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prêtre, noble ou bienfaiteur, il suffisait de payer un droit variable suivant les localités. Aussi les inhumations furent-elles nombreuses dans l’église de Vendes. De 1689 à 1700 nous en relevons 12; de 1700 à 1750, 50 sur 441 inhumations totales, soit le neuvième: de 1750 à 1775 nous n'en trouvons plus que 6. Dans la seconde moitié du XVIII: siècle, en effet, les plaintes s'étaient produites relativement aux dangers, pour la salubrité publique, résultant du trop grand nombre d'inhumations dans les églises.
Dans un arrêt de règlement du 21 mai 4765, le Parlement de Paris édicta : 3° « qu'aucune sépulture ne pourrail être faite, à l'avenir, dansleséglises, excepté celles des curés et des supérieurs et celles des fondateurs et des familles qui ont des chapelles et des caveaux...». Ce règlement, qui, d'ailleurs, n'avait pas eu son entière exécution. fut complété par une déclaration du Roi du 10 mars 1776. Celle-ci se fondant sur ce que : « Les archevêques, évêques el autres personnages ecclésiastiques (assemblés l'année précédente) avaient représenté que, depuis plusieurs années, il leur aurait été porté, des différentes paries de leurs diocèses, des plaintes touchant les inconvénients des inhumations fréquentes dans les églises. » édicta, dans son article 1°, que « Nulle personne ecclé- « siastique ou laïque, de quelque qualité, état et dignité « qu'elle puisse être, à l'exception des archevêques, évê- «ques el curés, patrons des églises et hauts justiciers et « fondateurs des chapelles, ne pourra être enterré dans « les églises. et ce, pour quelque cause et sous quelque « prétexte que ce soit ».
L'art. 2 «impose comme condition des inhumations. « demeurant autorisées dans les églises, de faire cons- « truire dans lesdites églises, si fait n'a été, des caveaux « pavés de grandes pierres... lesdits caveaux auront au « Moins 72 pieds carrés au dedans de l'œuvre. et ne pourra
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« l'inhumation y être faite qu'à six pieds en terre au- « dessous du sol intérieur... » (1).
Deux inhumations furent faites dans l'église de Vendes postérieurement à la déclaration du 10 mars 1776. Celle du curé Le Blond, inhumé le 20 novembre 1777 dans « le chœur de l’église, à environ six pieds au-dessous du degré du sanctuaire, du côté de l'Évangile », et le 6 juillet 1780, celle de Messire Robert-François de Gaalon (2), seigneur de Vendes, Cairon et Belletot, patron de Saint-Aubin de Fontenay-le-Pesnel, décédé à l’âge de 72 ans et inhumé « dans le caveau de la chapelle Notre-Dame, placée dans la nef de l’église ». L'ancien curé Moulin, lui, fut inhumé dans le cimetière le 1* janvier 1792 (3).
Pie $ 5. — Mariages.
On remarque qu'en 1708 et 1709, il n'y a eu aucun mariage. Ces deux années furent les plus désastreuses de la fin du règne de Louis XIV. La situation financière s'aggravait d'année en année : augmentation des impôts el charges de toute nature, création d'une multitude de nouveaux offices, ruineux pour le labourage, pour la production, pour ia circulation des denrées, édits bursaux de toutes sortes.
Après avoir soumis à l’insinuation (enregistrement) presque tous les contrats de la vie civile, on avait frappé d'un droit les actes de baptème, de mariage et de sépul-
(1) Guyot: Rép. de jurisprudence. Vo Cimetière, p. 488 et 489.
(2) Chevalier de l’ordre royal et militaire de Saint-Louis, lieutenant des gardes du Roi et meéstre de camp de cavalerie.
(3) Signalons, parmi les actes de décès présentant certaines particularités, le suivant, où nous trouvons des surnoms de miliciens : «le 17 avril 1797, l'inhumation de Ch. Cortel, dit Saint-Louis, du bataillon de Caen, compagnie du Rosel; présents à l'enterrement: Jean Paris, dit la Douceur, son sergent, et Gilles Richard, dit Beau-Soleil ».
ture, sous prétexte d'assurer la régularité des registres tenus par les curés et contrôlés par les officiers royaux, en vertu de l’édit de juin 1705. « Beaucoup de pauvres gens, pour éviter le droit, s'étaient mis à baptiser euxmêmes leurs enfants et à se marier en secret, par simple consentement devant témoin (1) ». On voulut faire des contrôles, les paysans se révoltèrent. Nous avons relevé, au cours de l’année 1706 (4° feuillet), à la date du 18 janvier, une mention de ce contrôle pour lequel il avait été perçu 30 sols, en exécution de l’édit de juin 1705.
