‹ Monographie de la cathédrale de Sainte-Cécile d'AlbiChapitre 29 sur 63 · TRAVAUX DE RESTAURATION DE L'ÉGLISE · texte numérisé non relu

TRAVAUX DE RESTAURATION DE L'ÉGLISE

A l'extérieur.

Problèmes résolus en vue de leur exécution. — Couronnement de l'édifice. — Clochetons. — Restauration du baldaquin.

— Baie de la porte d'entrée. — Statues. -«- Portique. — Abords de la cathédrale. — Système suivi pour ses accès.

— Porte de Dominique de Florence. — Place Sainte-Cécile.

— Isolement de la cathédrale. — Complet dégagement de la partie orientale de Tédifice.

COURONNEMENT DE l'ÉDIPICE. — CLOCHETONS.

La cathédrale de Sainte-Cécile était restée inachevée ; le couronnement de l'édifice demeurait l'objet d'une véritable création. Cette œuvre impliquait tout un système qui devait être le résultat d'une pensée réfléchie, seule

capable d'éviter d'irréparables fautes. Le monument , présentant dans la conception primitive le type d'une véritable forteresse, il apparaissait, dès l'abord, que son couronnement devait offrir le caractère de l'architecture militaire des douzième et treizième siècles. Il se reliait, en effet, à un ensemble de fortifications qui comprenait l'archevêché et se continuait par une muraille flanquée de tours, depuis ce second édifice, en passant au pied de la grande tour occidentale, puis faisait retour de l'ouest à l'est et venait aboutir au moyen d'une enceinte crénelée et bastionnée, à la porte dite de Dominique de Florence, qui y donnait entrée.

Telles sont les données qui portent à penser qu'un système d'architecture militaire aurait dû faire préférer un couronnement de ce genre au système qui a été adopté. Certains inclinent à penser que, sans aucune modification à l'ancien état des choses, on aurait dû se borner à surmonter les murs d'une balustrade semblable à celle qui couronne les galeries du clocher; d'autres, enfin^ se disant plus autorisés, soutiennent avec l'architecte qu'une étude aprofondie vient témoigner des impor-

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tantes modifications survenues dans la suite de la construction de l'édiflce. Déjà, d'après eux, au commencement du quatorzième siècle, de notables changements se font remarquer au chevet de Tédiflce. L'abside, commencée sur le plan d'un demi-décagone, se transforma, à une certaine hauteur, en un demiduodécagone. Si la forme arrondie dos contreforts, l'étroitesse des fenêtres, l'aspect puissantdes murailles contribuait, dès l'abord, à produire un air de château-fort qu'il est difficile de méconnaître, plus tard, à une époque où le besoin de la défense se faisait moins impérieusement sentir, l'on voulue donner plus de jour aux chapelles, et l'on tailla dans les massifs de briques, au-dessous des fenêtres primitives, des baies de moindre hauteur dont l'ébrasement n'oifre point le travail soigné et les retraits chan freinés de celles qui sont au-dessus. Leur sommet même ne présente pas de régularité. Tantôt c'est une section d'ellipse, tantôt une lancette, quelquefois une ogive émoussée d'un aspect peu agréable '.

i Compte rendu d'une visite à Sainte-Cécile par le Congrès archéologique de France, trentième session à Albi, en 1863,

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La pensée pacifique se continue dans la suite de la construction devenue plus légère, et accuse, dans tous les détails, l'abandon de l'architecture militaire. Les contreforts se rétrécissent en s'élevant; l'un d'eux, situé à l'est nord-est du chevet, se termine en tourelle, tandis que du côté méridional de l^église, vers la tour accidentale, les souches de quatre autres semblent accuser les apparences d'une construction définitive.

C'est dans ces dernières données que l'architecte a cru trouver les éléments de la décoration du monument qu'il s'agissait de terminer, le surexhaussement de l'édifice et l'établissement des tourelles qui le couronnent.

Ce parti a soulevé des contradicteurs. L'un d'eux a porté ses réclamations jusqu'au Sénat. Cette assemblée a passé à l'ordre du jour sur la pétition qui lui était adressée , après un remarquable rapport de M. Hubert Delisle, l'un des membres les plus distingués de ce corps politique d'alors i. Ce rapport résume les deux opinions opposées. Nous avons jugé

> Rapport fait au Sénat par M. Hubert Delisle, dans la séance du l" mai 1866. -— Moniteur du 2 mai 1866,

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utile de donner à Tappendice * les parties principales de cet important document, que les développements qu'il présente ne pouvaient nous permettre de reproduire ici.

Ainsi se trouveront mises dans leur jour les pièces du procès dont l'opinion publique est, en définitive, appelée à être le juge.

Nous avons à faire connaître les détails du projet de couronnement dont l'exécution se poursuit.

DÉTAILS DU COURONNEMENT DE l'bDIFICE.

La grande nef de l'église est recouverte par une toiture en tuiles, façon romaine^ appuyée sur les murs de cette même nef, élevés à une hauteur de 1 mètre 80 centimètres au-dessus de l'ancienne hauteur.

Les voûtes des chapelles forment une galerie découverte de 3 mètres 45 centimètres de largeur en moyenne dans tout le pourtour de l'édifice.

Le mur extérieur ou d'enceinte s'élève audessus de cette galerie à la hauteur de 5 mè-

i Chapitre Vil , n» 5.

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très. Il est couronné par une série d'arcatures empruntées à la troisième galerie du clocher et surmontées d'une balustrade ajourée de quatre feuilles, semblables à celles de la grande tour. Des pinacles ornés de crochets couronnent les dix angles saillants des balustrades du chevet; et pour symétrie, dix autres pinacles, (ie même hauteur, s'engagent dans la maçonnerie des tourelles; les balustrades intérieures sont aussi en pierre, sans aucun détail d'ornementation autre que leur base et leur appui.

Des clochetons ou tourelles, au nombre de trente-deux, sont placés sur les contreforts actuels, élevés aussi à la hauteur de 7 mètres, et qui dépassent d'abord la hauteur de la balustrade de 6 mètres 80 centimètres ; la pyramide qui les termine est de 6 mètres 10 centimètres. L'ornementation des clochetons est semblable à celle de l'ancienne tour de l'horloge ; ils sont terminés en pyramides hexagonales avec arêtes, ornés de trente-six crochets sculptés, et couronnements en pierre surmontés d'une croix historiée, peinte et dorée, de 2 mètres 50 centimètres de hauteur; mais avec cette différence qu'au lieu de for-

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