NATURE DE LA PIERRE DU JUBÉ ET DU CHŒUR
In lumine tuo vidiHmui lumen, PS. XXXV. 10.
S'il est des faits qui s'établissent par la tradition ou le témoignage des hommes,
1 L'étude qui fait l'objet de ce chapitre a été lue par nous , SOUS le titre de L'Archéologie et la Science , à la réunion des sociétés savantes de laSorbonne, le 31 mars 1864. Nous faisions partie de cette réunion en qualité de correspondant du ministère de l'instruction publique , pour le département du Tarn , et aussi comme délégué de la Société archéologique du midi de la France, établie à Toulouse.
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d'autres iie sauraient être affirmés que par les données irrécusables de la science. Telles sont les constations, résultat des lois de la nature, des combinaisons chimiques, ou des règles inflexibles du calcul. Cette vérité , comprise au point de vue théorique à l'égal d'un axiome, est souvent méconnue dans l'application. Les annales archéologiques témoigneraient, au besoin, de nombreuses et regrettables méprises ; et , sans sortir de l'enceinte même du monument depuis longtemps l'objet de notre admiration et de nos études, nous avons à cœur de relever quelques entraînements d'opinion à l'égard de la cathédrale de Sainte-Cécile d'Albi. II nous est loisible de revendiquer sans orgueil l'honneur de cette initiative, alors que nous avions partagé nous-même des erreurs sur lesquelles nous avons appelé les rectifications de la science. Le seul mérite auquel il nous soit permis de prétendre est celui que le poëte exprime par ce vers :
Justum et tenacem propositi virum
Les peintures qui décorent les voûtes de Ja cathédrale d'Albi forment le plus grand
ouvrage à fresque qui ait jamais existé. Elles ont excité un ve'ritable enthousiasme chez les hommes versés dans les arts. Tous en parlent avec le sentiment de la plus vive admiration. On est surtout étonné de leur fraîcheur et de leur conservation. Les artistes qui ont peint ces voûtes avaient-ils un procédé particulier pour donner à leurs ouvrages l'éclat et la solidité que Ton admire encore après plusieurs siècles ? On serait tenté de le croire. Ce qui nous reste des anciennes peintures ne peut leur être comparé.
Les fresques que l'on voyait au palais des Papes d'Avignon, dans la salle de la Déposition et dont il n'existe plus que des fragments , étaient les seules en France qui approchassent de celles-ci.
Les ouvrages de nos meilleurs artistes en ce genre sont encore inférieurs aux peintures de la voûte de Sainte-Cécile, sous le rapport de leur conservation. On dirait l'or vrai mis en parallèle avec l'or faux.
La coupole de Sainte-Geneviève à Paris, peinte par Gros , si remarquable quant à l'exécution, a déjà perdu une partie de son éclat; celle de Notre-Dame de Lorelte, de
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Delorme, regardée avec raison comme un chef-d'œuvre ; les fresques de la chapelle du Purgatoire de la même église, qui sont dues au pinceau de Blondel, ne présentent pas, quoique terminées depuis peu d'années, la fraîcheur et la suavité de celles de Sainte- Cécile. C'est ce qui a fait dire au spirituel auteur des Églises gothiques t : « Les deux » églises artistiques de la Madeleine et de » Notre-Dame de Lorette, qui ont coûté tant » de millions, ne rivaliseront pas encore avec » la cathédrale d'Albi. »
On a voulu chercher, à diverses époques, les causes de la merveilleuse conservation de ces peintures dans la matière et l'élément qui les composaient. Il y avait raison et intérêt dans ces investigations ; mais, au lieu d'interroger la science, on s'adressa à l'imagination, ou bien encore on s'inclina sous l'influence d'opinions irréfléchies, mais généralement admises. Un sentiment pendant longtemps reçu attribuait au pastel les bleus qui en forment le fond. Il est adopté par l'estimable auteur de l'histoire de l'ancien
> les églises gothiques. Paris, 1837, page 104.