De plus, en 1709, l'hiver fut d'une rigueur exceptionnelle; du mois de janvier au mois de mars, « un froid inouï, qui avait commencé dans le Midi, glaça l'Europe entière, la mer gela sur nos côtes comme dans les régions polaires, presque tous les arbres fruitiers périrent, les troncs les plus robustes éclataient comme par la foudre, les’ pierres se fendaient.. .. les blés furent gelés dans le sillon..... on trouvait de pauvres familles mortes de froid tout entières dans leurs chaumières..... le froid disparut en mars, mais la misère resta inexprimable, immense; dès que l’on sut la récolte perdue, les grains montèrent à des prix exorbitants » (2). Aussi. nous constatons 11 inhumations contre 4 l'année précédente, et nous voyons mourir des hommes de 30, 41, 50, 55 ans, des femmes de 36 et 45 ans, des enfants de 5 ans.
La lecture des actes de mariage nous impose deux réflexions. La première, c'est que, très souvent, la femme est plus âgée que son mari; la seconde, c'est qu'actuellement à Vendes, on se marie plus jeune qu'autrefois. La première de ces remarques n'est pas faite pour nous surprendre, dans nos campagnes, le futur aime bien prendre une femme qui ait déjà amassé un petit pécule; la
(1) H. Martin: Histoire de France, t. XIV, p. 488. (2) Ibid., p. 507.
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seconde est en contradiction avec ce qui est constaté ailleurs, devons-nous l’attribuer à un bien-être plus considérable ou à une moralité supérieure ? Gela est possible.
$ 6. — Particularités en ce qui concerne les protestants.
En vertu de l’édit de Nantes (1598), l'état civil des pro- Lestants était constaté par leurs ministres dans des registres tenus aux consistoires. L'édit d'octobre 1685 leur enleva ce droit. La naissance de leurs enfants ne fut portée sur aucuns registres; les prêtres catholiques pouvaient seuls célébrer et constater les mariages. Une déclaration du 11 décembre 1685 ordonna cependant que les décès des protestants fussent constatés par les juges royaux, sur l'attestation de deux témoins. Ce ne fut que par l’édit du 18 novembre 1787 qu'ils recouvrèrent la plénitude de leurs droits civils; les officiers de justice furent alors chargés d'en dresser les actes (1).
Il’en résulte que les naissances, mariages et inhumations des protestants de la paroisse de Vendes n'étant pas inscrits sur les registres ecclésiastiques, on n'a pas, en ne s'en tenant qu'à ces registres, une connaissance exacte et complète du mouvement de la population.
En effet, les adeptes de la religion réformée étaient nombreux à Vendes; nous savons qu'ils y avaient un cimetière, et les registres du prêche de Saint-Vaast ne nous laissent aucun doute à cet égard (2). Nous y voyons: le 24 août 1670, l'enterrement (3) de Louis de Saint-Jores, fils de Pierre de Saint-Jores et de Jacqueline Paisant,
(1) Dalloz: Rép., voir acte de l’état civil, ne 10. (2) Archives du Calvados, GC. 1591 à 1598.
(3) Les actes portent : a été enterré, et non inhumé comme il a été
indiqué à tort dans l'inventaire des archives. } À
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demeurant en la paroisse de Vendes; le 43 septembre 1679, l'enterrement de Jeanne de Cussy, âgée de 60 ans, veuvedeJacquües de Varignon, autrefois habitant Audrieu, actuellement demeurant à Vendes; le 8 novembre 1673, l'enterrement de Jacques de la Lande. Nous lisons que «le dimanche 98 janvier 1685 a été enterré à Vendes, le corps de Michel Picard, demeurant en la paroisse de Vendes, en présence de Pierre Savary, Olivier le Sage, Jean Paris et autres (1) ». Le pasteur de Saint-Vaast inscrivait donc sur son registre, non seulement ceux qui venaient se faire inhumer dans le cimetière de Saint-Vaast, mais aussi les protestants qui étaient enterrés dans leurs propres communes. Citons encore les fiançailles d'Isaac de la Lande, de la paroisse de Vendes, et de Cardine Picard, le 4 juin 1673 et le baptême de leur fille Marie-Jeanne de la Lande, de la paroisse de Vendes, née le 23 décembre 1685 et inscrite Le 1% janvier 1684.
À partir de 1572 (2) (la Saint-Barthélemy avait eu lieu le 24 août 1572), il y eut à Bayeux de nombreuses abjurations de protestants; nous relevons plusieurs noms d'habitants de Vendes :
1572. 27 SEPTEMBRE. — Jehan Le Page (de Vendes), parrains vénérable personne M° Jehan du Chatel et noble homme Marin du Boys, s' de Noyers.
