‹ Monographie de la cathédrale de ChartresChapitre 9 sur 54 · II. — Baie latérale de Gauche ou des Martyrs · texte numérisé non relu

II. — Baie latérale de Gauche ou des Martyrs

A gauche de l'entrée 4 grandes statues, que l'on considère comme celles de saint Laurent diacre, saint Clément pape, saint Etienne diacre, saint Théodore » l'image du vrai chevalier « en costume de guerrier. En face 4 autres martyrs qui seraient : saint Vincent diacre, saint Denis évêque de Paris, saint Piat en prêtre et saint Georges. Ce dernier fait le pendant de saint Théodore, ils sont vêtus à la façon des chevaliers du temps de saint Louis. Ces deux statues sont superbes et d'un style plus avancé que celui des statues voisines, elles ont été faites et mises en place quand on construisit le porche, les colonnes torses qui les supportent sont plus finement décorées, les creux sont plus profonds.

Sous chacune de ces huit statues se trouvent en général de petites scènes qui rappellent le genre de supplice que ces saints eurent à subir, ainsi sous saint Georges est la roue où il fut attaché.

Sur le linteau de la porte il y a la lapidation de saint Etienne par les Juifs. Il fut mis à mort l'année même de l'Ascension, ce fait explique qu'il préside ici au centre des martyrs.

Dans le tympan le Christ apparaît debout entre deux anges

Dans les voussures on distingue :

Au lor cordon huit enfants assis, tenant une palme et une boule (le sceau de Dieu) : ce sont les saints Innocents.

Au 28 il y a une allégorie tirée de l'Apocalypse. Ce sont ceux qui ont lavé leur vêtement dans le sang de l'Agneau Au sommet, en effet, est une tête de bélier, deux filets de sang s'échappent de sa gorge et sont reçus dans les manteaux.

Au 3e cordon, huit martyrs ayant reçu une palme.

Au 4e cordon, quatre rois, quatre évêques dans l'ordre hiérarchique.

Le 5e cordon établit le hiérarchie des martyrs : diacres, prêtres, abbés, évêque, au sommet empereur et pape : deux puissances égales au Moyen Age.

La voûte dénuée de tout ornement offre une bande marginal.' parée de bas reliefs ; à gauche, cinq vierges sages avec leur lampe garnie, à droite cinq vierges folles.

Au cordon extérieur est une troupe d'anges portant le flambeau. Le premier à droite est un archange terrassant le dragon, au-dessous de lui un ange porte une navette et un encensoir.

Le premier à gauche est monté sur une roue et possède trois paires d'ailes, c'est un Séraphin.

Au sommet du gable se voit sainte Anne tenant un vase et une fleur.

La retombée de la voûte se fait sur deux piliers carré.

Celui de gauche ou pilier occidental présente sur ses 4 faces 24 scènes de martyre qu'il serait téméraire de vouloir identifier avec précision.

Face méridionale :

1° Décollation de saint Jean-Baptiste.

2° Saint Denis dont le bourreau a tranché en partie la tête.

3° Saint Saturnin tiré par un taureau sur les marches du capitole.

4° Un martyr décapité.

5° Saint Procope jeté dans les flammes.

6° Un martyr lié a un arbre.

Face occidentale :

1° Un martyr précipité dans un four ou dans un puits.

2" Saint Cyprien décapité.

3° Saint Ignace jeté aux lions.

4° Saint Théodore déchiré par un peigne de fer.

5° Saint Eustache, sa femme et ses enfants dans le taureau ardent.

6° Saint Gervais mort sous les coups de fouet et saint Protais transpercé d'une lance.

Face septentrionale :

1° Saint Clément jeté dans les flots où un temple le reçoit.

2° Un martyr à genoux.

3° Saint Lambert sur le point d'avoir la tête coupée.

4° Saint Vite et sainte Modeste plongés dans une chaudière bouillante.

5° Un martyr flagellé.

6° Saint Quentin au poteau.

Face orientale :

1° Saint Thomas de Cantorbery mis à mort devant l'autel.

2° Saint Biaise torturé.

3° Saint Léger, les yeux brûlés.

4° Saint Vincent ramené par le flux sur le rivage, malgré la meule qu'il porte au cou, un corbeau défend son cadavre,

5° Saint Laurent sur son gril.

6° Saint Cheron portant sa tête dans ses mains.

Le pilier de droite n'appartient à cette baie que par deux de ses faces, ouest et sud, où sont décrits les Vertus et les Vices énumérés plus haut.