pays d'Albigeois. « Le bleu de la voûte de » Sainte-Cécile, » dit cet auteur, « est si brillant » et si bien conservé, qu'on ne peut s'empê- » cher de croire qu'il fut composé de la fécule » du pastel qu'on a cultivé aux environs » d'Àibi, de temps immémorial. En effet, à » l'époque de la construction et de l'achève- » ment même de cette église, ni Tindigo des » Indes, ni le bleu de Prusse n'étaient con- » nus en Europe. Qu'est-ce donc qui aurait » formé un bleu si durable et en si grande » quantité î Nous nous croyons fondé à con- » dure que le secret moderne d'extraire un » véritable indigo de la feuille du pastel » n'est que le renouvellement d'une branche » d^industrie jadis familière, et depuis ce » temps ensevelie dans l'oubli \ »
Un savant archéologue du Midi , M. du Mêge 2, les a attribuées à l'azur ou bleu de Prusse; le Voyage pittoresque et romantique dans V ancienne France j au bleu d'outre—
1 Description du département du Tarn , suivie de l'histoire de Tancien pays d'Albigeois et principalement de ]a ville d'Albi , par M. Massol. Albi , 1818 , p. 32.
2 Vues pittoresques de la Cathédrale d' Albi , par Chapui, avec texte descriptif, par M. Alexandre Ou Mège. Paris , 1829.
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mer »; Tillustre M. Mérimée, alors inspecteur général des monuments historiques de France, croyait pouvoir assurer qu'on avait employé le cobalt*; d'après cette imposante autorité, nous les avions nous-même attribuées à cette matière colorante, supposant qu'une analyse chimique avait donné cette conviction à l'auteur des Notes d'un voyage dans le midi de la France ^.
Une circonstance heureuse nous a mis à même de constater la vérité, et de nous fixer d'une manière définitive sur la matière qui a réellement servi à la couleur bleue qui fait le fond des peintures des voûtes de la cathédrale d'Albi.
. Sans doute , les peintures qui couvrent en entier les voûtes et les murs de Sainte-Cécile ont résisté aux siècles ; mais quelques parties de ce riche vêtement ont eu à souffrir de l'incurie, de l'ignorance ou du vandalisme des hommes et réclament une réha-
1 Voyage pittoresque et romantique dar\,s l'ancienne France, par Nodier, Taylor et Caylus (Languedoc).
2 Notes d'un voyage dans le midi delà France , par Prosper Mérimée, inspecteur général des monuments historiques ( A Ibi).
3 Monographie de la cathédrale d'Albi , 1'" et 2*« éditions.
bilitation intelligente. On vient d'inaugurer cette œuvre par la restauration des cinq tribunes de l'abside, dont la prudence avait exigé la reconstruction dans ces derniers temps.
Cet important travail, confié à M. Alexandre Denuelle, peintre décorateur à Paris, auteur de partie des peintures du Louvre, de Sainte-Clotilde, de Saint-Germain-des-Prés et de plusieurs autres églises de la capitale, a reçu son exécution sous la haute direction de M. César Daly, rédacteur de la Revue gé^ nérale d'Architecture, architecte des travaux de restauration et d'achèvement de la cathédrale d'Albi. Profitant de la restauration de ces chapelles, qui a mis à notre disposition divers fragments des anciennes peintures, nous avons cru devoir les soumettre à l'analyse chimique.
Il résulte de cette opération, consciencieusement faite par M. Limousin-Lamothe, chimiste distingué , confirmée par le savant M. Filhol, professeur de chimie à la Faculté des sciences de Toulouse, les faits suivants :
« La couleur bleue appliquée aux murs » intérieurs et à la voûte de Sainte-Cécile » n'est point formée par de l'indigo ;
136 MONOORAPHIB DE LA CATHÉDRALE d'aLBI.
» Cette couleur résiste à une chaleur mo- » (Jérée, il est vrai, mais à laquelle Tindigo, » substance végétale, ne résisterait pas ;
» Elle n'est point due à une préparation » de cobalt, comme quelques personnes ten- » draient à Je croire. Traitée par le réactit, » elle n'en donne aucune réaction; et le » phosphate de soude , ainsi que le borate, » traités avec elle au chalumeau, ne donnent » nullement un verre coloré en bleu;
» Au contraire, cette matière colorante, » traitée dans une très-petite capsule par » l'acide azotique , s'y dissout avec une vive » effervescence; ce produit évaporé et addi- » tienne d'eau distillée prend une belle cou- » leur bleue par l'ammoniaque, une couleur » brun-marron par le cyanure ferrico-potas- » sique; une petite lame de fer décapée » plongée dans ce liquide se revêt, au bout » de cinq minutes, d'une couche de cuivre » métallique.