1597. 2 ocroBRE. Guille Parys, Laurens Parys, Jehan de la Lande, Laurens de la Haye, Laurent Rieul ou Rivet, Michelle Rivet et sa mère, Jacques Gallon,escuyer, Allain La Lande, Yves le Vavasseur, Françoyse, femme Gilles Le Soullays, Guillemette, femme Philippine de Vermont (de Vendes).
(1) Archives du Calvados, G. 1598.
(2) Extrait du manuscrit de l'évêché, intitulé : Memorres lors de la révocation de l'édit de Nantes. Anquetil, Br, in-8 de 60 p. Bayeux, 1907, Duvant, impr.
Ce
4572: 9 ocrogre. — Marin Lair.
1572. 11 ocro8re. — Gires Foullon.
1572. 14 ocro8re. — Jean de la Haye.
1572. 16 ocro8re. — Jacques de Locquemar.
41573. 19 mars. — Hélainé, femme Yves Le Vavasseur, et Collète, femme Laurens Rivey, parrains Mathieu de Vermont et François Lestourmy.
1578. 17 mars. — Allain Lair.
1578. 28 mars. — Estienne Lair.
IL n’était pas étonnant que la religion réformée eût trouvé des adeptes à Vendes, paroisse si voisine du prêche de Saint-Vaast, dont les pasteurs étaient actifs et intelligents. De plus, nous voyons, d’après la liste des abjurations, que deux possesseurs des principaux fiefs situés en la paroisse de Vendes : Jacques Gallon el Yves Le Vavasseur, avaient fait partie de la religion protestante; il n'en faut pas davantage pour expliquer pourquoi les huguenots furent nombreux dans cette paroisse. Au contraire, « quand le châtelain de l'endroit était resté fidèle à la religion de ses pères, le peuple suivait son exemple et ne se laissait pas entraïiner.... ainsi à Juvigny, commune limitrophe de Saint-Vaast (et de Vendes), on ne remarque pas sur les registres huguenots le nom d'un seul habitant; par cette raison que les d'Harcourt, à Juvigny, étaient restés attachés à la religion catholique (1) »
$ 2. — À quelle date remontent les registres de l'état civil de A commune de vendes ?
L'inventaire sommaire des Archives départementales antérieures à 1790, publié en 1904 par M. A. Bénet, archi-
(1) Notice historique sur la châtelleme de Saint-Vaast, par le comte de Blangy, p. 140. Adeline, éditeur.
viste du Calvados (4), indique qu'ils n'existent qu'à partir de l'année 1689, les registres antérieurs auraient été perdus. Nous avons pu retrouver facilement, dans les archives de la fabrique, les registres depuis 1616, seules manquent les années 1674 à 1678. Les actes inscrits sur le premier de ces registres, 1616 à 1638, ne sont pas signés. en revanche, sur le même registre, il y a un certain nombre de délibérations paroissiales qui portent des mercs très curieux (la 1° est de 1616): outils divers de foulon, fers à cheval, etc. Les timbres de la généralité de Caen commencent à figurer en 1680, ils sont entourés de la mention imprimée : « petit papier, un sol la feuille ». L'inti- Lulé imprimé commence en 1692. De 1718 à 1746, disparaissent les en-têtes constatant la délivrance des registres par les greffiers, gardes conservateurs se faisant payer une contribution par la paroisse. Après la mort de Louis XIV (1715), ces offices avaient été supprimés, et les droits abolis par suite de la réaction qui s'était produite contre les mesures financières des dernières années du règne.
Après le dernier acte de 1737, on trouve une mention ainsi conçue: « le double du présent à été déposé au greffe du bailliage de Caen, le 10 février 1738 ». Cette mention élait faite en exécution de la déclaration de Louis XV, du 9 avril 1736, qui avait prescrit ce dépôt annuellement et frappait les curés d’une amende en cas d'infraction à ces dispositions. La déclaration exigeait en outre que les registres Lenus doubles fussent paraphés par le premier officier du siège de la juridiction (2. La fabrique était obligée de fournir les registres à ses frais, un mois avant le commencement de chaque année. Nous voici bien près des règles actuelles quirégissent nos actes
(1) Série E. Supplément, {. Il, p. 352 à 356. (2) Dalloz: Actes del'état civil.:me 9.
so à ie “fnabté de Fr qui les dresse :
et désormais, leur tenue est régulière et chaque registre ne > porte Le les actes d une tu année, à peu
d ‘autres, la Ré bus n'a pas innové, elle: n'a fait que 278 sance ction er L'usage établi