‹ Monographie de la cathédrale de Sainte-Cécile d'AlbiChapitre 25 sur 63 · TOMBEAUX. - PIERRES TUMULAIRE · texte numérisé non relu

TOMBEAUX. - PIERRES TUMULAIRE

Le chrbtianisme s'est dislingaé des aatrès religions (>ar une coutume sublime. Il ' a placé la cendre des fidèles dans l'ombre des temples du Seigneur, et déposé les morts dans le sein du Diea vivant.

GHATEAUBRfAND

On ne peut sortir de l'église de Sainte- Cécile sans avoir fixé son attention sur le pavé de ce temple, presque entièrement formé de pierres sépulcrales. Ici est tracée lia: figuré d'un évéque revêtu de ses habits pontificaux, les mains jointes :» les yeux fermés. Plus loin est placée la tombe d'un chanoine, d'un gentilhomme. Nos pères avaient pensé

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que la religion qui avait pris naissance au milieu des tombeaux devait les garder auprès d'elle. Idée sublime, qui fit reposer la cendre des fidèles dans Tombre des temples du Seigneur. C'était, en quelque sorte, d'après l'expression de Chateaubriand, l'immortalité marchant à la tête de la mort.

Un grand nombre d'évéques reposent dans cette église.

Des lames de bronze couvraient autrefois les tombeaux de plusieurs de ces prélats; elles ont été enlevées et fondues pendant le temps où on ne respectait rien, pas même la cendre des morts. Trois d'entre eux étaient placés dans le chœur.

Le premier , qui se trouvait auprès de la chaire épiscopale, renfermait le corps de M»' de Daillon de Lude , dernier évêque d'Albi. Sur ce bronze était gravée l'inscription suivante :

Bie jaeet Gaspardus de DaiUcn^ de lude , episeoput albimms» ftg. or d. eommeindatoir . qui epreio magnifko funere prohxbito per supremas tabulas, sepulchraU mole eoUu preeei exposeit Benricus de DaiUon de Lude par FraneÙB, etc. >.

« Ca\X. ChriH., t. I. p. 42.

TOMBEAUX. •— PIBARE8 TUUULAtRSi. l67

A la suite, et au bas des degrés du sanctuaire, était placé M'' Alphonse d'Elbène premier; ce prélat avait fait lui-même Tépitaphe suivante :

Motpitium ouium et etn^nifii Alphotut d'Elbmê qiumdam ^iscapi AUfientii, ad fwvtsnmwn diem traxU Deut ad gloriam. Yanmiaman in iméffiM pgrtrmiuU fcomo. Homo twmiaii ftnitlit faciiu , diieê ejiu «imiI wHibra prelereunl. ObiU aumo 1606 , éU ocÈava F^fruarii ^

 côté de M9f d'Elbâne reposait le corps de W de la Croix de Gastries, commandeur de Tordre du Saint-Esprit, dont nous n*avons pu retrouver l'épitaphe.

En dehors de la porte latérale du chœur, du côté de la sacristie , une autre lame du laéme métal recouvrait les cendres du célè*bre Charles de Robertet. On y lisait :

Carolut Bobertetus incUta hujus ÀlbiensU ecclesia ponlifex henemeritut hoc monumento suos ipsiut cinere$ pottqmm vita eimeessisset uti placide quieecerent eoUocari voluit. Fata autem funetus est anno post natitUatem Domini J. C. Sàkatorit nofiri 1515 die quinta idue Augusta >.

Une pierre sépulcrale marquait, dans le

i GaU. Christ., 1. 1, p. 40.

B iHd.. p. 36.

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milieu du chœur, la place de Bernard de Camiat, premier évêque d'Albi, enseveli dans la cathédrale. Nous avons recueilli l'inscription gravée sur sa tombe :

Anno ab incamatûmeDni n^ ihuXP MCCCIIIVII quaHo kalendas IX mentis dechrit obiit reverdus pater Bemardus de Camioto divina elementia eps Atbiensig cuius aia et omnium fideUum defunctorum per miam Dei sine fine. Requiescat in pace. Amen f *. *

Hugues Albert, évêque d'Albi, décédé en 1379, était inhumé à la montée des degrés du grand-autel.

Joffroi reposait dans la chapelle de la Sainte-Croix, à côté de son frère Hélie ^.