» Il résulte de ces épreuves que la couleur » bleue en question est formée par le carbo- » nate de cuivre, en termes vulgaires, bleu » de montagne ou cendre bleue, obtenue par » la précipitation d'un sel de cuivre par le
CURIEUSES CONiTATATIONS. 137
> carbonate ou le bicarbonate potassique. »
Il est donc acquis aujourd'hui que la matière colorante bleue des peintures de la voûte de Sainte-Cécile est la cendre bleue ou le carbonate de cuivre ^
La science va nous conduire à une nouvelle et curieuse constatation.
Le jubé et le chœur de la cathédrale d'Albi sont sans contredit une des plus belles conceptions connues de l'art chrétien.
Quelle richesse d'ornementation dans la façade de ce monument ! Il offre dans son ensemble une magnifique décoration plus admirable encore par ses détails. L'œil ne peut se lasser de considérer ces pierres réduites en dentelles,, d'admirer la légèreté de leurs rinceaux, la variété de leurs guillochis, de leurs ciselures, de leurs coupures, fruits merveilleux des fantaisies d'une imagination libre et inépuisable. Quelle majesté dans ces piliers ornés de grillages ! quel art merveilleux dans les voûtes du péristyle ! quelle délicatesse dans ce pourtour intérieur du chœur
J Voir à l'appendice, pièces justificatives , chap. 7*.
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surmonté d'élégants clochetons percés à jour, de pyramides et d'obélisques découpés avec une perfection que rien ne saurait atteindre ! A l'intérieur du chœur, quelle grâce naïve dans ces petites statues d'anges dont les traits semblent respirer le ciel, et dont les figures contrastent si bien avec les grandes statues des apôtres renfermées dans le sanctuaire, et celles qui, placées au pourtour extérieur» représentent les prophètes et les principaux personnages de l'Ancien Testament !
Qu'y a-t-il d'étonnant que ces admirables sculptures aient excité l'enthousiasme de tous les hommes qui possèdent le sentiment de l'art.
€ La sculpture du quinzième siècle, a dit M. Mérimée, « a épuisé dans cet œuvre » tous ses délicieux caprices, toute sa pa- » tience, toute sa variété. On passerait des » heures entières à considérer ces détails » gracieux et toujours nouveaux, à se de- » mander avec un étonnement sans cesse » renaissant, comment on a pu trouver tant » de formes élégantes sans les répéter, com- » ment on a pu faire avec une pierre dure et » cassante ce que, de nos jours, on oserait à
» peine tenter avec du fer et du bronze *. »
Le sentiment d'admiration et de surprise exprimé par ce savant, et éprouvé par tous ceux qui visitent ce monument, a fait naître un doute qui témoigne de Tétonnement que produit dans tous les esprits ce remarquable ouvrage. On s'est demandé quelle était la matière qui composait ce merveilleux travail ; si un ciment ou une pierre artificielle étaient venus en aide à l'artiste, ou bien si la pierre seule avait servi d'élément à cette œuvre. Ce dernier système s'affirmait par la tradition et par les données architecturales.
La tradition constate, en eff'et, que le jubé et le chœur de Sainte-Cécile furent construits sous l^évêque Louis d'Amboise, en 1502, par une de ces compagnies d'ouvriers maçons qui, dans les treizième et quatorzième siècles , parcouraient la France^ la truelle à la main, le ciseau de l'autre, et s'arrêtaient partout où les évêques réclamaient le secours de leur talent.
En l'année 1514, Simon de Beau-Soleil, évêque de Lavaur, employa pour construire
1 Notes d'un voyage dans le midi de la France,
un chœur dans sa cathédrale, d'après le plan de celui de Sainte-Cécile, les mêmes ouvriers que Louis d'Amboise avait appelés à Albi peu de temps auparavant '.
