuéoj; , Sxi §sSi§écê?rçu.
Cs. Hierouym. de Prato in Sulpit. Severum ( Ycrone, 1754) , t. II, p. 474- — Bonfrerius, in Exodum. — Francise, a Messana, Difficilia S. Hieronymi loca ( Hieronym. opp. , ed. Erasm. , t . XI ) .
(5) Et même, en admettant quelque modification, on y rencontrera les sens d 'expansion , impulsion du dedans au dehors , éruption, explosion. De là encore les notions diverses de scintillation (apparence d’émission répétée précipitamment ) , éclat , fissure , ouverture, gonflement, tubérosité, élancement , force d’action ( ressort ), puissance , etc., et autres faces d’une même idée; à la manière de ces groupes nombreux d’acceptions attenantes que nous admirons dans les langues savantes , faute de les avoir remarqués dans les idiomes qui ont occupé notre première enfance.
(6) H. Grotius, Annotationes ad Vêtus Testamentum , 1. c.
(7) Soit les cornes de son front, soit la forme de cornes adoptée pour les coupes des orgies. Cs. Orph. Hymn. 3o. (al. 29J et 45 (al. 44)- — Euripid. Bacch. v. 919. — Tzetzes in Ljrcophr. v. 209,
1238 Athenæi Dipnosoph. XI, -5i. — Nonnus , Dionysiac. , lib.
XXXII, 128, 141. — etc., etc.
(8) Diodor. 111,73, (ed. Dindorf. , Leipz., 1828, t. I, p. 3o5).
(9) Plutarch. , Qucesl. grcec. (ed. Reiske, t. VU, 196).— Diodor. ,
III , 64. Charop. ap. Plutarch. de Iside et Osiride. ( ilid. ,
p. 429). -etc., etc.
Ht
la VITRAUX DE BOURGES.
idée repoussante pour leur Bacchus, auquel ils affectaient pourtant de piêter toutes les g la jeunesse (i).
Dans le nombre (petit, il est vrai) de monuments incontestablement byzantins représentant Moïse, qui m’ont passé sous les yeux, je n’en connais pas un seul qui adopte bien certainement le type employé par les peintres verriers de Bourges et de Chartres (2). Si cette exclusion était bien consta tée dans l’art byzantin proprement dit, on pourrait croire que l’Église grecque se servant, pour 1 Ecriture sainte, de la version alexandrine, n’y aura point trouvé l’occasion de représenter Moïse comme l’ont fait souvent les Occidentaux. Que si l’on en trouve en Grèce et dans l’Orient des exemples, ce sera une preuve de plus pour la supposition d’une donnée empruntée à la tradition; puisque, dans ces contrées, les paroles du Pentateuque ne peuvent en avoir été la source. Quant aux Latins, ils n en auront pas moins été libres d’opter pour l’une ou pour l’autre manière. Car si, d un côté, la Vulgate semblait accréditer le système employé par notre verrière; de l’autre, l’Écriture elle-même (3) dans un autre endroit, et avec elle la liturgie, comme aussi plusieurs écrivains ecclésiastiques, adoptaient un langage conforme à la version grecque. Contentons-nous de citer pour exemple l’office de la Transfiguration (4) et V Histoire sainte de Sulpice Sévère (5).
Quelqu’un pourrait trouver que ce caractère quelconque de Moïse datant uniquement de son second séjour sur le Sinaï , c’est déroger à l’exactitude historique que de le lui attribuer dans les faits antérieurs. Mais une fois cette marque distinctive adoptée pour ce personnage, il ne faut plus y prétendre tant de recherche. Aussi trouve-t-on souvent Moïse représenté de la sorte, dès le moment où Dieu lui apparaît dans le buisson ardent, c’est-à-dire avant môme qu’il eût commencé sa carrière publique.