Derrière l'autel, dédié à sainte Marie-Majeure, était enseveli Louis d'Amboise, premier évêque de ce nom. Ce prélat mourut à Lyon , et son corps fut porté dans sa cathédrale 3.

Le cœur du cardinal Louis d'Amboise, 8on> neveu, décédé à Lorette, en Italie, est déposé dans le tombeau de son oncle *.

1 Gall Christ., p. 26.

2 Ibid., p. 33.

3 Ibid , p. 35.

4 ibid. p. 36.

•TOMBEAUX. — - PIEURES TUMOLAIRES. iG9

Celui d'Hyacinthe Serroni, premier archevêque d'Albi, mort à Paris le 7 janvier 1687, fut placé dans la chapelle de Saint-Amans, aujourd'hui Saint-Barthélémy.

On voit dans celle de Saint-Jean un obélisque en marbre noir, élevé à la mémoire de M»' Quiqueran de Beaujeu. Ce prélat mourut à Albi, peu de temps après avoir été sacré à Sainte-Cécile, évêque de Mirepoix.

Les autres tombeaux appartiennent à des dignitaires du chapitre et à des hommes qui ont rendu des services à l'église ou au pays. Diverses inscriptions rappellent des noms honorablement connus : on y voit ceux do François-Roger de Comminges, fils du vicomte de Bruniquel, mort en 1593; du chanoine d'Imbert du Bosc; de M. Flotard de Larroque-Bouillac; du chanoine Galaup, qui rappelle le nom du célèbre navigateur Galaup de Lapeyrouse^ que la ville d'Albi se glorifie d'avoir vu naître en 1741; du chanoine de Rességuier, mort en 1629, et d'un grand nombre d'autres \

i Nous donnons à l'Appendice, chap. IV, le texte de toutes ces inscriptions tumulaires,

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La plupart des pierres sépulcrales sont surchargées d'armes parlantes qui désignent le nom de ceux qui en sont Tobjet. Ces armoiries sont curieuses par leur singularité.

Le chanoine David a pour écusson la harpe du roi-prophète ; celui de Geairard pointe l'image d'un geai. Cet usage était alors généralement répandu; il existe à Thôtel-deville d'Albi un monument semblable des mœurs de cette époque. A côté du nom des consuls^ figurent des armes parlantes, tirées de la signification de leurs noms.

Qnomodo muUtam est annim, mntatus est color optimns, dispersi sant lapides sanctaarii.....

JÊRÉMIE.

A répoque déplorable où le génie des arts eut à gémir de tant de destructions, la cathédrale d'Albi échappa, comme par miracle, au décret de proscription qui avait été porté contre elle; l'estimation des matériaux qiii la composent avait déjà été faite, une société se préparait à en faire l'achat pour en renverser les voûtes et les murs. Le procédé coura-

ilî MONOGRAPHIE DE LA CATHÉDRALE D^LBt.

gevLX d'un ami des arts conserva ce monument à la religion. M. Mariés, ingénieur en chef, dont le nom est devenu recommandable par ses lumières et par ses travaux, prit sur lui d'exposer au gouvernement que la gloire nationale était intéressée à la conservation de cet édifice *. Cette démarche eut un entier succès, le comité d'instruction publique de la Convention ordonna qu'il serait sursis à la vente, et chargea le ministre de l'intérieur de prendre des renseignements sur l'avantage que pourrait avoir, dans l'intérêt des arts, la conservation de la cathédrale d'Albi. Cette mesure devint plus tard définitive, et le monument fut soustrait à une ruine qui paraissait inévitable ^.

i Nous donnons à l'Appendice, pièces justificatives , au chap. 7, et au n** 4 , le texte de la lettre de M. Mariés.

2 Nous avons trouvé, dans les archives de la préfecture, la, lettre de M. Rolland de la Plâtriëre qui ordonna le sursis. Ce document nous a paru assez curieux pour être rapporté ici.

Paris , le 9 décembre 1792 , Tan I» de la République.

Le ministre de l'intérieur à Messieurs les administrateurs du département du Tarn*

a L'un des principaux caractères des peuples libres est de

Mais déjà, à cette époque, il avait été déshonoré par des mutilations que nous devons faire connaître. Notre but, en dressant le pouillé de ses ruines, n'est pas d'exciter de stériles regrets, bien moins encore de réveil-

protéger les arts et d'en conserver les monuments, soit qu'ils servent à leur étude ou qu'ils puissent même être simplement utiles à leur histoire.

