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d*Albi, Bérauld de Fargis, fut mêlé aux grandes affaires de son temps «. Il se trouva, sur les réquisitions de Philippe le Bel, en 1314, en chevaux et en armes, dans la ville d'Arras, le jour de la Nativité de la Vierge, pour servir dans l'armée de Flandres. Il prit avec beaucop de zèle le parti du roi dans l'assemblée des Etats de Languedoc tenus à Toulouse en 1313, sous la présidence de Bernard de Fargis, son frère, archevêque de Narbonne. Il consentit, à la demande du pape Jean XXII, au démembrement de son diocèse pour l'érection de Tévêché de Castres, et arma des gens à pied et à cheval pour apaiser la guerre qui s'était allumée au sujet du château de Lombers. Il combla de dons et de faveurs les églises et les maisons religieuses de son diocèse. La dernière année de son épiscopat, c'est-à-dire en 1333, il fonda dans la ville d'Albi le prieuré de Notre-Dame de Fargis, plus tard appelé par corruption le monastère de Far gués, et mourut en 1334, après avoir fait de grandes libéralités aux
• Gallia christiana, — La Faille , Hiitoire générale de Lawguedoc. — Histoire du comté Venaissin,
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pauvres et aux églises, et notamment à la nouvelle cathédrale d'Albi, pour la construction de laquelle il laissa une grande somme d'argent. C'est dans son testament, monument curieux des mœurs du temps, de la piété et de la charité de Tévêque, que ce prélat constate qu'il a retenu * les six chapelles du chevet de son église cathédrale, et ordonne qu'elles soient achevées, ornées et meublées à ses dépens. C'est en exécution de ces dispositions que ces chapelles furent ornées et les armes de cet évêque placées sur les divers points que nous avons déjà indiqués ^.
1 Les fondateurs ou bienfaiteurs de chapelles avaient des droits déterminés dans les chapelles qu'ils retenaient. Les signes de fondation étaient, en général, les armoiries aux voûtes, au portail , au maîtrc-autel.
Voyez Dict, du droit canonique , par Durand de Maillane , avocat au parlement d'Aix , tome I»"" , au mot chapeUe,
2 Histoire de la noblesse du comté Venaissin, dédiée au roi , Paris , 1763, tome II, page 91. — Cet ouvrage contient (tome II, page 485) le testament plein d'intérêt de Bérauld de Fargis extrait des archives delà cathédrale d'Albi en 1763.
La clause relative aux chapelles dont il s'agit est ainsi con-? çue : « Ordonne que les six chapelles par lui retendes dans le chevet de l'église Sainte-Cécile d'Albi soient achevées , ornées et meublées à ses dépens, »
Le même testament porte des legs considérables à la cha->
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Les dessins des écussons de Tévêque de Béraud de Fargis, des arabesques et des figures trouvées aux voûtes des cinq chapelles de l'abside, ont été relevés par le peintre et portés sur un album spécial. Il est à désirer qu'ils soient publiés comme documents pour servir à l'histoire murale du quatorzième siècle.
