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intérieur de l'église dégagé de la voûte qui cachait la magnifique décoration placée audessus, permettent, à Taide du jour auquel elle donne passage, d'admirer les nombreux et riches détails de cette splendide entrée, qui n^est pas Tune des moindres gloires de la cathédrale de Sainte-Cécile d'Albi.
La statuaire de la porte d'entrée réclamait aussi une intelligente restauration. Les nombreuses niches du portique, celles du baldaquin, étaient vides, et il s'agissait de les remplir. Il fallait d'abord choisir les sujets des personnages qui devaient y figurer, la tradition étant complètement muette à cet égard, et trouver un artiste à la hauteur de la mission difficile qui devait lui être confiée.
Dans les voussures du grand portail sont figurés douze anges, portant chacun un des attributs de la Passion : la croix, l'éponge, les clous, le calice, le marteau, les tenailles, la couronne d'épines, le roseau, la lance, l'échelle, la colonne, le suaire.
L'artiste a pu, au moyen des ailes qui sont données à ces anges, remplir chacune de ces niches arquées qu'il eût été diflOicile d'orner par d'autres personnages.
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Dans les niches au-dessous sont figurés saint Joseph et sainte Anne; sur la même ligne, la Vierge, mère de Dieu, est placée au milieu de la baie ; au-dessous saint Pierre et saint Paul. Les quatre patrons du diocèse d'Albi, à savoir : saint Benoît de Castres, saint Alain de Lavaur, saint Michel de Gaillac et sainte Madeleine, remplissent les lignes inférieures.
Au dehors, les faces supérieures du baldaquin présentent les six saints ou saintes du diocèse d'Albi. A Test, en face de la porte de Dominique de Florence, saint Salvi et sainte Carissime; au sud, saint Amarand et sainte Sigolène ; à Touest, du côté du Castelviel, saint Eugène et sainte Martianne.
Les modèles de ces diverses statues sont Tœuvro de M. Prouho, statuaire distingué de la capitale, auteur de plusieurs statues du Louvre et de la Psyché en marbre blanc, véritable chef-d'œuvre d'art, dont le ministre d'Etat d'alors a fait don au musée de Toulouse. Cet artiste a procédé en faisant d'abord des maquettes en terre de petite dimension ; puis, sur ces modèles, d'autres en plâtre, grandeur d'exécution, exécutés dans les ni-
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ches mêmes, lesquels détachés ensuite, ont servi de type au sculpteur. On a dit que les statues basses manquaient d'ampleur et n'étaient pas suffisamment drapées. Cela est possible; mais, pour toutes les œuvres d'art, on doit se rappeler le vers du poëte :
La critique est aisée, mais l'art est difficile.
ABORDS DE LA CATHÉDRALE. — SYSTÈME SUIVI POUR SES ACCÈS. — PORTE DE DOMINIQUE DE FLORENCE. — PLACE SAINTE-CÉCILE.
Au pied du grand degré qui donne accès à rentrée de l'église, est un portail ogival, en forme d'arc isolé, placé perpendiculairement aux murs de l'édifice ; il est surmonté de crénaux et s'appuie, du côté gauche , sur une tour en briques aussi couronnée de la même manière. Ce portail, construit en pierre, remarquable par ses admirables proportions et le goût exquis des détails, offre le caractère de l'architecture militaire. Il dépendait des fortifications qui régnaient autrefois autour de la cathédrale. C'est le seul, mais magnifique reste de cette enceinte crénelée et bas-
tionnée dont il n'existe d'autres traces, après ce monument, que les murs d'appui du plateau placé en avant du grand portique. Ces murailles flanquées de tours rasées comme les murailles elles-mêmes au niveau de la plate-forme, sont encore là pour accuser l'ancienne situation, qui s'harmonisait, par des constructions colossales, avec l'antique cathédrale, se reliant, par les dépendances de l'église, aux donjons majestueux du palais de l'évêque dont ils affirmaient la puissance et l'autorité*. Ce monument vient d'être restauré avec la perfection et le goût que réclamait un aussi remarquable chefd'œuvre d'art. Néanmoins, il y avait à faire la restitution des statues dont les niches sont vides. Ici, Tarchitecte ne pouvait avoir d'hésitation. La tradition était certaine; et il a dû s'attacher à reproduire les personnages qui les ornaient avant la Révolution. Ce trar vail, qui est à l'étude (ce ne sont que des maquettes en plâtre provisoirement placées
i L*ancien état des choses est constaté par le plan plein d'intérêt dressé par M. Berbisié, architecte de la ville en 1809, et déposé aux archives de la mairie d'Albi.
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dans les niches), sera la reproduction exacte de la statuaire ancienne *.