^ On m'assure que le chœur de la cathédrale d'Albi , chefd'œuvre , à ce qu'on me dit , de l'architecture gothique , est dans le cas de mériter quelque intérêt. Les monuments de ce genre , lorsqu'ils sont remarquables par un certain degré de hardiesse, d'élégance et même de ce goût dont quelques étincelles brillaient dès lors au milieu de ces siècles de ténèbres, ont tout à la fois quelque chose de précieux pour les amis des arts, d'utile à leurs progrès, de touchant pour ceux qui étudient les rapports du présent au passé. Mais comme, dans cette matière, il est également indiscret d'écouter le fanatisme des artistes ou la sévérité des administrateurs, et de vouloir ou tout conserver ou tout détruire, je vous prie de me rendre compte incessamment du degré d'estime dont jouit et mérite de jouir parmi les connaisseurs l'édifice dont on me recommande la conservation, et des motifs d*économie ou d'amélioration qui pourraient en justifier la ruine. Vous voudrez bien m adresser tous les renseignements et même les dessins figurés, s'il en existe, ou qu'on puisse se les procurer facilement, qui pourront servir à diriger mon opinion à cet égard. Je vous ferai attendre le moins qu'il me sera possible la décision, jusqu'à laquelle je vous prie de suspendre toute détermination ultérieure sur cet édifice. » (Archives de h préfecture).

i74 MONOGRAPHIE DE LA CATHÉDRALE D^LBI.

1er des souvenirs amers; mais il faut que ces traditions continuent à vivre dans la mémoire des hommes , puisque c'est avec leur secours qu'on pourra réparer des lacunes si regrettables.

Le maître-autel du chœur était d'un bois précieux qu'on décorait d'une pièce fai^nt partie de l'ornement du jour.

Sur l'autel était placé un grand reliquaire divisé en trois compartiments, doublés à l'intérieur d'épaisses couches d'argent.

La partie inférieure était remplie par des bas-reliefs d'argent massif doré , chacun de 50 centimètres de hauteur, qui figuraient les mystères de la religion, à partir de l'annonciation jusqu'à la descente du Saint-Esprit sur les apôtres.

Le second compartiment était destiné à recevoir l'ostensoir. Sur les côtés se trouvaient des têtes ou des bras en argent, ornés de pierreries qui renfermaient des reliques de différents saints.

La partie la plus élevée était formée par deux magnifiques châsses d'argent, chacune de 1 mètre 50 centimètres au moins d'éléva-

lion et d'une épaisseur analogue, dans lesquelles reposaient des corps entiers ou des parties insignes des corps des saints du pays. Une statue d'argent doré, haute de plus de un mètre, représentant Jésus couronné d'épines , occupait le milieu de cette riche décoration.

Sur une colonne de bronze placée derrière l'autel, et qui dominait cet Ecce homoy se trouvait un ange de vermeil, ayant une main fermée dans laquelle était passée une chaîne d'argent recouverte en soie, assujétie à son extrémité , dans une armoire disposée entre la colonne et l'autel. Cette chaîne supportait une grande console à huit colonnes de vermeil qui renfermait le ciboire destiné à conserver la réserve. Au moment de la communion, le diacre détendait la chaîne, et l'ange accompagnait en s'inclinant la console jusqu'à ce qu'elle fût déposée sur Tautel.

Six belles colonnes en bronze doré environnaient ce magnifique ensemble et supportaient un candélabre à soixante branches, dominé par une croix du même métal. L'autel était enfin surmonté par un grand dais sus-

176 MOXOGRAPHIE DE LA CATHÉDRALE d'aLBI.

pendu à la voûte de Téglise par une chaîne de fer et orné d'une riche étoffe «.

On voyait dans le milifeu du chœur un aigle de bronze, dont les ailes avaient près de 2 mètres d'envergure, et dont les serres reposaient sur deux lions aussi en bronze. Autour étaient groupées les statues des quatre évangélistes, de hauteur de 40 centimètres.

Cet aigle formait le pupitre destine à recevoir d'énormes livres de chant, dont plusieurs en parchemin vélin, avec des vignettes d'un grand prix, représentant les diverses scènes de la vie et de la mort de sainte Cécile.

