RE8TAURATI0.N8. — IDÉES GÉNÉRALES
passés, doivent s'attacher à les restaurer avec une fidélité éclairée et scrupuleuse. Le respect pour la vieillesse, dit un écrivain, était une des vertus les plus recommandées dans l'antiquité ; cette vertu n'est plus guère de mise par le temps qui court; tâchons que les monuments soient plus heureux que les hommes qui ont trop vécu; peut-être une chose réagira-t-elle ensuite sur l'autre, et la société n'y perdrait rien.
Mais que doit-on faire pour que les restaurations soient utiles ?
On doit s'attacher à éviter tout changement qui tendrait à altérer la disposition primitive, afin de conserver à l'ensemble ce caractère homogène qui est un des principaux mérites des monuments anciens.
Il est important de ne confier les restaurations des peintures ou des sculptures qu'à des hommes d'une capacité bien avérée: il vaudrait mieux laisser les parties mutilées dans l'état de dégradation où elles se trouvent, que de les voir défigurées, puisque leur perte, dans ce cas, est sans ressource \
i Ces deux points ne sont au reste que le résumé et la con-
Les restaurations doivent être conçues par masses, d'après un plan général. Ce serait le seul moyen possible de les faire exécuter par des artistes capables et habiles. Ce sont là, du reste, les vues de l'administration supérieure, qui a fait connaître, à cet égard, ses dispositions bienveillantes. Ce n'est pas seulement le sentiment religieux, c'est aussi le sentiment des arts, l'orgueil national, qui doivent l'engager à la restauration de l'un des monuments historiques les plus remarquables de France.
Il resterait encore une chose importante à faire dans l'intérêt du monument ; ce serait d'empêcher, par une surveillance active, les mutilations dont il est l'objet, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur. Tous les jours, les murs des chapelles sont dégradés par des inscriptions et des figures, quelquefois ridicules et souvent obscènes ; les têtes et les bras des statues, les fleurons des chapiteaux
cliision des rapports adressés au ministre des cultes à diverses reprises. — Rapport de M. Romagnesi, sous la date du 29 février 1832; celui de M. Vitet, de 1834; les notes de M. Mérimée, et enfin le rapport fait au Conseil des bâtiments civils, par M. Gourlier, dans les séances des 6 mai et 13 août 1834.
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sont mutilés ou tronqués; une administration sage doit s'attacher à prévenir ces désordres, -r- Les arts et la morale y gagneraient également \
1 Nous avons reproduit ces observations, émises dans nos éditions antérieures, parce qu'elles sont la base de toute bonne restauration.
Nous allons donner le détail des travaux de restauration de la cathédrale. Il appartient aux amis des arts d'apprécier si ces principes ont été suivis.
TRAVAUX DE RESTAURATION
Les travaux de restauration et d'achèvement de la cathédrale de Sainte-Cécile se sont continués à peu près sans relâche de 1850 jusqu'à ce jour.
Rien n'a pu faire défaut à l'œuvre, ni le talent de celui qui est chargé de la conduire, ni les encouragements de l'opinion, ni le suffrage honorable des prélats, ni la haute sollicitude de l'administration supérieure '.
1 Les crédits alloués par le gouvernement pour la restaura» lion de la cathédrale de Sainte -Cécile s'élèvent à la somme de 1,016,241 fr. A cette somme , il faut ajouter celle de 148,900 fr., dépensés pour l'isolement de la partie orientale
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Aussi bien, les œuvres de ce genre ne se poursuivent pas sans contradiction, sans obstacle et sans lutte. Outre que c'est la condition de toutes les choses humaines, la vérité dans l'art, loin d'être absolue, ne peut s'affirmer par les ressources de la logique ou parles formules irrésistibles de la science : elle est le produit d'appréciations diverses, du goût épuré par la réflexion et par le temps, ou d'un sentiment exquis, rare et précieux patrimoine de quelques hommes privilégiés. Vraie dans toutes ses applications, cette pensée, passée à l'état d'axiome^ se réalise et se fait jour avec plus d'éclat dans la restitution des monuments plus encore que dans les grandes créations de Part. Livré à ses inspirations, le génie de l'inventeur se trouve libre dans ses conceptions et dans ses allures; tandis que le restaurateur timide et incertain demeure enchaîné par la forme de la création primordiale, forcé qu'il est de rechercher, dans l'ouvrage même, le fil conclu monument, savoir : 57,414 fr. par l'Etat, 45,743 fr. par le département, et une somme égale de 45,743 fr. par la ville d'Albi ; d'oîi il a été dépensé jusqu'à ce jour , pour la cathédrale, 1.165,141 fr.
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ducteur pour la consommation d'une œuvre qui lui est étrangère. — Telle a été la tâche difficile confiée à l'architecte chargé des trai^aux de restauration et d'achèvement de la cathédrale d'Albi.