C'est par les mêmes artistes qu'avaient été créés tous les chefs-d'œuvre de sculpture que présentent les cathédrales des treizième et quatorzième siècles, le portail de Reims, la nef d'Amiens , le chœur de Beauvais , les flèches de Chartres et de Strasbourg.
Les traditions locales et les documents historiques font mention de l'habileté des sculpteurs dans les mains desquels la pierre est réduite en dentelle, de la finesse de leur travail...
Les lignes suivantes, consignées dans un manuscrit du dix-septième siècle, s'expriment ainsi :
« Louis d'Amboise fit faire le chœur de » l'église cathédrale de Sainte-Cécile entiè- » rement en la même sorte qu'on le voit » aujourd'hui, ouvrage porté dans une telle » perfection, qu'on y voit l'art surmonter la
1 Etudes historiques sur i' Albigeois , le Castrais et l'ancien diocèse de Lavaur , par C. Compayre. Albi, 1841.
CÛRIEUâES CONÔTATATlONd. 141
» nature, soit en la façade, soit en î'ordon- » nance de l'architecture, qu'aux personnages » de relief qui régnent autour de sa ceinture. » La matière dont ce travail est enrichi est » de pierre blanche, où la découpure dans la » délicatesse et variété d'une infinité de dif- » férentes figures emporte d'admiration les » esprits et les sens de ceux qui les consi- » dèrent. »
Un second manuscrit, de 1684, de la bibliothèque d'Albi s reproduit la même tradition.
Enfin, un autre manuscrit sur les évêques d'Albi contient ce qui suit :
« Louis d'Amboise fit faire le chœur de
> Sainte-Cécile comme on le voit aujour- » d'hui, ouvrage de telle beauté et perfection » que l'art surpasse la nature, tout en pierre » blanche taillée et percée à jour, à faire
> croire qu'on avait alors le secret de la » rendre malléable comme de la cire, avec un » artifice incompréhensible. Ces bouquets , » ces ornements, l'ordre d'architecture, les
* Description naïve et sensible de la fameuse église Sainte* Cécile d'Albi , par M. Boissonnade , 1684. — Imprimée dans TAnnuaire du Tarn , année 1857. — Publiée et annotée par M. Eugène Dauriac , de la Bibliothèque nationale, 1857.
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» reliefs, les cordons qui régnent à l'entour, » la délicatesse des découpures, les détails » d'une infinité de figures si naïves, si natu- » relies, excitent l'admiration des observa- » teurs. Le jubé avec ses clés pendantes à ne » pas laisser comprendre par quelle industfne
> et artifice elles se soutiennent; enfin, la fa-
> çade de ce jubé aussi remarquable que Tin- » térieur du chœur, sont parsemés des ar- » moiries de ce prélat...*. »
Les données architecturales venaient en outre révéler les faits constatés par la tradition. Les éléments constitutifs de l'appareil consistent en d'immenses blocs qui forment un même corps avec la partie sculptée. Mais quel eût pu être le motif de cette construction en pierre artificielle ou ciment? Serait-ce la rareté de la pierre, alors qu'il existe de nombreuses carrières près du lieu de construction? Serait-ce l'économie dans le travail, tandis qu'on faisait de si grands frais de maind'œuvre? Si la sculpture a été faite sur le ciment, pourquoi ne pas se servir de pierre naturelle î Si ce sont des moulages, les moules
t Etudes historiques sur l'Albigeois, par M. Compayre, p 86.
CURIEUSES CONSTATATIONS. ÏH
eussent nécessité autant de travail que la sculpture sur pierre, vu qu'au milieu de tous les ornements qui constituent ce riche tra^ vail, il n'en est pas un seul qui ressemble à l'autre.