1 Dans le milieu sainte Cécile est couronnée par deux anges ; au côté droit de la patronne de l'église figure l'évéque Dominique de Florence à genoux, qui lui est prései^té par saint Dominique son patron, avec cette inscription : Hune tibi dono , mater , quem dudum alui pater ; tandis que l'évéque Dominique de Florence figure avec celle-ci : aima sancta Cacilia, sis mihi quœso propitia! A côté de saint Dominique est représenté saint Louis, évéque de Toulouse, sur une chaise à bras. Après lui un chanoine de Sainte-Cécile en posture d'un homme qui prie, et enfin saint Bernard, qui a affirmé la foi dans l'Albigeois.
De l'autre côté et à gauche de sainte Cécile, sainte Madelein(%, patronne d'une des paroisses de la ville ; saint Salvi. évêque d'Albi, enfin saint Clair, qui en fut le premier évéque. Après cet évéque . un autre chanoine à genoux, les mains jointes, et après celui-ci saint Vincent Ferrier, autre religieux de Saint-Dominique.
Au-dessus et dans le cercle inférieur, au côte droit de sainte Cécile, saint Jacques le Majeur, saint Pons et saint Thomas d'Aquin, aussi avec l'habit de Saint-Dominique, et, de l'autre côté, saint Jean l'Ëvangéliste, saint Tiburce et saint Valérien, celui-ci époux de sainte Cécile et le second frère de cette sainte : saint Pierre Martyre, aussi de l'Ordre de Saint-Dominique.
Tous ces religieux signifient la prédilection que l'auteur de ce portail avait pour l'Ordre dont il faisait partie.
(Description naïve et sensible de l'église de Sainte^Cécile, 1684, manuscrit de la Bibliothèque d'Albi).
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Voilà ce qui vient d'être réalisé par l'Etat en ce qui touche l'accès du monument.
De son côté, la ville, en dégageant l'édifice des habitations qui en masquaient l'aspect et par la création d'une place à ses abords , a donné à la cathédrale de Sainte-Cécile le relief extérieur que lui enlevaient les maisons qui l'entouraient de toutes parts.
Le choix de cet emplacement pour la création d'une place nécessaire à ses besoins , dans le sein de la ville d'Albi , a été l'objet de sérieuses oppositions que le temps et la réflexion ont déjà effacées.
Serait-on en effet fondé à prétendre qu'on a sacrifié la place au monument? Qu'est-ce à dire? Si l'on veut exprimer par là que la pensée de l'antique cathédrale est ici dominante , nous le reconnaîtrons facilement, et nous croyons être autorisés à répondre que l'intérêt de l'édifice domine en effet la question de toute la hauteur qui s'attache à la l'importance du monument.
Le sentiment public a fait justice de cette objection. Voyez ce qui s'est produit :
Quinze années se sont à peine écoulées depuis que la ville d'Albi, obéissant au mou-
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vement général qui entraînait toutes les villes de France, délibérait Tagrandissement de la place aux Herbes, établie au chevet de sa cathédrale, la rectification et l'élargissement des voies qui devaient lui servir de moyens de communication, pour arriver, d'une manière aussi facile que commode, à la place nouvellement créée. Sans doute, il était dans la pensée des conseils de la commune de réaliser la création d'un vaste marché central, depuis longtemps réclamé par l'activité croissante de la population, l'hygiène publique et le goût tous les jours plus éclairé d'une société en progrès. Mais les membres de la municipalité d'alors furent sollicités par une autre pensée, dans la grande détermination qui fut prise, de conserver à la place Sainte-Cécile, par un agrandissement reconnu nécessaire, son ancienne situation. En effet, des sites plus commodes, des positions beaucoup plus favorables semblaient devoir être préférés à une. situation tourmentée, de niveaux différents, et présentant dans l'exécution d'une grande entreprise des difficultés dont la solution préparait à Tavenir des problèmes difficiles à résoudre , qui devaient se
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formuler par des dépenses considérables et de sériemx embarras.
Néanmoins, une considération aussi puissante que la pensée qui en était l'objet entraîna les esprits à savoir la présence sur cette place même du majestueux monument dans lequel se personnifie pour ainsi dire Thonneur et la gloire de la cité, par l'antiquité de son origine et l'incomparable valeur de ses richesses architecturales. On fut frappé de cette idée , que tout en donnant satisfaction à ses intérêts par la création d'une place dont la nécessité était généralement sentie, la ville mettait en lumière et en honneur sa magnifique cathédrale, en offrant au visiteur et à l'étranger la majestueuse perspective de l'édifice qui saisit d'admiration à la vue de cette masse imposante dont l'aspect extérieur prépare d'abord aux merveilles que renferme à l'intérieur cette remarquable conception de l'art. On fit plus encore, et le portail de la cathédrale fut le point de mire de la grande rue dont l'ouverture, alors projetée, est aujourd'hui réalisée et qui, traversant le cœur de la ville , se dirige en droite ligne sur le portail même du monument.