Baie orientale ou des Confesseurs

Huit grandes statues sont disposées quatre par quatre comme à la baie occidentale et appuyées le long des piédroits : ce sont, dit-on, saint Nicolas évêque de Myre, saint Ambroise évêque de Milan, saint Léon pape, un abbé, probablement saint Laumer moine de la forêt du Perche, puis saint Martin de Tours, « le bâton pastoral à la main, actif et sévère », saint Jérôme, le pape saint Grégoire Ier et un abbé sans doute saint Avit.

Les statues de saint Avit et de saint Laumer sont du temps où l'on fit le porche comme le saint Georges et le saint Théodore de l'autre baie.

Sous le socle de chacune sont différents sujets : ainsi sous saint Jérôme une femme les yeux bandés symbolise la Synagogue.

Assez souvent les scènes rappellent un miracle qu'opéra le saint : ainsi deux chiens lèchent la crosse de saint Martin, car il leur défendit de poursuivre un lièvre.

Le tympan offre la légende de saint Martin et de saint Nicolas.

A gauche, sur le linteau, saint Martin à cheval croise un

pauvre à la porte d'Amiens et partage avec lui son manteau

Dans le panneau supérieur il est endormi et le Christ lui apparaît revêtu de la moitié de ce manteau.

A droite : saint Nicolas jette sa bourse pour doter les trois filles d'un noble ruiné.

Au-dessus, de son tombeau coule l'huile miraculeuse qui guérit les malades qui passent en-dessous.

Dans la partie supérieure le Christ dans le ciel accompagné de deux anges.

De part et d'autre du linteau, le registre inférieur des voussures raconte l'histoire de saint Gilles, de sa biche, et l'on voit aussi un ange qui lui met sous les yeux une banderolle où est écrit le péché que Charlemagne cachait dans sa confession.

Dans l'encadrement supérieur de la baie, on aperçoit la hiérarchie des confesseurs, tous nimbés et portant les insignes de leur dignité : laïcs, guerriers, moines, prêtres, abbés, rois, évêques, archevêques, papes.

La marge de la voûte est décorée de dix apôtres, car la place manquait pour en mettre douze.

Le cordon extérieur de la voûte présente dix anges, dont sept portent l'encensoir, un huitième le flambeau ; à droite et au bas se voit un séraphin monté sur une roue, à gauche un archange.

Au sommet du gable la Vierge entre deux anges tient ouvert sur ses genoux le livre de la foi.

Sur les piliers carrés qui supportent la voûte sont représentées à gauche les vertus nécessaires au chrétien pour confesser sa foi et ailleurs des scènes anecdotiques de la vie des confesseurs.

Face méridionale :

1° Saint Grégoire le Grand écrit sous la dictée d'une colombe et son jeune secrétaire cherche à surprendre le secret en écartant le rideau.

2° Saint Remy sacre Clovis.

3° Clovis agenouillé devant un évêque (saint Solenne ?).

4° Saint Laumer (?) opérant une guérison.

5° Un saint bêchant la terre.

6° Saint Paul (?) ermite, s'entretenant avec saint Antoine.

Face occidentale :

1° Saint Léon en prière devant le tombeau de saint Pierre.

2° Saint Martin bénit l'homme qui avait voulu le frapper.

3° Saint Lubin donnant l'extrême-onction à saint Caletric (?)

4° Un abbé se reposant.

5° Saint Antoine, lisant l'Ecriture, est tenté par le diable.

6° Un saint en méditation.

Face septentrionale :

1° Saint Ambroise convertit saint Augustin.

2° Un saint faisant un miracle.

3° Un évêque conduit un dragon avec son étole.

4° Saint Gille délivre un possédé.

5° Saint Jérôme traduit la Bible.

6° Un saint repousse une tentation.

Face orientale :

1° Saint Sylvestre baptise l'empereur Constantin.

2° Un saint ressuscite un enfant.

3° Saint Caletric visitant saint Lubin (?)

4° Saint Benoît bénit la coupe empoisonnée.

5° Un confesseur s'entretient avec un paysan agenouillé

6° Un saint en présence d'un dragon ailé.

Enfin le porche sud est surmonté de pinacles dont les arcades abritent dix-huit statues. Il est à présumer qu'elles représentent symboliquement des ancêtres du Christ ; un seul d'entre eux sur la face occidentale de ce porche peut être identifié : c'est David jouant de la harpe ; au socle l'arbre de Gesse naît de la poitrine d'un homme couché. Ainsi ces rois relient l'Ancien Testament au Nouveau.

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