Une immense croix de bronze doré, avec la représentation de Jésus crucifié, du même

* Cette description, écrite de la main de M. Boyer père, avocat distingué du barreau d'Albi, dont les souvenirs étaient aussi précis que le savoir et la science étaient étendus, nous a été par lui donnée en 1841 et publiée dès la première édition de notre ouvrage, la même année. Cette constatation de l'état de l'ancien autel de Sainte-Cécile paraît être complétée par deux autres, savoir : celle extraite du procès-verbal de visite de Mn' Legoux de la Berchère, archevêque d'Albi, faite en 1698, et celle des délégués du directoire du district d'Albi, lors de l'inventaire du mobilier du chapitre et de l'église métropolitaine, en 1790, faite en vertu des décrets de l'Assemblée nationale. Nous donnons l'une et l'autre description à l'Appendice, pièces justificatives, chap. Vil.

métal, dominait le jubé du chœur. Cette croix était assujétie à la voûte par une forte chaîne de fer, dans la longueur de laquelle se trouvaient d'espace en espace des globes de bronze doré; c'est Tun de ces globes, perforé de l'orient à roccident, qui recevait, à l'époque des deux équinoxes, les premiers rayons du soleil et produisait l'eflfet dont nous avons déjà parlé.

Plusieurs chapelles de la nef étaient fermées par des grilles en fer, artistement travaillées, qui s'élevaient jusqu'à la naissance de Tare-ogive *.

Les statues qui ornaient le jubé, et dont on voit les places vides, représentaient les apôtres et divers saints du pays ^.

Les fenêtres placées autour du chœur étaient ornées de vitraux de la plus grande beauté. Il n'existe plus que quelques fragments de ces chefs-d'œuvre, détruits par les ravages du temps et par l'eflFet de la Révolution.

* Elles sont figurées au plan de l'église, que Ton trouve au t. V de VBist. gén. de Lang., pi. 5.

. 2 On détruisit ces statues par le motif qu'on tenait dans la nef les assemblées populaires ; mais celles du chœur furent respectées, parce que cette partie de l'église était consacrée au culte constitutionnel. — Voir à l'Appendice, pièces justificatives, chap. VII, n" 3,

178 MONOGRAPHIE DE LA CATHÉDRALE d'aLBI.

Si de l'intérieur nous passons à l'extérieur, les abords de Tédiflce , ces portes mutilées, ces niches vides, montrent sufiSsamment tous les ravages qu'il a subis dans les temps de nos désastres.

La cathédrale d'Albi, comme toutes les églises du moyen âge, était environnée de constructions colossales affectées au service de l'église, au logement des chanoines^ des prêtres et des clercs.

A gauche de la grande porte existait une chapelle, fermée par une grille en fer et disposée de manière à être vue en entier du bas du grand escalier qui conduit à l'église *; elle remontait à la même époque que le jubé et présentait encore plus de richesse et plus de profusion dans les détails ^; on l'appelait chapelle de Cueysse ', du nom de l'école-

i Elle est figurée au plan général de l'église. EisU gén. de Lang,, tome IV, pi. l".

3 La voûte de cette chapelle était composée de quantité de petits arceaux artistement élaborés et cousus, en forme comme, d'un petit labyrinthe, de telle manière qu'il semble que l'ouvrier ait voulu s'égayer par avance et préluder aux merveilles du dedans. Descrip, naïve de la cathédrale d'Àtbi^ p. l.

3 II existait encore , peu de ten^ps avant la Révolution , parmi les vases sacrés de l'église, un calice donné par le

siastique qui l'avait construite, à ses frais, pour la sépulture des chanoines.

On y voyait le tombeau du savant et vertueux abbé Paulet S que M. d'Héricourt cite avec éloge dans son histoire de l'académie de Soissons 2. Cette chapelle fut entièrement détruite par la Révolution.

Les autres bâtiments qui formaient l'en-

même ecclésiastique. Il portait pour écusson une cuitse, parce que ce mot se disait cueytse en patois, et qu'on prenait souvent pour armes le signe représentant son nom. i Et c'est sous cette chapelle

Qu'est la dépouille mortelle Du savant et pieux Paulet, Dont l'estime nous favorise Pour un aussi digne sujet.

