‹ Monographie de la commanderie de Caignac (ordre de Malte)Chapitre 40 sur 51 · Idem · texte numérisé non relu

Idem

LA COMMANDERIE DE GAIGNAG

« vent’ donner pour chasqiie délibération à ung* « g’reffîé qu’ils prandront b »

Mais le plus important des devoirs attachés à la charg-e consulaire était d’administrer les deniers communaux.

Voici le budg*et à peu près invariable des dépenses ordinaires de la communauté de Gaig-nac à la fin du dix-septième siècle et pendant tout le dix-huitième.

Dépenses orcUnaires,

Loyer de la maison curiale 20 livres.

Appointements de MM. les consuls 24 —

Pour le g-reffier 25 —

Pour le bayle consulaire 3 —

'Pour affaires imprévues 3o —

Pour l’entretien de l’horlog*e ..... 12 —

• Pour l’achat de 16 setiers d’avoine

et i5 sols d’arg-ent 80 1. i5 s.

Ce dernier impôt constituait la part de la communauté de Caig*nac dans le payement d’un droit d’albergue payable, tous les ans, au roi de France. Cette alberg'ue consistait à porter au bailli royal

I. Caiejnac, arch. comm. Délibérations annexées au livre terrier.

LA yiE COMMUNALE.

d’Avig’nonet 32 setiers d’avoine et 3o sols d’arg^enl. A la suite de quelque accord survenu entre le commandeur et les habitants, il avait été convenu que les deux parties payeraient ce droit par moitié, à savoir : le commandeur, i6 setiers d’avoine et i5 sols d’argent, et les consuls, pareille redevance. En 1669, le sieur Pierre Gailhart de Roqua, procureur g-énéral de messire Gabriel de Grilhet de Gasilhac, seig'neur et commandeur de Caig’nac, « a confessé (( et recog*nu debvoir à Sa Maiesté la somme de (( quinze sols tournois et seize sestiers avoine, (( mesure deCaniac, et ce pour raison de l’alberg-ue (( annuelle et proportionnelle que le dict seig’neur « commandeur de Caniac fait à Sa dite Majesté,

(( cy i5 sols tournois,

(( cy 16 cestiers avoine.

« payable et portable annuellement la dite alber- (( gue, à chasque feste de la Toussaint dans la (( maison du fermier de Sa Majesté audict Avi- (( gnonet, la dite albergue ayant été si devant re- (( cognue par frère Philippe de Brocq, comman- (( deur dudict Caniac, l’an i543... promettant le (( dit sieur Roqua , audit nom que procède et « faire, toutes et quantesfois que ledict sieur com- (( mandeur et les siens en seront requis, pareilhe « recognoissance dudict debvoir d’albergue, sous

LA GOMMaNDERÎE de GAIGNAG.

(( l’oblig-alion des biens du dicl sieur comman- (( deurb »

De leur côté, les consuls de Caig'nac étaient tenus à pareille redevance, portable aussi à Avig’nonet, et le bailli royal devait les héberg-er pendant leur séjour dans cette ville, c’est-à-dire leur fournir un repas^. Aussi chaque année, au chapitre Dépenses ordinaires de la communauté^ estil fait mention de cet impôt. (( A représenté le (( sieur Clauzel, premier consul, que le présent (( lieu faict d’alberg-ue, tots les ans, à la bailie (( royale de Vig-nonet, la quantité de setze cestiers « avoine et i5 sols arg^ent, et si lesdits assemblés (( dézirent mettre lad. avoine en arg*ent, pour ce (( faire, sera mise à la moing* ditte pour le profit « de la communauté. Après plusieurs moins- « dittes (sorte d’enchères publiques) serait restée « à Maistre Arthur Dag-ut, controleur des décimes (( au diocèse de Papoul, à raison de 87 sols le (( cestier, à ce comprinz les i5 solz , laquelle (( somme le dit Ag-ut sera tenu de la rendre et (( aporter en la ville de Vig-nonet ou à celui qui a (( achepté le dict droit, qui est le sieur de Paulo,

1. Arch. départ, de la Haute-Garonne, fonds de Malte, 1. 20, no 28. Cf. ihid.^ 1. 20, pièce non numérotée, contenant un extrait de reconnaissance faite au roi par le commandeur Guillaume de Calmont en

2, Reconnaissance de 1. 20.

LA VIE COMMUNALE

(( seig-neur et baron de Gaumont, et rapporter (( (jiiittance diidict droictb )) (Délibération de Fan iG48.)

INIallieiireiisement, ce n’était pas là le seul impôt que dût payer la communauté de Caig*nac. En dehors des droits féodaux que le commandeur prélevait, en dehors de cette alberg^ue et autres dépenses ordinaires, elle était assujettie a une quantité de taxes plus ou moins onéreuses. « Le quinzième « siècle avait apporté au sort des populations dé- (( pendantes une nouvelle ag*g-ravation : Fusag'e (( des impôts ou tailles royales. Inconnues, impos- (( sibles même, tant que les hommes de poote- « appartenaient à leurs maîtres et que nulle autre « puissance n’avait aucun droit sur eux, ces tailles (( levées par le roi sur les paysans devenus libres « ne cesseront de se multiplier. Au dix-septième, (( au dix-huitième siècle, le log-ement des troupes (( royales constituera une nouvelle oblig-ation très (( onéreuse pour les paysans. Et ces charg-es publi- « ques,’ne l’oublions pas, s’ajoutent à ces rede- « vances dont nous avons vu le taux s’aug*menter (( au treizième siècle, en sorte que le deg*ré d’ai-

1. Caignac, archives communales. Délibérations annexées au livre terrier.

2. Poote,] — sub potestate domini, les serfs au pouvoir de leurs seigneurs.

LA COMMANDERIE DE GAIGNAG

(( sance des cultivateurs paraît être en raison in- « verse de leur degré de liberté civile b »

Au dix-septième siècle, le total des taxes royales perçues sur la communauté de Caignac s’élevait à plus de 1,700 livres, une grosse somme pour l’époque. Ce chiffre, d’ailleurs, au lieu de diminuer, ira toujours croissant jusqu’à la Révolution. En l’année 1769, il aura plus que doublé, et sans compter les dépenses ordinaires, il atteindra alors 3,4i5 livres 16 sols ; dans ce chiffre, il est vrai, les appointements de nos seigneurs des Etats comptent à eux seuls pour 2,620 livres 3 sols i denier; en 1644 ) ils ne comptaient que pour environ 900 livres. C’était une progression de charges écrasante et abusive.

Voici, à titre de renseignements, les dépenses extraordinaires de la communauté, telles qu’elles nous sont fournies par la délibération du 17 avril

Sera imposée :

Pour les deniers de l’espargne, la somme de

Pour le tailhon et augmentation d’iceluy

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