Ces faits amenaient à conclure que la pierre avait servi d'élément à l'œuvre. Aussi bien, la discussion restait ouverte et le doute élevé par des esprits, distingués d'ailleurs, semblait tendre à déprécier ce monument, lorsque la vérité historique et l'opinion des hommes spéciaux ont été démontrées par un irrécusable témoignage. La science interrogée a répondu par la voix de ses maîtres les plus autorisés, et sa réponse a été conforme à la tradition et aux données architecturales. Les connaissances géologiques et les expériences chimiques ne peuvent plus, en effet, permettre le moindre doute à cet égard. L'inspecteur des édifices diocésains a bien voulu nous fournir un échantillon du jubé. Cet échantillon, dont l'amorce est intacte et s'adapte parfaitement au point d'oti il a été pris, a été soumis aux hommes de sciencQ les plus compétents, qui en ont extrait les fragments nécessaires à leur expérimentation. Ces
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savants consultés, M. Hébert, professeur de géologie à la Sorbonne; M. Leymerie, professeur à la Faculté des sciences de Toulouse; M. Filhol , professeur de chimie à la même Faculté; M. Limousin-Lamothe, chimiste à Albi, ont affirmé que, d'après le résultat de leurs investigations, cette matière était certainement une pierre naturelle et non un ciment *.
Mais nous ne nous sommes pas arrêté là; une découverte nouvelle est venue mettre le sceau à cette démonstration. Nous avons fait rechercher la carrière même d'où la pierre qui a servi à la construction du monument a été extraite, et avons été assez heureux pour la découvrir. Située au nord et dans le voisinage de la petite ville de Lombers, à quinze kilomètres d'Albin, elle est connue sous le nom de carrière de La GrédOj mot qui, dans la langue vulgaire du pays, signifie craie ^.
1 Nous avons entre nos mains les résultats identiques d6 l'analyse de ces divers savants (Voir à l'appendice, pièces justificatives, chap. VII*, n« 1).
2 Elle nous a été signalée, en septembre Î863, par la bienveillante entremise de M. le baron des Hons , maire de Lombers et membre du conseil municipal de cette commune»
CIÎRIÉUSES COXSTATAtlONS. 145
Cette pierre en sortant de la carrière est tendre au point qu'elle sert de craie aux enfants qui fréquentent Técole du village. Elle durcit à Tair. Sa parfaite ressemblance avec la pierre du jubé, pour le grain et la blancheur, semblait ne devoir laisser aucun doute sur son identité. Néanmoins nous avons voulu connaître si la pierre fournie par la carrière était composée des mêmes éléments que celle qui compose le jubé de Sainte-Cécile. L'expérience chimique a été décisive et a donné un résultat analogue à celui qui est produit, par la pierre du monument K
Etrange et curieuse coïncidence ! C'est à Lombers que fut solennellement condamnée^ l'hérésie célèbre qui était venue asseoir son camp principal dans le midi de la France etavait choisi pour foyer le pays d'Albigeois,' qui lui a laissé son nom dans l'histoire. C'est dans cette contrée, et dans le lieu oti
i L'inspecteur des édifices diocésains nous transmettait, peu après , l'échantillon d'une pierre semblable , extraite au lieu ^ de Puygouson, dans le cantoq d'Albi. Cette pierre, aussi anar; lysée , a donné les mêmes résultats. La carrière placée ^ur la ^ même ligne et dans la même direction est la continuation du ' gisement de Lombers.
14G XOHOGIUPHIE DE LA CATHÉDRALE D^tllt.
l'église stigmatisait ces funestes doctrines par la voix du Concile de Lombers, qu'a été prise la pierre qui a servi à la construction de la partie la plus remarquable du monument élevé par Bernard de Castanet, évéque d'Albi, comme une éclatante manifestation en faveur de la vérité dans le sein mâme et dans la capitale de ce pays où Terreur avait établi le siège de son empire.
Cette dissertation n'a eu d'autre objet que de proclamer ici tout ce que l'archéologie peut emprunter aux découvertes modernes, en méine temps qu'elle nous fournissait l'occasion d*en rechercher les éléments dans un édifice qui est sans contredit le plus remarquable monument de la France méridionale et que nous nous sentons toujours heureux de glorifier.
Honneur à la science qui s'est donné la mission de porter la lumière dans toutes les branches des connaissances humaines I
Honneur à notre époque qui a compris, — et c'est une. conquête de ce temps, — que toutes les sciences sont sœurs et doivent s'entr'aider en se donnant la main I
Par là s'est réalisé la grande aspiration
CÛRIËtJSES CONSTATATIÔÎÏ^. 147
de ce siècle qui a pour objet de fonder par elles l'empire impérissable de la raison et de la vérité sur la terre...