‹ Monographie de la cathédrale de Sainte-Cécile d'AlbiChapitre 7 sur 63 · DESCRIPTION DE L'ÉGLISE · texte numérisé non relu

DESCRIPTION DE L'ÉGLISE

A l'extérieur.

Oput grande et UUum.

EsDRAS, 1,9, r IV.

L'effet général que produit la vue extérieure de la cathédrale d'Albi ne ressemble en rien à la plupart des monuments de cette époque. La solidité et la nudité des masses qui composent cet édifice, la gravité du style empreint de pesanteur, n'excitent pas un sentiment profond d'admiration et de surprise ; mais seulement ce degré d'intérêt qui

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naît de la sévérité des lignes et du grandiose des proportions. Cette église ne présente au dehors que peu de parties remarquables et ne mériterait point par sa construction extérieure d'être placée au rang des plus belles cathédrales de France, si l'ordonnance du plan et les beautés de détail, que nous remarquerons en décrivant l'intérieur, ne la faisaient regarder comme un des chefs-d'œuvre de l'architecture gothique. Elle est entièrement construite en briques. Cette matière, noircie par les siècles, a résisté au temps comme la pierre la plus solide. Ses murs sont lisses ; on conçoit qu'on n'ait pu les revâtir des ornements qui recouvrent avec tant de grâce la plupart des monuments du moyen âge; la pierre seule peut se prêter au caprice de l'ouvrier et aux formes qu'il est disposé à lui donner. Leur élévation était, de 33 mètres seulement au-dessus du sol avant la restauration du monument. Ils sont aujourd'hui de 40 mètres.

Les contreforts à demi elliptiques dont ils sont flanqués, de distance en distance, étaient, avant cette même restauration, sans pointe pyramidale. Un seul, terminé en flèche, se

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trouvait à l'extrémité orientale de Tédiflce, et c'était là qu'était placée l'horloge. M. Prosper Mérimée \ frappé de leur forme circulaire, qu'il dit être sans exemple en France, avait pensé que l'architecte, se défiant de ses matériaux, avait voulu éviter les angles saillants qui sont les premiers à se détériorer.

Malgré l'autorité de ce savant, si avantageusement connu dans les arts, il a paru à l'architecte chargé de la restauration de l'édifice plus naturel de, croire, d'après une tradition généralement admise, que le plan primitif était d'élever tous les contreforts au-dessus de la toiture et d'en former autant de tourelles semblables à celles de l'horloge. C'est cette disposition qui a été adoptée ^.

A l'extrémité occidentale s'élève un clocher, ornement inévitable des monuments religieux, dont l'aspect contribue singulièrement à la majesté de l'ensemble. C'est la

i Notes d'Un Voyage dans le midi de la France.

2 Voir les détails de la restauration au chap. XVII, ayant pour titre : Travaux de restauration, etc., et au chap. VII de l'appendice, aux pièces justificatives, le rapport de M. Hubert Delille et la partie relative aux dimensions des diverses parties de l'édifice.

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masse de briques la plus élevée que Ton connaisse, si Ton en excepte les pyramides de l'Amérique septentrionale *. Il est de forme carrée : quatre galeries l'environnent de toutes parts et terminent ses reprises ; des tours, placées à deux des angles du carré, s'élèvent jusqu'au sommet, qui se termine par une plate-forme octogone symétrique de 64 mètres de surface. Dans ces tours, sont construits des escaliers en pierre, dont l'un a 366 degrés. Sa hauteur est de 130 mètres au-dessus du niveau des eaux du Tarn, et de 78 mètres 55 centimètres au-dessus du soi.

L'extérieur de l'édifice offre encore quel-* ques beautés remarquables. On trouve d'abord un portail construit en 1380 par Dominique de Florence, alors évêque d'Albi. II est en pierre, admirablement ciselé et enrichi de la grâce de la sculpture italienne. Le marteau dévastateur de l'homme avait détruit la plus grande partie de ses ornements, qui consistaient en bas-reliefs et en statues. Ces sculptures, curieuses par leur singularité »,

i Notes à' Un Voyage dans le midi de la Fromce. 2 Description naïve de l'église de Sainte^Cécik, manuscrit de 1684, déposé à la bibliothèque d'Albi.

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et semblables à celles que Ton voit sur les portes des cathédrales d'Arles et de Nîmes, présentent le plus gracieux aspect. Leur destruction était d'autant plus fâcheuse, qu'elles pouvaient servir à l'histoire de l'art, mais elles viennent d'être restituées avec le plus grand bonheur *.

Ce portail donne entrée à un grand escalier, qui conduit à une plate-forme, sur laquelle s'ouvre la principale porte de l'église. Là, sur un espace de 12 mètres en carré, s'élèvent à une grande hauteur des arcs gothiques , dont la réunion forme un magnifique portique. Les matériaux qui le composent sont travaillés avec une rare perfection, et percés à jour avec un fini admirable. Ce monument, commencé vers la fin du quin- Tiième siècle, par les soins de Louis d'Amboise, ne put être terminé pendant la vie de ce prélat. On aperçoit, sur toutes ses faces, les armes des cardinaux de Prat et de Lorraine, des évêques Strozzi et Aimar Goufller. Il était autrefois couvert d'une voûte, dont

I Voir travaux de restauration de Téglise à rextérieur, ch. XVII ; Porte de Dominique de Florence.

on voyait encore les ruines, et sur laquelle on arrivait par une porte percée au-dessous de la croisée supérieure de l'église; le temps et la Révolution avaient dégradé cet admirable ouvrage ; mais il conservait encore toute sa majesté ; par le pittoresque de son ordonnance, il prépare aux effets qui attendent l'observateur dès qu'il aura dépassé le seuil de l'église. La voûte vient d'être rétablie et le monument admirablement restauré dans toutes ses parties ^

1 Voir travaux de restauration à Textérieur, ch. XVII.

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