• Descrip. naïve, etc., p. l.

a On trouve dans cet ouvrage, p. 47, un curieux article dans lequel l'auteur raconte les détails d'un voyage qu'il aurait fait à Albi, en 1680, du bon accueil qu'il y a reçu, de la bonne chère qu'il y a faite. 11 y mentionne les hommes célèbres que le pays a produits, entre autres Boyer, de l'Académie française, et M"» de Saliez, dont il fait un charmant éloge. Voici en quels termes il parle de M. Paulet :

Paulet preshyter Joannis capellani (chapelain) , Parisiensis academici, de viragine Aurelianensi carmen heroicum vemaculâ linguâ scriptum in latinam transtulit , mira elegantiâ , versibusque plane Virgilianit.

De Academia Suessonensi Juliani Hericurtii, p. 49. Paris, h la bibliothèque nationale.

180 MONOGRAPHIE DE LA CATHÉDRALE d'aLBI.

ceinte de l'église et dont l'Etat était en possession depuis 1792 ont été démolis, il y a peu d'années , par mesure d'administration publique.

Leur destruction est un des fruits du faux système que quelques architectes modernes ont voulu faire prévaloir et qui consiste à isoler les anciennes églises sur de vastes places. Quelques hommes de bien ont pu être séduits un moment par leurs raisons spécieuses, mais on est revenu d'une idée dont les sages réflexions d'un spirituel écrivain ont si bien montré le vide et les inconvénients * :

» Les églises du moyen âge, » dit le judicieux auteur, « ne sont point faites pour être » vues à découvert. Elles ne sont convena- » blement placées qu'au milieu du silence

t Les églises gothiques. Paris, 1837.

Nous n'entendons parler qne de la destruction des édifices qui étaient une dépendance des anciennes cathédrales, tels que les cloîtres, les péristyles, les porches, et non des habitations particulières adossées aux églises, contrairement aux canons et aux règles de l'architecture; aussi, c'est avec une grande satisfaction que nous avons vu la destruction des divers moulons qui obstruaient la cathédrale de Sainte-Cécile.

» et de la retraite; elles aiment à se voir » entourées de demeures paisibles qui sem- » blent se presser à leur pied comme pour y » chercher une protection : elles ont besoin » surtout d'être environnées de ces cloîtres » muets et solitaires, destinés à l'habitation » des ministres et des serviteurs du temple, » qui en forment la garde , comme autrefois » la tribu de Lévi à Jérusalem. C'est seule- » ment alors qu'elles conservent leur carac- » tère pieux, mystérieux et solennel ; que le » recueillement, la méditation et les pensées » graves se trouvent près du sanctuaire ; » mais on les cherche vainement, lorsque le » bruit des voitures, les cris des enfants, » viennent couvrir la voix du prêtre; lorsque ».des chants profanes se mêlent à ceux du » chœur ou viennent troubler tout à coup » l'homme qui prie ou le pénitent qui s'ac- » cuse dans le tribunal sacré... Nous ne crai- » gnons pas de le dire, c^est en dédaignant » ces accessoires, si bien appréciés par nos » pères, dans ces siècles pleins du sentiment » religieux; c'est en s'efForçant de placer les » églises dans les mêmes conditions que les » édifices destinés aux usages profanes, qu'on

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» a fini par réduire les pratiques religieuses » au niveau des affaires de goût, de mode et » de commodité... Dès que l'église n*a plus » été qu'un bâtiment accidentellement jeté » sur la voie publiquecomme une salle de » spectacle ou un bazar, on s'est dit naturel- » lement : J'y entrerai en passant, comme » on se dit : J'entrerai en passant au musée... *. »

1 L'auteur aurait pu ajouter à ces considérations morales les motifs de conservation des édifices ; ainsi les peintures de Sainte-Cécile ont beaucoup souffert du nouvel état des choses.

Du reste, Sainte-Cécile, moins que toute autre église du moyen âge, était faite pour être isolée, puisque, dans le plan primitif, elle était entourée de tous côtés d'énormes constructions qu'on avait groupées à dessein autour de l'église pour lui donner l'aspect d'une sorte de forteresse.

Nous répétons néanmoins que nous n'adoptons ces réflexions que par rapport à la destruction malheureuse des cloîtres , porches et parvis qui d'ordinaire entouraient les anciennes cathédrales.

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