Ces peintures sont de la même époque que celles récemment découvertes dans l'église de Notre-Dame du Bourg à Rabastens d'Albigeois, qui ont appelé l'attention de tous les amis des arts ^ Destinée souvent étrange de
pelle du prieuré de Notre-Dame de Fargis : « Des ornements » verds, une grande statue d'argent représentant la sainte Vierge, T» son grand calice de vermeil, sa croix à ses armes, son encensoir » de même avec sa navette , ses burettes et ses bassins servant à » l'autel , le tout de vermeil, » On voyait le même écusson , seulement avec des émaux différents, c'est-à-dire au 1-4 de gueules à la croix pattée d'or , au 2-3 d'or au pot d'azur , au pied de la statue d'argent léguée par l'évoque Bérauld de Fargis (Histoire du comté Venaissin, tome II, page 93). Cette statue a été , comme l'argenterie de toutes les églises , transmise à la Monnaie nationale pendant la Révolution. Il est constaté, par le procès- verbal de saisie et d'envoi, qu'elle pesait 148 marcs d'argent (voir le procès-verbal déposé aux archives de la préfecture du Tarn sous la date du 22 frimaire an VI). 1 M. le comte Raymond de Toulouse-Lautrec, de Rabastens^
la peinture murale, que les fragiles moyens employés pour la mettre au jour et lui donner un corps n'empêchent pas de vivre à travers les âges les plus reculés I II y a plus de cinq siècles écoulés, une poudre délayée et imprégnée à ces voûtes par un pinceau léger, salie et recouverte plus tard par un double badigeon de mortier et de plâtre, a résisté au temps; et, plus puissante que la tradition, elle vient servir aujourd'hui d'élément à l'histoire de l'art et à celle d'un édifice dont les plus précieuses annales ont péri par le vandalisme des hommes ^
Verrières. — Les anciens vitraux qui servaient d'ornement à l'église de Sainte-Cécile, et complétaient le magnifique tissu de peintures qui couvrent ses voûtes et ses murs, ont disparu sous la main du temps ou par
a publié une savante dissertation sur la découverte de ces peintures , sur leur mérite et leur origine , dans le Bulletin rnonumental édité à Caen , par M. de Caumont , sous ce titre : Peintures murales du quatorzième siècle dans l'église N.-D. du Bourg à Rahastens d'Albigeois, Paris , Durache , rue du Boulay, 7, 1860.
» Les archives du chapitre et de l'église Sainte-Cécile furent portées et brûlées sur la place publique en 1793.
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Teffet de l'incurie de ceux qui auraient dû
veiller à la conservation de ces richesses de l'art antique. Quelques restes des vieilles verrières ont échappé aux siècles pour servir de donnée et de document à l'artiste chargé de cette réhabilitation. Les panneaux existants suffisent pour indiquer le système de Tœuvre disparue. Les vitraux présentaient des sujets légendaires. De grandes figurines, surmontées de dais et de grisailles au-dessus et au dessous, font supposer qu'on avait pris ce parti de figures et de grisailles, d'une part, pour diminuer à l'œil la grande longueur des baies relativement à leur largeur ; de l'autre, pour ménager le jour ^
Cette importante restauration a été exécutée, pour les cinq fenêtres de l'abside audessus des tribunes, par M. Antoine Lusson, peintre verrier à Paris, qui s'est associé dans cette œuvre M. Steinheil^ dessinateur de renom, tous deux auteurs, l'un comme verrier et l'autre comme peintre, des vitraux de la Sainte-Chapelle. — Les cinq fenêtres
1 Rapport de M. César Daly au Ministre des cultes pour la restauration des verrièpes.
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qui forment la partie absidale, en mémo temps qu'elles appartiennent à la portion la plus ancienne de l'édifice, sont à sujets légen-daires, conformément au système indiqué par les médaillons anciens existants dans les fenêtres du fond ^
Restauration des chapelles. — C'est avec la plus grande satisfaction que l'opinion publique a vu commencer la restauration des chapelles, dégradées dans les temps de nos désastres, déshonorées plus tard par des restaurations inintelligentes.
Cette restauration commencée par les chapelles de la nef, s'annonce d'une manière heureuse. Les peintures s'harmonisent avec les anciennes et sont d'une exécution parfaite. Les autels en pierre blanche, avec ornements peints, sont du meilleur goût. Le
1 Devis et rapport de M. César Daly. Par décision, sous la date du 12 octobre 1860, Son Excellence M. le Ministre de rinstruction publique et des cultes avait approuvé le devis relatif à la restauration des cinq verrières des fenêtres de l'abside et la soumission souscrite par le sieur Antoine Lusson , peintre verrier à Paris, pour Texécution de ces ouvrages, au prix d'estimation se portant à 37,050 fr. et un dixième pour les cas imprévus. C'est ce travail qui vient d'être exécuté.
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pavé est en mosaïque. Les chapelles dédiées à sainte Martianne, au Sacré-Cœur et à saint Joseph, actuellement terminées, font désirer la réparation -des autres chapelles, dont les ruines contrastent avec la magnificence du monument K
i Les peintures sont exécutées par M. Joseph Engallières , peintre de Toulouse , auteur des peintures de Notre-Dame de Rabastens, de l'église paroissiale de Llsle-d'Albi, et récemment de la chapelle de l'hôpital d'Albi,